#NewACPEU : Evaluation des progrès à Bruxelles

Bruxelles, le 23 mai 2019

IP/19/2673

Commission européenne – Communiqué de presse

 

À la suite des récentes consultations au niveau régional avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), les négociateurs en chef, le commissaire Mimica et le ministre togolais Robert Dussey, se sont réunis aujourd’hui à Bruxelles pour discuter des grandes lignes du futur accord ACP-UE.

M. Neven Mimica , commissaire chargé de la coopération internationale et du développement et négociateur en chef de l’UE, a déclaré: «L’accord se précise. Il est temps d’intensifier nos efforts et d’accélérer nos progrès pour atteindre les résultats escomptés. Les discussions d’aujourd’hui sur les partenariats régionaux nous rapprochent un peu plus de cette coopération nouvelle et renforcée que nous recherchons.»

M. Robert Dussey , ministre togolais des affaires étrangères, de la coopération et de l’intégration de l’Afrique, qui est également négociateur en chef des pays ACP et président du groupe central de négociation ministériel, a quant à lui déclaré: «Nous avons entamé ces négociations en septembre de l’année dernière et nous avons fait des progrès constants depuis lors. Les consultations avec les trois régions ont été bénéfiques dans la mesure où elles ont donné une bonne idée des besoins de chaque région. Nous attendons avec impatience la conclusion d’un accord axé sur les besoins actuels et futurs de nos pays membres. »

 

Prochaines étapes

Alors que les pourparlers relatifs aux partenariats régionaux spécifiques progressent, les équipes de négociation de l’UE et des ACP poursuivront leurs travaux sur le texte de l’accord qui couvre l’ensemble des 79 pays (également dénommé «le socle commun»). Les prochaines sessions de négociation porteront notamment sur la structure institutionnelle. L’objectif est de réaliser un maximum d’avancées avant la prochaine réunion des négociateurs en chef, prévue pour la seconde moitié du mois de juillet.

 

Contexte

L’accord de Cotonou régissant actuellement les relations entre l’UE et les pays ACP arrivera à échéance en 2020. Les négociations en vue d’un nouveau partenariat entre les pays ACP et l’UE ont été lancées à New York le 28 septembre 2018 en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

Les premières séries de négociations ont principalement porté sur le socle commun au niveau UE-ACP. Ce socle commun regroupe les valeurs et les principes autour desquels se rassemblent l’UE et les pays ACP, et indique les domaines stratégiques prioritaires dans lesquels les deux parties ont l’intention de travailler ensemble.

En outre, il est prévu que le futur accord comprenne des piliers régionaux spécifiques et axés sur des actions se concentrant sur les besoins de chaque région. Le premier cycle de consultations concernant les piliers régionaux est à présent terminé.

Le futur partenariat ACP-UE servira à consolider les liens politiques étroits entre l’UE et les pays ACP sur la scène internationale. Ensemble, ils représentent plus de la moitié des pays membres des Nations unies et plus de 1,5 milliard de personnes.

DISCOURS DE  S.E. PROF. ROBERT DUSSEY  AUX CONSULTATIONS REGIONALES UE-AFRIQUE  DANS LE CADRE DES NEGOCIATIONS ACP-UE POUR LE POST-COTONOU

 

Eswatini, le 04 mai 2019

Son Excellence Monsieur le Premier Ministre du Royaume d’ESWATINI,

Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres,

Monsieur le Président de la Commission de l’Union Africaine,

Monsieur le Secrétaire général des ACP  Dr. Patrick GOMES,

Monsieur le Négociateur en Chef de l’Union européenne pour le post-Cotonou,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Distingués invités, Mesdames et Messieurs,

Je voudrais, pour commencer, remercier le Roi d’Eswatini, le Gouvernement et le peuple de notre pays hôte pour leur courage de l’hospitalité. Depuis que nous sommes arrivés en cette terre africaine des ACP, nos impressions sont très  bonnes quant à leur grand sens de l’hospitalité. J’ai fait dans votre beau pays ce qu’Alioune DIOP, un grand panafricain de conviction, fondateur de la Revue Présence Africaine, qui a voulu que l’Afrique soit présente sur la scène du monde, a appelé « l’expérience intime de la vie africaine ». L’expérience de votre étonnant sens de l’altérité a réveillé en moi mes intuitions et passions panafricanistes de  ma plus tendre jeunesse.

Je voudrais également remercier les différentes délégations ici présentes. Votre forte participation à ces consultations régionales traduit, sans se tromper, l’intérêt que vous portez aux négociations en cours. L’enjeu est commun et votre engagement l’est également.

Mesdames et Messieurs,

La région du Pacifique qui a tenu ses consultations régionales les 25 et 26 février 2019 à Apia, à Samoa, négocie directement le pilier UE-Pacifique du nouvel accord avec l’UE. La région des Caraïbes est dans le même schéma et a tenu ses consultations régionales le 15 avril à Kingston  en Jamaïque. Les consultations régionales UE-Afrique de cette semaine actent à l’échelle africaine le début formel des négociations sur le pilier UE-Afrique du futur accord de partenariat ACP-UE, même si depuis quelques mois un excellent travail technique se fait au niveau de l’Union africaine sur les négociations.

Les spécificités africaines en termes de défis, de potentiels, de priorités, de cadres référentiels de développement (commercial, économique et humain) et de partenariat avec l’extérieur sont connues. Il y a une longue histoire de partenariat entre l’UE et l’Afrique réaffirmé à Abidjan en 2017. En cohérence avec le partenariat UE-Afrique actuel et dans un nouvel esprit, l’Afrique est appelée à négocier le pilier UE-Afrique du post-Cotonou.

La Zone de libre-échange continentale (ZLEC) en cours de création en Afrique est une évolution qualitative qui, dans un futur proche, donnera un nouveau visage au commerce intra-africain et international de l’Afrique.

Le pilier UE-Afrique du post-Cotonou doit être en phase avec les orientations stratégiques de la ZLEC, de l’agenda 2063 de l’UA et du Sommet UE-Afrique d’Abidjan ainsi qu’avec la volonté de développement clairement affichée en Afrique. L’Afrique doit densifier ses échanges commerciaux avec l’Europe, rehausser le niveau du dialogue politique avec l’UE sur les questions aussi cruciales que la sécurité, la paix, les droits de l’homme, les biens culturels africains encore en séjour en terre européenne, les objectifs de développement durable, le changement climatique et la migration.

Les sujets qui seront au centre des négociations dans le protocole UE-Afrique de l’accord sont d’importance vitale pour l’Afrique et le Groupe ACP. L’Afrique, doit conduire ses négociations régionales avec professionnalisme et un  sens élevé de responsabilité. Par notre travail, à l’échelle africaine, nous devons prouver au Groupe ACP qu’il a fait le choix approprié au moment idéal en optant pour l’autonomie et la liberté d’action des régions dans la négociation des piliers régionaux. Le moment est historique et le travail doit être fait avec une éthique de responsabilité. J’ai la conviction que les négociateurs africains ont conscience de leur responsabilité.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais finir avec une pensée de Kwame NKRUMAH que nous Africains ne devons jamais perdre de vue : « Unie, l’Afrique pourrait devenir, et pour de bon, une des plus grandes forces [du] monde ».

Merci pour votre attention.

Accord Post-Cotonou 2020 : Poursuite des négociations ACP-UE à Kingston.

Les négociations entre le groupe des pays ACP et l’Union européenne se poursuivent pour parvenir à un accord post-Cotonou d’ici 2020.

Cette fois, les discussions se déroulent en Jamaïque après N’Djamena et Samoa. Aucune des régions géographiques concernées n’est oubliée.

A Kingston, se retrouvent les mêmes interlocuteurs comprenant le Groupe central de négociation (GCN), le Commissaire européen au Développement, Neven Mimica et Robert Dussey, le chef négociateur pour les pays ACP.

‘En venant en Jamaïque je suis Africain, mais je me sens également profondément Caribéen’, a déclaré le chef de la diplomatie togolaise en intervenant lors des débats. Cette île des Caraïbes est en effet majoritairement peuplée de descendants d’esclaves africains.

Les discussions avancent à un rythme soutenu pour parvenir à accord d’ici 2020 et peut être même avant.

M. Dussey a cependant souligné que malgré les progrès réalisés, ‘les deux parties ont également reconnu la nécessité d’accélérer les négociations afin de permettre la conclusion du gros des négociations d’ici l’été 2019’

Il a vanté les mérites d’un futur accord basé sur des priorités régionales stratégiques.

La grande nouveauté repose en effet sur les besoins et spécificités de chaque zone géographique, contrairement à l’actuelles 79 pays formant le bloc ACP n’ont rien d’uniformes. Les demandes des pays du Pacifique ou des Caraïbes n’ont rien à voir avec celles de l’Afrique.

Robert Dussey en discussion avec Kamina Johnson Smith

La finalité des pourparlers est de parvenir à un nouvel accord consistant en un socle commun et trois partenariats régionaux.

Le socle commun, applicable à tous les membres du partenariat, énumérera des objectifs, des priorités et des principes généraux et permettra de renforcer la coopération au niveau international.

Les partenariats régionaux constitueront le centre de gravité et fixeront des priorités régionales spécifiques pour les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, conformément aux dynamiques régionales renforcées et à l’importance accrue des organisations régionales.

Réunion du CDL avril 2019 avec Damien MAMA du SNU au Togo

Les enjeux géopolitiques de la migration au XXIe siècle : atout ou menace à l’équilibre mondial. Tel était le thème du débat organisé mardi soir à Lomé par le Club diplomatique de Lomé (CDL). Invité Damien Mama, le coordinateur du Système des Nations Unies (SNU) au Togo.

Le phénomène migratoire est d’ampleur mondial et constitue désormais une question internationale majeure. Il toucherait un être humain sur 7, si l’on additionne les 740 millions de migrants internes aux 214 millions de migrants internationaux comptabilisés par les Nations Unies.

Si les migrations sont le plus souvent associées aux déplacements des ressortissants des pays les plus pauvres vers les pays riches, la réalité est plus complexe. A l’échelle mondiale, un tiers des migrants se déplace des pays en développement (sud) vers les pays développés (nord) ; un tiers, du sud vers le sud ; et le dernier tiers du nord vers le nord.

Les raisons économiques n’en sont pas les seules causes. La migration témoigne de la mobilité grandissante des personnes et de la densification des réseaux transnationaux économiques, culturels, matrimoniaux et religieux.

La plupart des régions du monde sont concernées, soit par le départ, soit par l’accueil, soit par le transit des migrants ; certains pays l’étant par les deux, voire les trois à la fois.

Les mouvements migratoires se développent particulièrement le long des grandes lignes de fractures géographiques, qui séparent des régions aux caractéristiques politico-économiques fortement distinctes : la Méditerranée, la frontière américano-mexicaine, ou celle entre la Russie et la Chine. Ces lignes de fracture sont en constante évolution.

D’anciens pays de départ sont rapidement devenus des pays d’accueil : c’est le cas de l’Europe du sud. D’anciens pays d’accueil deviennent des pays de départ, en particulier en Amérique latine (Argentine, Brésil, Chili, Uruguay), tandis que d’autres Etats ont surtout vu progresser leur population de migrants en transit (Maroc, Mexique, et Turquie).

L’Afrique subsaharienne, dernière région du monde à accomplir sa transition démographique, devrait enregistrer une forte croissance démographique avec une multiplication par près de 10 de sa population entre 1950 (180 millions d’habitants) et 2050 (plus de 1,7 milliards selon les projections des Nations Unies).

Ce décuplement de la population est un réel enjeu, notamment pour les zones désertiques du Sahel et pour les pays enclavés et aux ressources naturelles limitées.

Damien Mama
Damien Mama

Les migrants peuvent contribuer de deux manières au développement de leur pays d’origine. D’une part, ils transfèrent une partie de leur revenu, ressource tant pour les ménages bénéficiaires que pour les Etats d’origine.

Ces transferts représentent plus de trois fois les budgets de l’aide publique au développement. Les montants des transferts vers les pays en développement sont en progression continue pour atteindre plus de 400 milliards de dollars en 2018 selon la Banque Mondiale contre 6 milliards en 1970.

D’autre part, les migrants transfèrent des ressources immatérielles, telles leurs compétences (intellectuelles, techniques ou relationnelles) et sur un pan plus large des normes (comme l’égalité des genres), des valeurs civiques (respect du cadre collectif).

Ces transferts sont déterminants pour le développement mais les données sont encore trop parcellaires pour en évaluer les impacts.

Les migrants ont également la capacité d’œuvrer au sein du pays d’accueil en apportant une vitalité économique et sociale en s’insérant dans des dynamiques collectives.

En ce sens, la migration peut être un atout, a souligné Damien Mama lors de son exposé.

Créé à l’initiative de Robert Dussey, le ministre des Affaires étrangères, le Club diplomatique de Lomé est un cercle de réflexion apolitique qui reçoit à intervalles réguliers des personnalités togolaises et étrangères issues du monde diplomatique, politique et d’organisations internationales.

Un socle commun vers un partenariat gagnant

Les négociations se poursuivent à Bruxelles depuis le mois de septembre entre le groupe des pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et l’Union européenne afin de parvenir à un nouvel accord de coopération.

Vendredi 14 décembre 2018, Robert Dussey, le chef de la diplomatie togolaise et négociateur en chef pour le compte des ACP, a rencontré Neven Mimica, le Commissaire européen pour la Coopération internationale et le Développement.

Les deux hommes ont salué l’avancée des discussions réalisées dans un délai très rapide par les équipes techniques. Plus important, un consensus a été trouvé sur la structure du futur accord. 

Toutefois M. Mimica a indiqué que la route était encore longue avant d’aboutir au résultat final. ACP et UE ont jusqu’à 2020 pour se mettre d’accord sur un texte.

M. Dussey s’est félicité de l’esprit d’ouverture et de compromis qui caractérisent ces pourparlers.

Jeudi, Robert Dussey avait fait un rapport d’étape lors du conseil des ministres ACP sur l’évolution du processus de négociation. 

Les 79 pays composant le bloc ACP n’ont rien d’uniformes. Les demandes et les besoins des pays du Pacifique ou des Caraïbes n’ont rien à voir avec ceux de l’Afrique. L’accord devra prendre en compte ces spécificités.

La finalité des discussions de Bruxelles est de parvenir à un nouvel accord consistant en un socle commun et trois partenariats régionaux. 

Le socle commun, applicable à tous les membres du partenariat, énumérera des objectifs, des priorités et des principes généraux et permettra de renforcer la coopération au niveau international. 

Les partenariats régionaux constitueront le centre de gravité et fixeront des priorités régionales spécifiques pour les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, conformément aux dynamiques régionales renforcées et à l’importance accrue des organisations régionales. 

RELATIONS AFRIQUE-UE : Un mélange de fascination et de méfiance, Par Robert Dussey

Extrait du N°06 de METRO UN, Le magazine DES POINTS DE VUE SUR LES DÉBATS AUX NATIONS UNIES 

Par Robert Dussey, Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération et de l’Intégration Africaine du Togo

Les 5 et 6 juin prochains se dérouleront les Journées de Développement de l’Europe. Comme à chaque édition, cette grand-messe, dont le thème principal cette année sera « Les femmes et les filles au premier plan du développement durable : protéger, autonomiser, et investir », rassemblera les acteurs du développement pour discuter des principaux défis qui se posent au monde. Pour des raisons évidentes, l’Afrique devrait être au menu des discussions.

L’Europe et l’Afrique sont, en effet, deux continents que la géographie a rapprochés, mais qu’une histoire douloureuse a, d’une certaine façon, éloignés. La conséquence de cette histoire est que la relation entre les deux blocs a toujours été marquée par un mélange de fascination et de méfiance. Le sentiment d’un destin lié mais d’une alliance impossible prédomine. Le tollé suscité dans une partie de l’Afrique francophone suite à l’inauguration, le 9 mai dernier, de la « nouvelle Place de l’Europe » à Gorée, lieu emblématique de la traite négrière transatlantique, illustre à merveille la complexité de cette relation. 

Ce projet de rénovation d’un site historique, qui avait initialement été inauguré par l’ancien président de la Commission européenne, Romano Prodi, en 2003, a été financé en grande partie par l’Union européenne. Mais ce geste, qui se voulait d’amitié, a été jugé maladroit par les uns, et scandaleux par les autres. Cette relation de défiance ne peut plus durer, car le risque qu’elle fait peser sur les deux continents est désormais trop élevé. Malgré des taux de croissance nominaux flatteurs depuis une décennie, la pauvreté reste importante en Afrique. 

Les inégalités se creusent et la croissance démographique se poursuit. Dans les zones rurales, les phénomènes climatiques extrêmes se multiplient. Ils causent famine et conflits, et poussent de nombreux jeunes désoeuvrés dans les bras des groupes terroristes qui pullulent désormais sur le continent et menacent la stabilité des États africains. Dans les zones urbaines, des milliers de jeunes, parfois diplômés, mais sous employés ou sans emploi, sont otages de systèmes politiques qui, pour toutes sortes de raisons, bonnes comme mauvaises, se révèlent incapables de leur offrir les conditions d’une vie meilleure. Sans surprise, ces jeunes africains prennent le chemin de l’exil européen, souvent au péril de leur vie. Le terrorisme, les conséquences du changement climatique, l’immigration clandestine, sont des défis majeurs pour l’Afrique, et par conséquent, pour l’Europe. 

Cette Europe est d’autant plus concernée par le destin de l’Afrique qu’elle y a depuis toujours des intérêts importants. Des intérêts dont la poursuite, légitime, la conduisent trop souvent à des alliances et des soutiens dont les conséquences sont néfastes aussi bien pour les populations africaines que, de plus en plus, pour les citoyens européens. C’est la raison pour laquelle il faut renouveler le logiciel de la relation Afrique-Europe. Côté européen, celle-ci s’est historiquement limitée à des liens institutionnels, à la promotion abstraite de grands principes démocratiques, et à la défense, parfois cynique, de positions commerciales. Il faut aujourd’hui établir des liens de confiance avec une jeunesse africaine plus informée, consciente des enjeux globaux et désireuse de prendre part aux affaires du monde. 

Le bilan de 30 ans de démocratie électorale en Afrique est décevant, car celle-ci a été implantée sur des États-nations fragiles. Peut-être est-il temps d’oeuvrer au renforcement de ces États-nations. Côté africain, presque cinq décennies après les Indépendances, il faut s’efforcer d’établir une relation de confiance avec l’Europe. Sur ce point, les diplomates africains ont un rôle éminent à jouer pour expliquer la vision africaine du monde à l’Europe, trouver des points de convergence, défendre des projets d’intérêts communs, et oeuvrer ensemble à l’avènement d’un monde plus stable, car plus juste.

La situation au Moyen-Orient et leçons pour l’Afrique

Quatre axes / blocs au Moyen-Orient actuel

Il existe actuellement quatre principaux acteurs politiques au Moyen-Orient (à l’exclusion d’Israël).

Le premier, et jusqu’à présent le plus puissant, est l’axe irano-chiite. Cet axe s’étend entre l’Iran (son centre) à l’est, à travers l’Irak, la Syrie, le Liban et une représentation dans la bande de Gaza (Jihad islamique palestinien). À part le dernier, l’Iran s’appuie fortement sur les communautés chiites locales dans toutes les autres régions.

Le second est le bloc sunnite modéré. Ce bloc comprend l’Égypte, l’Arabie saoudite (ces deux pays sont considérés comme les dirigeants de ce bloc), la Jordanie, l’Autorité palestinienne, les Émirats Arabes Unis et le reste des États du Golfe (à l’exception du Qatar).

Le troisième est le bloc radical sunnite. Ce bloc comprend la Turquie, le Qatar, le Soudan et le Hamas (dans la bande de Gaza). Ce bloc s’identifie aux Frères musulmans (un mouvement idéologique égyptien qui s’est établi au Caire en 1929 et qui est désormais interdit en Égypte).

Le quatrième est l’Acteur Non Etatique Radical Sunnite – Al-Qaeda et « l’État islamique en Syrie et au Levant » (ISIL). Ce groupe (pas un axe cependant) est presque vaincu au Moyen-Orient. Contre cette défaite, vous pouvez voir leurs tentatives d’infiltration en Afrique.

Conflits entre ces axes / blocs

Il existe actuellement deux conflits principaux entre ces groupes qui font planer un ombre sur le Moyen-Orient. Le premier oppose l’axe chiite au bloc sunnite modéré. Le second se situe entre le bloc modéré sunnite et le bloc radical sunnite.

Le conflit entre l’axe chiite et le bloc modéré sunnite se déroule à différents endroits du Moyen-Orient – en Syrie (où les sunnites ont été battus), au Liban, en Irak et sur le front le plus actif – le Yémen.

Le conflit entre le groupe sunnite modéré et le groupe sunnite radical se déroule dans le golfe Persique (arabe) entre l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis d’un côté et le Qatar de l’autre. Un autre front se trouve dans la Corne de l’Afrique, où l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Anis et l’Égypte rivalisent avec le Qatar, la Turquie et le Soudan pour tenter de renforcer leur influence.

Dénominateurs communs entre le Moyen-Orient et l’Afrique qui rendent tous d’eux “En proie au terrorisme”

La terreur s’appuie toujours sur un agenda idéologique (généralement l’islam radical). Cependant, certains “zones” sont encore plus “en proie” au terrorisme. Parmi les conditions qui contribuent à la propagation de la terreur, on peut citer la présence d’Etats défaillants, la faiblesse du gouvernement central, le manque de cohésion sociale entre le centre et la périphérie et, par-dessus tout, la frustration économique. Tous ces éléments se retrouvent au Moyen-Orient et en Afrique.

Alors, que peut-on faire ?

L’Afrique peut tirer certaines leçons de l’expérience israélienne en matière de lutte contre le terrorisme. Premièrement, une approche holistique associant « le bâton et carotte ». Deuxièmement, il y a la détermination (la guerre contre le terrorisme est toujours plus longue qu’une guerre conventionnelle). Troisièmement, la dissuasion (la dissuasion agit-elle réellement contre le terrorisme ?). La quatrième est une tentative de construire une unité nationale. La cinquième est une tentative de créer des partenariats dans la lutte contre le terrorisme (G 5 au Sahel ou AMISOM en Somalie).

En Chine, Faure Gnassingbé passe à l’offensive avec son Plan national de développement

Arrivé en Chine,  samedi, Faure Gnassingbé va faire d’une pierre deux coups, voire trois. Prendre part aux travaux du Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA) à Beijing, parrainer le business forum du Togo à Xiejang et surtout, faire la promotion du Plan national de développement, la nouvelle feuille de route quinquennale de son gouvernement.

Le Togo est fortement représenté en ce début de mois en Chine dans le cadre de ce forum qui se tient une fois tous les trois ans entre l’Empire du Milieu et les pays du continent africain. A la tête de la délégation, le président Faure Gnassingbé qui a fait le déplacement le week-end, accompagné de ses ministres de l’économie et des finances, Sani Yaya, et des affaires étrangères, Robert Dussey.

« Le Togo, en tant que pays frère de la Chine, a participé depuis le début aux travaux d’élaboration de ce nouveau mécanisme de construction qu’était la Focac. Il en est membre fondateur. C’est dans ce contexte que le Togo aura une participation active à un très haut niveau aux différents travaux prévus », selon la présidence togolaise. Et de rappeler que presque tous les grands projets de coopération bilatérale entre les deux pays ont été réalisés dans le cadre de ce forum, dont la nouvelle aérogare ayant nécessité un investissement de 150 millions de dollars de la China Exim Bank.

Après l’étape du Focac, Faure Gnassingbé est annoncé dans la Province du Zhiejang où le Togo organise un Business Forum destiné à mobiliser le financement les hommes d’affaires chinois pour le Plan national de développement. Avant d’effectuer une visite sur les installations du géant du commerce en ligne, Alibaba, du Hangzou Economic & Technological DevelopmentArea ainsi que d’autres entreprises.

Enfin, le chef de l’Etat togolais devra mettre le cap sur la province du Guangdong, 8ème province économique du pays en vue de nouer des partenariats dans le secteur textile.

« Nous savons qu’il existe des dizaines de millions d’emplois en Chine qui sont prêts à être délocalisés. Donc toutes les entreprises qui peuvent délocaliser leurs emplois au Togo sont toujours les bienvenues », a indiqué Faure Gnassingbé dans une entrevue accordée à la télévision chinoise.

4622,2 milliards de F CFA sur 5 ans

Au-delà du cadre politique, ces déplacements du président togolais visent donc à mobiliser des ressources pour le financement du Plan national de développement (2018-2023) adopté début août. Soutenue par la Banque mondiale dans son nouveau cadre de partenariat, le FMI, le PNUD, l’IFC, l’Alliance solaire internationale (ASI), la BAD et la BOADcette nouvelle stratégie du Togo ambitionne, selon ses concepteurs, un taux de croissance économique moyen devant se situer à 6,6%, et atteindre 7,6% en 2022.

L’agenda de Faure Gnassingbé en Chine prévoit aussi des rencontres avec des institutions financières et étatiques chinoises au rang desquelles se trouvent le conglomérat China Merchant Group, l’Eximbank de Chine, la China Development Bank et la Banque des BRICS. Objectifs, trouver de nouveaux financements pour le plan quinquennal d’un coût de 4622,2 milliards FCFA.

Mais déjà, Faure Gnassingbé a entamé sa stratégie d’identification d’investisseurs dans le cadre de la réalisation du PND. A cet effet, il a rencontré, dimanche, Zhang Mingfendl PDG de Zhongmei, et Shao Gang, CEO de China Tiesju Civil Engineering Group.

Faire de Lomé une plateforme financière et d’affaires de premier rang en Afrique

Par cet instrument des « 500 000 emplois directs décents », Lomé nourrit sa vieille ambition de devenir un hub logistique d’excellence et un centre d’affaires de premier ordre dans la sous-région. « Cette stratégie se concentrera sur l’amélioration des infrastructures et des procédures au Port de Lomé, pour l’instant, le seul en eaux profondes de la sous-région, le renforcement des infrastructures routières et le hub aérien, déjà très animé par la compagnie panafricaine Asky, partenaire d’Ethiopian Airlines et d’autres acteurs majeurs africains », selon un document officiel dont Financial Afrik a obtenu copie.

Par ailleurs, plusieurs projets sont attendus dans le numérique. « Des infrastructures clés devraient être renforcées pour augmenter la qualité des services fournis aux usagers dans ce secteur », précise-t-on.

LPND ambitionne aussi de révéler le Togo comme un centre de tourisme d’affaires et d’ériger Lomé comme plateforme financière et d’affaires de premier rang en Afrique. Il devra également s’atteler à développer des pôles de transformation agricole, manufacturiers et d’industries extractives, et permettre la consolidation du développement social et le renforcement des mécanismes d’inclusion.

Le Togo à la recherche de nouveaux partenaires

La VIIe conférence ministérielle du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) s’est achevée dimanche à Pékin. Les ministres togolais des Affaires étrangères et de l’Economie et des Finances, respectivement Robert Dussey et Sani Yaya, y participaient.

Une réunion en prélude au sommet Chine-Afrique qui s’ouvre demain.

La réunion était présidée par le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi et le ministre du Commerce, Zhong Shan.

De son côté, le président Faure Gnassingbé a reçu plusieurs responsables d’entreprises chinoises parmi lesquels Zhang Mingfeng, président de Zhongmei.

Cette entreprise spécialisée dans les infrastructures et l’agriculture a marqué son intérêt pour la future technopole agro-alimentaire d’Akodessewa (préfecture de Vo).

Le chef de l’Etat s’est également entretenu avec Shao Gang, qui dirige la China Tiesiju Civil Engineering Group également active dans le secteur des infrastructures.

Le sommet Chine-Afrique est un rendez-vous politique, mais c’est aussi l’occasion de nouer des partenariats économiques.

Une excellente opportunité pour le Togo qui compte s’appuyer sur le secteur public et privé chinois – mais pas seulement – pour lancer son Programme national de développement (PND).

Discours d’ouverture de la 107e session du Conseil des ministres de l’ACP

Madame la Présidente, 

Monsieur le Secrétaire général, 

Mesdames et messieurs,


Aujourd’hui où le Groupe ACP soumet au questionnement sa propre présence au monde, s’interroge sur les raisons d’être de son existence, sur ses propres fins entendues ici comme telos ou buts et cherche à redessiner son partenariat avec l’Union européenne à l’expiration, en 2020, de l’Accord de Cotonou, il nous faut réaffirmer le sentiment commun d’appartenance à notre groupe et notre commune dépendance. Le sentiment d’appartenance commune et de commune dépendance, ce sentiment que valorisaient tant les stoïciens grecs de l’Antiquité et qu’ils rapportaient au cosmos, doit nous inspirer et raffermir en nous la solidarité organisationnelle où se joue la dialectique du multiple et de l’Un, des parties et du Tout. 

Nos populations nous attendent. Leur droit légitime au développement doit nous inciter à éviter lors de cette Session le « syndrome du bateau ivre », ce syndrome qui traduit une espèce de nausée, la situation hypothétique d’un navire en perte de repère. « Il n’est point de vent favorable pour celui qui ne sait où il va » disait SÉNÈQUE dans ses Lettres à Lucilius.

La logique d’unité doit guider nos pas. Nous devons aborder les futures négociations avec l’UE en tant que groupe uni, en tant que « pôle de responsabilité collective » soudé. S’il est vrai que l’unité du Groupe ACP en tant que pôle multilatéral de responsabilité collective ne peut signifier rien d’autre qu’une « unité plurielle », ou mieux, une « unité dans la diversité », pour reprendre Jürgen HABERMAS dans son livre Après l’Etat-nation, en raison des spécificités propres à chaque ensemble continental, les spécificités et divergences ne doivent pas cependant avoir raison de notre sens de l’unité. 

En restant uni, nous pouvons travailler ensemble et renforcer la souveraineté positive de nos Etats, autrement dit leur capacité d’action externe et interne. L’unité d’action au rang des ACP aidera sans doute nos Etats à faire décroître les inégalités et à faire reculer les frontières de la pauvreté, à faire sortir nos Etats et populations de la situation d’inconfort actuelle.

L’enjeu, c’est la guerre au manque de développement dans nos pays, à la « pauvreté absolue » et « objective ». L’état du monde actuel quasiment comparable à l’état de nature de Thomas Hobbes nuit au Groupe des ACP et à leurs populations. Changer cet état insoutenable, voilà ce qui doit être l’objectif de ce cadre de coopération Sud-Sud. N’oublions pas que l’un des objectifs des ACP est d’« œuvrer à la promotion d’un nouvel ordre mondial plus juste et plus équitable ». 

Ce défi qui reste actuel 43 ans après l’Accord originel de Georgetown donne à réfléchir et nous appelle à la logique d’unité. Ce n’est pas en étant ensemble que nous ne sommes pas fécond, c’est plutôt parce que jusque-là nous n’avons pas assez agi ensemble. La force réside dans l’unité.

L’heure est à l’urgence du rassemblement, ou pour parler comme Edgar Morin, à « l’urgence de l’essentiel ».


Madame la Présidente,

Monsieur le Secrétaire général,

Mesdames et messieurs,

 

Ces tendances centrifuges, auxquelles nous devons nous opposer de toutes nos forces, doivent tout de même nous amener à nous interroger sur les facteurs qui nourrissent ce courant. Nous sommes à la croisée des chemins où nous devons avoir le courage de voir en toute objectivité la réalité afin de dresser un diagnostic clair de nos difficultés et leur trouver des solutions qui s’imposent. Le célèbre poète allemand HÖLDERLIN disait bien dans un style hégélien que « là où croît le péril croît aussi ce qui sauve ». Il nous faut faire preuve d’imagination et d’innovations pour sortir de cette situation car comme le dit Albert EINSTEIN, dans les moments de crises ou de difficultés, « seule l’imagination importe ».

Le Gouvernement de la République Togolaise insiste donc sur la nécessité du renforcement de la coopération intra-ACP car pour nous développer, nous devons d’abord compter sur nous-mêmes, sur nos propres forces dans une perspective humaniste et de confiance en soi. La confiance en soi, au plan individuel que collectif, comme l’enseigne la génération actuelle de l’École de Francfort conduite par Axel HONNETH, est le support basique de tout effort de développement. Notre coopération interne nous ouvrira des perspectives stimulantes qui auront sans doute  des impacts sur nos partenariats avec les autres. 

À cet égard, je me réjouis que vous ayez inscrit à l’agenda de vos travaux la révision de l’Accord de Georgetown et je vous engage à l’examiner dans la droite ligne des orientations données pas nos Chefs d’État et de gouvernement lors des Sommets de Sipopo en 2012 et de Port Moresby en 2016 et de notre document de position Vers les ACP que nous voulons.

L’avenir du Groupe ACP dépend de notre capacité d’adaptation aux mutations profondes de l’environnement international. L’avenir n’est pas, pour reprendre les termes d’Henri BERGSON, « ce qui va arriver mais ce que nous allons en faire». L’avenir se prépare, celui de notre Groupe doit se construire autour de perspectives réalistes et vitales qui engagent chacun de nos Etats et toute l’organisation. L’heure est à l’action multilatérale.

Madame la Présidente, 

Mesdames et messieurs les Ministres,

Monsieur le Secrétaire général, 

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de Mission,

Les préparatifs en vue des négociations du Post Cotonou sont l’autre préoccupation qui sera au cœur de votre session. Sur ce sujet, il est à observer que le partenaire européen a déjà exprimé de façon claire sa vision du futur accord de partenariat.

A votre tour, vous examinerez et adopterez, je l’espère, le mandat de négociation du Groupe ACP. La réunion qui s’est tenue le 27 mai ici même doit avoir permis de faire des avancées sur l’examen des questions susceptibles de constituer des blocages sur notre vision commune.

Du côté du Groupe ACP, il y a lieu de souligner, pour s’en réjouir, la croissance économique enregistrée par un certain nombre de pays. La croissance économique a permis aux pays en question de se hisser au rang de pays à revenu intermédiaire. Toutefois, les économies de ces pays demeurent vulnérables aux chocs exogènes et il importe de ne pas les abandonner à eux-mêmes. En restant solidaires, nous pourrions mieux résister aux crises, accroître ce qu’Amartya SEN appelle les « capabilités » de nos pays et de nos citoyens. Nos populations méritent mieux que leurs niveaux et conditions de vie actuelles.

 

Madame la Présidente,

Monsieur le Secrétaire général,

Mesdames et messieurs,

Sur ces mots, je déclare ouverte la 107ème session du Conseil des ministres ACP et souhaite, au nom de notre histoire et du « principe espérance » cher à Ernst BLOCH, plein succès à nos travaux.

Vive la coopération Sud-Sud, 

Vive les ACP

Je vous remercie.

Togo : Semaine de l’Intégration Africaine 2018

La 3e édition de la semaine de l’intégration a été organisée vendredi par le ministère togolais des affaires étrangères, de la coopération et de l’intégration. L’objectif principal de l’évènement  est de  renforcer l’harmonie,  la paix,  la solidarité,  la fraternité entre les peuples et servir de cadre pour la sensibilisation des communautés sœurs sur leurs droits et devoirs au Togo, pour une meilleure intégration des peuples africains. Dans cette interview ci-après, le Chef de la diplomatie togolaise, Prof. Robert Dussey explique que le gouvernement togolais a fait de l’intégration des peuples africains une priorité nationale.

Pr Robert Dussey, vous êtes ministre des affaires étrangères, de la coopération et de l’intégration africaine. Pour la troisième fois, vous accueillez toutes les communautés africaines installées à Lomé pour célébrer ce que vous appelez la « semaine de l’intégration africaine ». C’est bien cela ?

Effectivement nous célébrons ce 25 mai 2018, la 3ème édition de la semaine de l’intégration africaine. Cette une initiative de l’Union africaine dans laquelle Togo s’inscrit totalement.  Le thème choisi cette année par l’UA est : « gagner la bataille contre la corruption, une voie durable vers la transformation de l’Afrique ». 

Une fois de plus, cette troisième édition réunit toutes les communautés africaines vivant au Togo à travers une variété d’activités culturelle et artistique.

On a le sentiment que les étrangers et particulièrement les communautés africaines installées se sentent mieux ici que chez eux. Quelle est la place de l’intégration africaine  dans la diplomatie togolaise ?
 
Relever le défi de l’intégration des peuples africains est une préoccupation pour l’UA. Le gouvernement togolais en a fait une priorité nationale, c’est  justement pourquoi célébrer cette journée est important pour nous togolais, mais pour toutes les communautés africaines vivant chez nous.
Comme les togolais vivant sur le continent, les communautés africaines résidant sur notre territoire participent à la création de la richesse et donc à l’émergence de l’Afrique. La diplomatie togolaise met tout en œuvre pour une parfaite intégration de nos peuples (…) ; Le Togo est une petite Afrique (rire)

 Pour revenir à cet événement majeur de la diplomatie togolaise, la « semaine de l’intégration africaine», que vise le Togo ?

 
Pour la diplomatie togolaise, cet événement permet de promouvoir la paix, la solidarité, l’unité, la cohésion entre toutes les communautés africaines ici mais aussi, le développement économique et social.
 
Quelles sont les innovations de cette 3e édition de la «semaine de l’intégration africaine » ?
 
Le Brésil, un pays ami et frère du Togo et de tout le continent par des liens historiques, culturelles indéniables, est à cette 3ème édition le pays d’honneur de la semaine de l’intégration africaine.
Cette journée sera marquée par des échanges et expositions culturelles, artistiques et gastronomiques souhaités par les communautés elles-mêmes.

Conseil de l’Entente : réunion extraordinaire des ministres à Lomé

Le chef de la diplomatie togolaise, le Prof. Robert Dussey, a présidé vendredi une réunion extraordinaire des ministres des pays membres du Conseil de l’Entente.

Créé en 1959, cette organisation est la doyenne des institutions sous régionales ouest-africaines. A l’initiative de Felix Houphouët Boigny (Côte d’Ivoire) et de Gnassingbé Eyadema (Togo) elle ambitionnait de rassembler dans un même espace politique et économique le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Niger et le Togo.

Inactif pendant de longues années, le Conseil de l’Entente a entrepris de se relancer avec plusieurs projets dans l’électrification, l’assainissement et la formation d’experts en infrastructures routières et ferroviaires.

La Banque africaine de développement (BAD) s’est engagée à aider l’organisation en lui accordant un financement de 5 milliards de Fcfa.

Indispensable d’autant que le budget prévisionnel pour les 5 prochaines années se monte à près de 57 milliards.

La réunion de Lomé avait pour thème le renforcement de la coopération entre Etats membres.

Robert Dussey au forum Horasis Global Meeting 2018

Le ministre togolais des affaires étrangères, Robert Dussey, participe du 5 au 8 mai à Cascais (Portugal) au Global Meeting d’Horasis.

Cette réunion annuelle est l’un des principaux rendez-vous internationaux des dirigeants d’entreprises qui interagissent avec des hauts fonctionnaires et des leaders d’opinion.

Robert Dussey

La communauté Horasis est composée de plus de 400 leaders sélectionnés dans 70 pays.

L’objectif est de rechercher des solutions aux défis les plus critiques auxquels les entreprises, les sociétés et les pays sont aujourd’hui confrontés.

Robert Dussey à Horasis

Pendant 4 jours, les participants partagent des idées sur la façon d’inspirer conjointement l’avenir.

Robert Dussey a pris part samedi à la plénière dont le thème était : ‘Tirer parti du développement durable’.

Les débats ont porté sur les Objectifs de développement durable (ODD).

Premier Panel

L’agenda est ambitieux, mais deux ans après le lancement par les Nations Unies, les choses ont-elles vraiment évolué, se sont interrogés les participants.

Alliance contre l’extrémisme

Un sommet conjoint Cédéao-CEEAC sur la paix, la radicalisation et l’extrémisme violent aura lieu prochainement à Lomé.

L’annonce officielle a été faite vendredi par les ministres des affaires étrangères du Gabon et du Togo, respectivement Noël Nelson Messone et Robert Dussey.

Pour le chef de la diplomatie gabonaise,  ‘la paix et la sécurité sont les préalables du développement économique et social du monde en développement (…) Une première rencontre a déjà eu lieu au Cameroun et ce sommet, permettra de prendre de nouveaux engagements, a-t-il déclaré.

Les détails pratiques de la rencontre devraient être communiqués dans les jours à venir.

Le sommet pourrait rassembler une vingtaine de chefs d’Etat dans la capitale togolaise.

La Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale comprend 11 pays parmi lesquels l’Angola, le Gabon, la RDC, le Rwanda, le Burundi ou encore le Cameroun.

Visite de travail du Ministre des relations extérieures de l’Angola au Togo

COMMUNIQUE CONJOINT SANCTIONNANT LA VISITE AU TOGO DE SON EXCELLENCE MONSIEUR MANUEL DOMINGOS AUGUSTO, MINISTRE DES RELATIONS EXTERIEURES DE LA REPUBLIQUE D’ANGOLA

LOME, LE 19 AVRIL 2018

1-Dans le cadre des excellentes relations d’amitié et de coopération qui existent entre le Togo et l’Angola, une délégation angolaise conduite par Son Excellence Monsieur Manuel Domingos AUGUSTO, Ministre des Relations extérieures, porteur d’un message du Président de la République d’Angola à son homologue du Togo, a effectué une visite de travail à Lomé au Togo, les 18 et 19 avril 2018.

2-Au cours de cette visite, le Ministre angolais a échangé avec son homologue togolais, Son Excellence Professeur Robert DUSSEY, sur des questions d’intérêt commun d’ordre bilatéral et international.

3-Abordant les questions d’ordre bilatéral, les deux Ministres se sont félicités de l’excellence des relations d’amitié et de coopération qui unissent leurs deux pays et se sont engagés à œuvrer à leur renforcement, notamment dans les domaines politique, militaire, sécuritaire, économique, technique, social et culturel.

4- Les Ministres Manuel Domingos AUGUSTO et Robert DUSSEY ont passé en revue les différents instruments juridiques de coopération existant entre le Togo et l’Angola.

5- En ce qui concerne la situation socio-politique au Togo, le Ministre Robert DUSSEY a informé son homologue angolais de l’état d’avancement du dialogue politique qui se tient sous les auspices du Président ghanéen Son Excellence Monsieur Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, facilitateur de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

6- Le Ministre Robert DUSSEY a, en outre, informé son homologue angolais des résultats encourageant du sommet extraordinaire de la CEDEAO sur la situation politique en Guinée-Bissau tenu à Lomé le 14 avril 2018 et saisi cette occasion pour le féliciter du rôle majeur joué par les autorités angolaises notamment au sein de la Communauté des Pays de Langue Portugaise (CPLP).

7- Le Ministre angolais des Relations extérieures Manuel Domingos AUGUSTO a, à son tour, félicité chaleureusement son homologue togolais pour les efforts que le Togo ne cesse de déployer, surtout durant sa présidence en exercice de la CEDEAO, pour maintenir la paix et la sécurité internationales dans la sous-région, en Afrique et dans le monde.

8- Le Ministre Angolais a, en outre, exprimé le soutien de son Pays à toutes les décisions prises par le Sommet Extraordinaire de la CEDEAO tenu le 14 Avril 2018 pour la sortie de crise en Guinée Bissau.

9- Les deux chefs de la diplomatie ont, par ailleurs, appelé à l’intensification des échanges commerciaux et économiques devant aboutir à une croissance partagée bénéfique pour les populations togolaises et angolaises. A cet égard, ils ont convenu de la nécessité d’accélérer le processus de création de la Grande Commission mixte de coopération Togo-Angola ainsi que de la signature prochaine d’un accord d’exemption des visas pour les détenteurs de passeports diplomatique et de service des deux Etats.

10- S’agissant des questions d’ordre international, les Ministres togolais et angolais ont réaffirmé leur ferme volonté de renforcer le rôle, les capacités, l’efficacité et l’efficience de la CEDEAO et de la CEEAC en vue de juguler le phénomène de la radicalisation et de l’extrémisme violent sur le continent, et souligné la nécessité de faire face à la menace que représentent ces fléaux.

11- Le Ministre togolais a notamment porté à la connaissance de son homologue que des discussions sont en cours entre la CEDEAO et la CEEAC en vue de l’organisation prochaine, à Lomé, d’une rencontre au sommet sur cette thématique qui constitue une préoccupation majeure.

12- Le Ministre angolais s’est réjoui des actions et initiatives proactives déployées dans le cadre des deux ensembles régionaux ayant permis de juguler les crises dans leurs espaces communautaires respectifs et a réaffirmé la détermination de son gouvernement à œuvrer pour le renforcement de la paix et la sécurité sur le continent.

13- Au cours de l’audience que le Chef de l’Etat lui a accordée, le Ministre angolais a félicité Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, Président de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO, pour son engagement, aux côtés du médiateur, Son Excellence Professeur Alpha Condé, qui a permis le dénouement de la crise en Guinée Bissau.

14- Au terme de sa visite, Son Excellence Monsieur Manuel Domingos AUGUSTO, Ministre des Relations extérieures de la République d’Angola a exprimé à son homologue Robert DUSSEY, au Gouvernement et au peuple togolais, ses vifs remerciements et sa profonde gratitude pour l’accueil chaleureux et fraternel qui lui a été réservé lors de sa visite.

15- Le Ministre Angolais a invité son homologue togolais à effectuer une visite officielle en Angola.

16- Son Excellence Prof. Robert DUSSEY a accepté cette invitation avec plaisir. La date de cette visite sera fixée ultérieurement par voie diplomatique.

“La Guinée-Bissau vient de franchir un pas très important”

Le ministre togolais des affaires étrangères, de la coopération et de l’intégration africaine, président du Conseil des ministres de la CEDEAO est revenu lundi sur les conclusions du sommet de l’organisation qui s’est déroulé samedi à Lomé. Prof. Robert Dussey se prononce principalement sur le dossier bissau-guinéen et sur les avancées communiquées à l’issue du huis clos des chefs d’Etat et de gouvernement présents Samedi.

Les dirigeants ouest-africains réunis samedi à Lomé ont décidé de proroger le mandat de la mission de la CEDEAO en Guinée-Bissau jusqu’au 30 juin 2018. La conférence des Chefs d’Etat a également encourage le PAIGC et PSR, le deux partis politiques majeurs du pays à poursuivre le dialogue de sortie de crise. Par ailleurs, il a été recommandé la tenue des élections législatives le 18 novembre. Un Premier Ministre de consensus en la personne d’Aristides Gomes a été nommé et un décret présidentiel sera pris dans ce sens le  17 avril. Le 19 avril, le Parlement sera aussi ouvert pour statuer sur la nomination des membres de la commission électorale et de la prorogation de la législature.

Dans l’interview ci-après, Robert Dussey, qui a conduit ces derniers mois, plusieurs missions de la CEDEAO dans le pays, revient sur comment la CEDEAO s’y est prise pour concilier les positions des parties en conflit. Il revient également sur la mission confiée au comité de suivi mis en place par la Conférence des chefs d’Etat.

Togo Breaking News : On s’achemine progressivement vers une sortie de crise en Guinée-Bissau, avec cette nouvelle feuille de route, notamment la nomination du nouveau Premier ministre. Une victoire pour la diplomatie togolaise, notamment les actions du chef de l’Etat à la tête de la CEDEAO ?

Robert Dussey : La Guinée-Bissau vient de franchir un pas très important grâce aux actions conjuguées de la CEDEAO, et à la détermination de son Président en exercice, SEM Faure Essozimna GNASSINGBE. En vérité, la victoire dont vous parlez est devant nous, elle sera celle des Bissau-guinéens qui ne demandent que la paix, la stabilité et le développement. Elle sera enfin, celle de la CEDEAO, notre organisation commune !

Comment avez-vous pu réaliser cet exploit, car c’est vous qui avez conduit la plupart des missions de la CEDEAO ces derniers mois ?

Je pense que depuis presque 3 ans, tous les acteurs Bissau-guinéens (hommes, femmes, religieux, anciens combattants, sages, jeunes, société civile) avaient besoin d’être écouté ; c’est bien ce que nous avions fait durant nos missions !

Evidement, il était important pour la CEDEAO de comprendre l’environnement politique de ce pays frère et surtout de rappeler, de sensibiliser tous ces acteurs à leur responsabilité morale et politique vis-à-vis du peuple Bissau-guinéen et de son avenir.

Au fond, cet exploit vient de la classe politique Bissau-guinéenne, et du Président José Mario VAZ, qui ont pu durant ces longues et périlleuses négociations surmonter leurs divergences.

Nous devons les féliciter tous et les encourager à œuvrer tous pour une paix durable en Guinée-Bissau.

Quelle sera la mission de ce comité de suivi mis en place par la Conférence des chefs d’Etat ?

Le Comité de suivi, composé du chef de l’Etat guinéen et médiateur de la CEDEAO, Alpha Condé, de son homologue togolais et président en exercice de la CEDEAO, Faure Essozimna GNASSINGBE, et du président de la Commission de l’organisation régionale, Jean-Claude Brou,  prendra toutes les dispositions idoines pour la mise en œuvre de cette feuille de route, notamment la formation d’un nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre, Aristides GOMES qui vient d’être nommé, la réouverture du parlement, la nomination des membres de la Commission nationale électorale et l’organisation des élections législatives en novembre 2018.

Le Président de la République Togolaise et la CEDEAO sont entièrement disposés à accompagner la Guinée-Bissau à retrouver la paix, la stabilité qui sont des priorités cruciales pour notre sous-région.