#NewACPEU : Evaluation des progrès à Bruxelles

Bruxelles, le 23 mai 2019

IP/19/2673

Commission européenne – Communiqué de presse

 

À la suite des récentes consultations au niveau régional avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), les négociateurs en chef, le commissaire Mimica et le ministre togolais Robert Dussey, se sont réunis aujourd’hui à Bruxelles pour discuter des grandes lignes du futur accord ACP-UE.

M. Neven Mimica , commissaire chargé de la coopération internationale et du développement et négociateur en chef de l’UE, a déclaré: «L’accord se précise. Il est temps d’intensifier nos efforts et d’accélérer nos progrès pour atteindre les résultats escomptés. Les discussions d’aujourd’hui sur les partenariats régionaux nous rapprochent un peu plus de cette coopération nouvelle et renforcée que nous recherchons.»

M. Robert Dussey , ministre togolais des affaires étrangères, de la coopération et de l’intégration de l’Afrique, qui est également négociateur en chef des pays ACP et président du groupe central de négociation ministériel, a quant à lui déclaré: «Nous avons entamé ces négociations en septembre de l’année dernière et nous avons fait des progrès constants depuis lors. Les consultations avec les trois régions ont été bénéfiques dans la mesure où elles ont donné une bonne idée des besoins de chaque région. Nous attendons avec impatience la conclusion d’un accord axé sur les besoins actuels et futurs de nos pays membres. »

 

Prochaines étapes

Alors que les pourparlers relatifs aux partenariats régionaux spécifiques progressent, les équipes de négociation de l’UE et des ACP poursuivront leurs travaux sur le texte de l’accord qui couvre l’ensemble des 79 pays (également dénommé «le socle commun»). Les prochaines sessions de négociation porteront notamment sur la structure institutionnelle. L’objectif est de réaliser un maximum d’avancées avant la prochaine réunion des négociateurs en chef, prévue pour la seconde moitié du mois de juillet.

 

Contexte

L’accord de Cotonou régissant actuellement les relations entre l’UE et les pays ACP arrivera à échéance en 2020. Les négociations en vue d’un nouveau partenariat entre les pays ACP et l’UE ont été lancées à New York le 28 septembre 2018 en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

Les premières séries de négociations ont principalement porté sur le socle commun au niveau UE-ACP. Ce socle commun regroupe les valeurs et les principes autour desquels se rassemblent l’UE et les pays ACP, et indique les domaines stratégiques prioritaires dans lesquels les deux parties ont l’intention de travailler ensemble.

En outre, il est prévu que le futur accord comprenne des piliers régionaux spécifiques et axés sur des actions se concentrant sur les besoins de chaque région. Le premier cycle de consultations concernant les piliers régionaux est à présent terminé.

Le futur partenariat ACP-UE servira à consolider les liens politiques étroits entre l’UE et les pays ACP sur la scène internationale. Ensemble, ils représentent plus de la moitié des pays membres des Nations unies et plus de 1,5 milliard de personnes.

ACP-UE : Vers l’accord Post-Cotonou 2020

Les grandes lignes du futur accord entre les pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) et l’Union européenne ont été évoquées jeudi à Bruxelles entre les chefs négociateurs.

Neven Mimica, le commissaire chargé de la Coopération internationale et du Développement, et Robert Dussey, le chef de la diplomatie togolaise pour le compte des ACP.

‘L’accord se précise. Il est temps d’intensifier nos efforts et d’accélérer nos progrès pour atteindre les résultats escomptés. Les discussions d’aujourd’hui sur les partenariats régionaux nous rapprochent un peu plus de cette coopération nouvelle et renforcée que nous recherchons’, a déclaré M. Mimica.

Robert Dussey, de son côté a salué ‘des progrès constants’.

‘Les consultations avec les trois régions ont été bénéfiques dans la mesure où elles ont donné une bonne idée des besoins de chaque région’, a-t-il ajouté.

Alors que les pourparlers relatifs aux partenariats régionaux spécifiques progressent, les équipes de négociation de l’UE et des ACP poursuivront leurs travaux sur le texte de l’accord qui couvre l’ensemble des 79 pays (également dénommé «le socle commun»).

Les prochaines sessions de négociation porteront notamment sur la structure institutionnelle.

L’objectif est de réaliser un maximum d’avancées avant la prochaine réunion des négociateurs en chef, prévue pour la seconde moitié du mois de juillet.

L’accord de Cotonou régissant actuellement les relations entre l’UE et les pays ACP arrivera à échéance en 2020.

GRO
Neven Mimica,Tjekero Tweya, président du conseil des ministres ACP (Namibie), et Robert Dussey

Les négociations en vue d’un nouveau partenariat entre les pays ACP et l’UE ont été lancées à New York le 28 septembre 2018 en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

Les premières séries de négociations ont principalement porté sur le socle commun au niveau UE-ACP. Ce socle commun regroupe les valeurs et les principes autour desquels se rassemblent l’UE et les pays ACP, et indique les domaines stratégiques prioritaires dans lesquels les deux parties ont l’intention de travailler ensemble.

En outre, il est prévu que le futur accord comprenne des piliers régionaux spécifiques et axés sur des actions se concentrant sur les besoins de chaque région. Le premier cycle de consultations concernant les piliers régionaux est à présent terminé.

Le futur partenariat ACP-UE servira à consolider les liens politiques étroits entre l’UE et les pays ACP sur la scène internationale. Ensemble, ils représentent plus de la moitié des pays membres des Nations unies et plus de 1,5 milliard de personnes.

DISCOURS DE  S.E. PROF. ROBERT DUSSEY  AUX CONSULTATIONS REGIONALES UE-AFRIQUE  DANS LE CADRE DES NEGOCIATIONS ACP-UE POUR LE POST-COTONOU

 

Eswatini, le 04 mai 2019

Son Excellence Monsieur le Premier Ministre du Royaume d’ESWATINI,

Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres,

Monsieur le Président de la Commission de l’Union Africaine,

Monsieur le Secrétaire général des ACP  Dr. Patrick GOMES,

Monsieur le Négociateur en Chef de l’Union européenne pour le post-Cotonou,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Distingués invités, Mesdames et Messieurs,

Je voudrais, pour commencer, remercier le Roi d’Eswatini, le Gouvernement et le peuple de notre pays hôte pour leur courage de l’hospitalité. Depuis que nous sommes arrivés en cette terre africaine des ACP, nos impressions sont très  bonnes quant à leur grand sens de l’hospitalité. J’ai fait dans votre beau pays ce qu’Alioune DIOP, un grand panafricain de conviction, fondateur de la Revue Présence Africaine, qui a voulu que l’Afrique soit présente sur la scène du monde, a appelé « l’expérience intime de la vie africaine ». L’expérience de votre étonnant sens de l’altérité a réveillé en moi mes intuitions et passions panafricanistes de  ma plus tendre jeunesse.

Je voudrais également remercier les différentes délégations ici présentes. Votre forte participation à ces consultations régionales traduit, sans se tromper, l’intérêt que vous portez aux négociations en cours. L’enjeu est commun et votre engagement l’est également.

Mesdames et Messieurs,

La région du Pacifique qui a tenu ses consultations régionales les 25 et 26 février 2019 à Apia, à Samoa, négocie directement le pilier UE-Pacifique du nouvel accord avec l’UE. La région des Caraïbes est dans le même schéma et a tenu ses consultations régionales le 15 avril à Kingston  en Jamaïque. Les consultations régionales UE-Afrique de cette semaine actent à l’échelle africaine le début formel des négociations sur le pilier UE-Afrique du futur accord de partenariat ACP-UE, même si depuis quelques mois un excellent travail technique se fait au niveau de l’Union africaine sur les négociations.

Les spécificités africaines en termes de défis, de potentiels, de priorités, de cadres référentiels de développement (commercial, économique et humain) et de partenariat avec l’extérieur sont connues. Il y a une longue histoire de partenariat entre l’UE et l’Afrique réaffirmé à Abidjan en 2017. En cohérence avec le partenariat UE-Afrique actuel et dans un nouvel esprit, l’Afrique est appelée à négocier le pilier UE-Afrique du post-Cotonou.

La Zone de libre-échange continentale (ZLEC) en cours de création en Afrique est une évolution qualitative qui, dans un futur proche, donnera un nouveau visage au commerce intra-africain et international de l’Afrique.

Le pilier UE-Afrique du post-Cotonou doit être en phase avec les orientations stratégiques de la ZLEC, de l’agenda 2063 de l’UA et du Sommet UE-Afrique d’Abidjan ainsi qu’avec la volonté de développement clairement affichée en Afrique. L’Afrique doit densifier ses échanges commerciaux avec l’Europe, rehausser le niveau du dialogue politique avec l’UE sur les questions aussi cruciales que la sécurité, la paix, les droits de l’homme, les biens culturels africains encore en séjour en terre européenne, les objectifs de développement durable, le changement climatique et la migration.

Les sujets qui seront au centre des négociations dans le protocole UE-Afrique de l’accord sont d’importance vitale pour l’Afrique et le Groupe ACP. L’Afrique, doit conduire ses négociations régionales avec professionnalisme et un  sens élevé de responsabilité. Par notre travail, à l’échelle africaine, nous devons prouver au Groupe ACP qu’il a fait le choix approprié au moment idéal en optant pour l’autonomie et la liberté d’action des régions dans la négociation des piliers régionaux. Le moment est historique et le travail doit être fait avec une éthique de responsabilité. J’ai la conviction que les négociateurs africains ont conscience de leur responsabilité.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais finir avec une pensée de Kwame NKRUMAH que nous Africains ne devons jamais perdre de vue : « Unie, l’Afrique pourrait devenir, et pour de bon, une des plus grandes forces [du] monde ».

Merci pour votre attention.

Accord Post-Cotonou 2020 : Poursuite des négociations ACP-UE à Kingston.

Les négociations entre le groupe des pays ACP et l’Union européenne se poursuivent pour parvenir à un accord post-Cotonou d’ici 2020.

Cette fois, les discussions se déroulent en Jamaïque après N’Djamena et Samoa. Aucune des régions géographiques concernées n’est oubliée.

A Kingston, se retrouvent les mêmes interlocuteurs comprenant le Groupe central de négociation (GCN), le Commissaire européen au Développement, Neven Mimica et Robert Dussey, le chef négociateur pour les pays ACP.

‘En venant en Jamaïque je suis Africain, mais je me sens également profondément Caribéen’, a déclaré le chef de la diplomatie togolaise en intervenant lors des débats. Cette île des Caraïbes est en effet majoritairement peuplée de descendants d’esclaves africains.

Les discussions avancent à un rythme soutenu pour parvenir à accord d’ici 2020 et peut être même avant.

M. Dussey a cependant souligné que malgré les progrès réalisés, ‘les deux parties ont également reconnu la nécessité d’accélérer les négociations afin de permettre la conclusion du gros des négociations d’ici l’été 2019’

Il a vanté les mérites d’un futur accord basé sur des priorités régionales stratégiques.

La grande nouveauté repose en effet sur les besoins et spécificités de chaque zone géographique, contrairement à l’actuelles 79 pays formant le bloc ACP n’ont rien d’uniformes. Les demandes des pays du Pacifique ou des Caraïbes n’ont rien à voir avec celles de l’Afrique.

Robert Dussey en discussion avec Kamina Johnson Smith

La finalité des pourparlers est de parvenir à un nouvel accord consistant en un socle commun et trois partenariats régionaux.

Le socle commun, applicable à tous les membres du partenariat, énumérera des objectifs, des priorités et des principes généraux et permettra de renforcer la coopération au niveau international.

Les partenariats régionaux constitueront le centre de gravité et fixeront des priorités régionales spécifiques pour les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, conformément aux dynamiques régionales renforcées et à l’importance accrue des organisations régionales.

Les pays d’Europe, d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique achèvent un deuxième cycle de négociations en vue d’un nouveau partenariat ambitieux

Bruxelles, le 4 avril 2019

Aujourd’hui, les négociateurs en chef ont souligné les progrès accomplis et lancé la phase suivante des négociations. À terme, cette nouvelle étape aboutira à la création de piliers sur mesure pour chaque région, lesquels figurent parmi les nouveautés qui seront introduites dans le futur accord ACP-UE.

Le négociateur en chef de l’UE, le commissaire chargé de la coopération internationale et du développement, M. Neven Mimica, a tenu aujourd’hui les propos suivants à N’Djamena, au Tchad: «La rédaction du texte de base avance bien, et nous sommes à présent ravis de nous engager dans une nouvelle voie avec la négociation des piliers UE-Afrique, UE-Caraïbes et UE-Pacifique. Non seulement ces piliers stimuleront notre coopération en lui insufflant une nouvelle dynamique, mais ils nous permettront aussi, en fin de compte, d’accroître nos réalisations en apportant une réponse adaptée aux besoins et aux défis propres à chaque partenaire.»

Le négociateur en chef des pays ACP et président du groupe central de négociation ministériel, qui est également le ministre togolais des affaires étrangères, de la coopération et de l’intégration de l’Afrique, M. Robert Dussey, a quant à lui déclaré: «Nous avons fait le bilan des négociations lancées il y a six mois. Je suis heureux de pouvoir signaler que des progrès considérables ont été accomplis et que nous continuons de nous appliquer à faire en sorte que l’accord soit viable à long terme et réponde aux besoins des citoyens en nous attaquant aux défis mondiaux actuels et émergents.»

Prochaines étapes

Tandis que le processus de rédaction suit son cours, l’UE et les pays ACP poursuivent les consultations relatives aux piliers régionaux avec chaque région. Comme l’a montré le dialogue de haut niveau avec les dirigeants du Pacifique le 26 février, ces consultations offrent un espace privilégié pour approfondir la discussion sur les besoins et les priorités de chaque région. Des réunions similaires avec les partenaires des Caraïbes et d’Afrique doivent avoir lieu prochainement.

Contexte

L’accord de Cotonou régissant actuellement les relations entre l’UE et les pays ACP arrivera à échéance en 2020. Les négociations en vue d’un nouveau partenariat entre les pays ACP et l’UE ont été lancées à New York le 28 septembre 2018 en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Les deux premières séries de négociations ont principalement porté sur le socle commun au niveau UE-ACP. Ce socle regroupe les valeurs et les principes autour desquels se rassemblent l’UE et les pays ACP. Il indique également les domaines stratégiques prioritaires dans lesquels les deux parties envisagent de travailler ensemble à titre prospectif. Outre ledit socle, le futur accord comportera également trois piliers régionaux orientés vers l’action, chacun d’entre eux se concentrant sur les besoins propres à une région. L’UE et les pays ACP chercheront, dans le cadre du futur partenariat, à renforcer leur coopération politique sur la scène internationale. Ensemble, ils représentent plus de la moitié de l’ensemble des pays membres des Nations unies et plus de 1,5 milliard de personnes.

Pour en savoir plus

Questions et réponses sur le futur partenariat UE-ACP

Directives de négociation de l’UE

Directives de négociation des pays ACP

Consultations politiques UE-Pacifique sur les protocoles régionaux à Samoa

Communiqué de Presse

Les 25 et 26 février 2019, Son Excellence Prof. Robert DUSSEY, Ministre des Affaires Étrangères, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur,  et Négociateur en Chef du Groupe ACP pour le post-Cotonou, a pris part à Apia, capitale de l’État Indépendant de Samoa, aux consultations politiques UE-Pacifique sur les protocoles régionaux co-organisées par la Commission Européenne et le Gouvernement du Samoa. Pendant son séjour, le Chef de la diplomatie togolaise a eu, en dehors des travaux, des rencontres avec plusieurs personnalités.

Dans son intervention au premier jour des travaux, le Négociateur en Chef du Groupe ACP, après avoir souligné le caractère historique et mémorable des assises, a présenté un rapport sur l’état d’avancement des négociations ACP-UE aux Chefs d’État et de gouvernement et aux chefs de délégation des pays membres du FORUM du Pacifique.

Au second jour des travaux, le Prof. Robert DUSSEY a fait une autre présentation sur les contours et le contenu des négociations sur les piliers régionaux du nouvel accord. Il a décliné les perspectives du Post-Cotonou pour les trois entités négociatrices régionales à savoir l’Afrique, les Caraïbes et le Pacifique.

Il s’agira pour chacune des trois régions de négocier, dans le cadre du Groupe ACP, son protocole régional en fonction de ses spécificités et priorités stratégiques. Le nouvel accord, selon le Négociateur en Chef des ACP, comportera trois partenariats régionaux à savoir Partenariat Afrique-UE, partenariat Caraïbes-UE et partenariat Pacifique-UE, avec un socle commun applicable à tous.

Au titre des rencontres en marge des travaux, il s’est entretenu sur les enjeux des consultations régionales avec Dr. Patrick GOMES, Secrétaire général des ACP et Neven MIMICA, Commissaire européen en charge de la Coopération internationale et développement, et Négociateur en Chef de l’UE pour le post-Cotonou.

Sur le plan bilatéral, le Ministre Robert DUSSEY a été reçu en audience le 25 février  par l’Honorable Tuilaepa Malielegaoi, Premier Ministre, Chef de gouvernement de l’État Indépendant de SAMOA.  L’entretien entre les deux hommes s’est déroulé dans une ambiance très détendue et le Chef de la diplomatie togolaise a saisi l’occasion pour transmettre les salutations cordiales de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE au Premier Ministre samoan et a demandé le renforcement de leur coopération. Le Prof. Robert DUSSEY a invité, au nom du Président, le Premier Ministre samoan à effectuer une visite officielle au Togo et celui-ci a accepté le principe de l’invitation.

Le Premier Ministre des Samoa Tuilaepa Sailele Malielegaoi et Robert Dussey 

Le Chef de la diplomatie togolaise a été également reçu en audience par l’Honorable Enele SOPOAGA, Premier Ministre de Tuvalu. Les discussions entre les deux personnalités ont porté sur les possibilités de coopération entre les deux pays, la signature d’un mémorandum contenant le principe de coopération politique, de coopération au sein des organisations internationales à travers des soutiens réciproques, la coopération dans le domaine de la gouvernance des océans, notamment l’économie blue.

Enele Sopoaga, Premier Ministre des Tuvalu et Robert Dussey

Le Premier Ministre de Tuvalu a félicité le Président et le Togo pour le nouveau Plan National de Développement (PND), gage de l’émergence et du développement inclusif du Togo. Il a invité le Prof. Robert DUSSEY à effectuer une visite officielle à Tuvalu.

Avec Henry Puna, Premier Ministre des Îles Cook

Enfin, au cours de la journée du 27 février, le Ministre DUSSEY a discuté avec le Vice-Président de Kiribati, S.E.M. Kourabi NENEM et le Premier Ministre, Ministre des affaires étrangères de Cook Island, Honorable Henry PUNA, sur des questions de coopération bilatérale. S’agissant de la coopération entre le Kiribati et le Togo, S.E.M. Kourabi NENEM et Prof. Robert DUSSEY ont décidé d’instruire leurs Ambassadeurs à New-York pour échanger sur les contours et le contenu d’un mémorandum d’entente.

Avec Kourabi Nemen, Vice-Président des Kiribati

Fait à Apia le 27 février 2019

Rencontre de Haut Niveau des ACP du Pacifique à Apia

Robert Dussey, Ministre togolais des Affaires Etrangères et Chef des Négociations du Groupe ACP Post-Cotonou 2020, participe à la réunion de deux jours, qui commence aujourd’hui, à Apia, la capitale des Samoa, et qui a pour objectif d’engager des discussions et un dialogue approfondis avec l’UE dans la perspective de la finalisation d’un nouvel accord entre l’UE et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP).

Le dialogue est convoqué dans le cadre des consultations politiques entre les différentes régions ACP et l’UE sur les négociations en vue d’un accord post-Cotonou, conformément aux processus approuvés par le Groupe ACP et l’UE lors du lancement des négociations en novembre 2018.

En marge de cette rencontre, le ministre Robert Dussey a eu un entretien avec le Premier Ministre des Samoa Tuilaepa Sailele Malielegaoi.

Robert Dussey : «L’accord post-Cotonou vise la réalisation du développement économique et durable des pays ACP»

Extrait de Notre Afrik N°82 de Janvier-Février-Mars 2019

Robert Dussey est le ministre des Affaires étrangères du Togo et le négociateur en chef du groupe des pays ACP avec l’Union européenne pour la mise place d’un nouvel accord. Dans cette interview accordée à Notre Afrik, il explique notamment les contours ainsi que les finalités de ces discussions.

Notre Afrik : Où en sont les négociations entre les 79 pays du groupe ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et l’Union européenne afin de parvenir à un nouvel accord de coopération?

Robert Dussey : lancé le 18 octobre 2018 par Monsieur Stefano Manservici pour la partie européenne et moi-même, et mené au niveau technique par le Groupe central de négociation (GCN) au niveau des Ambassadeurs ACP et les hauts fonctionnaires de l’Union européenne, le premier cycle de négociation vient de prendre fin. Lors d’une réunion qui s’est tenue le 14 décembre 2018 à la Maison ACP à Bruxelles, les négociateurs en chef des deux parties ont pris note du rapport d’étape et salué les progrès réalisés en un temps record, par les deux équipes de négociation. Elles sont en effet parvenues à harmoniser, pour l’essentiel, les priorités stratégiques du mandat de négociation ACP avec les directives de négociation de l’UE et ont trouvé un consensus sur l’esquisse de la structure du prochain accord. Elles se sont également accordées sur la nature du prochain accord de partenariat.

Celui-ci sera un accord unique, comportant un socle commun et trois protocoles régionaux (Afrique, Caraïbes et Pacifique) qui revêtiront ensemble un caractère juridiquement contraignant. Il faut dire que contrairement aux directives de négociation de l’Union européenne, le mandat ACP adopté en mai 2018 à Lomé n’a pas prévu de protocoles régionaux. Pour arriver à un compromis, la 108ème session du Conseil des ministres ACP réunie à Bruxelles les 13 et 14 décembre 2018, faisant sienne la nécessité pour les parties de faire preuve de souplesse et de flexibilité dans leur approche, a dû prendre une décision pour réviser le mandat ACP en ce sens. Il s’agit d’une concession de taille qui mérite d’être saluée. Nous n’allons pas cacher notre satisfaction quant à ces avancées notables.

Nous reconnaissons toutefois que le travail qui reste à accomplir est colossal et nécessite beaucoup d’engagement et de disponibilité des acteurs. Mais nous sommes encouragés par le fait que les deux parties ont fait preuve jusque-là d’un esprit positif de compromis qui devrait aider à atteindre un résultat significatif lors du deuxième round de négociation qui commence dès janvier 2019.

Quelles sont les attentes des pays ACP par rapport à ces négociations ? Quelles sont les demandes spécifiques de l’Afrique notamment pour ce nouvel accord. Grandes et nombreuses sont les attentes des pays ACP par rapport au processus de négociation en cours.

Il n’est ainsi pas superflu de rappeler que l’objectif de l’accord de Cotonou était la réduction et, à terme, l’éradication de la pauvreté dans les Etats ACP. Après presque 20 ans de mise en oeuvre, on est obligé de constater que le verdict des chiffres est sans appel. En effet, sur les 48 pays les moins avancés dans le monde, 39 appartiennent au Groupe ACP.

Visiblement, cet objectif n’est pas atteint. Il est dès lors évident que quelque chose n’a pas bien fonctionné dans ce partenariat. Par conséquent, il est impératif de réorienter les relations unissant les deux parties vers un partenariat plus équilibré et guidé par de échanges politiques plus ouverts et plus visionnaires, et des accords de coopération assortis de réalisations et de résultats clairs, centrés sur le développement et les personnes.

Ceci dit, pour les ACP, l’objectif principal de l’accord post-Cotonou est de contribuer à la réalisation du développement économique et durable de ses États membres, conformément à l’Agenda 2030 et aux ODD, par le biais d’un partenariat renforcé et approfondi, avec un Groupe ACP jouant plus efficacement son rôle d’acteur mondial. Une des attentes des Etats ACP est de saisir l’occasion unique qu’offrent les négociations actuellement en cours pour conclure un nouveau partenariat qui, tout en consolidant les acquis de l’accord de Cotonou, permettra la mise en place de relations fondées sur l’égalité et le respect mutuel ainsi que sur les principes de la cogestion de l’aide au développement, laquelle doit sortir de la logique du donateur-bénéficiaire.

Il doit permettre aussi un engagement ferme en faveur de la paix et de la sécurité, la promotion de l’intégration régionale et un soutien sans équivoque au multilatéralisme. Quant à l’Afrique, il faut dire qu’elle s’était prononcée très tôt pour une approche beaucoup plus régionale à travers la négociation d’un partenariat de continent à continent avec l’Europe afin de tenir compte de ses spécificités. Tel est le sens de la décision prise en mars 2017 par le Conseil exécutif de l’Union africaine.

Cette position n’a pas reçu une grande adhésion au sein du groupe ACP si bien que le 18 novembre passé, le sommet extraordinaire des Chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine a marqué son appui pour la poursuite du processus de négociation engagé par les pays ACP mais demande que les experts de l’UA soient associés à la négociation du protocole régional africain.

Les priorités stratégiques de l’Afrique dans ses relations avec l’Europe seront définies à cette occasion. Sans préjuger de ce qu’il en sera, on peut penser que les questions de migration, de paix et sécurité, de gouvernance politique, de coopération au développement et de l’industrialisation y figureront en bonne place.

Quelles ont été les principales faiblesses de l’actuel accord et quelles sont les améliorations à apporter dans le nouveau?

Beaucoup de paramètres ont contribué à diluer, au fil du temps, la pertinence de l’Accord de Cotonou. L’une des faiblesses consubstantielles du partenariat ACP est l’image de relations post-coloniales à laquelle il renvoie, à tort ou à raison. À cela, s’ajoute le faible intérêt des deux parties vis-à-vis de ce partenariat, comme en témoigne le niveau de représentativité aux principales rencontres des institutions conjointes, et le faible rayonnement de ce partenariat. Que ce soit en Europe ou dans les pays ACP, en dehors de cercles restreints directement concernés par le sujet, peu de citoyens ont connaissance de ce partenariat et de ses résultats.

De même, le dialogue politique qui devrait permettre, entre autres, de définir et de défendre des positions communes dans les instances internationales afin de mieux influencer la gouvernance mondiale dans l’intérêt des pays partenaires, n’a été qu’insuffisamment exploité. On peut aussi relever l’orientation du partenariat ACP-UE beaucoup trop tourné vers l’Union européenne et le FED mais là, il ne s’agit pas d’une faiblesse intrinsèque à l’accord lui-même mais de sa mise en oeuvre.

La conclusion d’un nouvel accord équilibré qui promeut une relation d’égal à égal fondé sur le respect mutuel entre les parties prenantes sera déjà une importante amélioration. Il faut aussi que le groupe ACP travaille à diversifier ses relations. Ce début de siècle a vu l’émergence de nouvelles puissances économiques qui peuvent être de très bons partenaires à la fois politiques et commerciaux : la Chine, le Brésil, l’inde, etc.

Au-delà de tout, il faut que le Groupe ACP fasse sa mutation et sa restructuration afin de devenir un acteur influent sur la scène mondiale, comme l’ambitionnent ses membres. Cela passe par la recherche d’une autonomie financière, la mise en place d’organes dynamiques et proactifs qui peuvent capter et explorer toutes les opportunités et le renforcement de la coopération intra-ACP. Le processus de révision de l’Accord de Georgetown actuellement devrait y conduire, nous en sommes convaincus.

Les négociations de Bruxelles doivent aboutir à un accord sur un socle commun et trois partenariats régionaux. En quoi cela va-t-il consister concrètement ?

Effectivement, l’Union européenne et les pays ACP se sont accordés sur la forme du prochain accord. Il s’agira d’un accord principal, dont l’ossature vient d’être approuvée, et trois protocoles régionaux (UE-Afrique, UE-Caraïbes et UE-Pacifique), le tout formant un accord unique. L’idée des protocoles régionaux est de tenir compte des priorités et particularités de chacune des composantes du Groupe ACP.

Vous conviendrez avec moi que les défis auxquels l’Afrique est confrontée ne sont pas les mêmes que ceux du Pacifique ou des Caraïbes. Pour certaines régions, la priorité est la lutte contre les effets du changement climatique, pour d’autres, c’est la gouvernance des océans ou l’économie bleue, si ce n’est la migration, l’intégration régionale ou la paix et la sécurité.

L’objectif est la recherche de plus d’efficacité et de cohérence. Actuellement, en dehors du cadre ACP, l’union européenne a d’autres cadres de coopération avec chacune des régions ACP. Le schéma retenu permettra de les fusionner.

Au niveau panafricain, l’Union africaine est engagée dans une série de réformes. Quelles sont, selon vous, les réformes importantes qui doivent être engagées au sein de cette institution?

Le sommet extraordinaire des Chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine qui s’est tenu les 17 et 18 novembre 2018 a pris des décisions importantes pour la réforme de notre organisation panafricaine allant dans le sens de l’amélioration de son efficacité. Au rang de ces mesures, on peut citer la révision de la procédure de désignation des membres de la Commission, l’idée étant de réinstaurer la hiérarchie du Président sur les Commissaires. A cela s’ajoute l’élargissement des domaines de compétences de la commission et des Communautés économiques régionales (CER). Il y a aussi la réduction du nombre des réunions statutaires.

Mais la réforme la plus importante, à notre avis, est celle du mécanisme de financement de l’UA. Notez, par exemple, que le budget 2019 de notre organisation est financé à hauteur de 54% par des contributions étrangères. Il va sans dire que cela compromet l’indépendance de notre organisation. Un adage populaire dit que « qui reçoit un cadeau vent sa liberté ».

C’est donc à juste titre que je salue l’instauration du prélèvement spécial de 0,2% sur l’importation de certains produits afin d’aider les États membres à honorer, et à temps, leurs engagements financiers vis-à-vis de l’Union africaine. Cette décision, ajoutée à l’application des sanctions à l’endroit des États membres qui cumulent des arriérées de contributions, permettra d’assurer l’autonomie financière indispensable à l’indépendance de notre organisation.

Dans le rapport de la Banque africaine de développement intitulé « Visa Openness Index », qui analyse les politiques d’ouverture sur les visas au sein des pays du continent, le Togo se classe à la cinquième place. Quelle est la politique du Togo en matière de délivrance de visa actuellement et comment expliquez-vous les choix stratégiques du pays à ce sujet?

Ce classement est tout simplement la constatation de l’ouverture de mon pays au reste du monde. La politique étrangère du Togo est résolument panafricaniste. Très tôt, nous nous sommes engagés à promouvoir l’intégration africaine. Quoiqu’on relève ci et là quelques couacs, nous pouvons nous réjouir de l’effectivité de la libre circulation des personnes et des biens pour les ressortissants des 15 pays de notre espace communautaire, CEDEAO.

De façon générale, le Togo applique le système de visa à l’arrivée, ce qui permet à tout le monde de voyager sans problème jusqu’à une frontière du Togo où un visa lui sera donné. Croyez-moi, il s’agit d’une grande facilité. En plus, la diplomatie togolaise s’active à négocier avec des pays présentant un intérêt stratégique pour nous, des accords d’exemption de visa. En 2018, nous en avons signé avec la Namibie, le Qatar, le Royaume du Maroc, le Gabon et la République centrafricaine-

Au moment où on parle de la mise en place d’une zone de libreéchange continentale, il est toujours difficile pour un Africain de se déplacer sur le continent. N’estce pas paradoxal?

Je vous le concède, cela est paradoxal. Il incombe à l’Union africaine et à nos organisations sous régionales de mettre en place une réelle politique de libre circulation des personnes et des biens, condition sine qua non pour aller à plus d’intégration des peuples et des économies du continent.

Comment analysez-vous la mise en place de cette zone de libreéchange à laquelle le Togo a adhéré ?

Le Togo est fier de faire partie des États qui ont, à ce jour, ratifié l’accord de Kigali sur la Zone de Libre Échange Continentale Africaine. Cet accord est une étape importante dans la réalisation des attentes formulées par les pays africains dans le préambule de l’agenda 2063 visant notamment à créer un marché continental permettant la libre circulation des personnes et des biens. Le développement de l’Afrique passe inexorablement par le renforcement du commerce inter-africain.

Comment entrevoyez-vous l’intégration économique et politique en Afrique dans les prochaines années ?

La machine de l’intégration économique et politique en Afrique est déjà lancée. Elle va s’accélérer et se renforcer davantage au cours des années à venir, si l’on s’en tient à la tendance observée actuellement .

Robert Dussey : « Le partenariat avec l’Europe doit permettre de lever les obstacles au développement industriel de l’Afrique »

PROPOS RECUEILLIS PAR MICHEL LOBÉ EWANÉ

52 | FORBES AFRIQUE NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2018

La 108e session du Conseil des ministres ACP devait se tenir les 12 et 14 décembre 2018 à Bruxelles pour préparer le renouvellement de l’accord qui lie les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et l’Union européenne. L’Europe est-elle toujours disposée à aider l’Afrique, alors que la géographie économique et la géopolitique du monde sont en pleine mutation et que de nouveaux acteurs, comme la Chine, l’Inde ou la Russie, foncent sur le continent et bousculent les certitudes et les positions historiques de la « vieille Europe » ?

Forbes Afrique : Ce mois de décembre se tenait une session du Conseil des ministres des pays ACP à Bruxelles. À quel stade se trouve le processus de renouvellement de l’accord liant l’Union européenne au groupe de pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) ?

ROBERT DUSSEY : Les négociations en vue de la conclusion d’un nouvel accord qui devra encadrer le partenariat ACP-UE après février 2020 ont effectivement démarré le 18 octobre dernier à Bruxelles, après un lancement formel le 28 septembre à New York. Les travaux ont assez bien évolué. Le groupe central de négociation ACP au niveau des ambassadeurs et les hauts fonctionnaires de l’Union européenne ont tenu plusieurs sessions au titre de ce premier cycle de négociations qui a permis de se mettre d’accord sur les modalités pratiques de ces négociations.

Les deux parties sont également parvenues à un consensus sur la structure du prochain accord et travaillent actuellement à définir, chapitre par chapitre, les articles à y inclure. Elles ont aussi chargé l’équipe conjointe de rédaction d’élaborer un projet de texte qui sera soumis à l’examen des équipes techniques de négociation des deux parties. L’Union africaine est en train de mettre à la disposition des équipes de négociation des experts pour travailler ensemble afin de défendre les intérêts du continent dans le pilier africain. Car désormais, et contrairement aux précédents accords, il y aura trois piliers géographiques régionaux : l’Afrique, les Caraïbes et le Pacifique.

Pourquoi faut-il un groupe aussi large, englobant trois continents ayant des économies structurées de manières très différentes, pour aller négocier avec l’Union européenne! ? Pourquoi ne pas envisager des accords UE-UA ?

R. D. : Il faut remonter dans le temps, plus précisément à 1957 au moment de la conclusion du traité de Rome puis aux conventions de Yaoundé et de Lomé, pour comprendre les fondements historiques des relations entre l’Union européenne et les États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. Pourquoi un groupe aussi large? C’est là justement la singularité et aussi la force, quoiqu’insuffisamment exploitée jusque-là, à notre sens, du groupe ACP. Son partenariat avec l’Europe est le plus complet, car couvrant des champs aussi variés que la coopération au développement, la coopération économique  et commerciale et le dialogue politique.

Les économies des trois composantes du groupe ACP sont orientées de manière différente, mais il y a une caractéristique qui leur est commune : ce sont toutes des économies en développement qui sont généralement confrontées aux mêmes difficultés structurelles. D’où l’intérêt de se regrouper pour tenter d’infléchir, en leur faveur, certaines règles ou décisions relatives par exemple au commerce ou à la coopération internationale.

L’existence d’un accord de partenariat ACP-UE n’empêche nullement l’Afrique d’avoir un cadre de coopération spécifique avec l’Europe. D’ailleurs, les paradigmes sont en train de changer. Depuis le sommet UE-UA de novembre 2017 à Abidjan, la volonté des deux continents de travailler directement ensemble a été affirmée. Il y a déjà et il y aura encore des discussions de continent à continent. C’est une dynamique irréversible. que nous encourageons. Mais il faut du temps pour tout changer. Le cadre ACP-UE est déjà une réalité avec des instruments juridiques existants.

Alors que l’Accord de Cotonou expirera en 2020, quel bilan peut-on faire de quatre décennies de partenariat ACP-UE ?

R. D. : L’objectif de l’Accord de Cotonou était «!la réduction, et à terme, l’éradication de la pauvreté, en cohérence avec les objectifs de développement durable et l’intégration progressive des États ACP dans l’économie mondiale!». Si l’on considère que les ACP regroupent aujourd’hui le plus grand nombre de pays les moins avancés, sans oublier leur part marginale dans le commerce et l’économie mondiale ainsi que la faible influence qu’ils ont sur la gouvernance de la planète, on peut conclure que cet objectif n’est pas atteint, et donc que le bilan n’est pas positif.

Cependant, la situation est beaucoup plus mitigée qu’elle n’y paraît. En réalité,  la taille de l’économie africaine a triplé depuis 2010 et beaucoup de pays africains ont atteint le statut de pays à revenu intermédiaire. De plus, 11 des 20 économies à plus forte croissance dans le monde en 2017 se trouvent en Afrique, ce qui fait dire aux observateurs avisés qu’elle est le continent de l’avenir. Dans les Caraïbes, à l’exception de Haïti, tous les pays ont enregistré des performances louables et sont aujourd’hui des pays à revenu intermédiaire, avec un développement important du secteur des services. Quant aux pays du Pacifique, qui sont presque tous des États insulaires, ils ont aussi fait des progrès notables. Le partenariat ACPUE, à travers la facilitation du commerce, la coopération au développement mise en oeuvre à travers les programmes indicatifs nationaux et régionaux ainsi que le mécanisme de l’enveloppe intra-ACP, y a contribué substantiellement.

On a beaucoup décrié le déséquilibre dans la coopération entre les pays d’Afrique et l’Union européenne. L’Afrique fournit l’Europe en matières premières non transformées tandis que l’Europe lui revend une partie de sa manufacture issue de ces mêmes matières premières. La négociation tient-elle compte de cette réalité? L’industrialisation du continent sera-t-elle prise en compte dans la négociation du nouvel accord?

R. D. : Vous soulevez ici une question importante, celle de la création de la valeur ajoutée et, par ricochet, de l’industrialisation de l’Afrique. Elle fait partie des priorités stratégiques du groupe ACP pour le prochain accord. Pour les ACP, le partenariat doit permettre de lever les obstacles en matière d’infrastructures, de main-d’oeuvre qualifiée, de politiques et de réglementations qui entravent le développement industriel. Le partenariat devra également permettre, entre autres, une mise à niveau industrielle dans les pays ACP à travers l’amélioration de la productivité, l’entrepreneuriat, la recherche, l’innovation, le transfert et la diffusion de technologies. Il doit par ailleurs favoriser la coopération dans la création de zones industrielles et l’accroissement de la valeur ajoutée dans les pays possédant des richesses agricoles et minérales comme ceux d’Afrique, appuyer les politiques visant à développer l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes et promouvoir l’utilisation efficace de l’économie numérique et les investissements directs étrangers. Mais qu’on ne se voile pas la face. Le partenariat ACP-EU, comme aucun autre d’ailleurs, ne permettra pas à lui seul à l’Afrique de s’industrialiser, tout comme on ne peut pas non plus empêcher l’Europe de chercher en Afrique des débouchés pour ses marchandises. C’est à l’Afrique de s’industrialiser. Il faut pour ce faire une réelle volonté d’en faire une priorité et effectivement prendre des mesures rigoureuses et courageuses en ce sens.

Quelles sont les autres priorités stratégiques du groupe ACP que vous souhaitez faire adopter aux Européens ?

R. D. : Les ACP mettront également un accent particulier sur la paix et la sécurité,  le commerce et l’investissement étant un autre axe prioritaire qui doit permettre aux ACP d’accéder au développement durable et de s’intégrer dans l’économie mondiale. Les questions de la mobilité et de la migration, du changement climatique et du dividende démographique sont une autre source de préoccupation des ACP, sans oublier la gouvernance des océans et l’économie bleue, pour n’en citer que quelques-unes.

Pourquoi les pays africains souhaitent-ils la suppression de l’article 8 de l’Accord de Cotonou, qui donne la possibilité à l’Union européenne de prendre des sanctions en cas de problème de gouvernance ?

R. D. : Si on se réfère à ses objectifs, le dialogue politique n’a pas été une mauvaise chose. Il a été d’ailleurs suffisamment large et inclusif dans sa mise en oeuvre, la plupart du temps. Ce qu’on lui reproche, c’est qu’il a été dominé par l’Union européenne, qui n’a pas toujours respecté toutes les procédures prescrites par l’Accord de Cotonou avant de prendre, très souvent de façon unilatérale, des sanctions contre des États africains, ce qui a donné l’impression qu’il a plus été un instrument de déséquilibre et de domination qu’un cadre de concertation de partenaires égaux. Contrairement à ce que vous soutenez, les ACP ne cherchent pas la suppression de l’article 8, mais préconisent qu’il soit renégocié dans l’optique d’avoir un dialogue politique amélioré et équilibré, basé sur le respect mutuel et celui de la souveraineté des États.

L’Afrique veut mettre en place une zone de libre-échange continentale. Comment prendre en compte cette évolution dans le futur Accord de Cotonou ?

R. D. : L’adoption en mars 2018 de l’accord sur la zone de libre-échange continentale est une étape importante dans la marche vers la liberté de circulation des personnes et des biens en Afrique. Le mandat de négociation ACP n’a pas spécifiquement abordé la question de la prise en compte de cette évolution dans le prochain accord ACP. Il a toutefois  encouragé la promotion d’un régime commercial préférentiel, en tenant compte de ceux existant entre les pays ACP, tels qu’envisagés par le marché unique de la Caricom (CSME) ou la Zone de libre-échange continentale (ZLEC) africaine. Depuis le 11e  sommet extraordinaire de l’Union africaine qui s’est tenu à Addis-Abeba les 17 et 18 septembre, la décision importante a été prise d’encourager l’Union africaine à discuter directement  des questions prioritaires du continent telles que la zone de libre-échange économique, la migration ou encore les questions de paix et de sécurité.

 L’Europe a fait des questions migratoires l’un des enjeux de sa politique extérieure. Que lui proposerez-vous pour résoudre ce problème crucial! ?

R. D. : Les questions migratoires ne sont pas la préoccupation de l’Europe seule. Elles concernent également les pays africains dont les ressortissants sont nombreux à perdre la vie dans des conditions déplorables. Elles sont donc un enjeu aussi bien pour l’Europe que pour l’Afrique. Aucune des parties n’y parviendra seule. Quand bien même les approches de solutions peuvent être différentes d’un bord à l’autre de la Méditerranée, c’est à travers le dialogue et la concertation qu’on pourra trouver des solutions durables. La négociation du futur partenariat nous en donne l’occasion, fort heureusement. 

Le nouvel Accord de Cotonou se fera-t-il au détriment de la Chine?

R. D. : La Chine et l’Union européenne sont toutes les deux des partenaires stratégiques importants pour les ACP. Chacune a sa façon singulière de concevoir et de mettre en oeuvre sa relation avec les États ACP. Ces derniers et l’Afrique dans son ensemble ambitionnent de se développer et apprécient les soutiens des partenaires extérieurs qui sont en cohérence avec leurs priorités. Il revient aux Africains de tirer le meilleur profit de ces deux offres de partenariat, celui avec la Chine et celui avec l’Europe. Les deux ne sont pas exclusifs l’un et l’autre. 

Un socle commun vers un partenariat gagnant

Les négociations se poursuivent à Bruxelles depuis le mois de septembre entre le groupe des pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et l’Union européenne afin de parvenir à un nouvel accord de coopération.

Vendredi 14 décembre 2018, Robert Dussey, le chef de la diplomatie togolaise et négociateur en chef pour le compte des ACP, a rencontré Neven Mimica, le Commissaire européen pour la Coopération internationale et le Développement.

Les deux hommes ont salué l’avancée des discussions réalisées dans un délai très rapide par les équipes techniques. Plus important, un consensus a été trouvé sur la structure du futur accord. 

Toutefois M. Mimica a indiqué que la route était encore longue avant d’aboutir au résultat final. ACP et UE ont jusqu’à 2020 pour se mettre d’accord sur un texte.

M. Dussey s’est félicité de l’esprit d’ouverture et de compromis qui caractérisent ces pourparlers.

Jeudi, Robert Dussey avait fait un rapport d’étape lors du conseil des ministres ACP sur l’évolution du processus de négociation. 

Les 79 pays composant le bloc ACP n’ont rien d’uniformes. Les demandes et les besoins des pays du Pacifique ou des Caraïbes n’ont rien à voir avec ceux de l’Afrique. L’accord devra prendre en compte ces spécificités.

La finalité des discussions de Bruxelles est de parvenir à un nouvel accord consistant en un socle commun et trois partenariats régionaux. 

Le socle commun, applicable à tous les membres du partenariat, énumérera des objectifs, des priorités et des principes généraux et permettra de renforcer la coopération au niveau international. 

Les partenariats régionaux constitueront le centre de gravité et fixeront des priorités régionales spécifiques pour les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, conformément aux dynamiques régionales renforcées et à l’importance accrue des organisations régionales. 

ACPUE – “Les enjeux ont changé”

Le Ministre des Affaires Etrangères du Togo, chef des négociations du Groupe ACP revient dans cette vidéo sur les enjeux liés au nouvel accord entre le Groupe Afrique-Caraïbes-Pacifique (ACP) et l’Union Européenne qui devrait succéder à l’accord de Cotonou, expirant en 2020. 

Interview à Bruxelles du Ministre des Affaires Etrangères du Togo.

Il s’exprimait en marge de la réunion du GCN du Conseil des Ministres ACP au cours de laquelle il avait lu le communiqué final dont un extrait suivant : 

Robert Dussey, Ministre des Affaires Etrangères du Togo au GCN

Suivre les activités du Ministre sur Twitter: 
https://twitter.com/rdussey

Négociations ACP-UE : coup d’envoi, enjeux et type d’accord envisagé

Par S.E.Pr. Robert DUSSEY, Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de l’Intégration africaine du Togo, Négociateur en chef du Groupe ACP pour le post-Cotonou

Le coup d’envoi des négociations devant conduire à un nouvel accord de partenariat ACP-Union européenne (UE) en remplacement de l’accord de Cotonou qui expire en février 2020 a été donné le 28 septembre 2018 à New York, aux Etats-Unis, en marge de la 73ème session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies sur décision des deux parties. Par cette cérémonie solennelle, l’UE et le Groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) ont officiellement acté leur option pour la continuité. Le monde a profondément changé et le futur accord devra intégrer un certain nombre de réalités si le partenariat ACP-UE veut vraiment être en phase avec l’esprit du temps.

Le contexte actuel est celui du décentrement du monde, le monde n’a plus de centre et de périphéries et, pour dire les choses crûment, l’Occident ni l’Europe ne sont plus le centre du monde. Le monde se définit aujourd’hui par une multipolarité portée par une diversité d’acteurs qui travaillent à peser sur son destin. Tenir compte de cette évolution historique permet de faire évoluer le partenariat ACP-UE pour l’inscrire dans une logique inédite : celle d’une stricte égalité caractérisée par la justice et l’équité des termes de la coopération. Les ACP attendent plus d’équité et moins de déséquilibre dans le futur accord de partenariat. Les limites de l’accord de Cotonou en termes de déséquilibre dans le rapport des échanges commerciaux sont connues de tous.

L’une des difficultés du partenariat ACP-UE, du début jusqu’à présent, c’est l’inégalité productive des deux parties. L’économie européenne a une grande force de production alors que les ACP ont une capacité productive très faible. L’inégale « capabilité », pour reprendre l’expression d’Amartya Sen*, qui caractérise les économies des deux parties pose problème. L’avantage de l’UE en termes de possibilité d’échanges commerciaux avec les ACP est très supérieur à celui du Groupe ACP.

Si par principe le marché européen est ouvert aux pays membres des ACP, ces derniers ne tirent pas encore sur le plan commercial suffisamment d’avantage. La faiblesse des capacités productives des ACP ne leur permet pas de tirer meilleur profit des possibilités que leur offre l’ouverture du marché européen. Le libre accès au marché européen est un atout pour les ACP, mais travailler à tirer davantage de profits du marché européen demeure un défi. Les ACP doivent travailler à renforcer leurs capacités productives et à augmenter le niveau de leurs exportations vers l’UE.

L’exigence d’équilibre des ACP dans les termes du futur accord de partenariat est connue de l’UE, mais faire en sorte que cet équilibre voulu et exprimé devienne une réalité reste un défi. D’où le travail de fond qui doit se faire et se fait toujours du côté des ACP. Les experts et les négociateurs des ACP travaillent au quotidien à l’interne sur les négociations. Ce travail de fourmi mérite d’être fait parce que les négociateurs actuels des ACP sont très conscients de leur responsabilité historique. Négocier au nom de 79 pays sans un sens élevé de responsabilité serait une faute grave que les générations futures du Groupe ACP ne pourront comprendre ni pardonner.

Les négociations sont conduites en toute responsabilité et aboutiront à un accord unique de partenariat à socle commun ayant trois piliers régionaux spécifiques. Le socle commun de l’accord portera sur les objectifs, les priorités et les principes généraux du futur accord et sur l’action multilatérale de l’UE et du Groupe ACP sur la scène mondiale. Les trois piliers régionaux seront des partenariats spécialisés entre l’UE et chacune des zones géographiques des ACP à savoir l’Afrique, les Caraïbes et le Pacifique, dans le cadre du partenariat ACP-UE. L’accord envisagé, de par sa structure, marque une rupture par rapport au passé.

L’objectif étant d’arriver à la signature d’un nouvel accord de partenariat ACP-UE au plus tard en 2020, les négociations qui, selon Antoine Pecquet (1704-1762) dans son ouvrage Discours sur l’art de négocier, préparent « les grands évènements », doivent être menées à un rythme soutenu.

Logiquement, la première phase des négociations permettra aux deux parties d’accorder leurs violons sur la structure du futur accord et surtout sur le format de l’organisation et la tenue des différentes séquences des négociations.

La deuxième phase des négociations portera sur le socle commun de l’accord. Elle permettra aux parties de s’entendre sur les principes directeurs, les objectifs généraux et les priorités générales de leur partenariat.

La troisième phase des négociations aura pour objet les trois piliers ou partenariats régionaux. La dernière phase des négociations sera celle de la consolidation de tous les acquis du processus, du réexamen de toute question ou sujet en suspens et de la conclusion des négociations. Le processus s’annonce un peu long mais nous y arriverons. « Espérer n’est pas une sottise, mais témoigne de la sagesse », dit le philosophe polonais Henryk Skolimowski

Robert Dussey et Patrick Gomez

ACP : Communiqué de Presse du chef ACP pour les négociations avec l’UE à Bruxelles

Mesdames et Messieurs de la presse,
Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue et de vous remercier tous de votre présence ici.

Pendant plus de quatre décennies, le partenariat ACP-UE n’a cesse de s’approfondir et de s’élargir Les Conventions de Lomé successives et l’Accord de partenariat de Cotonou ont constitué des instruments importants pour soutenir les efforts déployés par les États ACP afin de relever divers défis rencontrés dans la quête et le maintien d’un développement axé sur les personnes Au titre des négociations en vue d’un accord de partenariat post-Cotonou, qui se dérouleront dans un 21e siècle marqué par une évolution technologique rapide, les États ACP s’efforceront d’obtenir un accord moderne, adaptable et répondant â leurs ob1ectifs, qui contribuera à l’accélération de la transformation de leurs économies.

L’expiration de l’Accord de Cotonou en 2020 offre aux deux parties une occasion exceptionnelle de moderniser leurs relations de manière à ce qu’elles soient en phase avec les réalités actuelles et nouvelles. Le nouveau partenariat devra permettre au Groupe ACP et à l’UE d’affiner ensemble leurs approches des questions nationales et régionales et de définir leur
capacité à oeuvrer conjointement â l’avènement d’un environnement international stable et progressiste qui ne laisse personne sur le côté.

Le Groupe ACP oeuvre à ce que l’objectif du nouvel accord soit la contribution à la réalisation du développement durable dans tous les pays ACP à travers un partenariat économique et politique renforcé et approfondi, ainsi que le positionnement du Groupe comme un acteur plus efficace sur la scène internationale. A cet effet, il conviendra de procéder à un alignement avec le programme de développement à l’horizon 2030 et les ODD, qui en constitueront le cadre général, en prenant dûment en considération les conférences et Sommets des Nations Unies, l’Accord de Paris sur les changements climatiques, la Déclaration des Nations Unies sur le droit au développement, les programmes continentaux et régionaux, tels que l’Agenda 2063 de l’Union africaine, et l’approfondissement et l’élargissement de l’intégration régionale dans les Caraîbes et le Pacifique.

Comme vous le savez sans doute, l’ouverture officielle des négociations est intervenue à New York le 28 septembre 2018 en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies. C’était un événement symbolique. Nous avons démontré notre détermination à travailler ensemble et à coopérer dans la recherche de solutions aux problèmes planétaires qui affectent nos pays, pas seulement les États ACP mais aussi ceux de l’Union européenne. Cette coopération est plus que nécessaire au moment où nous déployons des efforts concertés pour lutter contre l’attitude négative croissante à l’égard du multilatéralisme.

Le Groupe ACP a mis en place une structure de négociation dont la présidence est assurée par des Ambassadeurs, tant en ce qui concerne le groupe central de négociation que les équipes techniques de négociation. Cette structure repose sur le principe d’mclusivité, dans la mesure où toutes les régions ACP participent à ce processus impulsé par les membres Le
groupe central de négociation est présidé par le Togo, avec Guyana et la Papouasie-Nouvelle-Guinée comme Vice-présidents. Quant aux équipes techniques de négociation chargées des discussions sur les piliers stratégiques du Mandat ACP elles sont présidées par Trinité-et-Tobago, Samoa et le Zimbabwe.

C’est pour moi un plaisir d’avoir l’occasion de prendre la parole lors de la première session des négociations techniques. Les deux parties commenceront par s’accorder sur les modalités pratiques, notamment en ce qui concerne les dispositions pratiques à mettre en place pour les négociations.

Elles procèderont à une comparaison des Directives de négociation de l’Union européenne et du Mandat de négociation du Groupe ACP afin d’établir de quelle façon la structure et les priontés stratégiques du futur accord seront alignées.

Nous espérons que le nouveau partenariat contribuera à stimuler le développement de nos pays. Nous envisageons de conclure un accord prenant en considération les réalités du monde moderne

Je vous remercie de votre aimable attention Je suis â présent disposé à répondre à quelques questions.

Robert Dussey intervenant au cours de la conférence de presse

La migration ne doit pas être le seul défi du post-Cotonou

Le négociateur en chef des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique appelle à plus d’imagination pour l’avenir des relations UE-ACP.

Robert Dussey est ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de l’Intégration africaine du Togo et négociateur en chef du groupe ACP pour l’avenir des relations avec l’UE après la fin de l’accord de Cotonou.

La péremption programmée de l’accord  de Cotonou en 2020 n’est pas la fin du partenariat ACP-UE. Les deux parties sont actuellement en pourparlers et les négociations pour un nouvel accord de partenariat commenceront dès ce 1er octobre 2018. La nouveauté de l’accord envisagé réside dans sa structure. L’accord aura un socle commun applicable à tous les membres du partenariat et trois partenariats régionaux spécifiques à l’Afrique, aux Caraïbes et au Pacifique (ACP).

L’accord post-Cotonou doit aider à la réalisation du développement durable dans les pays ACP. Le droit au développement des peuples ACP, les ODD, l’accord de Paris sur les changements climatiques et l’Agenda 2063 de l’Union Africaine doivent être au cœur du futur accord de partenariat ACP-UE.

Conclu en 2000 au Bénin, l’accord de Cotonou a façonné les relations entre l’UE et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) durant 20 ans. L’accord expire en 2020 et les négociations autour de son successeur doivent débuter début septembre.

Nous avons des raisons d’espérer, mais l’espoir dans l’avenir de notre partenariat n’est légitime que s’il repose sur l’engagement des deux parties à faire ensemble le chemin de la prospérité. Le partenariat ACP-UE ne peut tenir ses promesses que s’il n’annihile pas les efforts endogènes de développement des ACP, n’induit pas le démantèlement de leurs jeunes industries et économies.

Il nous faut plus d’ambition et d’imagination pour comprendre les enjeux nouveaux de notre coopération que nous souhaitons et voulons plus féconde, équitable et responsable. Les ACP espèrent moins la charité que la justice et l’équité dans les termes du futur accord de partenariat.

Les sujets à inscrire à l’agenda des négociations sont divers et toucheront des domaines telles que l’économie et l’investissement, la coopération au développement, la recherche et l’innovation technologique, les changements climatiques, la guerre à la pauvreté, la sécurité, le dialogue politique et la migration. Après attente des deux parties sur le socle commun de l’accord, les négociations sur les trois piliers régionaux seront lancées. L’objectif, c’est d’arriver à un accord qui tient vraiment compte des réalités et problèmes de chaque sphère géographique du groupe ACP.

L’avantage de cette approche est qu’elle donne à chaque région des ACP la possibilité d’influencer, ou, au besoin, de prendre en main les négociations techniques sur ses priorités stratégiques. L’approche est en phase avec la volonté des différentes régions, en particulier celle de l’Afrique clairement exprimée d’avoir un partenariat totalement décomplexé avec l’Europe dans un rapport de stricte égalité.

La question migratoire sera sans doute un point essentiel du pilier UE-Afrique de l’accord, mais elle ne doit pas éluder la pertinence des débats, impacter dans le sens négatif les termes de notre futur accord de coopération.

Au demeurant, nous restons convaincus que l’horizon du partenariat ACP-UE reste ouvert. Les prochaines négociations s’annoncent à grand pas. Les défis sont essentiels et les enjeux grands.  Un accord de partenariat vraiment juste et équitable entre l’Europe et les ACP aura, certainement pour l’Afrique, les Caraïbes et le Pacifique, des retombées que les accords antérieurs n’ont jamais eues. Je voudrais finir avec une pensée de Gaston Berger: « Demain ne sera pas comme hier. Il sera nouveau et il dépendra de nous. »

L’accord de Cotonou régit la coopération entre l’Union européenne et les pays de l’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique depuis 2000. Alors que sa révision doit commencer, son bilan apparaît mitigé.

UE-ACP Ouverture des négociations sur un nouvel accord de partenariat

DÉCLARATION DE L’HONORABLE PROFESSEUR ROBERT DUSSEY
MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION ET DE L’INTEGRATION AFRICAINE DE LA REPUBLIQUE DU TOGO ET
NÉGOCIATEUR EN CHEF DU GROUPE D’ÉTAT ACP

Vendredi 28 septembre 2018, 10h00
New York, États-Unis d’Amérique


Votre Excellence, chers invités, Mesdames et Messieurs.

Permettez-moi d’abord de remercier le commissaire ministre d’avoir accepté de se comporter à New York.

En moins de deux ans, nous sommes appelés à renouveler les conditions de la coopération ACP-UE. Cette cérémonie lance officiellement le processus des négociations qui nous mènera à un nouvel accord. La signature d’un nouvel accord de coopération entre nos deux entités a été très utile, car l’Union européenne et les pays ACP ont encore des possibilités inexploitées d’explorer et d’exploiter ensemble. Pour paraphraser le titre d’un livre de Karl POPPER et Konrad LORENZ, l’horizon de notre coopération reste ouvert et il y a place à l’espoir pour l’avenir.

Pour l’avenir de notre coopération, l’espoir n’est justifié que s’il est basé sur un engagement commun à voyager ensemble sur la voie de la prospérité. Nous devons travailler ensemble pour réussir ensemble. La coopération ACP-UE ne restera fidèle à son ambition d’origine que s’il reste un partenariat au service du droit humain fondamental au développement des peuples ACP. Le principal défi pour les ACP reste la guerre contre le manque de développement et notre partenariat doit pouvoir aider les États membres ACP à relever ce défi.

Le lien entre le groupe ACP et l’UE était établi à l’article premier du chapitre 1 de l’accord de Georgetown, l’acte constitutif du groupe ACP, qui stipule que “les membres du groupe ACP sont les États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique qui sont signataires de la Convention de Lomé et du présent Accord. ” Le groupe ACP souligne que le partenariat ACP-UE est une réalisation unique et précieuse qui a renforcé les liens entre les peuples et les pays ACP et de l’UE au cours des 45 dernières années de son existence. L’ouverture des négociations aujourd’hui marque la continuité de la confiance dont les parties au partenariat ont besoin.

Des difficultés, des malentendus et des pièges peuvent surgir dans la coentreprise de négociations, mais nous devons rester fermes, utiliser notre «sagesse pratique» pour les surmonter. «La sagesse pratique», l’autre dénomination de la phronèse d’ARISTOTE, dit Paul RICOEUR dans son travail soi-même comme autre, «consiste à inventer un comportement juste adapté au caractère singulier du cas». Cela peut nous aider à surmonter les apories, les «désaccords raisonnables», les «illusions objectives» et les risques d’impasse inhérents à tout processus normal de négociation.

Cérémonie d'ouverture
Participants à la cérémonie d’ouverture

Nous devons veiller à ce que la coopération ACP-UE serve réellement la cause du développement des pays ACP. La coopération ACP-UE ne peut conduire au développement souhaité et espéré par les Etats ACP que si elle ne détruit pas leurs initiatives de développement endogènes, si elle ne transige pas – pour emprunter le mot à Amartya SEN – les «capacités» des pays ACP à travers la désindustrialisation et le démantèlement de leurs économies. C’est dans l’intérêt économique et stratégique de l’Europe que les pays ACP se développent. Penser autrement serait un manque d’ambition.

Nous avons besoin de plus d’ambition et d’imagination pour comprendre les nouveaux défis de notre coopération que nous espérons et souhaitons être plus fructueux, plus justes et plus responsables. Lorsque vous voyagez sur deux routes, vous avez besoin d’une lucidité essentielle pour ne pas marcher sur les pieds de vos compagnons de route. La lucidité, par son étymologie latine, signifie «lumière» et quelqu’un qui est lucide, dit Augustin Kouadio DIBI «est quelqu’un qui peut voir clairement, quelqu’un qui saisit les choses à la lumière». À la lumière, nous arriverons à un nouvel accord dans le meilleur intérêt de l’Europe et des pays ACP.

De nombreux sujets seront à l’ordre du jour des négociations à venir. Ces sujets concernent des domaines (à des fins d’illustration) tels que l’économie et l’investissement, la coopération au développement, la recherche et l’innovation technologique, le changement climatique, la guerre contre la pauvreté, la sécurité, le dialogue politique et les migrations. L’examen de tous ces sujets doit se faire dans un avenir proche dans une plus grande rationalité.

Parce que je reste convaincu que l’horizon de la coopération ACP-UE reste ouvert; que l’Union européenne et les pays ACP ont encore «un avenir possible» à explorer et à inventer ensemble, je voudrais terminer sur cette pensée du philosophe français de la prospection Gaston Berger dans son livre La Phénoménologie du temps et de la prospective: «Demain ne sera pas être comme hier. Ce sera nouveau et cela dépendra de nous. C’est moins à découvrir qu’à inventer ».

Bonne chance pour les négociations futures.
Merci de votre attention

Visite officielle en Israël de Robert Dussey

Robert Dussey, le ministre des Affaires étrangères, effectue les 11 et 12 juin une visite officielle en Israël.

Il a été reçu en début de matinée par le Premier ministre, Benjamin Netanyahu.

Les discussions ont porté sur la coopération bilatérale dans les domaines politiques, économiques et de la formation.

M. Netanyahu s’est une nouvelle fois félicité pour la qualité des liens d’amitié qui unissent les deux pays. Une relation qui date en fait de l’indépendance.

M. Dussey s’est ensuite rendu au mémorial de Yad Vashem édifié en mémoire des 6 millions de victimes juives de la Shoah (Holocauste) perpétrée par les nazis pendant la seconde guerre mondiale.

Le mémorial couvre le sommet d’une colline à l’ouest de Jérusalem.

Contre l’oubli du crime dont les nazis voulaient effacer jusqu’aux traces, Yad Vashem rassemble les noms des victimes juives d’Auschwitz, Majdanek, Treblinka, Belzec, Sobibor, Chelmno et des innombrables autres lieux d’assassinat.

Son but est de perpétuer la mémoire individuelle et collective des victimes de la Shoah, d’honorer les Justes des Nations et de tout mettre en oeuvre pour s’assurer que le Monde n’oubliera jamais.

C’est donc un lieu empreint d’une forte charge émotionnelle que Robert Dussey a visité avec la délégation qui l’accompagne.

Cette première journée s’achèvera par une séance de travail avec le directeur général de Mashav Gil Haskel.

L’Agence de coopération israélienne est très active au Togo. Elle vient d’installer le premier centre de traumatologie à l’hôpital d’Atakpamé et forme en ce moment des experts à Institut technique d’appui et de recherche agricole (ITRA) à Davié.

Mashav a formé des dizaines d’ingénieurs agronomes dans ses centres spécialisés à travers Israël.