Ministre des Affaires Etrangères, de l'intégration Africaine et des Togolais de l'Extérieur
Négociateur en Chef du Groupe ACP pour le Post-Cotonou 2020 - Professeur de philosophie politique

Prof. Robert Dussey

Ministre des Affaires Etrangères, de l'intégration Africaine et des Togolais de l'Extérieur
Négociateur en Chef du Groupe ACP pour le Post-Cotonou 2020 - Professeur de philosophie politique​

CONFERENCE DE L’ORGANISATION CONSTITUENCY FOR AFRICA (CFA) : Intervention de Robert DUSSEY

 Washington, le 14 juillet 2020

Monsieur le Président du Constituency for Africa (CFA),
Mesdames et Messieurs les membres du Conseil d’administration du  CFA
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,

Avant toute chose, je ne peux m’empêcher de saluer le travail d’utilité publique que Constituency for Africa fait pour l’Afrique et exprimer tous nos soutiens, notre solidarité et nos félicitations aux premiers responsables de l’organisation qui œuvrent pour le meilleur avenir de notre continent, de votre continent.

En effet, le défi de la transformation de l’Afrique est immense et la diaspora africaine, dans toutes ses composantes et où qu’elle se trouve, doit jouer sa partition. La diaspora africaine a une mission indispensable à accomplir dans le processus de transformation de l’Afrique pour trois raisons principales.

D’abord, et c’est la première raison, l’histoire de l’émancipation et de l’évolution des sociétés humaines ne s’est jamais écrite sans le concours des diasporas. Je trouve utile de rappeler ici le rôle précurseur et d’avant-garde que les diasporas africaines outre-Atlantique, à travers des noms comme Richard Wright, William Du Bois, Malcolm X, Marcus Garvey, ont joué dans la marche de l’Afrique hier vers la reconquête de ses libertés confisquées et les indépendances. L’idéal panafricain faisait partie des combats de ces grandes figures de la diaspora afro-américaine.

La deuxième raison est très simple : le vœu de hâter la transformation du continent nous impose le travail dans la synergie et la coalition de nos forces. La diaspora africaine, riche de sa diversité et de ses ressources humaines capables, est un partenaire non négligeable dans la marche du continent vers de nouveaux horizons, vers l’autre Afrique, vers l’Afrique que nous voulons. Unie, et en bonne intelligence avec la diaspora, « l’Afrique pourra devenir, une fois pour de bon, l’une des plus grandes forces de ce monde », comme le disait Kwame N’Krumah, grande figure du panafricanisme et théoricien du consciencisme, qui a posé les bases de la renaissance et de la transformation de l’Afrique dans les années soixante.

La troisième raison : une Afrique transformée et développée est une chance pour toutes les personnes dont les racines et le destin sont liés à l’Afrique. Malcolm X a eu raison en 1964 lors d’un sommet de l’OUA au Caire lorsqu’il souligne dans une vision à la fois réaliste et prospective que le développement de l’Afrique est un passage obligé pour l’évolution de la cause des Noirs dans le monde. Les problèmes africains sont des problèmes des Afro-américains et les problèmes des Afro-américains des problèmes des Africains, disait Malcolm X. Les indignations suscitées en Afrique par la mort récente de George Floyd illustre bien cela.

Nous, générations actuelles, devons donner à l’Afrique les moyens de sa transformation. L’avenir du continent n’est pas prédéterminé, mais plutôt à construire et est de notre responsabilité. Les Afro-américains qui sont des africains, parce qu’il y a une part essentielle d’Afrique en eux, ont du potentiel. En jouant leur partition dans le procès de transformation du continent, la diaspora africaine de l’Amérique du Nord peut aider l’Afrique à retrouver l’entière et pleine confiance en elle-même. Le mal de l’Afrique, c’est que sa marche dans l’Histoire universelle est souvent trop contrariée par ceux qui ne s’y intéressent que par leurs intérêts géostratégiques et économiques. En comblant le vide propice aux influences exogènes par le travail collaboratif et coordonné, nous réussirons à prendre en main le destin du continent.

Il y a sans doute dans la diaspora afro-américaine des médecins, des économistes, des hommes d’affaires, des investisseurs, des écrivains, des philosophes, des ingénieurs en informatique compétents, bref des ressources humaines valeureuses dont l’Afrique a besoin dans son élan vers l’avenir. Pour paraphraser un vers de l’hymne national de mon pays le Togo, je dirai : «Diaspora afro-américaine, viens et bâtissons et transformons l’Afrique». Pour finir, je voudrais porter à la connaissance de tous que, sur l’initiative du Togo, l’Union africaine va décréter bientôt la «Décennie 2020-2030» «Décennie des racines et des diasporas africaines ».

 

Je vous remercie pour votre attention.

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