Le Diplomag n°18 est disponible en téléchargement!

DiploMag, le magazine publié par le Ministère togolais des Affaires étrangères, dans sa dix-huitième parution du ce premier trimestre 2019, fait le bilan de l’action diplomatique togolaise en 2018 et revient sur les contours du futur accord ACP-UE Post-Cotonou 2020.

Découvrir ci-après l’éditorial signé par le Ministre Robert Dussey :

L’année 2018 appartient au passé, la nouvelle ne vient que de commencer, celle à venir nous talonne déjà. Vladimir Jankélévitch se demandait un jour : ‘‘ comment des années si courtes se fabriquent-elles avec des journées si longues ?’’ Le temps est fuite et lieu de déploiement de l’existence humaine. L’être humain naît dans le temps, vit dans le temps, agit dans le temps et meurt dans le temps. La dimension de la temporalité liée à l’action est très essentielle dans ce que la philosophe Hannah Arendt appelle le « domaine des affaires humaines ». Par nos actions, où qu’on soit, qui qu’on soit, quoi qu’on veut, nous impactons le monde et de diverses manières.

L’histoire du monde dans une proportion non négligeable est celle de l’homme et de son action. Celle du Togo est celle de ses fils, leurs actions et interactions, engagements et espérances. Sur le plan diplomatique, l’année 2018 est marquée au Togo par un ensemble d’actions réalisées sous l’impulsion du Président de la République, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, dont la vision et l’esprit d’anticipation ont permis d’améliorer le rayonnement international du pays.

Le Togo a non seulement mis son leadership au service de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) au cours de l’année écoulée, mais également organisé et abrité de grandes rencontres internationales, et préside actuellement le Groupe Central de Négociation des Etats ACP pour le post- Cotonou, l’accord de Cotonou arrivant à terme en février 2020. Le présent numéro de DIPLOMAG revient sur quelques séquences fortes de la diplomatie togolaise durant l’année 2018. Il s’agit pour la diplomatie togolaise d’une occasion d’écriture de soi dans une perspective rétrospective. Cet éditorial met en exergue dans une démarche synthétique deux moments clés de l’action diplomatique du Togo en 2018 et les perspectives pour cette nouvelle année…. ”

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Robert Dussey et Patrick Gomez

ACP : Communiqué de Presse du chef ACP pour les négociations avec l’UE à Bruxelles

Mesdames et Messieurs de la presse,
Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue et de vous remercier tous de votre présence ici.

Pendant plus de quatre décennies, le partenariat ACP-UE n’a cesse de s’approfondir et de s’élargir Les Conventions de Lomé successives et l’Accord de partenariat de Cotonou ont constitué des instruments importants pour soutenir les efforts déployés par les États ACP afin de relever divers défis rencontrés dans la quête et le maintien d’un développement axé sur les personnes Au titre des négociations en vue d’un accord de partenariat post-Cotonou, qui se dérouleront dans un 21e siècle marqué par une évolution technologique rapide, les États ACP s’efforceront d’obtenir un accord moderne, adaptable et répondant â leurs ob1ectifs, qui contribuera à l’accélération de la transformation de leurs économies.

L’expiration de l’Accord de Cotonou en 2020 offre aux deux parties une occasion exceptionnelle de moderniser leurs relations de manière à ce qu’elles soient en phase avec les réalités actuelles et nouvelles. Le nouveau partenariat devra permettre au Groupe ACP et à l’UE d’affiner ensemble leurs approches des questions nationales et régionales et de définir leur
capacité à oeuvrer conjointement â l’avènement d’un environnement international stable et progressiste qui ne laisse personne sur le côté.

Le Groupe ACP oeuvre à ce que l’objectif du nouvel accord soit la contribution à la réalisation du développement durable dans tous les pays ACP à travers un partenariat économique et politique renforcé et approfondi, ainsi que le positionnement du Groupe comme un acteur plus efficace sur la scène internationale. A cet effet, il conviendra de procéder à un alignement avec le programme de développement à l’horizon 2030 et les ODD, qui en constitueront le cadre général, en prenant dûment en considération les conférences et Sommets des Nations Unies, l’Accord de Paris sur les changements climatiques, la Déclaration des Nations Unies sur le droit au développement, les programmes continentaux et régionaux, tels que l’Agenda 2063 de l’Union africaine, et l’approfondissement et l’élargissement de l’intégration régionale dans les Caraîbes et le Pacifique.

Comme vous le savez sans doute, l’ouverture officielle des négociations est intervenue à New York le 28 septembre 2018 en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies. C’était un événement symbolique. Nous avons démontré notre détermination à travailler ensemble et à coopérer dans la recherche de solutions aux problèmes planétaires qui affectent nos pays, pas seulement les États ACP mais aussi ceux de l’Union européenne. Cette coopération est plus que nécessaire au moment où nous déployons des efforts concertés pour lutter contre l’attitude négative croissante à l’égard du multilatéralisme.

Le Groupe ACP a mis en place une structure de négociation dont la présidence est assurée par des Ambassadeurs, tant en ce qui concerne le groupe central de négociation que les équipes techniques de négociation. Cette structure repose sur le principe d’mclusivité, dans la mesure où toutes les régions ACP participent à ce processus impulsé par les membres Le
groupe central de négociation est présidé par le Togo, avec Guyana et la Papouasie-Nouvelle-Guinée comme Vice-présidents. Quant aux équipes techniques de négociation chargées des discussions sur les piliers stratégiques du Mandat ACP elles sont présidées par Trinité-et-Tobago, Samoa et le Zimbabwe.

C’est pour moi un plaisir d’avoir l’occasion de prendre la parole lors de la première session des négociations techniques. Les deux parties commenceront par s’accorder sur les modalités pratiques, notamment en ce qui concerne les dispositions pratiques à mettre en place pour les négociations.

Elles procèderont à une comparaison des Directives de négociation de l’Union européenne et du Mandat de négociation du Groupe ACP afin d’établir de quelle façon la structure et les priontés stratégiques du futur accord seront alignées.

Nous espérons que le nouveau partenariat contribuera à stimuler le développement de nos pays. Nous envisageons de conclure un accord prenant en considération les réalités du monde moderne

Je vous remercie de votre aimable attention Je suis â présent disposé à répondre à quelques questions.

Robert Dussey intervenant au cours de la conférence de presse

ACP-UE : Des pistes avant les prochaines négociations

Les Journées européennes du développement (JED) se sont ouvertes mardi à Bruxelles. L’une des premières sessions thématiques a été consacrée à l’avenir du partenariat entre l’UE et les pays ACP à deux ans de la fin de l’accord de Cotonou.

Un timing parfait quelques jours après la tenue à Lomé de la réunion conjointe ACP-Union européenne.

Plusieurs intervenants se sont exprimés sur le futur de la coopération entre les deux entités parmi lesquels Robert Dussey, le ministre togolais des Affaires étrangères.

Son pays a été chargé par le Groupe ACP de prendre la direction des négociations à venir ; elles doivent débuter à la fin du mois d’août.

L’UE entend moderniser les relations avec les 79 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.

Après 43 ans de coopération, le temps est venu d’évoluer vers un partenariat plus moderne et plus dynamique. Sur la base des enseignements tirés de l’accord de Cotonou et des valeurs qu’ils partagent, l’UE et ses partenaires sont sur le point de transformer leur relation pour mieux l’adapter aux réalités d’aujourd’hui.

Les prochaines négociations seront cruciales pour trouver de nouveaux moyens de stimuler la croissance de manière durable et de relever les défis mondiaux.

Robert Dussey avait à ses côtés Patrick Gomes, le secrétaire général des ACP, Stefano Manservisi, directeur général de DEVCO et d’autres responsables de la Commission européenne.

La session a permis de mettre en évidence les enjeux clés et d’explorer la façon de parvenir à un accord collectif profitable à tous.

Discours d’ouverture de la 107e session du Conseil des ministres de l’ACP

Madame la Présidente, 

Monsieur le Secrétaire général, 

Mesdames et messieurs,


Aujourd’hui où le Groupe ACP soumet au questionnement sa propre présence au monde, s’interroge sur les raisons d’être de son existence, sur ses propres fins entendues ici comme telos ou buts et cherche à redessiner son partenariat avec l’Union européenne à l’expiration, en 2020, de l’Accord de Cotonou, il nous faut réaffirmer le sentiment commun d’appartenance à notre groupe et notre commune dépendance. Le sentiment d’appartenance commune et de commune dépendance, ce sentiment que valorisaient tant les stoïciens grecs de l’Antiquité et qu’ils rapportaient au cosmos, doit nous inspirer et raffermir en nous la solidarité organisationnelle où se joue la dialectique du multiple et de l’Un, des parties et du Tout. 

Nos populations nous attendent. Leur droit légitime au développement doit nous inciter à éviter lors de cette Session le « syndrome du bateau ivre », ce syndrome qui traduit une espèce de nausée, la situation hypothétique d’un navire en perte de repère. « Il n’est point de vent favorable pour celui qui ne sait où il va » disait SÉNÈQUE dans ses Lettres à Lucilius.

La logique d’unité doit guider nos pas. Nous devons aborder les futures négociations avec l’UE en tant que groupe uni, en tant que « pôle de responsabilité collective » soudé. S’il est vrai que l’unité du Groupe ACP en tant que pôle multilatéral de responsabilité collective ne peut signifier rien d’autre qu’une « unité plurielle », ou mieux, une « unité dans la diversité », pour reprendre Jürgen HABERMAS dans son livre Après l’Etat-nation, en raison des spécificités propres à chaque ensemble continental, les spécificités et divergences ne doivent pas cependant avoir raison de notre sens de l’unité. 

En restant uni, nous pouvons travailler ensemble et renforcer la souveraineté positive de nos Etats, autrement dit leur capacité d’action externe et interne. L’unité d’action au rang des ACP aidera sans doute nos Etats à faire décroître les inégalités et à faire reculer les frontières de la pauvreté, à faire sortir nos Etats et populations de la situation d’inconfort actuelle.

L’enjeu, c’est la guerre au manque de développement dans nos pays, à la « pauvreté absolue » et « objective ». L’état du monde actuel quasiment comparable à l’état de nature de Thomas Hobbes nuit au Groupe des ACP et à leurs populations. Changer cet état insoutenable, voilà ce qui doit être l’objectif de ce cadre de coopération Sud-Sud. N’oublions pas que l’un des objectifs des ACP est d’« œuvrer à la promotion d’un nouvel ordre mondial plus juste et plus équitable ». 

Ce défi qui reste actuel 43 ans après l’Accord originel de Georgetown donne à réfléchir et nous appelle à la logique d’unité. Ce n’est pas en étant ensemble que nous ne sommes pas fécond, c’est plutôt parce que jusque-là nous n’avons pas assez agi ensemble. La force réside dans l’unité.

L’heure est à l’urgence du rassemblement, ou pour parler comme Edgar Morin, à « l’urgence de l’essentiel ».


Madame la Présidente,

Monsieur le Secrétaire général,

Mesdames et messieurs,

 

Ces tendances centrifuges, auxquelles nous devons nous opposer de toutes nos forces, doivent tout de même nous amener à nous interroger sur les facteurs qui nourrissent ce courant. Nous sommes à la croisée des chemins où nous devons avoir le courage de voir en toute objectivité la réalité afin de dresser un diagnostic clair de nos difficultés et leur trouver des solutions qui s’imposent. Le célèbre poète allemand HÖLDERLIN disait bien dans un style hégélien que « là où croît le péril croît aussi ce qui sauve ». Il nous faut faire preuve d’imagination et d’innovations pour sortir de cette situation car comme le dit Albert EINSTEIN, dans les moments de crises ou de difficultés, « seule l’imagination importe ».

Le Gouvernement de la République Togolaise insiste donc sur la nécessité du renforcement de la coopération intra-ACP car pour nous développer, nous devons d’abord compter sur nous-mêmes, sur nos propres forces dans une perspective humaniste et de confiance en soi. La confiance en soi, au plan individuel que collectif, comme l’enseigne la génération actuelle de l’École de Francfort conduite par Axel HONNETH, est le support basique de tout effort de développement. Notre coopération interne nous ouvrira des perspectives stimulantes qui auront sans doute  des impacts sur nos partenariats avec les autres. 

À cet égard, je me réjouis que vous ayez inscrit à l’agenda de vos travaux la révision de l’Accord de Georgetown et je vous engage à l’examiner dans la droite ligne des orientations données pas nos Chefs d’État et de gouvernement lors des Sommets de Sipopo en 2012 et de Port Moresby en 2016 et de notre document de position Vers les ACP que nous voulons.

L’avenir du Groupe ACP dépend de notre capacité d’adaptation aux mutations profondes de l’environnement international. L’avenir n’est pas, pour reprendre les termes d’Henri BERGSON, « ce qui va arriver mais ce que nous allons en faire». L’avenir se prépare, celui de notre Groupe doit se construire autour de perspectives réalistes et vitales qui engagent chacun de nos Etats et toute l’organisation. L’heure est à l’action multilatérale.

Madame la Présidente, 

Mesdames et messieurs les Ministres,

Monsieur le Secrétaire général, 

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de Mission,

Les préparatifs en vue des négociations du Post Cotonou sont l’autre préoccupation qui sera au cœur de votre session. Sur ce sujet, il est à observer que le partenaire européen a déjà exprimé de façon claire sa vision du futur accord de partenariat.

A votre tour, vous examinerez et adopterez, je l’espère, le mandat de négociation du Groupe ACP. La réunion qui s’est tenue le 27 mai ici même doit avoir permis de faire des avancées sur l’examen des questions susceptibles de constituer des blocages sur notre vision commune.

Du côté du Groupe ACP, il y a lieu de souligner, pour s’en réjouir, la croissance économique enregistrée par un certain nombre de pays. La croissance économique a permis aux pays en question de se hisser au rang de pays à revenu intermédiaire. Toutefois, les économies de ces pays demeurent vulnérables aux chocs exogènes et il importe de ne pas les abandonner à eux-mêmes. En restant solidaires, nous pourrions mieux résister aux crises, accroître ce qu’Amartya SEN appelle les « capabilités » de nos pays et de nos citoyens. Nos populations méritent mieux que leurs niveaux et conditions de vie actuelles.

 

Madame la Présidente,

Monsieur le Secrétaire général,

Mesdames et messieurs,

Sur ces mots, je déclare ouverte la 107ème session du Conseil des ministres ACP et souhaite, au nom de notre histoire et du « principe espérance » cher à Ernst BLOCH, plein succès à nos travaux.

Vive la coopération Sud-Sud, 

Vive les ACP

Je vous remercie.

Lomé accueille le Conseil des Ministres ACP-UE

Patrick Gomes, Secrétaire Général des ACP et Robert Dussey

La session du Conseil des ministres des pays ACP (Afrique-Caraïbe-Pacifique) et celle du Conseil conjoint ACP-UE s’ouvre dimanche à Lomé.

Les représentants de cet ensemble géographique et ceux de l’Union européenne continuent d’arriver dans la capitale togolaise.

Robert Dussey, le ministre des Affaires étrangères, a accueilli Patrick Gomes, le secrétaire général des ACP, Kamina Johnson Smith, la cheffe de la diplomatie jamaïcaine et présidente du conseil des ACP et Ralph Regenvanu responsable de la politique étrangère du Vanuatu.

Le Conseil des ministres est la principale instance décisionnelle du Groupe ACP après le sommet des chefs d’État et de gouvernement. Quant au Conseil des ministres conjoint, il est l’organe suprême du partenariat entre les ACP et l’Union européenne.

Ces réunions s’inscrivent dans le cadre des préparatifs des prochaines négociations pour un nouvel accord de partenariat ACP-UE après 2020.

Kamina Johnson Smith, Ministre des Affaires Etrangères de Jamaïque et le chef de la diplomatie togolaise

Faure Gnassingbé, qui assure également la présidence en exercice de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), appelle à un plus grand rôle politique pour le Groupe ACP dans le cadre du prochain  Accord, notamment en termes d’appui aux Etats membres dans les différents processus relatifs au dialogue politique avec l’UE. 

Le président togolais souligne par ailleurs l’importance d’un partenariat renouvelé avec l’Europe après 2020, et insisté sur l’appel lancé aux États ACP pour qu’ils demeurent un groupe uni.

Pour l’Union européenne, le rendez-vous de Lomé est important car il donnera le ton du futur cadre de la coopération entre l’UE et ses partenaires pour les prochaines années.

Les ministres venus des 79 pays ACP ainsi que des représentants de l’UE se retrouveront à l’hôtel du 2 février.