Réunion du Conseil de paix et de sécurité à Niamey sur la Libye

Adopté par le Conseil de paix et de sécurité en sa 857ème  réunion tenue le 5 juillet 2019, sur la situation en Libye et le sort des migrants africains en Libye,

 

Le Conseil de paix et de sécurité,

Rappelant l’article 4 (o) de l’Acte constitutif de l’Union africaine affirmant le caractère sacro-saint de la vie humaine, l’article 7 du Protocole relatif à la création du Conseil de paix et de sécurité, ainsi que ses communiqués et communiqués de presse antérieurs sur la situation en Libye et la situation des migrants africains dans ce pays, en particulier le communiqué de presse [PSC/PR/BR.(DCCCII)] de la 802ème réunion du 17 octobre 2018, le communiqué [PSC/MIN.(DCCXCVII)] de la 797ème réunion tenue au niveau ministériel le 24 septembre 2018, en marge de la 73ème Session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, aux États-Unis d’Amérique, et le communiqué [PSC/PR/COMM.(PSC /PR/COMM.(DCCCXXXIX)] de la 839ème réunion tenue le 9 avril 2019;

Notant les allocutions de S.E. Pr. Robert Dussy, Ministre des Affaires étrangères de la République togolaise, en sa qualité de Président du CPS pour le mois de juillet 2019, et de l’allocution faite par S.E. Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’UA; notant, en outre, la  présentation faite par l’Ambassadeur Smaïl Chergui, Commissaire à la paix et à la sécurité, ainsi que la déclaration du Représentant de l’État de Libye;

Exprimant, une fois encore, sa grave préoccupation  face à la situation qui prévaut en Libye, en particulier depuis le 4 avril 2019, et face au sort des migrants africains dans les camps et les centres de détention dans ce pays, en particulier la récente attaque contre des migrants et des réfugiés au centre de détention de Tajoura près de Tripoli, en Libye , qui a fait 53 morts et des centaines de blessés graves, le 3 juillet 2019;

Exprimant sa solidarité avec le Gouvernement et le peuple libyens et réaffirmant son engagement et sa disposition à continuer d’aider les parties prenantes libyennes à trouver une solution à la crise dans leur pays, conformément aux instruments et principes pertinents de l’UA.

Agissant en vertu de l’article 7 de son Protocole, le Conseil de paix et de sécurité: 

  1. Condamne, de la manière la plus ferme possible, les auteurs de l’attaque sauvage, quels qu’ils soient, attaque qui a été perpétrée le 3 juillet 2019, contre les migrants du centre de détention de Tajoura, près de Tripoli en Libye, qui a causé des morts et des centaines de blessés; exprime ses sincères condoléances aux familles des victimes et souhaite un prompt rétablissement à tous les migrants et réfugiés blessés;
  1. Fait sien le communiqué de presse du Président de la Commission du 3 juillet 2019, condamnant ce crime horrible et appelant à une enquête indépendante pour élucider la perpétration de ce crime;
  1. Décide qu’une enquête indépendante doit être menée d’urgence, avec la participation de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), en vue d’établir les faits de l’attaque du 3 juillet 2019 contre le centre de détention de Tajoura, près de Tripoli, et de formuler des recommandations sur les mesures pratiques pour assurer la dignité, le bien-être, la sûreté et la sécurité des migrants; dans ce contexte, le Conseil demande à la Commission de lui soumettre les résultats de l’enquête au plus tard avant le 30 septembre 2019 pour examen; 
  1. Souligne le rôle central de l’UA, en collaboration étroite avec les pays de la région, dans la recherche d’une solution durable à la crise en Libye; dans ce contexte, le Conseil insiste sur le fait que tous les partenaires engagés dans le soutien des efforts visant à régler la crise libyenne doivent compléter et respecter l’approche de l’UA; à cet égard, le Conseil demande au Président de la Commission de renforcer davantage son engagement diplomatique avec toutes les parties concernées, afin d’assurer qu’une action collective soit menée rapidement et efficacement pour mettre fin à la crise en Libye; 
  1. Rappelle que les Nations unies, à travers son Conseil de sécurité, ont la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales, conformément au chapitre VII de la Charte des Nations unies; en conséquence, le Conseil demande au Conseil de sécurité d’assumer la pleine responsabilité du règlement rapide de la crise en Libye, ayant à l’esprit que la poursuite de cette crise aura de graves conséquences, en particulier, la circulation et l’utilisation illicites des armes, le trafic, la prolifération de groupes terroristes, la criminalité organisée, en Libye même, dans la région et sur le continent africain;
  1. Exige que tous les auteurs de ce crime odieux soient traduits en justice, sans plus tarder; dans ce contexte, le Conseil exhorte les autorités et les autres parties prenantes libyennes à apporter la coopération nécessaire à l’enquête sur l’attaque contre le centre de détention de Tajoura; 
  1. Appelle les autorités libyennes à prendre des mesures concrètes pour protéger les civils en Libye, y compris les migrants et les réfugiés, conformément au droit international humanitaire et aux droits de l’homme; appelle en outre les autorités libyennes à démanteler tous les centres/ camps de détention en Libye, afin de réduire la vulnérabilité des migrants et des réfugiés;
  2. Souligne la nécessité pour les États membres de prendre des mesures pour s’attaquer, de manière décisive, aux causes profondes de la migration irrégulière; appelle tous les pays concernés à redoubler d’efforts pour faciliter le rapatriement rapide de leurs ressortissants de Libye, y compris la fourniture du soutien logistique, afin d’empêcher toute exploitation ultérieure de leur situation précaire;
  3. Rappelle ses communiqués et communiqués de presse antérieurs sur la situation politique en Libye; réaffirme qu’il n’y a pas de solution militaire à la crise libyenne, et souligne l’impératif d’une solution politique comme seule alternative pacifique viable pour résoudre la crise qui prévaut;
  4. Condamne fermement l’ingérence extérieure, d’où qu’elle provienne, dans les questions de paix et de sécurité en Afrique; à cet égard, le Conseil exprime sa préoccupation face à l’intervention extérieure croissante dans les affaires intérieures de la Libye, telle qu’elle s’est manifestée par la fourniture continue d’armes à des factions militaires et à des milices en violation de l’embargo sur les armes imposé par les Nations unies, et des tentatives délibérées pour diviser les parties prenantes libyennes, ce qui compromet les efforts déployés pour régler définitivement la crise en Libye; à cet égard, le Conseil souligne que tout soutien extérieur doit compléter les efforts de dialogue et de réconciliation sous conduite africaine entre les parties prenantes libyennes; dans ce contexte, le Conseil met en garde qu’il désignera et dénoncera les parties impliquées, afin de régler ce problème;
  1. Exige des factions belligérantes en Libye à cesser immédiatement les hostilités, à s’engager à respecter un cessez-le-feu permanent et à se réengager dans un véritable dialogue national, afin de promouvoir une solution politique inclusive à la crise, et réitère son soutien total à la Conférence de réconciliation devant être organisée par la Commission de l’Union africaine et le Comité de haut niveau des chefs d’État et de gouvernement de l’UA sur la Libye;
  1. Attend avec intérêt la réunion prévue du Comité ad hoc de haut niveau de l’UA sur la Libye en marge du sommet inaugural de coordination de l’UA et des CER, à Niamey, au Niger;
  1. Décide de rester activement saisi de la question.

Derniers préparatifs avant le sommet de Nouakchott

Les dirigeants de l’Union africaine (UA) se retrouvent dimanche à Nouakchott pour un sommet axé sur le renforcement de l’intégration continentale.

Ce 31e sommet ordinaire de l’UA a pour thème le combat contre la corruption. Les participants parleront intégration et réformes de l’organisation, mise en œuvre de la Zone de libre échange, marché unique du transport aérien, stabilité, lutte contre le terrorisme, crise migratoire …

Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, prend part depuis le début de la semaine aux réunions préparatoires.

Le président Faure Gnassingbé, en charge du dossier de l’Open Sky, continental, fera le déplacement à Nouakchott.

Le Togo a signé l’accord de libre échange continental

Quarante-quatre pays africains (sur 55) ont signé mercredi à Kigali l’accord créant une zone de libre-échange continentale (Zlec), perçue comme essentielle au développement économique de l’Afrique, a annoncé l’Union africaine (UA).

Robert Dussey, le ministre togolais des Affaires étrangères, a signé le document dans la matinée au nom du président Faure Gnassingbé.

L’UA estime que l’élimination progressive des droits de douane entre membres de la Zlec permettra d’augmenter de 60% d’ici à 2022 le niveau de commerce intra-africain.

Actuellement, seulement 16% du commerce des pays africains s’effectue avec d’autres pays du continent.

Pour entrer en vigueur — pas avant un délai de 180 jours -, l’accord doit encore être ratifié à l’échelle nationale par les pays signataires.

L’Assemblée nationale togolaise devrait recevoir le texte pour adoption très rapidement.

Cette Zlec s’inscrit dans le cadre d’un processus devant mener d’ici 2028 à la création d’un marché commun, et d’une union économique et monétaire en Afrique.

Avec des secteurs des services et de l’industrie sous-dimensionnés, les pays africains ont pendant des décennies indexé leurs performances économiques sur le prix des matières premières exportées, comme le pétrole, le cacao ou l’or.

Le Ministre Robert Dussey signant l’accord de libre échange continental

Ces dernières années, des pays comme l’Éthiopie ou le Ghana ont tenté de s’extirper de ce cycle néfaste en bâtissant des usines et de nouvelles infrastructures pour les industries locales, ce qui a enclenché une hausse rapide de leur croissance économique.

L’Afrique du Sud, un ardent défenseur de l’accord, considère que les économies africaines sont trop petites pour pouvoir seules se diversifier et s’industrialiser.

La Zlec est un des projets clés mis en exergue par l’UA dans son Agenda 2063, un programme de développement à long terme qui prévoit de faciliter les flux de marchandises et de personnes sur le continent.

Lors de son dernier sommet, en janvier à Addis Abeba, l’UA avait ainsi annoncé la création d’un marché unique et libéralisé pour le transport aérien, incluant 23 pays du continent dont la mise en œuvre a été confiée au chef de l’Etat togolais.

Le Togo réélu pour un second Mandat ( 2018-2019) au CPS de l’UA

Communiqué de Presse

Addis Abeba, 26 janvier 2018

Ce 26 janvier 2018, à l’occasion de la 32ème Session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine, le Togo a été réélu, sans surprise et avec brio, pour un second mandat au Conseil de paix et de sécurité (CPS) pour la période 2018–2019.

Cette brillante élection est, en effet, le fruit de l’engagement du Togo pour le maintien de la paix et de la sécurité internationale dans le monde, en général, et en Afrique, en particulier. Elle est également le résultat de la vision du Président de la République, S.E.M. Faure Essozimna GNASSINGBE, qui s’investit sans compter pour apporter la paix sur les théâtres de guerre.

Faut-il le rappeler, le Togo s’est imposé, ces dernières années, comme l’un des principaux contributeurs africains aux opérations de maintien de la paix en termes de personnels. La République togolaise accorde une grande importance au multilatéralisme ainsi qu’aux forums internationaux tels que l’ONU, l’UA et la CEDEAO.

En mars 2017, le Togo a réitéré ce ferme engagement en annonçant au Secrétaire général de l’ONU la décision du Chef de l’Etat d’augmenter le nombre des soldats togolais dans les opérations de maintien de la paix de même que l’engagement résolu du Togo à soutenir toute action visant à garantir un monde plus sûr et épris de paix.

Dans le cadre de ce nouveau mandat, le Togo continuera de contribuer, en tant que l’un des quinze (15) membres, de façon efficace et efficiente, aux débats et discussions du CPS dont l’objectif phare est de promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité en Afrique en vue d’assurer la protection et la préservation de la vie et des biens, le bien-être des populations africaines et de leur environnement ainsi que la création des conditions propices à un développement durable.

Limiter l’endettement grâce aux PPP

La première session ordinaire du comité technique spécialisé sur les transports, le tourisme et l’énergie de l’Union africaine (UA) s’est ouverte lundi 13 mars 2017 à Lomé.

Pendant trois jours, les experts vont défricher le terrain pour proposer aux ministres le 17 mars des solutions concrètes.

Tout le monde est d’accord pour reconnaître que les politiques d’infrastructures sont de nature à assurer le développement. Mais il faut trouver des mécanismes de financement innovants car les pays ne peuvent s’endetter éternellement, même via des prêts concessionnels.

A l’ouverture des travaux, le ministre des Affaires étrangères togolais, Robert Dussey, a préconisé le recours aux partenariats public-privé (PPP).

‘La mauvaise la qualité des infrastructures en Afrique, notamment en matière d’alimentation électrique, en eau, en routes et en nouvelle technologie coute à chacun de nos pays deux points de croissance chaque année et réduit la productivité de 40%’, a-t-il rappelé.

La réunion de Lomé est organisée en coopération avec la Banque africaine de développement (BAD) et la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, en collaboration avec le gouvernement togolais.

“Le Président Faure Gnassingbé a rassuré tous ses homologues à Kigali”

Robert Dussey, le ministre togolais des Affaires Etrangères, de la Coopération et de l’Intégration Africaine,  s’est prononcé, à la fin du 27e sommet de l’Union Africaine qui s’est déroulé à Kigali, sur le passeport africain qui devrait faciliter l’intégration africaine et le questions sécuritaires abordées par les Chefs d’Etats et de Gouvernements dont l’organisation du Sommet sur la Sécurité Maritime et le Développement prévu à Lomé le 15 octobre prochain.

Le passeport Africain
Les présidents Kagame et Déby présentant le passeport Africain au #27AUSummit

Robert Dussey, le Chef de la diplomatie togolais a salué la confection du premier passeport africain. Un document qui devrait contribuer à l’intégration entre les peuples africains. Le passeport dont les premiers exemplaires ont été délivrés pour le président tchadien, Idriss Deby et son homologue rwandais, Paul Kagamé sera prochainement délivré à tous les citoyens africains.

«Dans quelques mois, tous le citoyens africains l’auront, du moins, les officiels d’abord, suivi de toute la population. Nous pensons que c’est une avancée réelle dans la construction de l’Union Africaine », a laissé entendre Robert Dussey à la fin du sommet.

Le sommet de Kigali n’a pas passé sous silence les questions sécuritaires. Plusieurs sujets ont été abordés dans ce sens dont la question de la sécurité maritime. Un sommet est prévu à Lomé le 15 octobre 2016 pour en parler.

Les participants au sommet de Kigali ont apporté leur soutien au Togo dans l’organisation du sommet qui devrait permettre de trouver des solutions durables.

« Le Président Faure Gnassingbé a rassuré tous ses homologues à Kigali sur la préparation du sommet de Lomé. Donc, le sommet aura bel et bien lieu le 15 octobre prochain », a indiqué le Professeur Robert Dussey qui précise qu’une Charte de l’Union Africaine sur la sécurité maritime sera adoptée et signée à l’issue de la Conférence qui est activement préparée par le gouvernement togolais.

27e Sommet de l’UA : Lancement du Passeport Africain

Le passeport africain a finalement été lancé dimanche lors du 27e sommet de l’Union africaine à Kigali.

La présidente de la Commission de l’Union africaine, le Dr Dlamini-Zuma a imprimé les deux premiers exemplaires pour le président de l’Union africaine, Idris Deby Itno et le président du Rwanda Paul Kagame.

Les présidents Kagame et Déby présentant lle passeport Africain au #27AUSummit

Selon le Dr Dlamini-Zuma, même si le plan initial était de délivrer les passeports aux chefs d’Etats, aux ministres des Affaires étrangères et à certains diplomates de haut rang, l’UA a reçu plusieurs requêtes d’autres personnes qui voudraient aussi bénéficier de ce « privilège », que de détenir un passeport africain.

Le passeport africain garantirait de hautes caractéristiques de sécurité. Le document comporte cinq langues dans lesquelles sont imprimées les inscriptions sur le passeport : l’anglais, le français, l’arabe, le portugais et le swahili.

Photo : Jacob Enoh Eben @enoheben
Couverture du passeport africain Jacob Enoh Eben @enoheben

Le Dr Dlamini-Zuma a donc demandé aux pays d’accepter le défi de délivrer des passeports africains à leurs ressortissants selon leurs propres processus.

Lors de son dernier discours en tant que présidente de la Commission africaine de l’UA, Dlamini-Zuma a mis en exergue les réussites de son mandant, entre autres, les droits de la femme, le lancement du passeport africain, et le rôle des jeunes dans l’avenir du continent.

Elle a par ailleurs encouragé la prochaine Commission à se focaliser sur la réussite de l’Agenda 2063, qui a été fixé comme objectif principal. L’UA devrait choisir un nouveau président pour diriger les affaires de la Commission pour les quatre prochaines années.

La présidente de la commission a rassuré que ses équipes travaillent durant ces deux jours pour récupérer les informations des autres chefs d’État et de gouvernement Excellences, de sorte que ceux(ci reçoivent leurs passeports africains.

Source : Africanews.com

En marge du 27e Sommet de l’UA : Faure Gnassingbé rencontre Abdel Fattah Al-Sisi

Le président Faure Gnassingbé s’est entretenu dimanche à Kigali avec son homologue égyptien Abdel Fattah Al-Sisi. Les deux chefs d’Etat se trouvent dans la capitale du Rwanda à l’occasion du 27e sommet de l’Union africaine.

Les discussions ont tout d’abord porté sur la situation en Turquie après le putsch déjoué dans la nuit de vendredi à samedi. Le Caire suit avec attention le développement de la situation sur place.

Autres dossiers abordés, la situation au Burundi et au Soudan du Sud.

Sur le plan de la coopération bilatérale, MM. Gnassingbé et Al-Sisi se sont félicités du dynamisme des échanges politiques et économiques.

En avril dernier, le président togolais avait effectué une visite officielle en Egypte.

Abdel Fattah Al-Sisi avait à ses côtés Ibrahim Malhab, conseiller en développement stratégique à la présidence.

Faure Gnassingbé était entouré par Robert Dussey, le ministre des Affaires étrangères et Gilbert Bawara, le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme administrative.

27e Sommet de l’UA à Kigali : Les photos

Ouverture du 27e Sommet de l’Union Africaine à Kigali au Rwanda

Le 27e sommet de l’Union africaine s’est ouvert samedi à Kigali en présence de Faure Gnassingbé. Il avait été précédé par son ministre des Affaires étrangères Robert Dussey.

Les discussions porteront sur la lutte contre le terrorisme, la situation au Burundi, au Soudan du Sud et en Guinée Bissau. Les chefs d’Etat devraient aussi choisir un nouveau président de la Commission de l’UA pour succéder à la sud-africaine Dlamini-Zuma.

Mais certains pays souhaitent que l’élection soit repoussée en raison du manque de poids des candidats en course.

Ils réclament également une réforme des structures même de la Commission accusée de bureaucratie et d’inefficacité.

Le président togolais et ses homologues africains se pencheront aussi sur les comptes de l’organisation continentale. Les besoins en financement sont importants.

Le Togo aura l’occasion de détailler les préparatifs du prochain sommet de l’UA sur la sécurité maritime qui aura lieu le 15 octobre prochain à Lomé. Faure Gnassingbé entend faire adopter à l’unanimité une charte africaine sur ce thème ; un document contraignant indispensable pour mettre en œuvre une politique de lutte contre la piraterie, les trafics de drogue et d’armes et la pêche illégale.

27e sommet de l’Union Africaine : cinq principaux axes au menu des échanges

La protection des femmes et le droit des minorités, la succession à la tête de la commission africaine de Nkosazana Zuma, la lutte contre le terrorisme, la crise burundaise, et la mise en place d’un passeport africain constituent les principaux axes qui seront débattus par les Chefs d’Etat et de gouvernements africains qui se réuniront à Kigali le 17 et 18 juillet dans le cadre du 27e sommet de l’Union africaine (UA), affirment plusieurs experts interrogés par Anadolu (Agence de Presse Turque).

Un sommet sous le signe de la place aux femmes

Cm1KzJjXgAA8b6LSe tenant sous le thème de “2016: Année de protection des droits de l’homme, avec un accent particulier sur les droits des femmes”, le sommet s’est ouvert dimanche avec la session ordinaire du Comité des représentants permanents (COREP). Il se poursuivra du 13 au 15 juillet, avec la 29ème session ordinaire du Conseil exécutif. La 27ème Session ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine clôtura ensuite le sommet, en sanctionnant par une déclaration finale les différents travaux.

Terrorisme et sécurité maritime au coeur du Sommet

“L’Afrique est plus que jamais au coeur du risque terroriste qui est en train “métastasier” les pays du Sahel. Quoique blessé mortellement, Boko Haram poursuit la diffusion de ses ondes négatives dans la région, notamment au niveau du Niger, véritable maillon faible dans la région”, a déclaré à Anadolu l’éditorialiste Hichem Ben Yaïche, qui dirige les publications New African et African Business.

“Pays de transit pour les migrants et de trafic en tout genre”, le Niger se trouve confronté à la double menace d’al-Qaïda (Ouest) et de Boko Haram (Sud-est). Il se distingue d’un pays comme le Tchad, “qui s’est imposé, grâce à une armée redoutable, et a réussi à sanctuariser son territoire et enrayer l’effet spirale”, selon ce spécialiste de l’Afrique subsaharienne.

Ce sommet procédera ensuite, aux dernières préparations, de “l’événement organisé par la commission Paix et sécurité [de l’UA] présidée par l’Algérien Smaïl Chergui: un colloque international coorganisé par l’Etat togolais, sur la sécurité maritime en Afrique [octobre prochain à Lomé]”. Il s’agit d’une nouvelle dimension du terrorisme qu’il faudrait dès à présent prévenir, souligne Ben Yaïche.

Pour le politologue et enseignant de sciences politiques à l’Université de N’Djamena, Ahmat Mahamat Borgou, approché par Anadolu, “la question de Boko Haram constitue l’un des principaux thèmes de ce sommet, plus particulièrement la problématique du financement de la Force Mixte Multinationale (FMM), qui demeure toujours en attente, et sera mise sur la table par le Tchad et ses partenaires engagés contre le groupe terroriste”.

Quoique déjà opérationnelle dans le Bassin du lac Tchad, la FMM (regroupant le Cameroun, le Tchad, le Niger, le Nigéria et accessoirement le Bénin) demeure toujours confrontée à un certain nombre d’obstacles. “Il n’y a jamais eu d’intégration des forces : la FMM a un rôle de coordinateur, et les contingents nationaux qui portent l’écusson de la force conjointe opèrent avant tout dans leur propre pays et rendent compte à leur propre capitale”, souligne un récent rapport de l’ONG International Crisis Group.

Toutefois, la question sécuritaire qui agite le continent africain se trouve intimement liée à la thématique du sommet. La résolution de la seconde sous-tend même le traitement en profondeur de la première.

“Nous savons tous que la sécurité préoccupe le monde entier mais il ne faut pas qu’elle empêche les présidents africains de diagnostiquer les facteurs du blocus de développement socio-économique comme la protection de la femme et des minorités au sein des Etats. C’est vrai qu’il faut combattre le terrorisme mais il faut aussi le faire en investissant dans le social et en garantissant la liberté des citoyens pour réduire le radicalisme dans les régions vulnérables.” a souligné Ahmat Mahamat Borgou.

Approché par Anadolu, le secrétaire général adjoint du ministère de la Communication du Tchad, Abgrene Djibrine Idriss, abonde dans le même sens. L’axe de la protection des femmes et le droits des minorités du sommet de Kigali, préoccupe bien des gouvernements, donc N’Djamena qui compte être une force de proposition à ce sujet.

“Nous ne comptons pas perdre de vue le thème de la protection des femmes et droits des minorité sur lesquels reposent le développement socio-économique du Sahel. D’autant plus que cela se trouve lié à la question sécuritaire, et c’est la raison pour laquelle nous comptons faire des propositions allant dans ce sens pendant le sommet. Nous avons travaillé avec des partenaires de la société civile et la classe politique pour asseoir des thèses solides concernant ce sujet”, a déclaré le haut fonctionnaire tchadien.

Dans le sillage de la question de la protection des minorités et de son impact sur la sécurité, figure la question des défis liés à l’agenda 2063 qui oriente le continent sur “les moyens de s’enrichir effectivement des leçons du passé, de consolider les progrès en cours et d’exploiter stratégiquement toutes les possibilités qui s’offrent à court et à moyen termes, pour assurer une transformation socio-économique positive de l’Afrique dans les cinquante années à venir”, selon l’Union africaine.

“La question est d’autant plus urgente que le contexte s’accompagne d’une chute du cours des matières premières. On voit, ainsi, des situations de plus en plus contrastées économiquement se développer, des crises économiques à venir, avec leurs lots de crises sociales”, commente Ben Yaïche.

 

Un sommet dans un environnement de crises dans des pays africains

inséparables des crises sociales, les crises politico-sécuritaires, et en premier lieu celle du Burundi, seront débattues par les dirigeants africains, réunie dans la capitale du Rwanda, un pays voisin du Burundi.

“Tout le monde, y compris [Paul] Kagame, [le président rwandais], a intérêt à ce qu’il y ait des messages qui passent, dans le sens de la résolution de la crise [qui agite le pays depuis avril 2015]. La situation au Burundi peut avoir beaucoup d’influence sur le Rwanda, parce que la contagion est un risque réel”, a soutenu Ben Yaïche.

 

Le “Passeport Africain” pour une libre circulation

Alors que l’Union Européenne (UE) fait face à une crise des plus sévères, née de la sortie du Royaume Uni, l’UA envisage un projet des plus ambitieux; l’établissement de la libre circulation sur le continent. “Le sommet donnera un coup d’accélérateur à l’intégration africaine avec le lancement du passeport africain. C’est une bonne chose mais il faut aller vite, car si l’Afrique veut faire face aux Etats-continents émergents [Chine, Inde, Russie] et aux blocs économiques et politiques occidentaux [Etats-Unis et UE], il lui faut, dès maintenant ou dans le moyen terme, faire de la libre circulation des personnes et des biens, l’uniformisation des politiques économiques et fiscales, une réalité”, souligne, dans une déclaration à Anadolu Geoffroy-julien Kouao juriste et analyste politique à l’Université du Maghreb à Abidjan.

“Quelques centaines de ce passeport couleur bleu nuit seront offertes aux présidents, aux chefs de gouvernement, aux ministres des affaires étrangères et aux représentants permanents à Addis-Abeba, siège historique de l’UA.”, souligne à ce titre le journal français, Le Monde.

La succession de Nkosazana Dlamini-Zuma également au programme.

Quoique considérée par certains comme “secondaire”, la question de la succession à la tête de la Commission africaine de la Sudafricaine Nkosazana Dlamini-Zuma “conditionne aussi une certaine cohérence dans le fonctionnement de l’UA”, selon Ben Yaïche. L’expert tunisien explique que le départ auto-annoncé de Zuma, en poste depuis 2012, sanctionne une situation devenue intenable “d’une femme dont le corps est à Addis-Abeba et la tête en Afrique du Sud”, précise-t-il, faisant allusion aux ambitions politiques nationales de Zuma.

A ce titre, quelques candidatures émergent, celles de l’Équato-Guinéen Agapito Mba Mokuy, de la Botswanaise Pelonomi Venson-Moitoi, de l’Ougandaise Speciosa Wandira-Kazibwe et du Sénégalais Abdoulaye Bathily.

“Il y a cinq régions en Afrique, et une négociation très forte. L’Afrique francophone est toujours en perte de vitesse, comme on le voit au niveau de leur représentativité au sein des institutions africaines, la BAD à titre d’exemple. De même que les divisions des Maghrébins ne leur ont jamais permis d’avoir quelqu’un pour présider la commission de l’UA”, a commenté Ben Yaïche, dans une allusion à peine masquée quant aux chances du Sénégalais de briguer la présidence de l’épine dorsale de l’UA.

Et de conclure, “Certes, Zuma est sur le départ. Mais comme la question de son successeur divise, la nomination risque de s’enliser, et elle serait alors appelée à assurer une transition, comme cela s’était fait par le passé”. (AA)

 

Source : Anadolu

Préparation du 27e sommet de l’Union Africaine : Robert Dussey à Kigali

Les Chefs d’Etat et de gouvernements africains se réuniront à Kigali le 17 et 18 juillet dans le cadre du 27e sommet de l’Union africaine (UA). En prélude à ce Sommet, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, est arrivé mardi à Kigali pour prendre part à la réunion du Conseil exécutif de l’Union africaine (UA) préparatoire au 27e Sommet de l’organisation continentale du 15 au 17 juillet.

Le Sommet de l’UA se tiendra cette année  sur le thème “2016: Année de protection des droits de l’homme, avec un accent particulier sur les droits des femmes”.

Le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé est attendu vendredi au Rwanda.