Interview: Bilan de l’action diplomatique en 2019 avec le Ministre Robert Dussey

Le Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur  le Prof  Robert DUSSEY se prononce sur les temps forts de l’action diplomatique du Togo en 2019

QUESTION 1 : 

Monsieur le Ministre, bonjour ! Dans quelques jours, nous franchirons le cap d’une nouvelle année. A l’heure du bilan, êtes-vous satisfaits de la contribution de la diplomatie à l’œuvre de construction du Togo et à la marche du monde ? 

REPONSE : Bonjour. Je vous remercie pour cette occasion que vous m’offrez de revenir, sur les faits marquants de l’activité diplomatique du Togo au cours de l’année 2019.

Je dirai que la diplomatie togolaise, sous l’impulsion du Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Faure GNASSINGBE, dont je salue la vision et la clairvoyance, a été de tous les rendez-vous aussi bien nationaux qu’internationaux, en vue d’accompagner les efforts du Gouvernement dans sa quête du mieux-être pour tous les fils et filles de notre pays.

Cependant, dire que j’en suis satisfait serait, faire preuve de suffisance et de minimalisme. L’espoir d’un Togo meilleur et prospère est un combat de tous les jours, un combat sans fin, dans lequel l’autosatisfaction ne saurait être de mise. Je peux cependant, dire que le personnel de mon département, aussi bien à la centrale que dans nos missions diplomatiques et consulaires, a donné le maximum pour l’atteinte des objectifs que nous nous sommes fixés en début d’année. Quant aux résultats, je laisse le soin aux Togolaises et Togolais, y compris vous les hommes de médias, d’apprécier.

Photo de famille avec la délégation sud-africaine officielle du Président sud-africain au Togo 

QUESTION 2 : 

Je voudrais, si vous le permettez, qu’on rentre dans le vif du sujet en évoquant une thématique sur laquelle vous avez été très actif. En début d’année, votre ministère s’est vu adjoindre  de nouvelles attributions, celles des Togolais de l’extérieur. Qu’est-ce qui a été fait en faveur de la diaspora durant ces 12 mois ?

Réponse : Il s’agit là d’une question très intéressante dans la mesure où un pan entier des activités du Ministère a été consacré cette année à la diaspora togolaise.

La diaspora togolaise,  comme celle d’ailleurs, qu’on l’accepte ou pas, est un acteur  devenu incontournable dans le processus de développement du continent. C’est un fait. Et il est d’ailleurs inutile de rappeler que le montant des transferts qu’elle envoie en Afrique, dépasse de loin l’aide publique au développement. De plus, le potentiel de ce que cette diaspora peut apporter en termes de compétence et de réseaux relationnels est énorme. Les Etats ont donc pris conscience de la place de la diaspora, riche de sa diversité et de ses intelligences, dans l’effort de développement et ont dès lors mis en place, ces dernières années, des politiques orientées vers l’intensification de la participation de leurs ressortissants de l’extérieur aux efforts nationaux de développement.

Le Togo n’est pas du reste. La volonté du Gouvernement de prendre en compte la diaspora dans le processus de développement de notre pays ne date pas d’aujourd’hui, comme vous semblez le dire. En effet, depuis 2005, le Gouvernement n’a cessé de multiplier les initiatives à la fois institutionnelles et administratives en faveur des Togolais de l’extérieur. Sans être exhaustif, on peut noter, pour illustrer :

  • La création par décret en 2005 de la Direction des Togolais de l’Extérieur au Ministère des Affaires étrangères, chargée de mettre en œuvre la politique du Gouvernement visant à la protection et la défense des intérêts des Togolais de l’extérieur ;
  • l’institution du programme diaspora en 2010 portant notamment sur le recours aux compétences de la diaspora (2010-2014) ;
  • la création en 2014 du comité interministériel chargé de la coordination et du suivi des activités de migration et développement ;
  • la mise en place d’une cellule diaspora chargée d’accompagner les Togolais de l’extérieur porteurs de projets dans leur mise en œuvre ;
  • la désignation depuis 2015 de points focaux chargés de la diaspora dans les missions diplomatiques et consulaires du Togo ;
  • des tournées de rencontre avec la diaspora entre 2013 et 2014 ;
  • l’organisation des grandes assises de la diaspora en 2014 à Lomé ;
  • l’exemption de visa pour les Togolais de l’extérieur détenteurs d’une double nationalité ;
  • l’organisation de la première édition de la semaine des « Réussites Diaspora » en 2016.

C’est dans cette lancée que le Gouvernement a consolidé son engagement vis-à-vis de nos compatriotes vivant à l’étranger à travers de nouvelles attributions pour le Ministère des Affaires étrangères, tutelle de cette diaspora, en prenant en compte dans son appellation « les Togolais de l’extérieur ».

Conformément à cette mission, qui en vérité n’est pas nouvelle, puisqu’elle s’inscrit dans la continuité des efforts déjà entamés par le gouvernement en faveur de sa diaspora, j’ai lancé le 1er avril 2019 au nom du Gouvernement, la Feuille de route des Togolais de l’extérieur qui porte sur plusieurs activités aux rangs desquels figurent notamment une meilleure organisation de la diaspora togolaise en vue de sa plus adéquate implication dans les efforts de développement national. Il s’agit de faire de la diaspora un interlocuteur des pouvoirs publics. Or, et tout le monde le sait, notre diaspora est extrêmement divisée et hétéroclite, d’où la nécessité de mieux l’organiser pour lui donner un visage. Le défi était grand dans la mesure où il s’agit de créer et d’instituer une logique d’unité à partir de la pluralité caractéristique de cette diaspora.

Nous avons donc lancé au début du mois de juillet le processus de vote en ligne ayant conduit à l’élection de soixante-dix-sept (77) Délégués-pays, membres du Haut Conseil des Togolais de l’Extérieur (HCTE) qui est une plateforme consultative et non partisane. Le HCTE se veut un cadre d’échanges et de travail entre le gouvernement et les Togolaises et Togolais de l’extérieur sur les questions de développement, de défense des droits et des intérêts de ces derniers.

Après leur élection, les 77 Délégués-pays, membres du HCTE se sont réunis pour la première fois à Lomé les 28 et 29 novembre 2019 à l’occasion du Forum « HCTE-Réussites diaspora ».

Les lauréats aux cotés du Ministre Robert Dussey lors de la deuxième édition de la Nuit des Réussites Diaspora

QUESTION 3 :

Justement monsieur le Ministre, que poursuiviez-vous à travers l’organisation du « Forum HCTE- Réussites diaspora » qui, selon beaucoup d’observateurs, a connu un éclatant succès ?

Réponse : Le « Forum HCTE- Réussites diaspora » répondait à deux objectifs principaux :

Premièrement, il a été l’occasion pour le Gouvernement d’entretenir les Délégués-pays sur leurs rôles, leurs missions, leurs responsabilités et le cadre juridique de leurs actions, de présenter la vision de développement qui sous-tend l’action gouvernementale, d’une part, et de définir avec eux, les conditions d’une contribution plus optimale de la diaspora aux efforts de développement du Togo, d’autre part. A l’issu du forum, les 77 Délégués pays du HCTE ont été officiellement installés dans leurs fonctions à l’occasion d’une cérémonie officielle présidée par le Premier Ministre, Monsieur Selom KLASSOU, au  nom du Président de la République, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE. Il faut également dire que les membres du HCTE ont pu mettre en place leur bureau, composé d’un Présidents et de quatre Vice-Président pour chacune des zones géographique (Afrique, Amérique, Europe et Asie-Océanie).

Deuxièmement, eu égard aux résultats satisfaisants de la première édition des « Réussites diaspora, le Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur a organisé la deuxième édition, pour célébrer l’excellence togolaise dans le monde.  La Nuit des Réussites Diaspora a eu lieu le 29 novembre 2019 au cours d’une belle soirée de gala au Palais de la Présidence de la République. Elle a révélé au monde cinq talentueux Togolais de la diaspora dont les réalisations et inventions ont contribué à faire avancer l’humanité. Leurs mérites étant reconnus dans leurs pays de résidence, leur patrie se fait le devoir de les honorer.

En célébrant la réussite de ces concitoyens, nous encourageons la culture de l’excellence.

Photo de famille lors de la cérémonie d’Installation des Délégués Pays du HCTE

QUESTION 4 : 

Un autre sujet d’actualité et pas des moindres, ce sont les négociations entre les ACP et l’UE en vue d’un accord post-Cotonou d’ici 2020. En votre qualité de négociateur en chef du groupe ACP, dites-nous ce qu’il en est ? Un accord est-il possible avant l’échéance de février 2020 ?

Réponse : Signé en 2000 pour une période de 20 ans, l’accord de Cotonou qui régit actuellement les relations entre les ACP et l’UE expire le 29 février 2020. Les négociations en vue de la conclusion d’un nouveau partenariat ont été lancées le 20 septembre 2018 à New York, en marge de la 73ème session de l’Assemblée générale des NU.

Les négociations en cours, visent à poser les jalons d’une nouvelle dynamique et d’une nouvelle coopération transcendant la coopération classique au développement.

Le partenariat ACP-UE est principalement axé sur l’éradication de la pauvreté et le développement durable et inclusif des pays ACP et des pays de l’UE. Il couvre trois domaines d’action essentiels: la coopération au développement, le dialogue politique et le commerce.

S’appuyant sur les enseignements tirés de 44 ans de coopération et tirant le meilleur parti du nouveau contexte, le futur accord pourra ouvrir des perspectives sans précédent. En nouant une alliance politique forte, les ACP et ses partenaires seront en mesure de mettre au point des solutions adaptées aux défis propres à chaque région, dont la croissance et la création d’emplois, le développement humain et la paix, les migrations et les questions de sécurité. Parmi les défis qui se posent actuellement à l’échelle mondiale, nombreux sont ceux qui requièrent une démarche concertée et multilatérale pour obtenir des résultats concrets.

Un an après le lancement des négociations ACP-UE post 2020, les discussions avancent dans la sérénité.

Le premier défi relevé a été de trouver un consensus sur le format du futur accord de partenariat. Il sera composé d’un socle commun applicable à tous les Etats membres et de trois piliers régionaux qui refléteront les spécificités et les besoins propres à chacune des régions  qui constituent les ACP. C’est dire que l’Afrique, les Caraïbes et les Pacifiques sont appelés à négocier directement leurs protocoles régionaux respectifs avec l’UE, à la lumière de leurs ambitions de développement. En responsabilisant ainsi les régions, le groupe ACP  a la conviction que celles-ci feront un travail de fond efficace.

Toutefois, il devient peu probable que ces négociations puissent s’achever avant le 29 février 2020, date d’expiration de l’Accord en cours. Déjà, le 23 mai 2019, le Conseil conjoint des Ministres ACP-UE, mesurant la complexité de la tâche, avait délégué ses pouvoirs au Comité conjoint des Ambassadeurs en vue d’adopter toutes mesures transitoires requises qui éviteraient une interruption du partenariat ou un vide juridique, au cas où les négociations  n’arriveraient pas à terme en temps voulu.

Les discussions sur ces mesures transitoires se poursuivent également entre les deux parties. Le moins que l’on puisse dire pour l’instant est que les deux parties s’accordent sur une seule prorogation de l’Accord de Cotonou avec pour date limite le 31 décembre 2020. Ce que je peux vous dire, c’est que nous mettons tout en œuvre pour progresser le plus rapidement possible afin que le paraphe du nouvel Accord puisse intervenir au plus tard en fin mars 2020.

De cette façon, nous pourrons disposer de suffisamment de temps pour apprêter le nouvel Accord en vue de sa signature.

Poursuite des négociations ACP-UE en vue de la signature de l’accord post-Cotonou 2020

QUESTION 5 :

Monsieur le Ministre, vous avez été également très offensif dans le cadre de relations bilatérales. Quels sont les pays vers lesquels vous avez orienté vos actions ?

Réponse : Comme dit plus haut, notre pays a besoin de partenaires pour la réalisation du PND. C’est dans cette optique que, j’ai effectué des visites officielles au Brésil, en France et en Algérie. Au-delà des sujets d’intérêt commun, régionaux et internationaux relatifs à une meilleure coordination de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent ainsi que celle contre la piraterie maritime, ces voyages ont été l’occasion pour moi de présenter  aux milieux d’affaires de ces pays amis les opportunités offertes par le PND et de les encourager à investir au Togo.

Dans le même registre, j’ai reçu à Lomé mes homologues dont ceux de l’Inde et de la Serbie pour l’intensification de notre coopération.

Activités du Ministre Robert Dussey dans le cadre de renforcement des relations bilatérales avec la communauté internationale

Question 6 : 

Monsieur le Ministre, nous arrivons à la fin de cette interview, votre mot de fin.

Réponse : Je voudrais, à l’orée de cette nouvelle année, formuler à l’endroit du Chef de l’Etat, le Président Faure Essozimna GNASSINGBE, leader de la formidable transformation de notre pays, mes vœux de bonne santé, de prospérité et de paix.

J’associe à ces vœux, le Premier ministre Selom KLASSOU et l’ensemble du gouvernement.

J’adresse également mes vœux les meilleurs, au corps diplomatique et consulaire accrédité au Togo et à tous les partenaires techniques et financiers du Togo qui n’ont cessé d’accompagner le gouvernement dans la mise en œuvre des actions en faveur du développement de notre pays et du bien-être de nos populations.

Et pour chacun et chacune des fils et filles de ce merveilleux pays, je voudrais citer successivement Victor Hugo et Madame de Sévigné en ces termes ; « Saluons ensemble cette nouvelle année qui vieillit notre amitié sans vieillir notre cœur ». Et « Que cette année vous soit heureuse ; que la paix, le repos et la santé vous tiennent lieu de fortune ».

Pour ce qui est de l’avenir, Antoine de Saint-Exupéry nous enseigne « qu’il ne s’agit pas de le prévoir mais de le rendre possible ». Alors, rendons possible, le Togo prospère que nous voulons. 

Le Togo classé premier pays réformateur en Afrique et au 3e au monde

[Audio] Interview : Robert Dussey donne des éclairages sur le Sommet de Lomé

Les dirigeants de l’Union africaine sont réunis ce samedi 15 octobre à Lomé pour parler de sécurité en mer. Les chefs d’Etat et de gouvernement doivent signer une charte contraignante pour lutter notamment contre la piraterie dans le golfe de Guinée. Pour en parler, RFI a reçu le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey.

Ecouter l’interview

 

Source : RFI.FR

Robert Dussey : “Le plus important pour nous, c’est le bien-être socio-économique des togolais et le développement de notre pays” [Interview]

La diplomatie togolaise a marqué le pas ces dernières années, à travers diverses actions menées par le Patron dudit département le Prof. Robert DUSSEY. Dans une interview, le Prof. Robert DUSSEY dresse le bilan des activités menées en 2015 et annonce pour 2016, les perspectives du Ministère des Affaires étrangères, de la coopération et de l’Intégration africaine. Lisez.

Bonjour Professeur Robert DUSSEY. L’année qui s’achève est l’occasion pour nous de dresser avec vous le bilan des nombreuses actions menées au Ministère des Affaires étrangères, de la coopération et de l’Intégration africaine. Alors, 2015 fut une année ordinaire ou difficile pour la diplomatie togolaise ?

Merci pour le regain d’intérêt que vous portez à la diplomatie togolaise.

Chaque année est un défi pour nous, particulièrement en ce qui concerne la stabilité et le développement socio-économique de notre pays. Au Ministère des Affaires étrangères, de la coopération et de l’Intégration africaine, nous sommes persuadés que la passion du travail, la culture de l’excellence et la quête de l’efficience sont des valeurs cardinales. Nous nous efforçons de les incarner dans nos activités quotidiennes.

Pour récapituler, l’année 2015 a été marquée dans notre pays, par l’organisation de l’élection présidentielle. Une parfaite organisation qui a débouché sur un scrutin paisible et démocratique avec un bon encadrement des observateurs internationaux.

Ensuite, nous avons continué sur la lancée d’une diplomatie axée sur le développement économique à travers le renforcement de la coopération avec nos partenaires traditionnels et surtout la conquête de nouveaux partenaires.

Dans cette optique, nous avons menées de concert avec la Chambre du Commerce et d’Industrie du Togo (CCIT) des missions économiques dans divers pays, notamment au Maroc, en Thaïlande, en Australie, au Brésil. Ces missions ont permis de présenter aux investisseurs étrangers des opportunités d’affaires au Togo.

En dehors de cette offensive économique, notre carte diplomatique s’est agrandie, d’une part, avec l’établissement des relations diplomatiques avec le Kirghizstan, le Sri Lanka, les Iles Seychelles et le Chili, l’ouverture de deux nouvelles représentations diplomatiques, en l’occurrence en Afrique du Sud, au Maroc et au Brésil, d’autre part. Ces ouvertures s’inscrivent dans une dynamique de consolidation de notre présence au Maghreb et en Afrique australe. Parallèlement à l’ouverture de ces nouvelles Ambassades, nous avons procédé au renforcement des Missions existantes en personnel pour mieux répondre aux besoins en ressources humaines qualifiées que requiert la mise en œuvre de la diplomatie économique.

L’année 2015 a été également marquée au sein de mon Département par les préparatifs du Sommet extraordinaire de l’Union africaine sur la sûreté et la sécurité maritimes et le Développement en Afrique. Nous avons, en ce sens, organisé à New York, en marge des travaux de la 70ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, un événement parallèle qui a mobilisé beaucoup de pays et partenaires. Présidé par le Chef de l’Etat, cet événement parallèle a suscité l’adhésion de la communauté internationale pour l’organisation du Sommet et a permis de réaffirmer son engagement à lutter contre la piraterie et à œuvrer pour une meilleure gestion du phénomène de l’immigration clandestine.

Ce fut une intense année d’actions fructueuses !

Vous êtes si entreprenant que vous avez l’appui des partenaires. Quel est l’état actuel de la coopération bilatérale et multilatérale ? En êtes-vous satisfait ?

Ecoutez, nos partenaires sont sensibles aux progrès accomplis par le Togo. Sur le plan de la coopération bilatérale, tout va bien. La Chine, l’Allemagne, la France, les USA, le Japon, l’Inde, l’Egypte, la Corée du sud, entre autres, appuient le Togo dans divers domaines tels que le commerce, l’éducation, la santé, la décentralisation, les transports, le secteur privé, la société civile.

Avec le Royaume de Thaïlande et la République d’Arménie, nous avons signé des accords qui nous permettront d’étendre nos domaines de coopération dans l’intérêt de nos populations.

De multiples projets ont fait l’objet de signature d’accords, à l’instar du « African Training and Management Services » pour le développement du secteur privé et celui de la construction de deux ponts en l’occurrence à Kara et à Koumongou.

L’Union européenne, l’Union africaine, l’ONU, la BAD, le FMI, la Banque Mondiale apportent également leur appui. La tenue régulière de différentes missions d’évaluation du Togo avec ces partenaires témoigne du dynamisme de la coopération multilatérale dans l’ensemble.

La 16ème session du Dialogue Togo-UE de novembre dernier illustre tout aussi bien la qualité de cette coopération que nous souhaitons encore plus bénéfique pour nos populations. Soyez rassuré nous y travaillons davantage!

A cela, s’ajoutent les conférences Inde-Afrique et Chine-Afrique qui illustrent la vitalité de la coopération Sud-Sud.

Je voudrais profiter de l’occasion pour remercier à nouveau tous nos partenaires pour leur soutien indéfectible.

Vous venez d’évoquer, parmi les activités menées, les missions économiques effectuées avec la Chambre du Commerce et d’Industrie du Togo (CCIT). Quel est l’intérêt d’associer la CCIT à ces missions et quelles en sont les retombées?

Dans le cadre de la diplomatie économique que nous menons, il nous paraît crucial d’accompagner les entreprises togolaises dans la prospection des marchés, de les inciter à saisir de nouvelles opportunités qui leur procureront divers avantages et leur permettront d’atteindre un positionnement compétitif sur le plan régional et mondial.

Concrètement, les missions économiques que nous avons initiées ont surtout favorisé la prospection de nouveaux marchés et l’établissement de contacts fructueux. Ainsi, de nombreux accords de partenariats ont été signés à ces occasions. En retour, nous avons enregistré l’arrivée, dans notre pays, de nombreuses délégations d’hommes d’affaires et d’investisseurs étrangers venus découvrir et prospecter le marché togolais et établir des liens avec des hommes d’affaires locaux dans la suite logique des missions économiques que nous avons effectuées.

Vous avez également mentionné l’établissement des relations diplomatiques avec le Kirghizstan, le Sri Lanka, les Iles Seychelles ou encore le Chili. Qu’est-ce qui a motivé l’établissement des relations diplomatiques avec ces pays ?

Notre ambition, en établissant les relations diplomatiques avec ces pays, est d’amplifier l’ouverture du Togo sur l’extérieur. Comme vous pouvez le constater, l’ouverture sur l’extérieur constitue un pilier fondamental de notre politique étrangère.

Nous tenons compte des changements qui se produisent dans l’ensemble des pays et qui se traduisent notamment par l’émergence de certains pôles de développement économique. Or, si nous voulons poursuivre notre croissance et réaliser nos objectifs de développement, nous devons composer avec ces pôles émergents. Ainsi, tout en préservant nos relations traditionnelles et privilégiées avec nos anciens partenaires, nous réorientons notre politique extérieure en vue d’investir de nouvelles zones d’opportunités.

Toutes vos actions sont visiblement pérennes (…) du Club Diplomatique de Lomé aux Prix de l’Excellence en passant par d’importantes rencontres internationales et bientôt « Réussites Diaspora » nous observons une diplomatie togolaise plus présente et rayonnante. On a envie de dire quelle énergie ! Finalement laquelle des ces actions aviez vous préféré ?

Nous n’avons aucune préférence car ici tout est prioritaire !

Le plus important pour nous, c’est le bien-être socio-économique des togolais et le développement de notre pays. Nous travaillons avec le même engagement, la même détermination sur toutes nos initiatives.

Nous sommes heureux des deux années d’existence du Club Diplomatique de Lomé et des Prix de l’Excellence qui s’inscrivent dans la dynamique d’une quête et d’une actualisation permanentes de nos connaissances, de la formation du personnel pour une meilleure conduite de la diplomatie économique au service de la République.

Cette année 2015 a été marquée aussi par la première célébration de la Journée africaine des Mers et des Océans dans notre pays. Aného, ville historique et symptomatique du phénomène de l’érosion côtière a été choisie pour abriter ladite célébration.

Il y a en outre, le lancement de l’initiative « Réussites Diaspora » qui vise à récompenser les talents et les réussites des togolais de la diaspora qui se sont distingués dans les domaines de la science, de la recherche, de l’éducation, de la santé, de l’humanitaire, des médias, de l’économie, des affaires ou encore des nouvelles technologies.

Autant vous dire que le gouvernement togolais accorde une attention particulière à la diaspora. Pour nous, la diaspora est un levier important de développement, une mine d’expériences diverses et variées qu’on peut valoriser (…)

Nous voulons par « Réussites Diaspora » honorer les membres les plus compétents et les plus talentueux de notre diaspora et les accompagner dans leurs futurs projets au Togo.

Ce sera un événement national qui se tiendra du 11 au 16 janvier 2016. Je vous invite, vous journalistes, à nous appuyer (sourire).

Quelle a été, selon vous, le succès majeur de la diplomatie togolaise au cours de l’année 2015 ?

Je ne voudrais pas parler de succès majeur, mais plutôt des motifs de satisfactions.

Dans cette optique, je voudrais d’abord relever que les missions que nous avons effectuées avec le Chef de l’Etat à l’étranger nous ont permis d’obtenir de nouveaux engagements financiers de la part de nos partenaires aux plans bilatéral et multilatéral.

Un autre motif de satisfaction réside en l’élection du Togo au Conseil des droits de l’Homme pour la période 2016-2018. A ce propos, il convient de rappeler que notre pays a obtenu au cours du scrutin organisé le 28 octobre 2015 à l’Assemblée générale des Nations Unies, un suffrage de 189 voix sur 192. Pour nous, l’élection du Togo, avec un tel suffrage, est la reconnaissance des progrès que notre pays a réalisés en matière des droits de l’Homme et dénote surtout de la confiance que nos partenaires placent en nos institutions.

Je voudrais également rappeler, dans le même ordre d’idées, l’engagement fort remarquable du Président de la République dans la gestion de l’épidémie du virus Ebola en Afrique de l’Ouest. Son excellente gestion du mécanisme de coordination de la CEDEAO sur cette épidémie a été reconnue et félicitée par ses pairs lors du Sommet de l’organisation qui a eu lieu à Abuja le 17 décembre 2015.

En outre, au cours de la 70ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, à laquelle le Chef de l’Etat a pris une part très active, le Togo a été associé par l’ONU au processus de préparation de l’Agenda de développement post-2015 et notre pays a été choisi comme pays pilote, en dehors de Belize, pour l’expérimentation de la nouvelle approche en matière de planification du développement.

Enfin, je voudrais relever que notre pays a franchi, en 2015, une étape décisive dans le processus devant conduire à son éligibilité au Millennium Challenge Account. Comme vous le savez, il s’agit d’un dispositif conçu par le Congrès américain pour réduire la pauvreté à travers la croissance économique durable dans les pays en voie de développement. Ainsi, notre pays va bénéficier en 2016 du programme particulier afin de lui permettre de valider le reste du processus. C’est une avancée notable.

La diplomatie togolaise s’évertue donc à jouer pleinement sa partition, à conduire avec efficience sa mission transversale de prospection et de relais à l’extérieur des besoins et des opportunités du pays dans tous les domaines.

Vous avez évoqué à juste titre l’élection du Togo au Conseil des droits de l’Homme pour la période 2016-2018 ; pouvez-vous nous présenter les priorités du Togo pendant son mandat?

Pendant notre mandat, nous allons jouer pleinement notre rôle, nous affirmer avec force et avec indépendance pour la promotion des valeurs universelles des droits de l’Homme, pour la paix et pour la justice dans le monde. Nous mesurons très bien qu’il s’agit d’assumer des responsabilités particulières au Conseil des droits de l’Homme et nous y prendront naturellement toute notre part.

Peut-on affirmer que la présence du Togo sur la scène internationale est plus perceptible qu’auparavant ?

Absolument. Les faits que j’ai évoqués précédemment en sont la preuve. Dans un monde aux enjeux aussi divers que complexes, notre diplomatie reste mobilisée. Elle s’attèle à faire entendre la voix du Togo et à faire valoir ses vues partout où les grandes thématiques qui lient le sort de l’humanité sont discutées. Sous l’impulsion de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, notre politique étrangère s’investit résolument dans la promotion du rayonnement et de la défense des intérêts de notre pays.

Nous nous y attelons avec des objectifs diplomatiques exigeants au service d’un système international qui a besoin de repères politiques et éthiques, eu égard aux enjeux aussi importants et complexes que sont, entre autres, les crises humanitaires, les conflits régionaux, les problématiques migratoires, l’aide au développement, les changements climatiques.

Lors de la célébration du 70ème anniversaire de l’ONU à Lomé, vous avez plaidé pour une réforme du Conseil de sécurité. Est-ce une profession de foi ou un projet réaliste ? Croyez-vous que cette réforme est possible et que l’Afrique y trouvera sa part ?

La réforme que nous prônons n’est pas seulement possible, elle est surtout nécessaire. Le fait que l’Afrique ne dispose pas d’un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU est tout simplement une injustice. Notre position est qu’il faut une révision de la Charte permettant à plus d’un milliard de personnes de notre continent de se faire représenter par au moins deux pays africains au sein du Conseil de sécurité avec droit de véto et deux autres Etats africains comme membres non permanents. Je suis convaincu que cette réforme favorisera une meilleure représentativité de l’ONU et contribuera davantage à renforcer le rôle et l’image de l’ONU dans le monde.

Quelles sont les perspectives de la diplomatie togolaise pour 2016 ?

En 2016, nous nous attèlerons à amplifier l’ouverture du Togo sur l’extérieur, de façon à intensifier la coopération et les échanges internationaux, notamment dans les domaines économique, scientifique, social, culturel, technologique.

Dans cette optique nous allons continuer les réformes que nous avons entreprises et qui s’articulent autour du crédo : rigueur, compétence et culture de l’excellence.

En définitive, notre ambition est de doter nos missions diplomatiques et postes consulaires d’outils innovants pour plus d’efficacité et d’efficience.

Ainsi, en 2016, cela se traduira, entre autres, par le lancement d’un Manuel de procédure. En effet, nous sommes convaincus que, pour que la métamorphose de la diplomatie togolaise prenne véritablement corps et qu’elle s’inscrive définitivement dans l’efficience, il importe que ceux et celles qui l’animent soient bien outillés et qu’ils fassent preuve d’exemplarité. L’exemplarité du comportement, tant personnel que professionnel, la culture de l’excellence et le souci d’apporter une plus-value dans l’exercice de son métier doivent guider le personnel diplomatique tout au long de son séjour hors du territoire national et même à l’intérieur car il s’agit de valeurs fondamentales.

En outre, nous poursuivrons l’extension de notre réseau diplomatique par l’ouverture de nouvelles Ambassade en Europe (entre autres, en Italie) et en Afrique (Sénégal et/ou Côte d’Ivoire, entre autres).

L’autre priorité pour nous en 2016 est l’organisation du Sommet sur la sûreté et la sécurité maritimes et le développement en Afrique. C’est un enjeu de première importance pour notre pays. Nous devrons élaborer une position africaine commune sur la sûreté et la sécurité maritimes et le développement, y compris notamment l’économie bleue qui sera entérinée par la « Déclaration de Lomé ». Celle-ci devra recommander l’adoption par la Conférence des Chefs d’Etats et de Gouvernement de l’Union, d’une Charte africaine sur la sûreté et la sécurité maritimes et le Développement en Afrique, dans le cadre de la Stratégie AIM 2050 et de la mise en œuvre de l’Agenda 2063. Cet instrument devra avoir un caractère contraignant.

Du reste, nous nous évertuerons à faire connaître davantage le Togo, ses réalités, son patrimoine, ses potentialités ainsi que son dynamisme économique et sa mobilité sociale. Nous allons également œuvrer au renforcement de la coopération sous-régionale, régionale et internationale surtout dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. Les chances de succès de la lutte contre ce fléau seraient en effet réduites tant qu’il n’y aurait pas de coopération internationale dynamique et cohérente.

Que ce soit au plans politique, économique et financier ou encore au plan sécuritaire, il est clair que la voix du Togo portera d’autant plus dans le monde que nous assumerons nos responsabilités et respecterons nos engagements avec pragmatisme et sans complexes.

L’année 2016 s’annonce donc riche en défis notamment avec le prochain Sommet de l’Union Africaine à Lomé. Professeur DUSSEY, est ce que les choses se précisent cette fois-ci ?

Evidemment, les préparatifs se déroulent sans souci majeur. Une équipe d’évaluation de l’Union Africaine a récemment séjourné à Lomé et tous les aspects de l’organisation du Sommet ont été passés en revue. Les préparatifs évoluent très bien sous la houlette du Président de la République.

Quelle est la nouvelle date retenue pour ce Sommet?

Le Sommet est prévue pour mars 2016, et donc dans trois mois. Comme je vous l’ai dit, les préparatifs se déroulent normalement et dès que tout sera finalisé et que le Gouvernement, de concert avec l’Union africaine, aura déterminé une date exacte, vous en serez logiquement informés.

Source : savoirnews.net