Réunion du CDL avril 2019 avec Damien MAMA du SNU au Togo

Les enjeux géopolitiques de la migration au XXIe siècle : atout ou menace à l’équilibre mondial. Tel était le thème du débat organisé mardi soir à Lomé par le Club diplomatique de Lomé (CDL). Invité Damien Mama, le coordinateur du Système des Nations Unies (SNU) au Togo.

Le phénomène migratoire est d’ampleur mondial et constitue désormais une question internationale majeure. Il toucherait un être humain sur 7, si l’on additionne les 740 millions de migrants internes aux 214 millions de migrants internationaux comptabilisés par les Nations Unies.

Si les migrations sont le plus souvent associées aux déplacements des ressortissants des pays les plus pauvres vers les pays riches, la réalité est plus complexe. A l’échelle mondiale, un tiers des migrants se déplace des pays en développement (sud) vers les pays développés (nord) ; un tiers, du sud vers le sud ; et le dernier tiers du nord vers le nord.

Les raisons économiques n’en sont pas les seules causes. La migration témoigne de la mobilité grandissante des personnes et de la densification des réseaux transnationaux économiques, culturels, matrimoniaux et religieux.

La plupart des régions du monde sont concernées, soit par le départ, soit par l’accueil, soit par le transit des migrants ; certains pays l’étant par les deux, voire les trois à la fois.

Les mouvements migratoires se développent particulièrement le long des grandes lignes de fractures géographiques, qui séparent des régions aux caractéristiques politico-économiques fortement distinctes : la Méditerranée, la frontière américano-mexicaine, ou celle entre la Russie et la Chine. Ces lignes de fracture sont en constante évolution.

D’anciens pays de départ sont rapidement devenus des pays d’accueil : c’est le cas de l’Europe du sud. D’anciens pays d’accueil deviennent des pays de départ, en particulier en Amérique latine (Argentine, Brésil, Chili, Uruguay), tandis que d’autres Etats ont surtout vu progresser leur population de migrants en transit (Maroc, Mexique, et Turquie).

L’Afrique subsaharienne, dernière région du monde à accomplir sa transition démographique, devrait enregistrer une forte croissance démographique avec une multiplication par près de 10 de sa population entre 1950 (180 millions d’habitants) et 2050 (plus de 1,7 milliards selon les projections des Nations Unies).

Ce décuplement de la population est un réel enjeu, notamment pour les zones désertiques du Sahel et pour les pays enclavés et aux ressources naturelles limitées.

Damien Mama
Damien Mama

Les migrants peuvent contribuer de deux manières au développement de leur pays d’origine. D’une part, ils transfèrent une partie de leur revenu, ressource tant pour les ménages bénéficiaires que pour les Etats d’origine.

Ces transferts représentent plus de trois fois les budgets de l’aide publique au développement. Les montants des transferts vers les pays en développement sont en progression continue pour atteindre plus de 400 milliards de dollars en 2018 selon la Banque Mondiale contre 6 milliards en 1970.

D’autre part, les migrants transfèrent des ressources immatérielles, telles leurs compétences (intellectuelles, techniques ou relationnelles) et sur un pan plus large des normes (comme l’égalité des genres), des valeurs civiques (respect du cadre collectif).

Ces transferts sont déterminants pour le développement mais les données sont encore trop parcellaires pour en évaluer les impacts.

Les migrants ont également la capacité d’œuvrer au sein du pays d’accueil en apportant une vitalité économique et sociale en s’insérant dans des dynamiques collectives.

En ce sens, la migration peut être un atout, a souligné Damien Mama lors de son exposé.

Créé à l’initiative de Robert Dussey, le ministre des Affaires étrangères, le Club diplomatique de Lomé est un cercle de réflexion apolitique qui reçoit à intervalles réguliers des personnalités togolaises et étrangères issues du monde diplomatique, politique et d’organisations internationales.

CDL avril 2019 : Mot de fin du Prof. Robert Dussey

>> Lire aussi : Réunion du CDL avril 2019 avec Damien MAMA du SNU au Togo

Le Club Diplomatique de Lomé a reçu Monsieur Damien MAMA, Coordinateur du système des nations unies au Togo a présenté le thème suivant : “Les enjeux géopolitiques de la migration au 21e siècle : atout ou menace à l’équilibre mondial ?”

 

La situation au Moyen-Orient et leçons pour l’Afrique

Quatre axes / blocs au Moyen-Orient actuel

Il existe actuellement quatre principaux acteurs politiques au Moyen-Orient (à l’exclusion d’Israël).

Le premier, et jusqu’à présent le plus puissant, est l’axe irano-chiite. Cet axe s’étend entre l’Iran (son centre) à l’est, à travers l’Irak, la Syrie, le Liban et une représentation dans la bande de Gaza (Jihad islamique palestinien). À part le dernier, l’Iran s’appuie fortement sur les communautés chiites locales dans toutes les autres régions.

Le second est le bloc sunnite modéré. Ce bloc comprend l’Égypte, l’Arabie saoudite (ces deux pays sont considérés comme les dirigeants de ce bloc), la Jordanie, l’Autorité palestinienne, les Émirats Arabes Unis et le reste des États du Golfe (à l’exception du Qatar).

Le troisième est le bloc radical sunnite. Ce bloc comprend la Turquie, le Qatar, le Soudan et le Hamas (dans la bande de Gaza). Ce bloc s’identifie aux Frères musulmans (un mouvement idéologique égyptien qui s’est établi au Caire en 1929 et qui est désormais interdit en Égypte).

Le quatrième est l’Acteur Non Etatique Radical Sunnite – Al-Qaeda et « l’État islamique en Syrie et au Levant » (ISIL). Ce groupe (pas un axe cependant) est presque vaincu au Moyen-Orient. Contre cette défaite, vous pouvez voir leurs tentatives d’infiltration en Afrique.

Conflits entre ces axes / blocs

Il existe actuellement deux conflits principaux entre ces groupes qui font planer un ombre sur le Moyen-Orient. Le premier oppose l’axe chiite au bloc sunnite modéré. Le second se situe entre le bloc modéré sunnite et le bloc radical sunnite.

Le conflit entre l’axe chiite et le bloc modéré sunnite se déroule à différents endroits du Moyen-Orient – en Syrie (où les sunnites ont été battus), au Liban, en Irak et sur le front le plus actif – le Yémen.

Le conflit entre le groupe sunnite modéré et le groupe sunnite radical se déroule dans le golfe Persique (arabe) entre l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis d’un côté et le Qatar de l’autre. Un autre front se trouve dans la Corne de l’Afrique, où l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Anis et l’Égypte rivalisent avec le Qatar, la Turquie et le Soudan pour tenter de renforcer leur influence.

Dénominateurs communs entre le Moyen-Orient et l’Afrique qui rendent tous d’eux “En proie au terrorisme”

La terreur s’appuie toujours sur un agenda idéologique (généralement l’islam radical). Cependant, certains “zones” sont encore plus “en proie” au terrorisme. Parmi les conditions qui contribuent à la propagation de la terreur, on peut citer la présence d’Etats défaillants, la faiblesse du gouvernement central, le manque de cohésion sociale entre le centre et la périphérie et, par-dessus tout, la frustration économique. Tous ces éléments se retrouvent au Moyen-Orient et en Afrique.

Alors, que peut-on faire ?

L’Afrique peut tirer certaines leçons de l’expérience israélienne en matière de lutte contre le terrorisme. Premièrement, une approche holistique associant « le bâton et carotte ». Deuxièmement, il y a la détermination (la guerre contre le terrorisme est toujours plus longue qu’une guerre conventionnelle). Troisièmement, la dissuasion (la dissuasion agit-elle réellement contre le terrorisme ?). La quatrième est une tentative de construire une unité nationale. La cinquième est une tentative de créer des partenariats dans la lutte contre le terrorisme (G 5 au Sahel ou AMISOM en Somalie).

Club Diplomatique de Lomé: Discours de l’invité Antônio Carlos de Salles Menezes, Ambassadeur du Brésil au Togo

Discours de Son Excellence Antônio Carlos de Salles Menezes, Ambassadeur du Brésil au Togo à l’occasion de la réunion du Club Diplomatique de Lomé du 20 avril 2018.

Excellence M. le Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération et de l’Intégration Africaine, Robert Dussey

Excellence M. le Ministre des Affaires Etrangères de la République du Gabon,

Cher Modérateur et illustre écrivain, M. Kangni Alem,

Chers collègues du Corps Diplomatique et Consulaire accrédité à Lomé,

Ma Chère Collègue Madame l’Ambassadeur du Brésil à Ouagadougou, Burkina Faso

Chers Collaborateurs de l’Ambassade,

Mesdames et Messieurs,

 

C’est avec une immense satisfaction que j’ai accepté votre invitation, cher ami Robert Dussey, pour m’adresser ce soir au Club Diplomatique de Lomé. Et le thème que j’ai choisi,  « LE TOGO ET LE BRÉSIL: UNE PROXIMITÉ GÉOGRAPHIQUE ET CULTURELLE INDÉNIABLE » est recourant dans tous mes discours. J’insiste toujours qu’une grande partie des togolais ont encore une image du Brésil, leur voisin du Sud-ouest, comme celles des enchainés de Platon – avec votre permission, M. le Ministre, et grand philosophe, de mentionner Platon devant vous.

Mais j’ai déjà constaté que la plupart des gens de ce côté de l’Atlantique ne s’aperçoivent pas que des ombres et des échos de mon pays, comme dans l’allégorie du fameux philosophe de l’antiquité grecque. Ils ne se rendent pas compte que de l’autre côté de l’Océan existe un pays immense, de 8,5 millions de kilomètres carrés, qui a beaucoup à offrir au Togo, et à l’Afrique en général. Mais il y a, quand même, des togolais qui ont déjà échappé de la caverne, comme vous-même, Professeur  Dussey, le  Ministre Guy Madjé Lorenzo, les chers amis de l’ITRA, notre modérateur (l’écrivain Kangni Alem), et un bon nombre d’autres qui connaissent la réalité de mon pays. Je fais, donc, un appel, à ces amis que je viens de mentionner, et à tous les togolais de bonne volonté, pour que nous travaillions ensemble et d’avantage pour intensifier les visites des hommes d’affaires et des agents de l’Etat.

Peut-être les compagnies aériennes échapperont aussi de la caverne, et verront, finalement, qu’il y a un marché qui justifie le maintient définitif d’une liaison aérienne entre nos deux pays. Je dis cela, parce que la compagnie Ethiopian Airlines a annulé, en 2017, par la deuxième fois dans une période de trois ans, la liaison aérienne directe qui existait entre Lomé et São Paulo, la capitale économique du Brésil. Mais je dois signaler que cette semaine nous avons, à Lomé, une visite des représentants de l’entreprise brésilienne NUTRIVITA, qui négocient avec le Gouvernement togolais un important contrat de fournissement pour les cantines scolaires du Togo.

Quant à la culture, un personnage littéraire créé par notre modérateur mentionne clairement « les apports indéniables de l’Afrique  à la civilisation du Brésil », et tous les brésiliens sont fiers de cet héritage.  La pratique de la « capoeira » ici à Lomé par un groupe de jeunes hommes du « Zumbo Fitness Studio » aide à maintenir vivante au Togo, cette manifestation culturelle afro-brésilienne. Ils se sont présentés en septembre passé, pendant la célébration de notre Fête nationale, et se présenteront de nouveau, le mois prochain, pendant la troisième édition de la semaine de l’intégration africaine, et pour laquelle le Brésil est, encore une fois, l’invité d’honneur, grâce à votre haute bienveillance, M. le Ministre.

 

Sur le champ de la politique, tout le monde sait que mon pays vit une tempête politique et économique depuis 2016. Mais heureusement les statistiques récentes montrent que la reprise de la croissance économique a déjà commencé. Et il faut toujours souligner que, quels que soient les problèmes observés, le Brésil demeure l’une des plus grandes économies du monde, la septième, et pays membre du G-20 et du groupe BRICS (avec la Russie, la Chine, l’Inde et l’Afrique du Sud). Ses relations avec les pays d’Afrique de l’Ouest, et avec le Togo en particulier, ont été considérés comme prioritaires depuis des décennies. Il faut souligner que, depuis le début de ce siècle, notre balance commerciale montre des chiffres considérables, tenant compte que le Brésil est souvent mentionné, erronément, comme un pays distant, ou « moins proche », comme dans la publication « INVESTIR TOGO 2017 ». En 2017, par exemple, on a exporté presque 97 millions de dollars en marchandises vers le Togo. Quand à la lutte contre la corruption je voudrais faire mention au thème choisi par la Chancellerie togolaise pour la troisième édition de la semaine de l’intégration africaine, à être tenue le mois prochain, et pour laquelle le Brésil sera, de nouveau, comme j’ai déjà mentionné, l’invité d’honneur : « GAGNER LA BATAILLE CONTRE LA CORRUPTION : UNE VOIE DURABLE VERS LA TRANSFORMATION DE L’AFRIQUE ». Si je remplace « l’Afrique » par « Le Brésil »,  on verra que la lutte contre ce fléau, la corruption, est un élément de plus qui nous unit, en plus de la géographie et de la culture.

Nous aurons une élection très importante en octobre prochain, non seulement pour la Présidence de la République, mais aussi pour le renouvellement de la Chambre des Députés, de deux tiers du Sénat, des Gouverneurs des Etats et des Assemblées Législatives des Etats. Plus de cent millions d’électeurs iront aux urnes. Et je suis absolument sûr qu’en 2019 nous  aurons  un nouveau pays, sous le point de vue politique, où cette bataille va continuer dans l’ordre du jour.  Parlant de la Coopération Sud-Sud, je dois ajouter que le Togo reçoit le soutien du Brésil pour le développement de son agriculture par le biais de deux projets de coopération de l’ABC (Agence Brésilienne de Coopération). Il s’agit du Projet « Cotton4 + Togo », consacré à la production de coton, ainsi que le projet d’appui à l’ITRA-Institut Togolais de Recherche Agronomique, axé sur l’amélioration des techniques de production de manioc, qui sera réactivé bientôt.

En ce qui concerne la formation des techniciens dans la production de coton, en 2017 le gouvernement brésilien a donné un cours d’extension universitaire pour 37 experts africains, visant à la capacitation et au transfert de technologie dans la filière coton, avec cinq togolais parmi eux. Le cours a eu lieu à la prestigieuse Université Fédérale de Lavras (UFLA), état de Minas Gerais, dans le cadre du « Projet Régional pour le Perfectionnement de Techniciens Africains en Production de Coton », qui s’insère dans le plus ample contexte du Projet « Cotton4 + Togo ». Bientôt, en Juin prochain, trois techniciens iront à São Carlos, Etat de São Paulo, pour une activité importante relative à la formation en multiplication de semences.

En plus, le Gouvernement brésilien est pleinement conscient que bien que le Togo soit un petit pays, il a connu un essor économique soutenu au cours des dernières années, avec une croissance du PIB supérieure à 5% en 2016 et 2017, et de 4,4% en 2018, en dépit des effets négatifs créés par les problèmes sociopolitiques, tel que mentionné par la récente mission du Fonds Monétaire Internationale qui est venu à Lomé. Nos opérateurs économiques sont  aussi au courant de que la capitale togolaise est dotée d’un terminal maritime en eau profonde qui sert également d’autres pays voisins, ainsi que d’un aéroport moderne, de dernière génération.

Vive le Brésil. Vive le Togo. Vive le Gabon

Merci beaucoup.

 

CDL : La diplomatie allemande, pièce maîtresse de la nouvelle Europe

Christoph Sander, l’ambassadeur d’Allemagne au Togo, était vendredi 29 septembre dernier l’invité du Club diplomatique de Lomé (CDL) pour parler de la diplomatie allemande au cœur de l’Europe.

Il a rappelé en préambule les fondements de la politique étrangère de son pays : éviter les erreurs de nos grands-pères, travailler pour la paix en Europe (Deutsche AußenpolitikisteuropäischeFriedenspolitik).

M. Sander est ensuite revenu sur l’histoire de son pays, Bismarck, la première guerre mondiale, celle de 39-45 avec le régime nazi et ses horreurs, la division de l’Allemagne avec la guerre froide, puis la chute du mur de Berlin.

L’Allemagne est aujourd’hui la principale puissance économique européenne au sein de l’Union, mais a souligné le diplomate, elle doit aussi faire face à de nouveaux défis. Ils sont de deux ordres, d’abord, la menace russe face à une violation éventuelle de la souveraineté d’un Etat européen ; ensuite, la nécessaire évolution des instances européennes pour faire face à la crise économique et financière. Si la situation s’est améliorée depuis 2008, l’UE n’est pas à l’abri d’une rechute.

Christoph Sander a dressé un tableau assez pessimiste de la situation de l’Europe. La Grande Bretagne est en train de sortir de l’Union,  la Pologne et la Hongrie défient le consensus constitutionnel européen, les Ecossais et les Catalans réclament leur indépendance, enfin la crise migratoire pose problème.

En Allemagne même, et pour la première fois depuis 1945, un parti d’extrême droite a fait son entrée au Bundestag.

‘Le nouveau gouvernement allemand doit faire face aux défis que je viens de décrire. (…) Je suis certain que nous arriverons à résoudre les grandes questions de notre époque si nos politiciens sont guidés par les mêmes principes que Schumann, Monet et Adenauer, Mitterrand, Kohl et Genscher’, a conclu l’ambassadeur.

Initié par Robert Dussey, le ministre des Affaires étrangères, le Club diplomatique de Lomé est un cercle de réflexion apolitique qui reçoit à intervalles réguliers des personnalités togolaises et étrangères issus du monde diplomatique, politique et d’organisations internationales.

CDL : jalons d’une communauté de destin pour l’humanité à Lomé

Le Club Diplomatique de Lomé (CDL) a tenu vendredi sa 2e conférence de l’année 2017. La session modérée par Me Jean Degli a été présidée par le ministre togolais des affaires étrangères, le Prof Robert Dussey en présence de l’ancien Premier Ministre togolais, Edem Kodjo. L’orateur du jour, Liu Yuxi, ambassadeur de Chine au Togo a entretenu l’assistance sur le thème : « Construire une communauté de destin pour l’humanité ».

C’est depuis 2012 que ce concept de communauté de destin pour l’humanité a fait son apparition dans la vie internationale. Elle continue de façonner une nouvelle approche en matière de gouvernance mondiale, donnant lieu à des propositions et des mesures pour soutenir une croissance inclusive et un développement solidaire, notamment dans les pays africains.
Dans son développement, Liu Yuxi indique que le développement en commun fait partie du concept « communauté de destin pour l’humanité » et est aussi un moyen pour favoriser sa construction.

« D’une manière générale, cette nouvelle approche dans les relations de coopération soutient qu’un pays, dans la recherche et la protection de ses propres intérêts, doit tenir compte des préoccupations légitimes des autres pays et partant de cela, en poursuivant son développement national, il promeut le développement commun de tous les pays », a expliqué M. Liu.

Pour le diplomate chinois, la construction d’une communauté de destin est une approche qui tient compte de l’évolution et de la transformation de l’ordre international en indiquant une voie, une formule et un plan pour le développement de la société humaine.
Et dans un monde en pleine mutation et qui fait face à de nombreux défis, Liu Yuxi estime que construire une communauté de destin revient à promouvoir un développement partagé et gagnant-gagnant.
La construction de la communauté de destin se résume selon lui, en 5 points que sont : le développement d’un partenariat sur la base du principe d’égalité, de la concertation et de la compréhension mutuelle ; la création d’une architecture de sécurité ; la recherche d’un développement ouvert, innovant, inclusif et bénéfique à tous ; la promotion des échanges et l’enrichissement mutuel ; et enfin, la construction d’un écosystème respectueux de la nature et favorable au développement vert.

« Ces 5 points expliquent globalement le contenu de la communauté de destin pour l’humanité ; ils sont complémentaires l’un et l’autre et forment un bloc uni et complet », a précisé Liu Yuxi.

Le conférencier a souligné quelques caractéristiques de la communauté de destin. Il s’agit de l’égalité, de la primauté de la paix, de l’inclusivité, de l’approche globale.

La Chine et la construction de la communauté de destin

Liu Yuxi indique que le concept de communauté de destin pour l’humanité est le fondement de l’idéologie et la culture traditionnelle de la Chine comme la paix, la fraternité universelle, la cohabitation harmonieuse entre l’humanité et la nature.

« L’essentielle de ces valeurs est le crédo de la politique étrangère chinoise qui se résume à l’indépendance, la coexistence pacifique, le bénéfice mutuel et gagnant-gagnant, l’ouverture, et la construction d’un monde harmonieux, tout en reflétant l’aspiration et la poursuite du développement et du progrès de tous les peuples du monde », a relevé le diplomate.

M. Liu avance que la coopération sino-africaine repose sur le principe de communauté de destin avec le récent engagement de la Chine à investir 60 milliards de Dollars US en Afrique dans les prochaines. Il indique de ce fait que la coopération sino-africaine se repose sur le principe « L’Afrique propose, l’Afrique approuve, l’Afrique dirige ».
A la fin de son intervention, l’ambassadeur de Chine au Togo a souhaité que le Togo, l’Afrique, la Chine et tous les pays partenaires réalisent le développement et la prospérité en commun afin de partager un futur meilleur dans une communauté de destin pour l’humanité.
L’ancien Premier ministre togolais, Edem Kodjo a souhaité que l’Afrique s’inspire de l’exemple de développement de la Chine qui est basé essentiellement sur le travail pour sortir de la précarité. Pour l’ancien Secrétaire général de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), la communauté de destin est un objectif à poursuivre à tout prix et ne saurait être considérée comme une illusion.
Abondant dans le même sens, le Chef de la diplomatie togolaise, Robert Dussey a souhaité que les pays africains aient de la vision et travaillent dans l’ordre et la discipline.

« Pour être la chine de demain, il faut travailler… Cela permettra à l’Afrique d’être au-devant de l’histoire au lieu de continuer à être à la remorque de l’histoire », a préconisé le Prof. Dussey.

 

Source : TogoBreakingNews.info

Réunion du CDL : faux médicaments et conséquences sur la santé en Afrique

Pour le tout premier numéro du Club Diplomatique de Lomé, ce 19 Janvier 2017, la préoccupation générale a porté sur les faux médicaments et leur conséquence sur la santé en Afrique.

« Le trafic illicite des faux médicaments est aujourd’hui un facteur sous-jacent au blanchiment de capitaux et à d’autres trafics. Au-delà de la menace à la santé public, ce trafic est une véritable menace à la sécurité des états africains, vu les réseaux constitués dans ces domaines». Voilà l’une des conséquences évoquées hier par Dr Innocent Kpeto, président de l’Ordre des Pharmaciens du Togo, invité d’honneur du Club diplomatique du 19 Janvier 2017, le tout premier de l’année sous la présidence de Prof Robert Dussey et avec al modération de la représentante résidente de l’OMS au Togo Dr M’BOA Lucie.

Pour la première fois, le Club est sorti des questions géopolitiques qui ont cours dans le monde pour aborder un sujet de préoccupation de préoccupation sanitaire, au-delà même de la lutte contre le trafic de la drogue.

Autres conséquences

Selon Dr Kpéto, citant plusieurs sources, il y aurait 800.000 morts chaque année dûes à l’utilisation des ces faux médicaments. Une information documentée par l’Organisation Mondiale de la Santé.

Crime, double, les populations restent affamées, pour acheter des médicaments, et finalement se retrouvent avec des faux

Ce sont généralement des médicaments sous dosés, des décès par intoxication, des troubles comportementaux (le cas du tramadole sur les zémidjan au Togo est cité en exemple)

L’Ampleur du sujet.

10% des médicaments en circulation dans le monde seraient des faux, alors qu’en Afrique et dans les pays pauvres, ce chiffre passe de 40 à 60 %. Mais généralement sur Internet et selon les médias, c’est 50 % des médicaments en circulation en Afrique qui sont des ‘faux’.

Le circuit est très stricte et même lucratif. Selon Dr Innocent Kpéto citant l’organisation mondiale des douanes et l’IRHCM, il remporterait plus de 75 milliards de dollars par an à leurs acteurs.

Par ailleurs ‘pour 1 dollar investi, un trafiquant de drogue gagnerait de 10 à 20 dol alors que celui qui fait la contrefaçon de faux médicaments gagnerait 200 à plus 400 dollars’. Ils viennent  entre 50 et 70% de l’Inde et de la Chine selon l’organisation mondiale des douanes, ces pays d’où viennent également la plupart des bons médicaments reconnus comme tels aujourd’hui. C’est un paradoxe.

Plusieurs saisines via des opérations dans des ports en Afrique confirment malheureusement ce fait selon Dr Kpéto qui encourage la lutte contre le phénomène dans tous les états d’Afrique. Le CDL a appelé le président, ministre des affaires étrangères du Togo, Prf Robert Dussey à engager un plaidoyer sous régional pour que la lutte soit collective.

Au Togo, même si la vente des médicaments au bord de la route continue de grimper en chiffre, le pouvoir public ne ferme pas du tout les yeux.

Dr Kpéto a rappelé à l’assistance les fruits de certaines opérations à succès. Il a cité l’opération Cobra en octobre 2011 qui a permis de saisir 7 tonnes de médicaments en une semaine, 9,2 autres tonnes saisis en trois jours grâce à l’opération Porc-épic, sept 2015 et une opération de la police qui a permis de saisir 22 tonnes de médicaments transportés dans des camions d’AKI toujours en 2016.

Par Ken LOGO

Source : africafullsuccess.com

CDL: ‘Aide ou partenariat au XXIe siècle : entre idées reçues et nouveaux paradigmes’ avec Khardiata Lo N’diaye

L’aide publique au développement (APD) est souvent perçu comme peu efficace. Ce dispositif mis en place après la seconde guerre mondiale pour aider à la reconstruction de l’Europe et assister les nouveaux Etats indépendants d’Afrique a montré ses limites.

C’est en substance ce qu’a souligné la représentante du Système des Nations Unies au Togo, Khardiata Lo N’diaye, vendredi soir lors d’une intervention devant les membres du Club diplomatique de Lomé.

Thème du débat : ‘Aide ou partenariat au XXIe siècle : entre idées reçues et nouveaux paradigmes’

‘Si l’on revient sur l’historique de l’APD et sur ses résultats, il faut avoir l’honnêteté de dire que tout le monde, donateur comme récipiendaires, a pu se tromper à un moment sur la méthode’, a indiqué la responsable du PNUD pour le Togo.

La relation entre pays donateurs et receveurs a profondément changé. Il s’agit désormais d’un véritable partenariat dans lequel le dialogue guide l’aide, a fait remarquer Mme N’diaye.

Toutefois, a-t-elle prévenu, les pays africains qui ne prendront pas leur développement en charge feront toujours les frais d’agendas qui ne sont pas les leurs.

De fait, l’aide publique au développement est en baisse constante ; ce sont désormais les multinationales et les fondations privés qui, dans une certaine mesure, prennent le relais des Etats.

Pour Khardiata Lo N’diaye, la Diaspora joue aussi un rôle de premier plan. Par ses transferts importants, elle est un formidable relais de croissance à condition d’utiliser judicieusement cette manne bien souvent supérieure aux montants octroyés par les donateurs internationaux.

Le Club diplomatique de Lomé est un cercle de réflexion crée à l’initiative du ministre des Affaires étrangères Robert Dussey.

Photos de la rencontre

CDL / Berlanga-Martinez propose une diplomatie moderne face aux défis du XXIe siècle

La première séance du Club Diplomatique de Lomé (CDL) de l’année 2016 s’est déroulée lundi à Lomé sous la présidence du ministre togolais des affaires étrangères, Robert Dussey. Cette séance a connu la présence de plusieurs diplomates dont ceux des Etats-Unis, de l’Allemagne, de l’Egypte, du Gabon, de l’Egypte, du Sénégal… L’invité du jour n’était autre que le Chef de la délégation de l’Union Européenne au Togo, Nicolas Berlanga-Martinez. Le diplomate européen a développé le thème : « Quelle diplomatie pour les défis et les opportunités du XXIe siècle ? » et avait pour modératrice, Khardiata Lo-N’diaye, la Coordinatrice du Système des Nations Unies au Togo.

Le XXIe siècle, commencé il y a juste 15 ans est marqué par de nombreux défis dont les trafics, les guerres, la pauvreté, l’augmentation de la population mondiale, l’augmentation de nombre de réfugiés, de déplacés mais aussi et surtout la montée du radicalisme et du terrorisme.Traditionnellement, la diplomatie remplit trois fonctions à savoir : la représentation, la communication et la négociation.
L’ambassadeur de l’Union Européenne au Togo a indiqué dans son exposé que la diplomatie traditionnelle a montré ses limites. Il propose une diplomatie publique moderne pour faire face aux défis et a relevé dans son exposé que les diplomates ne doivent plus prétendre représenter exclusivement les intérêts et les valeurs d’une nation ou d’un continent.
Nicolas Berlanga-Martinez estime que pour le XXIe siècle, le défi n’appartient plus à un seul pays ou à un seul peuple mais à toute l’humanité toute entière surtout en matière de lutte contre le changement climatique, la défense de la dignité contre la barbarie, la lutte contre le terrorisme, le racisme, le trafic des êtres humains… qui demandent des réponses collectives au-delà des frontières géographiques des Etats.« Tout cela fait émerger l’idée d’une diplomatie moderne, qui sans être complètement opposée aux attributs de la diplomatie traditionnelle, perd une partie de sa théâtralité pour gagner en transparence, davantage de sincérité, de dialogues francs et surtout plus de créativité pour rechercher des solutions aux grands défis du moment », a déclaré M. Berlanga-Martinez.
Le diplomate européen estime qu’il sera désormais impossible pour un acteur diplomatique de se montrer indifférent de l’opinion publique de son pays d’accueil au nom du principe de la discrétion.« La réalité est que les canaux de la diplomatie de nos jours subissent des interférences. Les détenteurs de pouvoir effectifs sont de moins en moins connus et échappent aux autorités et aux relations traditionnelles entre Etats », a-t-il dit.Pour Nicolas Berlanga-Martinez, la diplomatie du XXIe siècle doit être une diplomatie d’influence et des valeurs. Il propose que de nouveaux acteurs de la diplomatie soient pris en compte. Il s’agit entre autres : les journalistes, les professeurs d’universités, les penseurs, les défenseurs des droits de l’homme, les parlementaires, les artistes, les écoles de cinématographie, les vainqueurs des prix littéraires, les médiateurs, les leaders religieux.

L’orateur demande aux diplomates modernes d’avoir une connaissance palpable de la réalité et suggère une idée de citoyenneté globale dans un monde globalisé et interconnecté.

Le modèle diplomatique doit prendre en compte la diversité sociale, la complexité du réseau d’emploi du pays partenaire, la transparence, propose le Chef de la délégation de l’UE au Togo qui note que la diplomatie moderne doit être une diplomatie d’observation, de proximité et de maîtrise des réalités du pays d’accueil. Pour lui, cette diplomatie doit encourager les réformes nécessaires pour une meilleure gouvernance, les mesures devant anticiper les conflits.

« Je pense que le monde d’aujourd’hui est largement dans une meilleure position que le monde d’il y a quarante ou cinquante ans », a conclu M. Berlanga-Martinez partageant ainsi une vision globale et humaniste de la diplomatie actuelle.

Le Club Diplomatique de Lomé est une association initiée par le Chef de la diplomatie togolaise, Robert Dussey. La prochaine rencontre a lieu dans trois mois et aura pour invité, Khardiata Lo N’diaye, la représentante résidente du PNUD au Togo.

Source: Togobreakingnews.com