Un socle commun vers un partenariat gagnant

Les négociations se poursuivent à Bruxelles depuis le mois de septembre entre le groupe des pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et l’Union européenne afin de parvenir à un nouvel accord de coopération.

Vendredi 14 décembre 2018, Robert Dussey, le chef de la diplomatie togolaise et négociateur en chef pour le compte des ACP, a rencontré Neven Mimica, le Commissaire européen pour la Coopération internationale et le Développement.

Les deux hommes ont salué l’avancée des discussions réalisées dans un délai très rapide par les équipes techniques. Plus important, un consensus a été trouvé sur la structure du futur accord. 

Toutefois M. Mimica a indiqué que la route était encore longue avant d’aboutir au résultat final. ACP et UE ont jusqu’à 2020 pour se mettre d’accord sur un texte.

M. Dussey s’est félicité de l’esprit d’ouverture et de compromis qui caractérisent ces pourparlers.

Jeudi, Robert Dussey avait fait un rapport d’étape lors du conseil des ministres ACP sur l’évolution du processus de négociation. 

Les 79 pays composant le bloc ACP n’ont rien d’uniformes. Les demandes et les besoins des pays du Pacifique ou des Caraïbes n’ont rien à voir avec ceux de l’Afrique. L’accord devra prendre en compte ces spécificités.

La finalité des discussions de Bruxelles est de parvenir à un nouvel accord consistant en un socle commun et trois partenariats régionaux. 

Le socle commun, applicable à tous les membres du partenariat, énumérera des objectifs, des priorités et des principes généraux et permettra de renforcer la coopération au niveau international. 

Les partenariats régionaux constitueront le centre de gravité et fixeront des priorités régionales spécifiques pour les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, conformément aux dynamiques régionales renforcées et à l’importance accrue des organisations régionales. 

Robert Dussey : “C’est tout le continent qui se réunit…”

Lomé accueille le premier sommet de l’Union Africaine sur la sécurité maritime le 15 octobre. Les travaux préparatoires commencent lundi.

Un enjeu très important pour le continent, confie Robert Dussey, le ministre des Affaires étrangères togolais, dans un entretien à l’AFP.

Pourquoi ce sommet de Lomé sur la sécurité et la sûreté maritimes ?

Robert Dussey : C’est un enjeu très important pour l’Afrique. Au moins 92% des marchandises arrivent sur le continent africain par les mers et une façade maritime.

Lors de ce sommet plusieurs questions seront traitées et d’abord celle de la piraterie. Il y a quelques années, c’était surtout le golfe d’Aden, vers la Somalie, qui était victime des pirates. Aujourd’hui c’est le golfe de Guinée.

De 2005 à nos jours, nous avons subi plus de 205 attaques. Les pirates s’attaquent en priorité aux tankers pétroliers mais aussi aux bateaux de marchandises.

Mais le sommet de Lomé ne parlera pas seulement de sécurité maritime. Nous aborderons aussi la question de la pêche illégale, de la pollution (…) la question des trafics en tous genres, trafic de drogue, trafic d’êtres humains.
La plupart des pays africains qui ont une façade maritime sont victimes d’un de ces problèmes, d’où l’importance pour les dirigeants africains de s’asseoir et de discuter pour essayer de trouver des solutions.

Vous avez aussi prévu un volet sur le développement et l’économie bleue. Que recouvre ce terme ?

Robert Dussey : L’économie bleue c’est tout ce qui est lié à la mer, les ressources halieutiques, les ressources (minières et d’hydrocarbures) maritimes, la biodiversité qu’il faut préserver, l’activité des ports. Nous avons sur le continent africain des jeunes pêcheurs qui, il y a quelques années allaient pêcher en haute mer et maintenant ne peuvent plus s’y rendre pour plusieurs raisons: la piraterie, le manque de ressources lié à la pêche illégale…

Il est important pour nous que l’économie bleue continue à soutenir le niveau de vie des populations africaines.
Le port de Lomé est le seul port en eaux profondes du golfe de Guinée et son activité est cruciale pour l’économie togolaise. C’est une ville dans la ville.

Le précédent sommet, à Yaoundé en 2013, a-t-il permis des avancées ? Qu’attendez-vous de celui de Lomé ?

Robert Dussey : Le sommet de Yaoundé était un sommet régional sur une seule thématique, la piraterie. Il a posé les premiers jalons, qui ont permis une coordination – même si elle n’est pas parfaite – et un partage d’informations entre les pays du Golfe de Guinée.

Le sommet de Lomé est un sommet de l’Union africaine, c’est tout le continent qui se réunit. Le but c’est l’adoption d’une charte de l’Union africaine sur la sureté, la sécurité maritime et le développement.

C’est un texte contraignant. La charte oblige les Etats à travailler de manière collégiale, régionale, pour assurer la sûreté et la sécurité maritime. Et elle prévoit un accompagnement financier ce qu’il n’y avait pas dans le code de conduite de Yaoundé. Les pays signataires vont contribuer eux-mêmes à assurer leur propre sécurité maritime. Il faut doter les pays de moyens sophistiqués, sur un plan régional.

Il y a forcément – parce que c’est un texte contraignant – des réticences de certains pays, mais on essaye d’avoir le consensus et j’espère que cette charte sera adoptée le soir du 15 octobre.


© AFP

Réflexion collective sur la sécurité

Le Togo accueille les 27 et 28 juillet prochains les Consultations Afrique-Chine-Etats Unis pour la paix en Afrique.

Les participants aborderont principalement deux thèmes, la sécurité maritime et l’économie bleue dans le Golfe de Guinée et la promotion de la paix au Sahel.

Une rencontre qui se situe dans le cadre des préparatifs du sommet de l’Union africaine sur la sécurité maritime qui aura lieu le 15 octobre prochain à Lomé.

Initiées en 2014 par l’ancien président américain Jimmy Carter, à la tête du Carter Center, et le président chinois Xi Jinping, ces consultations rassemblent un groupe restreint de diplomates et d’experts africains, chinois et américains pour des discussions à huis clos visant à examiner la collaboration entre les acteurs régionaux, la Chine, les États-Unis et d’autres sur les questions de paix et de sécurité.

Cette cellule est animée par Zhong Jianhua, envoyé spécial chinois pour les Affaires africaines, l’ambassadeur Princeton Lyman, conseiller spécial au United States Institute for Peace et Mohamed Ibn Chambas, représentant du SG des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest.

L’initiative vise à promouvoir une réflexion collective sur les problèmes communs et à identifier des domaines concrets de collaboration.

La rencontre de Lomé est organisée à l’invitation du ministère des Affaires étrangères togolais, en collaboration avec le Bureau des Nations unies de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel (UNOWAS).

Les travaux seront ouverts par Robert Dussey, le chef de la diplomatie togolaise, et Jordan Ryan, responsable des programmes de paix au Carter Center.

Organisation non-gouvernementale, le Carter Center a été fondé en 1982 par l’ancien président Jimmy Carter.

Lancement de la “Semaine de l’Intégration Africaine” au Ministère des Affaires Etrangères, de la Coopération et de l’Intégration Africaine

Ce mardi 24 mai 2016 a été lancé au Ministère des Affaires Etrangères, de la Coopération et de l’Intégration Africaine, la première édition de “La semaine de l’intégration Africaine”.  Cet événement, premier du genre, s’adresse aux communautés africaines installées au Togo. Elles sont nombreuses : Bénin, Ghana, Mali, Nigeria, Côte d’Ivoire, Mali, Burkina, notamment. 

Au total, ce sont des dizaines de milliers de personnes qui pour certaines vivent dans le pays depuis des décennies. Organisé sur deux jours, ce rendez-vous comprend des débats thématiques et des manifestations culturelles. Les participants ont discuté aujourd’hui de la sécurité maritime et de la croissance économique en Afrique et de l’intégration sous-régionale.

Au cours de la cérémonie de lancement, le ministre des affaires étrangères, le Prof. Robert Dussey a prononcé le discours ci-après :

Si nous arrivons à relever efficacement le défi de l’intégration, nous aurons certainement gagné le paris du développement et de l’épanouissement du continent.

Mesdames et messieurs les ministres,
Mesdames et messieurs les ambassadeurs et représentants des Organisations internationales accréditées au Togo,
Mesdames et messieurs les représentants des communautés africaines présentes au Togo,
Distingués invités,
Mesdames et messieurs,
 
C’est pour moi un insigne honneur de vous souhaiter la cordiale et la chaleureuse bienvenue à la première édition de la « Semaine de l’intégration africaine », organisée par le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération et de l’Intégration africaine.
 
Je voudrais saisir cette occasion pour vous témoigner, en vos rangs et grades respectifs, toute ma gratitude et toute ma reconnaissance pour votre présence en ces lieux aujourd’hui, signe de votre attachement aux vertus de l’intégration et de la communion des peuples.
 
Mesdames et messieurs,
Distingués invités,
 
La semaine de l’intégration constitue le rendez- vous communautaire à travers lequel le Togo voudrait faire la promotion de la dynamique intégrative et vanter ses mérites en tant que socle véritable du développement harmonieux et partagé des nations africaines.
 
Il s’agit pour nous, d’un rendez-vous de partage d’expériences, de sensibilisation et d’harmonisation de nos différentes politiques et visions en faveur de l’intégration régionale qui s’inscrit intégralement dans la mise en œuvre de l’agenda 2063 de l’Union africaine.
 
Son ambition est de rassembler toutes les communautés africaines présentent au Togo autour de l’idéal d’intégration régionale et sous régionale afin de l’intégrer un peu plus encore dans nos pensées, nos habitudes et dans nos diverses politique de développement.
 
Pour ce faire, elle laisse libre court à la réflexion, à l’analyse, au bilan, à la ferme résolution et à la décision ; elle laisse également la voie libre à l’expression et au brassage culturels et prône l’amitié et la fraternité entre les peuples, tout en faisant abstraction des pesanteurs sociologiques et politiques qui « semblent nous séparer ».
 
  
Mesdames et messieurs,
Distingués invités,
 
Je voudrais, à travers cette cérémonie officielle de lancement, nous inviter à prendre toute la mesure de l’enjeu de l’intégration en Afrique. Une Afrique intégrée  avec une réelle communauté économique, juridique et sociétale est synonyme d’une Afrique plus responsable,  qui prend en mains les rênes de sa destinée et de son développement.
 
Il s’agit, à n’en point douter, (permettez-moi de me citer) « d’un des plus grands atouts de développement que nous puissions laisser aux générations à venir ».
 
« Si nous arrivons à relever efficacement le défi de l’intégration, nous aurons certainement gagné le paris du développement et de l’épanouissement du continent ».
 
Je voudrais, de ce fait, nous convier tous à saisir l’occasion de cette première édition de « la semaine de l’intégration » au Togo pour nous interroger sur l’état d’avancement général du processus d’intégration en Afrique, nous poser les bonnes questions et d’en tirer les conclusions appropriées pour une dynamique d’intégration plus déterminée et plus outillée.
 
Une fois encore, merci pour votre conviction et votre foi en l’intégration !
 
Vive l’intégration africaine !
 
Vive le brassage entre les peuples !
  
Je vous remercie !

Paix en Afrique : la contribution togolaise

Le Togo a été élu la semaine dernière au Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine. Il y siègera pour 2 ans. Cet organe a été créé pour prendre en charge directement la résolution des conflits sur le continent. L’équivalent du Conseil de sécurité pour les Nations Unies.

En cette période troublée en Afrique avec les crises à répétition et la contagion extrémiste, le Togo fera entendre sa voix au CPS et tentera d’apporter des solutions, explique Robert Dussey, le chef de la diplomatie togolaise.

Republicoftogo.com : Le présence de votre pays au CPS est-elle de nature à contribuer à atténuer les maux qui frappent l’Afrique ?

Robert Dussey : Je dois d’abord rappeler que le Togo a déjà siégé au CPS, en 2004. Mon pays s’engage à remplir ses obligations en contribuant à la promotion et au maintien de la paix et de la sécurité en Afrique, à participer aux efforts de règlement des conflits et à soutenir les initiatives régionales pour le règlement des conflits.

Le Togo s’est  toujours montré prêt à contribuer, sous l’égide  de l’UA et de l’ONU, à participer aux opérations de maintien de la paix. Il a été le premier pays à envoyer des troupes au Mali, sa présence au sein de l’ONUCI en Côte d’Ivoire date du début de la crise. Nous avons également un contingent au Darfour.

C’est dire qu’en matière de protection de la paix, le Togo est loin d’être inactif.

Republicoftogo.com : L’Union africaine n’enverra pas de troupes pour le moment au Burundi. Est-ce un échec ?

Robert Dussey : Je ne le crois pas car le dialogue se poursuit avec les autorités de Bujumbura. L’UA a choisi de privilégier la discussion avec le Burundi et de surseoir à l’envoi d’une ‘mission de stabilisation’.

Les chefs d’Etat, soucieux pour certains de ne pas créer un précédent, à savoir l’envoi d’une force militaire dans un pays sans son aval, sont donc convenus de dépêcher une délégation de très haut niveau pour en discuter avec le gouvernement burundais. L’essentiel est de trouver une issue à la crise quelque soit la méthode utilisée.

Republicoftogo.com : Outre les guerres civiles et les conflits tribaux, l’Afrique doit fait face à la menace terroriste. Comment le Togo compte-t-il mettre à profit sa présence au CPS pour contribuer à la lutte contre la gangrène extrémiste ?

Robert Dussey : Le chef de l’Etat a maintes fois rappelé son engagement à combattre le terrorisme par tous les moyens. Il préconise une coopération plus active avec les pays africains et la communauté internationale. Parallèlement, il faut s’interroger sur les raisons de cette montée extrémiste souvent liée à la pauvreté et au sentiment de certains jeunes qui ne voient pas d’avenir. Au sein du CPS, notre mission consistera d’abord à tenter de prendre les bonnes mesures pour anéantir les réseaux terroristes, mais aussi à faire en sorte que la lutte contre la pauvreté soit une priorité de l’organisation car tout est lié.

Republicoftogo.com : Le thème de la sécurité sera évoqué le 15 octobre prochain à Lomé lors de la conférence de l’UA sur la sécurité maritime

Robert Dussey : Effectivement. Les chefs d’Etat et de gouvernement ont convenu de se retrouver le 15 octobre à Lomé pour parler sécurité maritime et développement en Afrique. Ils ont aussi souhaité que le sommet parvienne à l’adoption d’une charte africaine relative à la sécurité et à la sûreté maritime. C’est très important pour aboutir à des solutions concrètes.