Discours d’ouverture de la 107e session du Conseil des ministres de l’ACP

Madame la Présidente, 

Monsieur le Secrétaire général, 

Mesdames et messieurs,


Aujourd’hui où le Groupe ACP soumet au questionnement sa propre présence au monde, s’interroge sur les raisons d’être de son existence, sur ses propres fins entendues ici comme telos ou buts et cherche à redessiner son partenariat avec l’Union européenne à l’expiration, en 2020, de l’Accord de Cotonou, il nous faut réaffirmer le sentiment commun d’appartenance à notre groupe et notre commune dépendance. Le sentiment d’appartenance commune et de commune dépendance, ce sentiment que valorisaient tant les stoïciens grecs de l’Antiquité et qu’ils rapportaient au cosmos, doit nous inspirer et raffermir en nous la solidarité organisationnelle où se joue la dialectique du multiple et de l’Un, des parties et du Tout. 

Nos populations nous attendent. Leur droit légitime au développement doit nous inciter à éviter lors de cette Session le « syndrome du bateau ivre », ce syndrome qui traduit une espèce de nausée, la situation hypothétique d’un navire en perte de repère. « Il n’est point de vent favorable pour celui qui ne sait où il va » disait SÉNÈQUE dans ses Lettres à Lucilius.

La logique d’unité doit guider nos pas. Nous devons aborder les futures négociations avec l’UE en tant que groupe uni, en tant que « pôle de responsabilité collective » soudé. S’il est vrai que l’unité du Groupe ACP en tant que pôle multilatéral de responsabilité collective ne peut signifier rien d’autre qu’une « unité plurielle », ou mieux, une « unité dans la diversité », pour reprendre Jürgen HABERMAS dans son livre Après l’Etat-nation, en raison des spécificités propres à chaque ensemble continental, les spécificités et divergences ne doivent pas cependant avoir raison de notre sens de l’unité. 

En restant uni, nous pouvons travailler ensemble et renforcer la souveraineté positive de nos Etats, autrement dit leur capacité d’action externe et interne. L’unité d’action au rang des ACP aidera sans doute nos Etats à faire décroître les inégalités et à faire reculer les frontières de la pauvreté, à faire sortir nos Etats et populations de la situation d’inconfort actuelle.

L’enjeu, c’est la guerre au manque de développement dans nos pays, à la « pauvreté absolue » et « objective ». L’état du monde actuel quasiment comparable à l’état de nature de Thomas Hobbes nuit au Groupe des ACP et à leurs populations. Changer cet état insoutenable, voilà ce qui doit être l’objectif de ce cadre de coopération Sud-Sud. N’oublions pas que l’un des objectifs des ACP est d’« œuvrer à la promotion d’un nouvel ordre mondial plus juste et plus équitable ». 

Ce défi qui reste actuel 43 ans après l’Accord originel de Georgetown donne à réfléchir et nous appelle à la logique d’unité. Ce n’est pas en étant ensemble que nous ne sommes pas fécond, c’est plutôt parce que jusque-là nous n’avons pas assez agi ensemble. La force réside dans l’unité.

L’heure est à l’urgence du rassemblement, ou pour parler comme Edgar Morin, à « l’urgence de l’essentiel ».


Madame la Présidente,

Monsieur le Secrétaire général,

Mesdames et messieurs,

 

Ces tendances centrifuges, auxquelles nous devons nous opposer de toutes nos forces, doivent tout de même nous amener à nous interroger sur les facteurs qui nourrissent ce courant. Nous sommes à la croisée des chemins où nous devons avoir le courage de voir en toute objectivité la réalité afin de dresser un diagnostic clair de nos difficultés et leur trouver des solutions qui s’imposent. Le célèbre poète allemand HÖLDERLIN disait bien dans un style hégélien que « là où croît le péril croît aussi ce qui sauve ». Il nous faut faire preuve d’imagination et d’innovations pour sortir de cette situation car comme le dit Albert EINSTEIN, dans les moments de crises ou de difficultés, « seule l’imagination importe ».

Le Gouvernement de la République Togolaise insiste donc sur la nécessité du renforcement de la coopération intra-ACP car pour nous développer, nous devons d’abord compter sur nous-mêmes, sur nos propres forces dans une perspective humaniste et de confiance en soi. La confiance en soi, au plan individuel que collectif, comme l’enseigne la génération actuelle de l’École de Francfort conduite par Axel HONNETH, est le support basique de tout effort de développement. Notre coopération interne nous ouvrira des perspectives stimulantes qui auront sans doute  des impacts sur nos partenariats avec les autres. 

À cet égard, je me réjouis que vous ayez inscrit à l’agenda de vos travaux la révision de l’Accord de Georgetown et je vous engage à l’examiner dans la droite ligne des orientations données pas nos Chefs d’État et de gouvernement lors des Sommets de Sipopo en 2012 et de Port Moresby en 2016 et de notre document de position Vers les ACP que nous voulons.

L’avenir du Groupe ACP dépend de notre capacité d’adaptation aux mutations profondes de l’environnement international. L’avenir n’est pas, pour reprendre les termes d’Henri BERGSON, « ce qui va arriver mais ce que nous allons en faire». L’avenir se prépare, celui de notre Groupe doit se construire autour de perspectives réalistes et vitales qui engagent chacun de nos Etats et toute l’organisation. L’heure est à l’action multilatérale.

Madame la Présidente, 

Mesdames et messieurs les Ministres,

Monsieur le Secrétaire général, 

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de Mission,

Les préparatifs en vue des négociations du Post Cotonou sont l’autre préoccupation qui sera au cœur de votre session. Sur ce sujet, il est à observer que le partenaire européen a déjà exprimé de façon claire sa vision du futur accord de partenariat.

A votre tour, vous examinerez et adopterez, je l’espère, le mandat de négociation du Groupe ACP. La réunion qui s’est tenue le 27 mai ici même doit avoir permis de faire des avancées sur l’examen des questions susceptibles de constituer des blocages sur notre vision commune.

Du côté du Groupe ACP, il y a lieu de souligner, pour s’en réjouir, la croissance économique enregistrée par un certain nombre de pays. La croissance économique a permis aux pays en question de se hisser au rang de pays à revenu intermédiaire. Toutefois, les économies de ces pays demeurent vulnérables aux chocs exogènes et il importe de ne pas les abandonner à eux-mêmes. En restant solidaires, nous pourrions mieux résister aux crises, accroître ce qu’Amartya SEN appelle les « capabilités » de nos pays et de nos citoyens. Nos populations méritent mieux que leurs niveaux et conditions de vie actuelles.

 

Madame la Présidente,

Monsieur le Secrétaire général,

Mesdames et messieurs,

Sur ces mots, je déclare ouverte la 107ème session du Conseil des ministres ACP et souhaite, au nom de notre histoire et du « principe espérance » cher à Ernst BLOCH, plein succès à nos travaux.

Vive la coopération Sud-Sud, 

Vive les ACP

Je vous remercie.

Lomé accueille le Conseil des Ministres ACP-UE

Patrick Gomes, Secrétaire Général des ACP et Robert Dussey

La session du Conseil des ministres des pays ACP (Afrique-Caraïbe-Pacifique) et celle du Conseil conjoint ACP-UE s’ouvre dimanche à Lomé.

Les représentants de cet ensemble géographique et ceux de l’Union européenne continuent d’arriver dans la capitale togolaise.

Robert Dussey, le ministre des Affaires étrangères, a accueilli Patrick Gomes, le secrétaire général des ACP, Kamina Johnson Smith, la cheffe de la diplomatie jamaïcaine et présidente du conseil des ACP et Ralph Regenvanu responsable de la politique étrangère du Vanuatu.

Le Conseil des ministres est la principale instance décisionnelle du Groupe ACP après le sommet des chefs d’État et de gouvernement. Quant au Conseil des ministres conjoint, il est l’organe suprême du partenariat entre les ACP et l’Union européenne.

Ces réunions s’inscrivent dans le cadre des préparatifs des prochaines négociations pour un nouvel accord de partenariat ACP-UE après 2020.

Kamina Johnson Smith, Ministre des Affaires Etrangères de Jamaïque et le chef de la diplomatie togolaise

Faure Gnassingbé, qui assure également la présidence en exercice de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), appelle à un plus grand rôle politique pour le Groupe ACP dans le cadre du prochain  Accord, notamment en termes d’appui aux Etats membres dans les différents processus relatifs au dialogue politique avec l’UE. 

Le président togolais souligne par ailleurs l’importance d’un partenariat renouvelé avec l’Europe après 2020, et insisté sur l’appel lancé aux États ACP pour qu’ils demeurent un groupe uni.

Pour l’Union européenne, le rendez-vous de Lomé est important car il donnera le ton du futur cadre de la coopération entre l’UE et ses partenaires pour les prochaines années.

Les ministres venus des 79 pays ACP ainsi que des représentants de l’UE se retrouveront à l’hôtel du 2 février.

CDL : La diplomatie allemande, pièce maîtresse de la nouvelle Europe

Christoph Sander, l’ambassadeur d’Allemagne au Togo, était vendredi 29 septembre dernier l’invité du Club diplomatique de Lomé (CDL) pour parler de la diplomatie allemande au cœur de l’Europe.

Il a rappelé en préambule les fondements de la politique étrangère de son pays : éviter les erreurs de nos grands-pères, travailler pour la paix en Europe (Deutsche AußenpolitikisteuropäischeFriedenspolitik).

M. Sander est ensuite revenu sur l’histoire de son pays, Bismarck, la première guerre mondiale, celle de 39-45 avec le régime nazi et ses horreurs, la division de l’Allemagne avec la guerre froide, puis la chute du mur de Berlin.

L’Allemagne est aujourd’hui la principale puissance économique européenne au sein de l’Union, mais a souligné le diplomate, elle doit aussi faire face à de nouveaux défis. Ils sont de deux ordres, d’abord, la menace russe face à une violation éventuelle de la souveraineté d’un Etat européen ; ensuite, la nécessaire évolution des instances européennes pour faire face à la crise économique et financière. Si la situation s’est améliorée depuis 2008, l’UE n’est pas à l’abri d’une rechute.

Christoph Sander a dressé un tableau assez pessimiste de la situation de l’Europe. La Grande Bretagne est en train de sortir de l’Union,  la Pologne et la Hongrie défient le consensus constitutionnel européen, les Ecossais et les Catalans réclament leur indépendance, enfin la crise migratoire pose problème.

En Allemagne même, et pour la première fois depuis 1945, un parti d’extrême droite a fait son entrée au Bundestag.

‘Le nouveau gouvernement allemand doit faire face aux défis que je viens de décrire. (…) Je suis certain que nous arriverons à résoudre les grandes questions de notre époque si nos politiciens sont guidés par les mêmes principes que Schumann, Monet et Adenauer, Mitterrand, Kohl et Genscher’, a conclu l’ambassadeur.

Initié par Robert Dussey, le ministre des Affaires étrangères, le Club diplomatique de Lomé est un cercle de réflexion apolitique qui reçoit à intervalles réguliers des personnalités togolaises et étrangères issus du monde diplomatique, politique et d’organisations internationales.

Robert Dussey : “Courage et détermination à nos troupes déployées au Mali et partout dans le monde.”

Sur son compte Twitter dimanche 29 mai 2016, le Prof. Robert Dussey à rendu hommage aux soldats togolais tombés suite à une attaque perpétré contre le contingent des casques bleus au Mali.

Autres réactions sur Twitter :

– L’ambassade de l’Union Européenne au Togo

– L’ambassadeur du Royaume-Uni Jon Benjamin

– Malick Natchaba, Directeur de la SALT

Le Togo et l’Union Européenne partagent plusieurs points de vue

Le 16e dialogue politique entre le gouvernement togolais et l’Union Européenne s’est tenu vendredi à Lomé. Ce dialogue qui s’est déroulé au ministère togolais des affaires étrangères répond aux dispositions de l’article 8 de l’Accord de partenariat ACP-UE ; il permet d’échanger sur les questions de nature politique et économique.

Les discussions au cours de cette session ont porté au plan national, sur des questions d’ordre sociopolitique, notamment le processus de décentralisation, l’état de la justice et la promotion des valeurs de citoyenneté.Selon l’ambassadeur de l’Union Européenne au Togo, en ce qui concerne la décentralisation, les deux parties ont salué les initiatives prises en vue de l’aboutissement du processus en cours. La question de la modernisation de la justice a également été évoquée et la poursuite des réformes est vivement encouragée.
Le Togo et l’UE ont convenu de promouvoir les valeurs de citoyenneté. Les deux parties réitèrent leur attachement à la famille en tant que socle de société pour la culture de civisme et de la paix dans le monde.
Les questions de sécurité maritime et de la migration n’étaient pas du reste. L’union Européenne s’engage à cet effet à soutenir le Togo dans l’organisation du sommet de l’Union Africaine sur la sécurité maritime et le développement.
En ce qui concerne les objectifs de développement durable, l’UE salue le choix du Togo comme pays pilote pour leur mise en œuvre. « Les deux parties ont échangé sur la participation du Togo à la 21 Conférence des parties à la Convention des Nations sur le changements climatiques qui se tiendra à Paris dans quelques jours », lit-on dans un communiqué sanctionnant les travaux.
Etaient présents à cette session pour le compte du gouvernement togolais, le Chef de la diplomatie togolaise, Robert Dussey, les ministres Gilbert Bawara, Damehame Yark, Payadowa Boukpessi, Pius Kokouvi Agbetomey.
11 délégués représentaient l’Union Européenne dont Nicolas Berlanga-Martinez, l’ambassadeur de France, Marc Fonbaustier ; l’ambassadeur de l’Allemagne, Christoph Sander et des représentants des Pays Bas, d’Italie, d’Espagne.