Interview: Bilan de l’action diplomatique en 2019 avec le Ministre Robert Dussey

Le Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur  le Prof  Robert DUSSEY se prononce sur les temps forts de l’action diplomatique du Togo en 2019

QUESTION 1 : 

Monsieur le Ministre, bonjour ! Dans quelques jours, nous franchirons le cap d’une nouvelle année. A l’heure du bilan, êtes-vous satisfaits de la contribution de la diplomatie à l’œuvre de construction du Togo et à la marche du monde ? 

REPONSE : Bonjour. Je vous remercie pour cette occasion que vous m’offrez de revenir, sur les faits marquants de l’activité diplomatique du Togo au cours de l’année 2019.

Je dirai que la diplomatie togolaise, sous l’impulsion du Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Faure GNASSINGBE, dont je salue la vision et la clairvoyance, a été de tous les rendez-vous aussi bien nationaux qu’internationaux, en vue d’accompagner les efforts du Gouvernement dans sa quête du mieux-être pour tous les fils et filles de notre pays.

Cependant, dire que j’en suis satisfait serait, faire preuve de suffisance et de minimalisme. L’espoir d’un Togo meilleur et prospère est un combat de tous les jours, un combat sans fin, dans lequel l’autosatisfaction ne saurait être de mise. Je peux cependant, dire que le personnel de mon département, aussi bien à la centrale que dans nos missions diplomatiques et consulaires, a donné le maximum pour l’atteinte des objectifs que nous nous sommes fixés en début d’année. Quant aux résultats, je laisse le soin aux Togolaises et Togolais, y compris vous les hommes de médias, d’apprécier.

Photo de famille avec la délégation sud-africaine officielle du Président sud-africain au Togo 

QUESTION 2 : 

Je voudrais, si vous le permettez, qu’on rentre dans le vif du sujet en évoquant une thématique sur laquelle vous avez été très actif. En début d’année, votre ministère s’est vu adjoindre  de nouvelles attributions, celles des Togolais de l’extérieur. Qu’est-ce qui a été fait en faveur de la diaspora durant ces 12 mois ?

Réponse : Il s’agit là d’une question très intéressante dans la mesure où un pan entier des activités du Ministère a été consacré cette année à la diaspora togolaise.

La diaspora togolaise,  comme celle d’ailleurs, qu’on l’accepte ou pas, est un acteur  devenu incontournable dans le processus de développement du continent. C’est un fait. Et il est d’ailleurs inutile de rappeler que le montant des transferts qu’elle envoie en Afrique, dépasse de loin l’aide publique au développement. De plus, le potentiel de ce que cette diaspora peut apporter en termes de compétence et de réseaux relationnels est énorme. Les Etats ont donc pris conscience de la place de la diaspora, riche de sa diversité et de ses intelligences, dans l’effort de développement et ont dès lors mis en place, ces dernières années, des politiques orientées vers l’intensification de la participation de leurs ressortissants de l’extérieur aux efforts nationaux de développement.

Le Togo n’est pas du reste. La volonté du Gouvernement de prendre en compte la diaspora dans le processus de développement de notre pays ne date pas d’aujourd’hui, comme vous semblez le dire. En effet, depuis 2005, le Gouvernement n’a cessé de multiplier les initiatives à la fois institutionnelles et administratives en faveur des Togolais de l’extérieur. Sans être exhaustif, on peut noter, pour illustrer :

  • La création par décret en 2005 de la Direction des Togolais de l’Extérieur au Ministère des Affaires étrangères, chargée de mettre en œuvre la politique du Gouvernement visant à la protection et la défense des intérêts des Togolais de l’extérieur ;
  • l’institution du programme diaspora en 2010 portant notamment sur le recours aux compétences de la diaspora (2010-2014) ;
  • la création en 2014 du comité interministériel chargé de la coordination et du suivi des activités de migration et développement ;
  • la mise en place d’une cellule diaspora chargée d’accompagner les Togolais de l’extérieur porteurs de projets dans leur mise en œuvre ;
  • la désignation depuis 2015 de points focaux chargés de la diaspora dans les missions diplomatiques et consulaires du Togo ;
  • des tournées de rencontre avec la diaspora entre 2013 et 2014 ;
  • l’organisation des grandes assises de la diaspora en 2014 à Lomé ;
  • l’exemption de visa pour les Togolais de l’extérieur détenteurs d’une double nationalité ;
  • l’organisation de la première édition de la semaine des « Réussites Diaspora » en 2016.

C’est dans cette lancée que le Gouvernement a consolidé son engagement vis-à-vis de nos compatriotes vivant à l’étranger à travers de nouvelles attributions pour le Ministère des Affaires étrangères, tutelle de cette diaspora, en prenant en compte dans son appellation « les Togolais de l’extérieur ».

Conformément à cette mission, qui en vérité n’est pas nouvelle, puisqu’elle s’inscrit dans la continuité des efforts déjà entamés par le gouvernement en faveur de sa diaspora, j’ai lancé le 1er avril 2019 au nom du Gouvernement, la Feuille de route des Togolais de l’extérieur qui porte sur plusieurs activités aux rangs desquels figurent notamment une meilleure organisation de la diaspora togolaise en vue de sa plus adéquate implication dans les efforts de développement national. Il s’agit de faire de la diaspora un interlocuteur des pouvoirs publics. Or, et tout le monde le sait, notre diaspora est extrêmement divisée et hétéroclite, d’où la nécessité de mieux l’organiser pour lui donner un visage. Le défi était grand dans la mesure où il s’agit de créer et d’instituer une logique d’unité à partir de la pluralité caractéristique de cette diaspora.

Nous avons donc lancé au début du mois de juillet le processus de vote en ligne ayant conduit à l’élection de soixante-dix-sept (77) Délégués-pays, membres du Haut Conseil des Togolais de l’Extérieur (HCTE) qui est une plateforme consultative et non partisane. Le HCTE se veut un cadre d’échanges et de travail entre le gouvernement et les Togolaises et Togolais de l’extérieur sur les questions de développement, de défense des droits et des intérêts de ces derniers.

Après leur élection, les 77 Délégués-pays, membres du HCTE se sont réunis pour la première fois à Lomé les 28 et 29 novembre 2019 à l’occasion du Forum « HCTE-Réussites diaspora ».

Les lauréats aux cotés du Ministre Robert Dussey lors de la deuxième édition de la Nuit des Réussites Diaspora

QUESTION 3 :

Justement monsieur le Ministre, que poursuiviez-vous à travers l’organisation du « Forum HCTE- Réussites diaspora » qui, selon beaucoup d’observateurs, a connu un éclatant succès ?

Réponse : Le « Forum HCTE- Réussites diaspora » répondait à deux objectifs principaux :

Premièrement, il a été l’occasion pour le Gouvernement d’entretenir les Délégués-pays sur leurs rôles, leurs missions, leurs responsabilités et le cadre juridique de leurs actions, de présenter la vision de développement qui sous-tend l’action gouvernementale, d’une part, et de définir avec eux, les conditions d’une contribution plus optimale de la diaspora aux efforts de développement du Togo, d’autre part. A l’issu du forum, les 77 Délégués pays du HCTE ont été officiellement installés dans leurs fonctions à l’occasion d’une cérémonie officielle présidée par le Premier Ministre, Monsieur Selom KLASSOU, au  nom du Président de la République, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE. Il faut également dire que les membres du HCTE ont pu mettre en place leur bureau, composé d’un Présidents et de quatre Vice-Président pour chacune des zones géographique (Afrique, Amérique, Europe et Asie-Océanie).

Deuxièmement, eu égard aux résultats satisfaisants de la première édition des « Réussites diaspora, le Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur a organisé la deuxième édition, pour célébrer l’excellence togolaise dans le monde.  La Nuit des Réussites Diaspora a eu lieu le 29 novembre 2019 au cours d’une belle soirée de gala au Palais de la Présidence de la République. Elle a révélé au monde cinq talentueux Togolais de la diaspora dont les réalisations et inventions ont contribué à faire avancer l’humanité. Leurs mérites étant reconnus dans leurs pays de résidence, leur patrie se fait le devoir de les honorer.

En célébrant la réussite de ces concitoyens, nous encourageons la culture de l’excellence.

Photo de famille lors de la cérémonie d’Installation des Délégués Pays du HCTE

QUESTION 4 : 

Un autre sujet d’actualité et pas des moindres, ce sont les négociations entre les ACP et l’UE en vue d’un accord post-Cotonou d’ici 2020. En votre qualité de négociateur en chef du groupe ACP, dites-nous ce qu’il en est ? Un accord est-il possible avant l’échéance de février 2020 ?

Réponse : Signé en 2000 pour une période de 20 ans, l’accord de Cotonou qui régit actuellement les relations entre les ACP et l’UE expire le 29 février 2020. Les négociations en vue de la conclusion d’un nouveau partenariat ont été lancées le 20 septembre 2018 à New York, en marge de la 73ème session de l’Assemblée générale des NU.

Les négociations en cours, visent à poser les jalons d’une nouvelle dynamique et d’une nouvelle coopération transcendant la coopération classique au développement.

Le partenariat ACP-UE est principalement axé sur l’éradication de la pauvreté et le développement durable et inclusif des pays ACP et des pays de l’UE. Il couvre trois domaines d’action essentiels: la coopération au développement, le dialogue politique et le commerce.

S’appuyant sur les enseignements tirés de 44 ans de coopération et tirant le meilleur parti du nouveau contexte, le futur accord pourra ouvrir des perspectives sans précédent. En nouant une alliance politique forte, les ACP et ses partenaires seront en mesure de mettre au point des solutions adaptées aux défis propres à chaque région, dont la croissance et la création d’emplois, le développement humain et la paix, les migrations et les questions de sécurité. Parmi les défis qui se posent actuellement à l’échelle mondiale, nombreux sont ceux qui requièrent une démarche concertée et multilatérale pour obtenir des résultats concrets.

Un an après le lancement des négociations ACP-UE post 2020, les discussions avancent dans la sérénité.

Le premier défi relevé a été de trouver un consensus sur le format du futur accord de partenariat. Il sera composé d’un socle commun applicable à tous les Etats membres et de trois piliers régionaux qui refléteront les spécificités et les besoins propres à chacune des régions  qui constituent les ACP. C’est dire que l’Afrique, les Caraïbes et les Pacifiques sont appelés à négocier directement leurs protocoles régionaux respectifs avec l’UE, à la lumière de leurs ambitions de développement. En responsabilisant ainsi les régions, le groupe ACP  a la conviction que celles-ci feront un travail de fond efficace.

Toutefois, il devient peu probable que ces négociations puissent s’achever avant le 29 février 2020, date d’expiration de l’Accord en cours. Déjà, le 23 mai 2019, le Conseil conjoint des Ministres ACP-UE, mesurant la complexité de la tâche, avait délégué ses pouvoirs au Comité conjoint des Ambassadeurs en vue d’adopter toutes mesures transitoires requises qui éviteraient une interruption du partenariat ou un vide juridique, au cas où les négociations  n’arriveraient pas à terme en temps voulu.

Les discussions sur ces mesures transitoires se poursuivent également entre les deux parties. Le moins que l’on puisse dire pour l’instant est que les deux parties s’accordent sur une seule prorogation de l’Accord de Cotonou avec pour date limite le 31 décembre 2020. Ce que je peux vous dire, c’est que nous mettons tout en œuvre pour progresser le plus rapidement possible afin que le paraphe du nouvel Accord puisse intervenir au plus tard en fin mars 2020.

De cette façon, nous pourrons disposer de suffisamment de temps pour apprêter le nouvel Accord en vue de sa signature.

Poursuite des négociations ACP-UE en vue de la signature de l’accord post-Cotonou 2020

QUESTION 5 :

Monsieur le Ministre, vous avez été également très offensif dans le cadre de relations bilatérales. Quels sont les pays vers lesquels vous avez orienté vos actions ?

Réponse : Comme dit plus haut, notre pays a besoin de partenaires pour la réalisation du PND. C’est dans cette optique que, j’ai effectué des visites officielles au Brésil, en France et en Algérie. Au-delà des sujets d’intérêt commun, régionaux et internationaux relatifs à une meilleure coordination de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent ainsi que celle contre la piraterie maritime, ces voyages ont été l’occasion pour moi de présenter  aux milieux d’affaires de ces pays amis les opportunités offertes par le PND et de les encourager à investir au Togo.

Dans le même registre, j’ai reçu à Lomé mes homologues dont ceux de l’Inde et de la Serbie pour l’intensification de notre coopération.

Activités du Ministre Robert Dussey dans le cadre de renforcement des relations bilatérales avec la communauté internationale

Question 6 : 

Monsieur le Ministre, nous arrivons à la fin de cette interview, votre mot de fin.

Réponse : Je voudrais, à l’orée de cette nouvelle année, formuler à l’endroit du Chef de l’Etat, le Président Faure Essozimna GNASSINGBE, leader de la formidable transformation de notre pays, mes vœux de bonne santé, de prospérité et de paix.

J’associe à ces vœux, le Premier ministre Selom KLASSOU et l’ensemble du gouvernement.

J’adresse également mes vœux les meilleurs, au corps diplomatique et consulaire accrédité au Togo et à tous les partenaires techniques et financiers du Togo qui n’ont cessé d’accompagner le gouvernement dans la mise en œuvre des actions en faveur du développement de notre pays et du bien-être de nos populations.

Et pour chacun et chacune des fils et filles de ce merveilleux pays, je voudrais citer successivement Victor Hugo et Madame de Sévigné en ces termes ; « Saluons ensemble cette nouvelle année qui vieillit notre amitié sans vieillir notre cœur ». Et « Que cette année vous soit heureuse ; que la paix, le repos et la santé vous tiennent lieu de fortune ».

Pour ce qui est de l’avenir, Antoine de Saint-Exupéry nous enseigne « qu’il ne s’agit pas de le prévoir mais de le rendre possible ». Alors, rendons possible, le Togo prospère que nous voulons. 

Le Togo classé premier pays réformateur en Afrique et au 3e au monde

Visite du Ministre Robert DUSSEY au centre de prise en charge des malades mentaux de Zooti

Lomé le 25 décembre 2019

Dans le cadre des festivités de Noël et à l’aube de la nouvelle année 2020, Son Excellence Professeur Robert DUSSEY, Ministre des affaires étrangères, de l’intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, a effectué, avec ses collaborateurs, une visite au Centre de la Communauté Saint Camille de Lellis de Zooti, situé à une vingtaine de kilomètres de la ville d’Aného.

L’objet de cette visite est de soutenir et de fêter Noël avec les 210 pensionnaires de ce centre, qui s’est donné pour vocation de soigner les personnes souffrant de troubles mentaux, généralement marginalisées, sinon maltraitées par leurs familles et leurs communautés d’origine. L’option de l’ONG Saint Camille est de donner une seconde chance à cette couche de la population négligée en alliant les soins médicaux à la « thérapie par amour ».

Et c’est ce message d’amour que le Ministre a souhaité, au nom du Président de la République, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSIGNE, apporter aux malades souffrant de déficience mentale, en ces moments de fêtes où elles peuvent se sentir quelque peu abandonnées par la société.

Il a salué l’engagement des membres du personnel du centre pour le sacerdoce auquel ils ont choisi de consacrer leur vie à aider les personnes faibles et vulnérables.

L’association Saint-Camille de Lellis a été fondée en 1994 par Monsieur Grégoire Ahongbonon pour offrir des soins en résidence à des personnes souffrant de maladie mentale en Afrique de l’Ouest.

D’abord implantée en Côte d’Ivoire en 1991, elle s’est ensuite étendue au Bénin en 2004. L’Association est désormais présente également au Burkina Faso et au Togo. En près de 25 ans, les centres de la Communauté Saint-Camille ont remis sur pied 250 000 hommes et femmes, et ce, sans aucune aide financière gouvernementale. Elle accueille les personnes errant dans les rues, enchaînées ou clouées dans le bois dans les villages ou dans les villes, ainsi que tout malade accompagné par un parent.

La Communauté Saint Camille de Lellis est devenue une ONG internationale et a signé un Accord de siège avec le Gouvernement le 14 octobre 2019.

Présente au Togo depuis 2015, l’ONG Saint Camille y a trois centres de prise en charge, notamment à Zooti, à Kpalimé et à Sokodé. Depuis son ouverture le 14 juillet 2017, le Centre de Zooti a déjà accueilli 3866 patients dont beaucoup ont pu réintégrer leurs communautés et y exercent des activités génératrices de revenu apprises durant leur séjour au Centre.

Accord-cadre de coopération transfrontalière Togo – Bénin

Allocution du Prof. Robert Dussey

Monsieur le Ministre des Affaires étrangères et de la coopération de la République du Bénin cher Aurélien AGBÉNONCI,

Monsieur le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique de la République du Bénin,

Chers collègues  Ministres de la délégation togolaise,

Distingués  invités,

Mesdames et Messieurs, 

La proximité entre nos deux pays, le Togo et le Bénin, n’est pas que spatiale. Outre le choix de la nature de faire de nos deux pays des voisins immédiats – la nature ne faisant rien sans raison nous dit KANT -, de liens historiques profonds lient nos deux nations, mais aussi des liens fraternels qui constituent l’arrière-plan et le socle motivationnel de  nos relations de coopération.

Les facilités mises à la disposition de la délégation togolaise depuis notre arrivée et le régime d’hospitalité qui nous est réservé nous convainquent de l’excellence des rapports d’amitié et de proximité fraternelle entre le Togo et le Bénin. Je voudrais saisir cette occasion pour transmettre à Son Excellence Monsieur Patrice TALON, Président de la République du Bénin, les fraternelles et amicales salutations de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, Président de la République du Togo.

Mesdames et Messieurs, 

Les relations de coopération de nos deux pays sont au cœur des présentes rencontres et nos gouvernements ont fait le meilleur choix de travailler à leur densification. Notre co-appartenance à un même espace sous-régional et notre commune dépendance, parfois communes vulnérabilités et défis communs, nous imposent l’action dans la relation. Paul VALERY a bien fait de qualifier notre époque d’époque des rencontres et de la relation.

L’époque qui est la nôtre contraint les hommes et les Etats à la rencontre et nous n’avons le choix que de coopérer et d’agir ensemble. L’agir-ensemble, dit la philosophe Hannah ARENDT, est « indissociable de l’apparaître-commun-des êtres », du fait que nous soyons ensemble avec les autres, du fait que l’existence soit co-présence et appartenance au monde. Être ensemble donne des occasions d’agir ensemble et c’est bien ce que nous faisons en ce moment même. Nous avons la faculté d’agir ensemble et nous agissons.

L’accord-cadre de coopération transfrontalière et le mémorandum d’entente que nous avons signés aujourd’hui viennent doter les relations entre nos deux Etats de nouveaux cadres normatifs dans un temps historique où il nous faut coopérer plus pour le développement, coopérer plus pour l’intégration régionale et africaine, coopérer plus pour la sécurité et la stabilité de chacun de nos pays et de la sous-région.

Plus de coopération pour le développement puisque nos deux pays ont des défis communs liés à l’émergence, plus de coopération pour l’intégration régionale et africaine puisqu’une Afrique mieux intégrée ne peut qu’être crédible et audible sur la scène du monde, plus de coopération pour la sécurité, un bien public premier, dont la jouissance conditionne et favorise la réalisation du droit humain fondamental de nos populations et de nos Etats au développement.

Mesdames et Messieurs,

La sous-région ouest-africaine est le cadre de présence au monde de nos Etats – et si ARISTOTE a raison lorsqu’il pose la primauté du Tout sur la Partie-, nous ne pouvons pas traiter la problématique de la sécurité intérieure de nos pays sans tenir compte de la situation sécuritaire de la sous-région. La sécurité nationale requiert des efforts endogènes, mais elle exige aussi des gouvernements de la sous-région la coopération et la coalition des moyens. La mise en réseau des stratégies nationales de sécurité est aujourd’hui la solution.

La lutte contre la criminalité, la piraterie maritime, la cyber-insécurité et le terrorisme et l’action qu’elles impliquent, de part et d’autre de nos frontières, doivent se déployer dans le cadre d’une vision partagée des responsabilités qui engage chaque partie à travailler dans un esprit de co-dépendance et de co-responsabilité.

Nos Etats déploient dans cette vision des efforts en faisant évoluer leurs paradigmes et conceptions du renseignement avec l’exercice en partage de certains de leurs attributs régaliens traditionnels et nous avons la conviction que l’option pour le renforcement et l’accélération des élans de coopération transfrontalière est la bonne parce que lucide et en phase avec l’esprit du temps.

Au demeurant, les défis sont grands et nous imposent la nécessité d’intensifier la coopération entre nos deux pays. Le gouvernement togolais reste convaincu qu’une coopération efficace des services de sécurité, de renseignement et de protection civile togolais et béninois permettra à nos deux Etats de consolider leurs capacités respectives de riposte face défis sécuritaires actuels. Face aux défis transfrontaliers, il nous faut un agir transfrontalier coordonné et efficace.

Merci pour votre attention.

Visite officielle de la Secrétaire Générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie au Togo

POINT DE PRESSE

A l’invitation de Son Exellence Professeur Robert DUSSEY, Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur, S.E. Mme Louise MUSHIKIWABO, Secrétaire générale de la Francophonie (OIF), a effectué une visite officielle à Lomé, du 16 au 18 décembre 2019.

Cette visite s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations de coopération entre l’OIF et le Togo.

Au cours de son séjour en terre togolaise, Mme la Secrétaire générale de l’OIF a été d’abord reçue par le Chef de l’Etat S.E.M. Faure Essozimna GNASSINGBE, au Palais de la présidence de la République. Elle en a profité pour lui faire le point des activités de l’Organisation et s’est félicitée de la coopération agissante entre l’OIF et le Togo.

Elle a ensuite rendu une visite de courtoisie au Premier Ministre ainsi qu’à l’Honorable Présidente de l’Assemblée Nationale Togolaise.

Une séance de travail a eu lieu le 17 décembre 2019 au Ministère des Affaires Etrangères entre la délégation de l’OIF conduite par Mme la Sécrétaire générale et celle togolaise conduite par le Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur.

Les travaux ont porté essentiellement sur le renforcement des liens de coopération entre le Togo et l’OIF. Les deux parties ont d’abord dressé le bilan des réalisations de l’OIF au Togo puis abordé les projets d’avenir.

En terme de bilan, les deux parties ont exprimé leur satisfaction quant aux projets dejà réalisés et ceux en cours de réalisation, notamment dans les domaines suivants :

  • Langue française, diversité linguistique et culturelle ;
  • Paix, Démocratie et Droits de l’Homme ;
  • Education, formation, enseignement supérieur et recherche ;
  • Développement durable, économie et solidarité.

S’agissant de la diversité linguistique et culturelle, le principal programme développé entre l’OIF et le Togo concerne les Centres de Lecture et d’Animation Culturelle (CLAC), lancé depuis 2000 avec un réseau de onze(11) Clac, accueillant  en moyenne 350 000 personnes chaque année. Un douzième (12ème) CLAC est en cours d’ouverture.

L’OIF a également financé le programme « Ecole et langues nationales en Afrique (ELAN) ; appuyé l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) dans l’organisation d’une première formation du corps enseignant et mis en œuvre le projet francophone d’appui au développement local (Profadel/OIF) dans plusieurs communes du Togo.

Concernant les projets d’avenir, la partie togolaise a souhaité que les  actions de l’OIF se renforcent davantage dans le domaine surtout du numérique à travers l’appui de l’OIF dans la mise en place du Centre de l’intelligence artificielle au Togo afin qu’il devienne une référence en afrique francophone.

Les deux parties se sont enfin félicitées de la  bonne qualité des relations de coopération entre l’OIF et le Togo et se sont engagées à les renforcer davantage.

La Secrétaire générale de l’OIF a aussi visité le Palais de Lomé oû elle a été très impressionnée par les œuvres d’art de qualité et a félicité les Autorités togolaises pour avoir renové ce palais.

 

Fait à Lomé, le 18 décembre 2019

Prix d’excellence 2019 au Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur

COMMUNIQUE DE PRESSE

Lancé en 2014 par S.E. Prof. Robert DUSSEY, Ministre des affaires étrangères, de l’intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, « le Prix de l’excellence » est une initiative qui a pour but de célébrer le mérite en décernant des distinctions aux agents du Ministère qui, durant l’année, ont fait preuve d’abnégation, de volontarisme et d’engagement dans l’exercice de leur travail. Il s’agit d’encourager chacun à donner le meilleur de lui-même.

Le processus d’évaluation ayant conduit à la désignation des lauréats de cette 6ème édition intègre deux volets principaux :

  • une « évaluation par les pairs » qui révèle l’appréciation de l’agent par ses collègues : les membres du personnel désigne par vote, sur une liste d’agents nominés par les directeurs, la personne qu’ils estiment pouvant mériter le prix de l’excellence. Cette phase compte pour 25% pour les chargés d’études (Prix de l’excellence), 50% pour les Secrétaires (Prix de la meilleur Secrétaire) et 75% pour le Prix du personnel (Chauffeurs, agents d’entretien et autres), d’une part ;
  • et une évaluation des aptitudes et compétences professionnelles par un jury neutre et indépendant mis à disposition par l’Agence Nationale Pour l’Emploi (ANPE), d’autre part. L’évaluation par le jury représente 75% pour les chargés d’études, 50% pour les Secrétaires et 25% pour la catégorie des Chauffeurs et agents d’entretien.

Il faut noter que la sélection du meilleur coach (parmi les directeurs) est laissée à la discrétion de la hiérarchie.

A l’issue de ce processus, les quatre heureux élus du «  Prix de l’excellence 2019 » sont :

  • Prix du meilleur Coach : M. AKAKPO Koffi, Directeur des Togolais de l’Extérieur ;
  • Prix de l’Excellence : M. NOUWODOU Sokemawu, Chargé d’études à la direction du Protocole d’Etat,
  • Prix de la meilleure Secrétaire, Mlle FOLI Mansa, Secrétaire à l’Inspection Générale des Missions Diplomatiques et Consulaires ;
  • Prix du Personnel : Monsieur KOUHOUNDJI François, Agent d’entretien.

Il faut noter, pour rappel,  que le Prix de l’excellence a été obtenu par M. TCHASSANTI Bassirou (2014), M. TCHALARE Kader (2015), M. SOULEY Abdel Kahar (2016), M. BODE Manafi (2017) et M. FARE Gbandi (2018).

Fais à Lomé le 13 décembre  2019

« Nuit des Réussites Diaspora » : Le Togo honore ses talents dans le monde

Sous le haut patronage de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, Président de la République, le Ministère des Affaires Etrangères, de l’intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur a organisé à Lomé, le 29 novembre 2019 dans le cadre du Forum HCTE-Réussites diaspora, la deuxième édition de la « Nuit des Réussites Diaspora ».
Cette édition qui s’est déroulée à la place des Fêtes de la présidence de la république est destinée à révéler et à promouvoir l’excellence togolaise dans le monde en décernant des distinctions honorifiques aux compatriotes de la diaspora ayant eu des parcours professionnels particulièrement brillants ou des talents distingués.
L’édition 2019 de « Réussite Diaspora » a permis de mettre à l’honneur cinq (5) parcours méritants :
  • M. Agbegnenou Kossi Kouma Victor, Président du groupe KA Technologie, honoré pour son profil exceptionnel d’innovateur certifié par l’UA car il est à la fois chercheur, patricien, concepteur et inventeur.

  • M. Alanda Pierre Koffi, Expert en agriculture bio, distingué pour ses prouesses et ses succès dans le bio mais aussi comme agriculteur spécialiste de produis écologiques.

  • M. Batako André Danonu Lignanmatey, Professeur et chercheur principal à l’Université de Liverpool, mis à l’honneur pour avoir inventé, entre autres, « une affuteuse linéaire à coupe profonde et à grande vitesse avec vibration ».

  • M. Homawoo Jean-Claude, Spécialiste du capital risque, consacré pour son parcours exceptionnel dans les grands groupes mondiaux comme ENDEAVOR GLOBAL, GOOGLE Inc. et en tant que co-fondateur de LORI SYSTEMES au Kenya, qui opère notamment dans l’automatisation des logiciels.

  • M. Worou Simon, Maire de la commune de Sainte Juliette (Aveyron, France), reconnu pour être parti de son poste de cadre dans la fonction publique française et être élu maire.
Cette soirée a vu la participation d’imminentes personnalités notamment les membres du Gouvernement, les Délégués pays du HCTE, les Ministres en charge des questions diasporiques et les Présidents des Hauts Conseils des diasporas des pays frères (Ghana, Mali, Maroc, Sénégal, Niger…), les partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs du secteur privé et de la  société civile.
Au-delà de l’hommage ainsi rendu par la nation à ses fils les plus méritants, l’objectif du Gouvernement est de faire mettre ces compétences et talents au service du bien-être des populations togolaises. L’engagement citoyen pour le développement doit être l’affaire de tous les Togolais, ceux d’ici et d’ailleurs.
Il s’agit, à travers, la « Nuit des Réussites Diaspora » de célébrer l’excellence togolaise dans le monde et sa contribution au rayonnement international du Togo,
Fait à Lomé le, 30 novembre 2019

Installation des 77 Délégués Pays HCTE : Discours du Ministre Robert Dussey

Monsieur  le Président de la Commission Electorale Indépendante du HCTE,
Monsieur l’ambassadeur, Président du comité d’organisation du Forum,
Mesdames et Messieurs les Délégués pays,
Distingués invités,
Chers amis des médias,
Les dignes fils de la nation répondent présents quand la patrie les appelle et la présence parmi nous en ce jour des Délégués pays élus du Haut Conseil des Togolais de l’Extérieur traduit leur attachement à notre pays. En retrouvant le bercail cette semaine, vous avez, Mesdames et Messieurs les Délégués, répondu à un appel de la patrie et je voudrais vous exprimer la fierté de la nation de vous accueillir en terre natale.
Je voudrais également vous souhaiter, au nom du Président de la République, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE et du Gouvernement, la chaleureuse et fraternelle bienvenue sur la terre de nos aïeux. Votre présence au « Forum HCTE-Réussites diaspora » témoigne de votre sens de la communauté. Le destin d’un pays se construit et le Gouvernement veut construire celui du Togo avec vous. Dans sa marche vers le mieux-être, notre pays est en droit d’attendre plus d’implication de la diaspora sur toutes les questions y compris celles de développement.

Mesdames et Messieurs,

« Il existe deux façons d’être créatif. On peut chanter et danser ou on peut créer un environnement où les chanteurs et les danseurs peuvent se développer», dit Warren BENNIS. Le Gouvernement a opté pour la seconde voie et travaille à fournir à la diaspora les capabilités fonctionnelles de base indispensables. Quand la diaspora réussit, et c’est la conviction du Gouvernement, c’est le Togo qui gagne. En travaillant à réussir, chacun de nos compatriotes, où qu’ils soient, aident notre pays à réussir.
Mesdames et Messieurs les Délégués,
Le Gouvernement voit dans la diaspora un partenaire au développement et apprécie à sa juste valeur votre mobilisation autour du présent forum au cours duquel vous serez installés et édifiés sur la portée de la mission et des responsabilités qui sont les vôtres.
Vous avez choisi d’accomplir une mission noble, celle d’être les ambassadeurs de vos pairs de la diaspora auprès du Gouvernement et dans vos pays de résidence. Cette manifestation de deux jours vous permettra de mieux connaître vos rôles, les attributions et le statut du Délégués pays, les relations entre les Délégués pays et les missions diplomatiques et consulaires de notre pays ainsi que de disposer des informations utiles sur les facilités et les possibilités que la nation offre à la diaspora en guise d’accompagnement et d’aide à l’initiative.
La nation et le Gouvernement comptent sur votre sens de responsabilité et engagement à servir le Togo. Vous devez prendre parti pour le développement de notre pays et travailler chacun individuellement dans sa zone de représentation suivant les principes de décentralisation et de subsidiarité, mais aussi en synergie. Vous devez oser agir et mutualiser vos expériences pour plus d’efficacité dans vos actions. « La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent », disait Albert CAMUS. Vous aurez, à l’avenir, à travailler à tout donner à la patrie républicaine.
Mesdames et Messieurs,

Vu l’importance de la mission des délégués pays du HCTE, je voudrais vous inviter à comprendre votre mandat comme un mandat de service aux Togolais de l’Extérieur et à toute la communauté nationale. Parce qu’il n’y a pas de choix sans engagement, parfois sans sacrifice, le choix d’être délégués vous engage à travailler pour la cause du développement national.

Pour finir, je voudrais vous inviter à tirer meilleure partie du forum et de votre séjour en terre patrie. Je déclare ouvertes les activités du Forum « HCTE – Réussites diaspora ».
Vive la Nation Togolaise
Vive la diaspora.
Je vous remercie.

Monaco : Fin de la Conférence Ministérielle de la Francophonie

La conférence – qui s’est achevée hier en Principauté – a mis en avant la volonté des décideurs de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) de donner un nouveau souffle à l’organisation.

Et au moment de clôturer hier après-midi la 38e conférence ministérielle de la Francophonie qui réunissait des représentants de 88 pays, la secrétaire générale a affirmé qu’elle quittait Monaco ‘en chantant’, dans un grand sourire.

Une manière pour Louise Mushikiwabo d’afficher sa satisfaction de la bonne tenue du congrès.

Outre la forte adhésion des Etats aux propositions de réformes de la Secrétaire générale, la Conférence a adopté le projet de budget révisé de l’OIF pour 2020, la programmation 2019-2022 révisée, ainsi que des résolutions portant notamment sur les océans, le 30e anniversaire de la Convention des Nations unies relatives aux droits de l’enfant, le rôle de l’innovation dans la promotion de la science, de l’éducation et de l’économie numérique, le cinquantenaire de la Francophonie.

En outre, les ministres ont entériné la proposition de tenir les IXe Jeux de la Francophonie à Kinshasa du 23 juillet au 1er août 2021.

Enfin, à la fin de la Conférence, l’Arménie, hôte du dernier Sommet de la Francophonie, a transmis la présidence de la Conférence ministérielle à la Tunisie dont la capitale, Tunis, abritera le XVIIIe Sommet de la Francophonie les 12 et 13 décembre 2020 autour du thème : ‘Connectivité dans la diversité : le numérique vecteur de développement et de solidarité dans l’espace francophone’.

Le Togo était représenté à la Conférence de Monaco par le chef de la diplomatie, Robert Dussey.

L’OIF compte 88 États et gouvernements : 54 membres, 7 membres associés et 27 observateurs.

Visite de travail en France : Robert DUSSEY rencontre Jean-Yves LE DRIAN

COMMUNIQUE DE PRESSE

1- S.E. Prof. Robert DUSSEY, Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur a effectué une visite de travail en France, du 23 au 24 juillet 2019, à l’invitation de S.E.M. Jean-Yves LE DRIAN, Ministre de l’Europe et des affaires étrangères de la République Française.
2- Au cours de leur entretien, les deux Ministres ont procédé à des échanges de vues sur des questions d’intérêt commun liées à leur coopération bilatérale et à leur collaboration sur des sujets régionaux et multilatéraux.
3- Evoquant les questions bilatérales, les deux personnalités se sont réjouis de l’excellente qualité des relations historiques d’amitié et de coopération qui unissent la France et le Togo et ont réaffirmé leur disponibilité à continuer par collaborer étroitement pour l’affermissement et le développement de ces relations.
4- Le Ministre DUSSEY n’a pas manqué d’exprimer les vifs remerciements du Gouvernement togolais pour les soutiens multiformes que la France lui apporte dans son élan vers le développement, à travers notamment les actions de l’agence française de développement (AFD) et du Service d’Action Culturelle, particulièrement dans le domaine de l’eau, de l’assainissement, de l’éducation, de la recherche, de l’énergie et de la culture.
5- Examinant les questions de développement, le Ministre DUSSEY a décliné les principaux axes du Plan National de Développement (PND) et les opportunités qu’il présente pour le secteur privé français, déjà très présent au Togo à travers une vingtaine d’entreprises, et dont les investissements et l’expertise sont très attendus.
La France figure parmi les premiers partenaires commerciaux du Togo et le Ministre Togolais a appelé de tous ses voeux le renforcement de ces liens à travers un partenariat plus accru entre les secteurs privés des deux pays.
6- Sur le plan sécuritaire, le ministre a salué l’appui de la France dans la formation et la préparation des forces armées togolaises pour les missions à l’étranger dans le cadre des opérations de maintien de la paix ainsi que la coopération en matière de renseignements extérieurs opérationnels.
7- Sur le plan politique, le Ministre LE DRIAN a félicité le Togo pour les avancées considérables qu’il a enregistrées ces derniers mois en réalisant les réformes constitutionnelles et institutionnelles et en organisant de façon apaisée et consensuelle, les élections législatives du 20 décembre 2018 et les locales du 30 juin 2019.
Le Professeur DUSSEY a, à cet égard, sollicité le soutien et l’accompagnement des villes françaises, qui ont déjà une expérience avérée, aux jeunes communes togolaises qui entament un nouvel apprentissage en matière de décentralisation et de gestion des collectivités locales.
Il a aussi saisi l’occasion pour rassurer son homologue de la préparation inclusive des élections présidentielles de 2020.
8- Parlant des questions d’ordre régional, les deux Ministres se sont inquiétés de la recrudescence des actes de terrorisme, de radicalisation, d’extrémisme violent et de piraterie maritime sur le continent et particulièrement en Afrique de l’Ouest.
9- A cet égard, le Ministre togolais a félicité son homologue français pour son soutien aux Etats de l’Afrique de l’Ouest dans leur riposte au terrorisme et à l’extrémisme violent, à travers les opérations Serval puis Barkhane et l’appui au G5 Sahel.
Il a cependant relevé que la réponse militaire ne saurait à elle seule suffire et a rappelé l’importance de la diplomatie préventive qui oblige les gouvernements à assumer leurs rôles et à prendre la responsabilité de protéger leurs citoyens, de faire des efforts pour se rapprocher des communautés à la base, d’anticiper les crises sociopolitiques, de savoir rester à égale distance des confessions religieuses en respectant le principe de laïcité tout en jouant leur rôle de régulateur souverain.
10- Concernant les questions d’ordre multilatéral, les deux Ministres ont exprimé leurs préoccupations face aux atteintes répétés ces dernières années contre le multilatéralisme.
11- Ils ont convenu de renforcer leur collaboration dans les enceintes internationales, en coordonnant leurs prises de positions, non seulement pour une meilleure défense de leurs intérêts communs, mais aussi pour la préservation de la paix et de la sécurité internationales.
Les Chefs de la diplomatie française et togolaise ont également salué l’évolution positive des négociations en cours en vue d’un nouvel accord de partenariat ACP-UE.
Ils ont, par ailleurs, réaffirmé leur commune volonté de soutenir toutes les initiatives et à prendre les mesures les plus adéquates dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique.
12- Au terme de son séjour, le Chef de la diplomatie togolaise a exprimé à son homologue français ses vifs remerciements et sa gratitude pour la qualité de l’accueil qui lui a été réservé ainsi qu’à sa délégation.
Fait à Paris, le 24 juillet 2019

Lancement du Haut Conseil des Togolais de l’Extérieur : Discours du Ministre Robert Dussey

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Internationales et des Organisations de la société civile,

Monsieur le Secrétaire général,

Mesdames et Messieurs les Directeurs,

Mesdames et Messieurs les Chefs de Division,

Chers amis de la presse,

Mesdames et Messieurs,

Distingués invités,

 

Le philosophe grec Epicure a dit a propos de l’amitié : « Ce n’est pas tant l’intervention de nos amis qui nous aide mais le fait de savoir que nous pourrons toujours compter sur eux. » La dimension de sa pensée qui m’intéresse c’est le fait qu’Epicure fait de la confiance et de la garantie de pouvoir toujours compter les  amis le socle de l’amitié. Votre présence en ce jour ici est réitérative et nous convainc que le Togo pourra toujours compter sur vous chers partenaires.

La cérémonie qui nous réunit aujourd’hui constitue en effet un aboutissement puisqu’elle annonce la réalisation d’un projet dont les débuts remontent à 2014. La mise en place du Haut Conseil des Togolais de l’Extérieur (HCTE) traduit ambition clairement affichée du Président de la République et du Gouvernement de rehausser le niveau d’implication de la diaspora togolaise dans notre effort national de développement et marche vers la prospérité collective.

Il vous souviendra que le 1er avril dernier, nous nous sommes retrouvés ici même à l’occasion du lancement de la Feuille de route des Togolais de l’extérieur. La création du Haut Conseil des Togolais de l’Extérieur va matérialiser l’un des axes essentiels de cette Feuille de route. En prenant la décision de la création du Haut Conseil des Togolais de l’Extérieur, le Gouvernement envisage fédérer notre diaspora pour rendre sa contribution au développement de notre pays encore plus significative.

La diaspora togolaise est une diaspora émiettée en plusieurs associations avec des difficultés à se regrouper et à s’organiser en faitière capable d’assurer sa représentativité. Il s’avère donc indispensable de fédérer ces différentes associations afin d’accroitre leurs capacités d’action en direction et au service du pays. L’initiative de la création du Haut Conseil des Togolais de l’Extérieur (HCTE) est en partie une réponse du Gouvernement à une demande de la diaspora elle-même.

Mesdames et Messieurs,

Le Haut Conseil des Togolais de l’Extérieur regroupera l’ensemble des Togolaises et Togolais résidant hors du territoire national. Il sera le cadre par excellence d’échange et de confiance réciproque entre la diaspora togolaise et le Gouvernement sur toutes les questions d’intérêts communs. Le HCTE sera également chargé de suivre et coordonner les actions de développement de la diaspora togolaise, promouvoir partout la défense des droits et intérêts des Togolais de l’extérieur et leur apporter soutien à chaque fois que les circonstances l’exigent et faire des consultations périodiques avec les pays d’accueil des Togolaises et Togolais de la diaspora.

Le Haut Conseil des Togolais de l’Extérieur sera un organe consultatif de régime associatif, non partisan et non lucratif, et ne sera affilié à aucune obédience confessionnelle, idéologique ou politique. L’enjeu, c’est de rassembler tout le monde, faire de la diaspora plurielle du Togo une plateforme unique au service de la prospérité de la nation, concilier la logique de la pluralité et celle de l’unité.  Blaise Pascal disait bien dans son ouvrage Pensées que « la multitude qui ne se réduit pas à l’unité est confusion ; l’unité qui ne dépend pas de la multitude est tyrannie ». Nos différences constituent un atout pour le pays.

Pour finir, je voudrais, une fois encore, saisir l’occasion pour vous renouveler, chers amis partenaires, la reconnaissance du Gouvernement pour votre présence à cette cérémonie, qui témoigne de votre indéfectible soutien lorsqu’il s’agit des initiatives pour la cause du développement de notre pays. Vous êtes, pour paraphraser une pensée de Pythagore, des compagnons qui aident le Togo à avancer sur le chemin de la prospérité.

Discours du Ministre Robert Dussey lors du lancement de la feuille de route des Togolais de l’extérieur

MOT INTRODUCTIF DU PROF. ROBERT DUSSEY, MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGÈRES, DE L’INTEGRATION AFRICAINE ET DES TOGOLAIS DE L’EXTERIEUR À L’OCCASION DU LANCEMENT DE LA FEUILLE DE ROUTE DE LA DIRECTION DES TOGOLAIS DE L’EXTERIEUR

 

Excellence Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Internationales et des Organisations de la société civile,

Monsieur le Secrétaire général,

Monsieur le Directeur de cabinet,

Mesdames et Messieurs les Directeurs,

Mesdames et Messieurs les Chefs de Division,

Chers amis de la presse,

Mesdames et Messieurs,

C’est avec un réel plaisir que je m’adresse à vous en ce jour de lancement de la feuille de route que le Chef de l’Etat, S.E.M. Faure ESSOZIMNA GNASSINGBE, a bien voulu nous confier dans le cadre du renforcement de la fibre patriotique qui lie le Togo à sa diaspora.

En décidant de changer la dénomination du Ministère des Affaires Etrangères, en y ajoutant : Togolais de l’Extérieur, le Président de la République a voulu montrer l’importance et le rôle de la diaspora dans le développement du Togo.

Il n’y a pas de nation, nous enseignent Ernest RENAN et aujourd’hui Jean BAECHLER, sans un sentiment de communauté de destin, sans une conscience nationale.

Le destin chez les stoïciens est absolu, le stoïcisme a ainsi une conception déterministe du cosmos. Le destin est la chaine causale des évènements. Cicéron écrit dans son traité de la devination : « J’appelle destin (fotum) ce que les hommes nomment l’heimarméné, c’est-à-dire, l’ordre et la série des causes, lorsque une cause liée à une autre produit d’elle même un effet (…) on comprend que le destin n’est pas ce qu’entend la superstition mais ce que dit la science, à savoir la cause éternelle des choses, en vertu de laquelle les faits passés sont arrivés, les présents arrivent et les futurs doivent arriver ».

L’universalité du destin n’exclut pas l’action humaine. Il l’intègre au sein de ses consolides.

La nation Togolaise est une communauté de citoyens et la communauté des Togolais de la diaspora est une part non négligeable de notre contrat social et forme la communauté de destin. Le nombre des Togolais de l’Extérieur est estimé aujourd’hui à plus de deux millions de personnes et les plus fortes communautés des Togolais sont signalées dans les pays voisins (Bénin, Ghana, Burkina Faso), au Nigéria, au Gabon, au Tchad, au Niger, en Guinée Equatoriale, en Europe (France, Allemagne, Belgique, etc.) et dans certains pays du continent américain (Canada, Etats-Unis, etc.).

La feuille de route qui sera présentée lors de cette cérémonie par le Directeur des Togolais de l’Extérieur fait de la protection et de la défense des intérêts des Togolais de l’extérieur une priorité nationale. Les compatriotes, parce que l’un des besoins basiques de tout être humain est le besoin de sécurité, où qu’ils soient dans le monde, doivent se sentir en sécurité et protégés. Nos compatriotes de la diaspora ont le droit d’attendre de la mère-patrie plus de protection.

La mise en œuvre de la feuille de route permettra à notre pays de faire de la diaspora, un partenaire stratégique du Plan National de Développement(PND), notamment à travers la promotion des transferts de compétences et d’activités, le renforcement des relations entre les acteurs nationaux et les togolais expatriés, et la mobilisation de ressources.

La nouvelle politique du Gouvernement en direction des compatriotes de l’extérieur repose sur une conviction profonde : notre projet de construction nationale est un projet orienté vers l’avenir, qui a besoin du concours de tous. La diaspora y joue déjà un rôle, mais elle peut encore faire mieux.

Je vous rappelle, pour mémoire, que les transferts monétaires des Togolais de l’extérieur vers la patrie n’ont cessé de connaître une évolution exponentielle depuis 2010 pour atteindre près de 423 millions de dollars US au cours de l’année 2017. Ce qui représente, en moyenne, environ 10% du produit intérieur brut (PIB) de notre pays.

Le Gouvernement travaille à créer les conditions d’une implication plus forte de la diaspora à l’œuvre de construction nationale. C’est ici le lieu de rappeler les actions que le Gouvernement a déjà eues à réaliser en faveur de la diaspora. Je puis mentionner, entre autres, la création de la Direction des Togolais de l’extérieur par décret en 2005 ; l’élaboration et la mise en œuvre du programme Diaspora portant notamment sur les recours aux compétences de la diaspora et la réalisation des études (2010-2014) ; la création en 2014 d’un comité interministériel chargé de la coordination et du suivi des activités de migration et développement ; la mise en place d’une cellule diaspora chargé d’accompagner les Togolais de l’extérieur porteurs de projets ; la désignation depuis 2015 de points focaux chargés de la diaspora dans les missions diplomatiques et consulaires du Togo ; les tournées de rencontres avec la diaspora en 2013 et 2014, et qui seront renouvelées cette année ; l’organisation des grandes assises nationales par zone géographique de la diaspora en 2014 ; l’exemption de visa pour les Togolais de l’extérieur détenteurs d’une double nationalité en 2014 et l’organisation de la première édition de la semaine des « Réussites Diaspora » en 2016.

Au demeurant, le Gouvernement s’active à renforcer la liberté positive des Togolais de la diaspora où qu’ils soient, et où qu’ils travaillent. La liberté du citoyen, comme nous l’enseigne Amartya SEN (Indien, prix Nobel d’économie en 1998 et philosophe), est une responsabilité sociale et politique. Le Président de la République et le Gouvernement togolais ont bien conscience de cette vérité fondamentale.

Le Gouvernement organisera les 28 et 29 novembre 2019 le premier Forum Economique des Togolais de l’Extérieur qui constituera un cadre approprié pour le Gouvernement et les membres de la diaspora porteurs de projets d’explorer les capacités de financement des togolais de l’Extérieur et de les mobiliser pour la mise en œuvre du PND.

Vivre la diaspora togolaise,

Vive le Togo,

Je vous remercie.

 

Le Diplomag n°18 est disponible en téléchargement!

DiploMag, le magazine publié par le Ministère togolais des Affaires étrangères, dans sa dix-huitième parution du ce premier trimestre 2019, fait le bilan de l’action diplomatique togolaise en 2018 et revient sur les contours du futur accord ACP-UE Post-Cotonou 2020.

Découvrir ci-après l’éditorial signé par le Ministre Robert Dussey :

L’année 2018 appartient au passé, la nouvelle ne vient que de commencer, celle à venir nous talonne déjà. Vladimir Jankélévitch se demandait un jour : ‘‘ comment des années si courtes se fabriquent-elles avec des journées si longues ?’’ Le temps est fuite et lieu de déploiement de l’existence humaine. L’être humain naît dans le temps, vit dans le temps, agit dans le temps et meurt dans le temps. La dimension de la temporalité liée à l’action est très essentielle dans ce que la philosophe Hannah Arendt appelle le « domaine des affaires humaines ». Par nos actions, où qu’on soit, qui qu’on soit, quoi qu’on veut, nous impactons le monde et de diverses manières.

L’histoire du monde dans une proportion non négligeable est celle de l’homme et de son action. Celle du Togo est celle de ses fils, leurs actions et interactions, engagements et espérances. Sur le plan diplomatique, l’année 2018 est marquée au Togo par un ensemble d’actions réalisées sous l’impulsion du Président de la République, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, dont la vision et l’esprit d’anticipation ont permis d’améliorer le rayonnement international du pays.

Le Togo a non seulement mis son leadership au service de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) au cours de l’année écoulée, mais également organisé et abrité de grandes rencontres internationales, et préside actuellement le Groupe Central de Négociation des Etats ACP pour le post- Cotonou, l’accord de Cotonou arrivant à terme en février 2020. Le présent numéro de DIPLOMAG revient sur quelques séquences fortes de la diplomatie togolaise durant l’année 2018. Il s’agit pour la diplomatie togolaise d’une occasion d’écriture de soi dans une perspective rétrospective. Cet éditorial met en exergue dans une démarche synthétique deux moments clés de l’action diplomatique du Togo en 2018 et les perspectives pour cette nouvelle année…. ”

La suite à lire dans le magazine disponible en téléchargement : Cliquez-ici

Un socle commun vers un partenariat gagnant

Les négociations se poursuivent à Bruxelles depuis le mois de septembre entre le groupe des pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et l’Union européenne afin de parvenir à un nouvel accord de coopération.

Vendredi 14 décembre 2018, Robert Dussey, le chef de la diplomatie togolaise et négociateur en chef pour le compte des ACP, a rencontré Neven Mimica, le Commissaire européen pour la Coopération internationale et le Développement.

Les deux hommes ont salué l’avancée des discussions réalisées dans un délai très rapide par les équipes techniques. Plus important, un consensus a été trouvé sur la structure du futur accord. 

Toutefois M. Mimica a indiqué que la route était encore longue avant d’aboutir au résultat final. ACP et UE ont jusqu’à 2020 pour se mettre d’accord sur un texte.

M. Dussey s’est félicité de l’esprit d’ouverture et de compromis qui caractérisent ces pourparlers.

Jeudi, Robert Dussey avait fait un rapport d’étape lors du conseil des ministres ACP sur l’évolution du processus de négociation. 

Les 79 pays composant le bloc ACP n’ont rien d’uniformes. Les demandes et les besoins des pays du Pacifique ou des Caraïbes n’ont rien à voir avec ceux de l’Afrique. L’accord devra prendre en compte ces spécificités.

La finalité des discussions de Bruxelles est de parvenir à un nouvel accord consistant en un socle commun et trois partenariats régionaux. 

Le socle commun, applicable à tous les membres du partenariat, énumérera des objectifs, des priorités et des principes généraux et permettra de renforcer la coopération au niveau international. 

Les partenariats régionaux constitueront le centre de gravité et fixeront des priorités régionales spécifiques pour les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, conformément aux dynamiques régionales renforcées et à l’importance accrue des organisations régionales. 

RELATIONS AFRIQUE-UE : Un mélange de fascination et de méfiance, Par Robert Dussey

Extrait du N°06 de METRO UN, Le magazine DES POINTS DE VUE SUR LES DÉBATS AUX NATIONS UNIES 

Par Robert Dussey, Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération et de l’Intégration Africaine du Togo

Les 5 et 6 juin prochains se dérouleront les Journées de Développement de l’Europe. Comme à chaque édition, cette grand-messe, dont le thème principal cette année sera « Les femmes et les filles au premier plan du développement durable : protéger, autonomiser, et investir », rassemblera les acteurs du développement pour discuter des principaux défis qui se posent au monde. Pour des raisons évidentes, l’Afrique devrait être au menu des discussions.

L’Europe et l’Afrique sont, en effet, deux continents que la géographie a rapprochés, mais qu’une histoire douloureuse a, d’une certaine façon, éloignés. La conséquence de cette histoire est que la relation entre les deux blocs a toujours été marquée par un mélange de fascination et de méfiance. Le sentiment d’un destin lié mais d’une alliance impossible prédomine. Le tollé suscité dans une partie de l’Afrique francophone suite à l’inauguration, le 9 mai dernier, de la « nouvelle Place de l’Europe » à Gorée, lieu emblématique de la traite négrière transatlantique, illustre à merveille la complexité de cette relation. 

Ce projet de rénovation d’un site historique, qui avait initialement été inauguré par l’ancien président de la Commission européenne, Romano Prodi, en 2003, a été financé en grande partie par l’Union européenne. Mais ce geste, qui se voulait d’amitié, a été jugé maladroit par les uns, et scandaleux par les autres. Cette relation de défiance ne peut plus durer, car le risque qu’elle fait peser sur les deux continents est désormais trop élevé. Malgré des taux de croissance nominaux flatteurs depuis une décennie, la pauvreté reste importante en Afrique. 

Les inégalités se creusent et la croissance démographique se poursuit. Dans les zones rurales, les phénomènes climatiques extrêmes se multiplient. Ils causent famine et conflits, et poussent de nombreux jeunes désoeuvrés dans les bras des groupes terroristes qui pullulent désormais sur le continent et menacent la stabilité des États africains. Dans les zones urbaines, des milliers de jeunes, parfois diplômés, mais sous employés ou sans emploi, sont otages de systèmes politiques qui, pour toutes sortes de raisons, bonnes comme mauvaises, se révèlent incapables de leur offrir les conditions d’une vie meilleure. Sans surprise, ces jeunes africains prennent le chemin de l’exil européen, souvent au péril de leur vie. Le terrorisme, les conséquences du changement climatique, l’immigration clandestine, sont des défis majeurs pour l’Afrique, et par conséquent, pour l’Europe. 

Cette Europe est d’autant plus concernée par le destin de l’Afrique qu’elle y a depuis toujours des intérêts importants. Des intérêts dont la poursuite, légitime, la conduisent trop souvent à des alliances et des soutiens dont les conséquences sont néfastes aussi bien pour les populations africaines que, de plus en plus, pour les citoyens européens. C’est la raison pour laquelle il faut renouveler le logiciel de la relation Afrique-Europe. Côté européen, celle-ci s’est historiquement limitée à des liens institutionnels, à la promotion abstraite de grands principes démocratiques, et à la défense, parfois cynique, de positions commerciales. Il faut aujourd’hui établir des liens de confiance avec une jeunesse africaine plus informée, consciente des enjeux globaux et désireuse de prendre part aux affaires du monde. 

Le bilan de 30 ans de démocratie électorale en Afrique est décevant, car celle-ci a été implantée sur des États-nations fragiles. Peut-être est-il temps d’oeuvrer au renforcement de ces États-nations. Côté africain, presque cinq décennies après les Indépendances, il faut s’efforcer d’établir une relation de confiance avec l’Europe. Sur ce point, les diplomates africains ont un rôle éminent à jouer pour expliquer la vision africaine du monde à l’Europe, trouver des points de convergence, défendre des projets d’intérêts communs, et oeuvrer ensemble à l’avènement d’un monde plus stable, car plus juste.

Sommet CEDEAO/ CEEAC : “Tout Est Prêt”, Selon Le Ministre Robert Dussey

Lomé sera sous les feux de la rampe dans quelques jours. Et pour cause, la capitale togolaise abrite le sommet conjoint des Chefs d’Etat de la CEDEAO et ceux de la CEEAC et la rencontre des Chefs d’Etat de la CEDEAO respectivement les 30 et 31 juillet prochains. Dans une interview accordée à nos confrères de l’Agence Savoir News, le Chef de la diplomatie togolaise, Prof Robert Dussey est revenu essentiellement sur l’organisation du sommet CEDEAO/ CEEAC. Le ministre des Affaires étrangères de la coopération et de l’intégration africaine, martèle que tout est prêt pour cette rencontre de haut niveau.

Lire ci-dessous l’intégralité de l’interview.

Savoir News : Monsieur le Ministre, tout est fin prêt pour cette grande rencontre ? Sinon, quels sont les derniers réglages ?

Robert Dussey: Lomé, la capitale togolaise est historiquement connue de  tous, pour être le carrefour des grandes conférences internationales.  Cette année, nous avions abrité une dizaine de rencontres sous-régionales et internationales dont celles des ACP-UE, soit les 79
des ACP et les 28 de l’UE, et celles de deux importants organes de la CEDEAO, à savoir le Conseil de Médiation et de Sécurité, et le Conseil des Ministres des Affaires étrangères. Le Président de la République Faure Gnassingbé et son gouvernement travaillent pour assurer une parfaite organisation de toutes les grandes rencontres qu’accueille Lomé, et, à la grande satisfaction de tous les togolais. A l’heure où je vous parle, nous sommes totalement prêts, et, sur tous les plans.

Deux rencontres ont eu lieu ces derniers jours à Lomé en prélude à ce sommet ? Pouvez-vous revenir sur ces deux rencontres pour nos lecteurs ? Et de quoi les participants avaient discuté ?

Comme partout ailleurs, tous les sommets de Chefs d’État et de gouvernement sont précédés de plusieurs sessions préparatoires, notamment celles des experts et des ministres. Ce fut le cas il y a quelques jours, c’est-à-dire les 10, 11 juillet 2018 à Lomé, où les  experts de la CEDEAO et de la CEEAC ont discuté sur la paix, la sécurité, la stabilité, la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, la thématique qui sera au cœur du sommet inédit des Chefs d’État et de gouvernement des deux espaces communautaires. Évidemment la  réflexion sur cette thématique a permis de passer au peigne fin la  situation sécuritaire dans les deux espaces communautaires, mais aussi  les stratégies nationales de lutte contre le terrorisme, ainsi que les  instruments juridiques en la matière et la déclaration finale.

Environ combien de chefs d’État et de gouvernement sont attendus à ce  sommet, car le Togo a une forte tradition en matière de mobilisation de  chefs d’État pour ces grandes rencontres.

Un petit calcul des pays membres de la CEDEAO et de la CEEAC, et vous le  saurez (rire) ! Nous attendons une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement.

Un sommet CEDEAO-CEEAC …. Quels seront les principaux sujets au menu des débats ?

Je vous le disais, les débats seront axés sur la paix, la sécurité, la stabilité, la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Il s’agira pour la CEDEAO et la CEEAC d’avoir une forte implication dans la sécurisation des deux espaces, gage de toutes perspectives de croissance ou de développement de nos nations. FIN

Propos recueillis par Junior AUREL (Savoir News)

[Interview] Robert Dussey: “Le Togo et Israël ont une très bonne coopération bilatérale”

La plupart des Israéliens auraient du mal à trouver le Togo sur une carte ou à en citer un fait significatif. C’est un petit pays qui figure rarement dans les titres israéliens. Et pourtant, c’est l’un des endroits les plus pro-Israël sur le continent africain. Il n’est donc pas étonnant que le ministre des affaires étrangères togolais, le professeur Robert Dussey, commence son interview avec la déclaration selon laquelle “je suis venu ici pour rassurer [le Premier ministre Benjamin] Netanyahu que le Togo soutiendra Israël. Notre soutien à Israël est constant. “

Officiellement le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de l’Intégration africaine, Dussey est l’une des figures politiques les plus fortes de son pays (et de l’ensemble du continent). Il pense à Israël comme à sa deuxième maison, à la fois spirituellement et politiquement. Tellement en fait, qu’il ne peut même pas se rappeler combien de fois il a visité Israël.

La raison de ce lien profond avec le peuple de Sion peut résider dans le fait qu’avant d’être nommé ministre, pendant 10 ans, Dussey a occupé différents postes dans la Communauté des Béatitudes. Pour ce groupe catholique, le bien-être d’Israël et du peuple juif est une priorité absolue. Depuis qu’il était moine catholique et jusqu’à ce jour, Dussey récite des prières quotidiennes en hébreu, maintenant un lien spirituel fort avec Israël.

Dussey a 46 ans. Il a commencé sa carrière dans le monde académique (il travaille toujours comme professeur de philosophie politique). Au cours de notre interview, il commence spontanément à chanter la prière du Shema Yisrael dans l’air spécial de sa communauté. À un autre moment de l’entrevue, il a mentionné les Psaumes 137: 5: «Si je t’oublie, ô Jérusalem, que ma main droite oublie son habileté.

“J’ai un lien personnel avec Israël”, dit-il. “J’étais moine et j’étais membre de la Communauté des Béatitudes qui prie chaque jour pour le peuple juif. Chaque jour, nous prions pour la paix pour Israël et en particulier pour la paix à Jérusalem. Le week-end, nous célébrons Shabbat ensemble, et après la prière, nous partageons le pain du Shabbat et chantons des chansons de Shabbat en hébreu. Si vous avez ce lien spirituel avec le peuple juif et avec Israël, vous devez protéger le peuple israélien. “

“Pour moi, le peuple israélien et le peuple juif sont, avant tout, le peuple de Dieu. C’est une décision personnelle, c’est ma propre conviction et je ferai tout pour cette conviction. J’ai passé plus de 10 ans de ma vie à prier pour la paix à Jérusalem, en priant pour le peuple juif et pour Israël. Pour moi, Israël est très important et je dois défendre Israël et le peuple d’Israël. “

Le timing de l’interview d’Israël Hayom avec Dussey était particulièrement pertinent pour souligner le soutien intransigeant du Togo à Israël – il a eu lieu un jour avant que l’Assemblée générale des Nations Unies vote une résolution condamnant Israël, mais pas le Hamas, pour les affrontements frontaliers de Gaza . Dussey a précisé que le représentant togolais à l’ONU irait contre le grain et, encore une fois, être parmi les seuls émissaires à voter contre la résolution avec les Etats-Unis et Israël.

“Je sais qu’au Togo nous sommes courageux”, dit-il. “Tout le monde sait que le Togo soutient Israël à chaque fois. Ce n’est pas la première fois que nous votons pour Israël dans des forums internationaux. À Genève par exemple, au Conseil des droits de l’homme, le Togo vote pour Israël, il défend la position d’Israël. C’est notre position, nous la défendons. “

Q: D’où vient cette connexion profonde avec Israël?

“Le Togo et Israël ont une très bonne coopération bilatérale et bien sûr, elle se renforce de plus en plus. L’année dernière, nous étions censés accueillir un sommet, le premier sommet israélo-africain. Malheureusement, le sommet a été reporté. Le Togo a été soumis à de nombreuses pressions de la part de nombreux pays arabes et de certains pays africains. Mais j’espère que nous le ferons dans le futur. “

Le Togo a été le seul pays africain à voter avec Israël et les Etats-Unis pour bloquer une résolution de l’ONU condamnant la reconnaissance par le président américain Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre. De manière générale, malgré le fait que le Togo n’a pas d’ambassade à Jérusalem, la position pro-israélienne du pays s’est considérablement intensifiée ces dernières années.

Mais en même temps, le Togo veut conserver son statut en Afrique (le Togo est à la tête de l’important organisme régional CEDEAO, qui comprend 15 pays africains, par exemple), s’assurant ainsi de maintenir de bonnes relations avec ses voisins.

Q: Y a-t-il eu une forte réaction en Afrique quand le Togo a voté avec Israël sur Jérusalem à l’ONU?

“Bien sûr, vous savez que nous avons reçu beaucoup d’appels de différentes capitales dans le monde. Ils ont condamné notre décision, mais nous avons pris cette décision. “

Q: Pensez-vous que le Togo a le pouvoir d’influencer d’autres pays à soutenir Israël de la même manière?

“Je pense que c’est possible, mais notre vision est le dialogue avec tous les pays africains, pour savoir exactement ce qui se passe dans cette région. Ce dont nous avons besoin c’est la paix au Moyen-Orient et en Israël et partout dans le monde.

“Certains pays africains ne savent pas ce qui se passe vraiment dans cette région, mais nous discutons avec eux, nous essayons d’expliquer à nos interlocuteurs et de les laisser prendre leurs propres décisions. Nous croyons que nous trouverons la paix quand Dieu décidera. “

Q: D’autres pays veulent souvent utiliser l’expertise israélienne en matière de défense, dans la guerre contre le terrorisme et dans l’agriculture. Le Togo partage-t-il ce désir?

“Bien sûr, nous partageons beaucoup de choses avec Israël. Nous avons une bonne coopération dans notre secteur de la santé et dans notre secteur agricole. Par exemple, juste pour notre secteur de la santé, nous avons inauguré il y a trois semaines le premier centre de traumatologie au Togo, l’un des meilleurs de la région ouest-africaine. … Notre coopération bilatérale est très bonne.

“En Afrique, et au Togo, nous avons d’énormes ressources, mais malheureusement nous n’avons pas l’expertise pour exploiter nos ressources. Israël a de l’expertise, nous avons beaucoup d’ingénieurs et nous avons besoin de votre expertise pour venir en Afrique pour nous aider avec nos ressources. “

Q: Le président du Togo a dit que vous voulez qu’Israël retourne en Afrique et que l’Africain retourne en Israël. Que veut-il dire par là?

“Je soutiens mon président. Si je suis ici, c’est parce qu’il est l’un des meilleurs amis d’Israël. Sa vision de la coopération entre Israël et l’Afrique est très bonne. Pour lui, c’est très simple, nous avons besoin que le peuple israélien revienne en Afrique. Avant 1980, Israël était en Afrique, Israël avait beaucoup d’ambassades en Afrique, au Togo … mais nous avons besoin qu’Israël revienne en Afrique, l’homme d’affaires israélien doit revenir en Afrique, les hommes d’affaires israéliens doivent investir là-bas.

Q: Alors, comment se fait-il que malgré les relations bilatérales étroites, la plupart des Israéliens ne connaissent pas vraiment bien le Togo?

“Le Togo est un pays d’Afrique de l’Ouest; c’est juste un pays parmi 54 pays africains. Nous voulons présenter le Togo à tous dans le monde, particulièrement en Israël. Peut-être que vous pouvez venir, si vous voulez connaître l’Afrique, c’est une porte vers l’Afrique de l’Ouest. “

Q: Vous êtes probablement le seul professeur qui est également ministre au gouvernement. Est-ce que cela vous met dans une meilleure position pour résoudre les problèmes, étant donné que vous êtes un théoricien politique? Avez-vous déjà essayé de mettre en œuvre des théories académiques en politique?

“J’essaye de faire de mon mieux. Quand vous êtes en politique, vous devez passer de la théorie à la pratique. Ce n’est pas facile quand vous devez travailler ou prendre position pour défendre Israël. Mais c’est notre décision. “

Q: Avez-vous un exemple d’une théorie que vous avez essayé de mettre en œuvre?

“Vous savez, mon philosophe préféré est Emmanuel Kant – j’ai fait mon doctorat. sur lui, je lui apprends. L’un des meilleurs livres qu’il a écrit était «la paix perpétuelle».

Q: Est-ce applicable ici dans cette région?

“Je pense que c’est possible si tu as la volonté de faire quelque chose …”

———-

Source : http://www.israelhayom.com/2018/06/24/i-will-do-everything-for-israel-togolese-foreign-minister-says/