Discours de bienvenue du Prof. Robert DUSSEY lors de la réunion interministérielle du sommet conjoint CEEAC- CEDEAO

Lomé, 28 juillet 2018

Mesdames et messieurs les Ministres de la CEDEAO,
Mesdames et messieurs les Ministres de la CEEAC,
Monsieur le Président de la Commission de la CEDEAO,
Monsieur le Secrétaire Général de la CEEAC,
Mesdames et Messieurs,

Le Togo se sent honoré à chaque fois qu’il accueille un événement de ce niveau. Je voudrais, au nom du Président de la République Togolaise et Président en exercice de la CEDEAO, S.E.M. Faure Essozimna GNASSINGBE, vous souhaiter la bienvenue dans notre ville cosmopolite où nul visiteur n’est étranger.

Vous êtes chez vous et je vous invite à vous sentir à l’aise. Le poète et dramaturge latin TERENCE auquel certains prêtent des origines africaines disait dans un accent très togolais : « Je suis homme, et je ne considère rien de ce qui est humain comme m’est étranger.» Quiconque visite le Togo constate et vit son régime humaniste de l’hospitalité. Pour le Togo, l’accueil de l’autre, qui qu’il soit, quel qu’il soit, d’où qu’il vienne, est plus qu’un devoir. L’être humain où qu’il arrive, disait le philosophe Kant dans son livre Projet de paix perpétuelle, a doit droit à l’hospitalité. D’ailleurs la valeur d’hospitalité est l’une des valeurs que nos sociétés africaines ont encore à enseigner au monde. Vous ne me démentirez pas !

Mesdames et Messieurs les Ministres, chers collègues,

Votre présence à Lomé répond à un impératif de l’heure : celui de la coopération interrégionale pour mieux faire face à certains défis cruciaux communs auxquels sont confrontés nos deux régions. Elle traduit l’option capacitante ou capabilisante de la CEEAC et de la CEDEAO pour le travail dans la coopération. Je salue cet esprit entre nos deux communautés régionales et reste convaincu que le projet d’intégration à l’échelle africaine passe par le renforcement de la coopération régionale et interrégionale. L’organisation conjointe de ce sommet est un exemple de coopération intra-africaine bien réussie.

Nous devons intensifier la coopération entre nos communautés. L’organisation conjointe de ce sommet CEEAC et CEDEAO sur la paix, la sécurité, la stabilité et la lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme est la preuve que la coopération interrégionale est en marche en Afrique. La coopération, de par son étymologie latine, signifie travailler ensemble à une œuvre commune. La CEEAC et la CEDEAO ont bien compris que c’est ensemble que nous devons assumer la responsabilité de la sécurité de notre espace interrégional et le sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement du 30 juillet qui sera sanctionné par une déclaration commune est une très belle illustration.

L’extrémisme violent et le terrorisme où qu’ils soient menacent la paix et la stabilité où qu’elles soient. En se mettant ensemble pour faire face ensemble aux périls extrémiste et terroriste, nos deux communautés ont pris la mesure du danger et compris que l’agir synergique est gage d’efficacité. En prenant l’initiative de ce sommet, les deux Présidents en exercice de la CEEAC et de la CEDEAO ainsi que les deux Institutions communautaires ont compris que la forme qu’ont prise aujourd’hui les défis sécuritaires et les incertitudes qu’ils induisent en termes de développement et de sécurité humaine rend indispensable l’agir synergique. Le défi étant collectif, la riposte ou l’action doit l’être aussi.

La sécurité est un besoin humain vital, un bien public communautaire et interrégional que nous devons défendre à tout prix. « Il y a des guerres justes », dit André MALRAUX dans l’un de ses ouvrages dont le titre est L’espoir. La guerre contre le terrorisme et pour la sécurité et la stabilité régionale et interrégionale est une guerre juste. Pas de progrès et de développement humain sans la paix et la sécurité.

La riposte militaire s’impose contre le danger extrémisme et terroriste, mais elle n’est pas un remède suffisant. Nos deux régions sont appelées à gagner la guerre contre l’ignorance, la radicalisation, les fondamentalismes et les extrémismes. Il s’agit de sevrer le terrorisme de ses terreaux favorables par la prévention qui implique l’éducation à la lucidité. C’est par l’éducation à lucidité que nous aurons raison des endoctrinements, des radicalismes et des extrémismes dont se nourrit le terrorisme. Pour avoir raison du terrorisme, il faut gagner le combat de l’éducation, ici entendue au sens holistique du terme.

En vous réitérant ma fraternelle bienvenue dans notre capitale, dans votre capitale, je vous souhaite bon et agréable séjour à Lomé.

Je vous remercie.         

Sommet CEDEAO/ CEEAC : “Tout Est Prêt”, Selon Le Ministre Robert Dussey

Lomé sera sous les feux de la rampe dans quelques jours. Et pour cause, la capitale togolaise abrite le sommet conjoint des Chefs d’Etat de la CEDEAO et ceux de la CEEAC et la rencontre des Chefs d’Etat de la CEDEAO respectivement les 30 et 31 juillet prochains. Dans une interview accordée à nos confrères de l’Agence Savoir News, le Chef de la diplomatie togolaise, Prof Robert Dussey est revenu essentiellement sur l’organisation du sommet CEDEAO/ CEEAC. Le ministre des Affaires étrangères de la coopération et de l’intégration africaine, martèle que tout est prêt pour cette rencontre de haut niveau.

Lire ci-dessous l’intégralité de l’interview.

Savoir News : Monsieur le Ministre, tout est fin prêt pour cette grande rencontre ? Sinon, quels sont les derniers réglages ?

Robert Dussey: Lomé, la capitale togolaise est historiquement connue de  tous, pour être le carrefour des grandes conférences internationales.  Cette année, nous avions abrité une dizaine de rencontres sous-régionales et internationales dont celles des ACP-UE, soit les 79
des ACP et les 28 de l’UE, et celles de deux importants organes de la CEDEAO, à savoir le Conseil de Médiation et de Sécurité, et le Conseil des Ministres des Affaires étrangères. Le Président de la République Faure Gnassingbé et son gouvernement travaillent pour assurer une parfaite organisation de toutes les grandes rencontres qu’accueille Lomé, et, à la grande satisfaction de tous les togolais. A l’heure où je vous parle, nous sommes totalement prêts, et, sur tous les plans.

Deux rencontres ont eu lieu ces derniers jours à Lomé en prélude à ce sommet ? Pouvez-vous revenir sur ces deux rencontres pour nos lecteurs ? Et de quoi les participants avaient discuté ?

Comme partout ailleurs, tous les sommets de Chefs d’État et de gouvernement sont précédés de plusieurs sessions préparatoires, notamment celles des experts et des ministres. Ce fut le cas il y a quelques jours, c’est-à-dire les 10, 11 juillet 2018 à Lomé, où les  experts de la CEDEAO et de la CEEAC ont discuté sur la paix, la sécurité, la stabilité, la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, la thématique qui sera au cœur du sommet inédit des Chefs d’État et de gouvernement des deux espaces communautaires. Évidemment la  réflexion sur cette thématique a permis de passer au peigne fin la  situation sécuritaire dans les deux espaces communautaires, mais aussi  les stratégies nationales de lutte contre le terrorisme, ainsi que les  instruments juridiques en la matière et la déclaration finale.

Environ combien de chefs d’État et de gouvernement sont attendus à ce  sommet, car le Togo a une forte tradition en matière de mobilisation de  chefs d’État pour ces grandes rencontres.

Un petit calcul des pays membres de la CEDEAO et de la CEEAC, et vous le  saurez (rire) ! Nous attendons une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement.

Un sommet CEDEAO-CEEAC …. Quels seront les principaux sujets au menu des débats ?

Je vous le disais, les débats seront axés sur la paix, la sécurité, la stabilité, la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Il s’agira pour la CEDEAO et la CEEAC d’avoir une forte implication dans la sécurisation des deux espaces, gage de toutes perspectives de croissance ou de développement de nos nations. FIN

Propos recueillis par Junior AUREL (Savoir News)