DISCOURS DE  S.E. PROF. ROBERT DUSSEY  AUX CONSULTATIONS REGIONALES UE-AFRIQUE  DANS LE CADRE DES NEGOCIATIONS ACP-UE POUR LE POST-COTONOU

 

Eswatini, le 04 mai 2019

Son Excellence Monsieur le Premier Ministre du Royaume d’ESWATINI,

Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres,

Monsieur le Président de la Commission de l’Union Africaine,

Monsieur le Secrétaire général des ACP  Dr. Patrick GOMES,

Monsieur le Négociateur en Chef de l’Union européenne pour le post-Cotonou,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Distingués invités, Mesdames et Messieurs,

Je voudrais, pour commencer, remercier le Roi d’Eswatini, le Gouvernement et le peuple de notre pays hôte pour leur courage de l’hospitalité. Depuis que nous sommes arrivés en cette terre africaine des ACP, nos impressions sont très  bonnes quant à leur grand sens de l’hospitalité. J’ai fait dans votre beau pays ce qu’Alioune DIOP, un grand panafricain de conviction, fondateur de la Revue Présence Africaine, qui a voulu que l’Afrique soit présente sur la scène du monde, a appelé « l’expérience intime de la vie africaine ». L’expérience de votre étonnant sens de l’altérité a réveillé en moi mes intuitions et passions panafricanistes de  ma plus tendre jeunesse.

Je voudrais également remercier les différentes délégations ici présentes. Votre forte participation à ces consultations régionales traduit, sans se tromper, l’intérêt que vous portez aux négociations en cours. L’enjeu est commun et votre engagement l’est également.

Mesdames et Messieurs,

La région du Pacifique qui a tenu ses consultations régionales les 25 et 26 février 2019 à Apia, à Samoa, négocie directement le pilier UE-Pacifique du nouvel accord avec l’UE. La région des Caraïbes est dans le même schéma et a tenu ses consultations régionales le 15 avril à Kingston  en Jamaïque. Les consultations régionales UE-Afrique de cette semaine actent à l’échelle africaine le début formel des négociations sur le pilier UE-Afrique du futur accord de partenariat ACP-UE, même si depuis quelques mois un excellent travail technique se fait au niveau de l’Union africaine sur les négociations.

Les spécificités africaines en termes de défis, de potentiels, de priorités, de cadres référentiels de développement (commercial, économique et humain) et de partenariat avec l’extérieur sont connues. Il y a une longue histoire de partenariat entre l’UE et l’Afrique réaffirmé à Abidjan en 2017. En cohérence avec le partenariat UE-Afrique actuel et dans un nouvel esprit, l’Afrique est appelée à négocier le pilier UE-Afrique du post-Cotonou.

La Zone de libre-échange continentale (ZLEC) en cours de création en Afrique est une évolution qualitative qui, dans un futur proche, donnera un nouveau visage au commerce intra-africain et international de l’Afrique.

Le pilier UE-Afrique du post-Cotonou doit être en phase avec les orientations stratégiques de la ZLEC, de l’agenda 2063 de l’UA et du Sommet UE-Afrique d’Abidjan ainsi qu’avec la volonté de développement clairement affichée en Afrique. L’Afrique doit densifier ses échanges commerciaux avec l’Europe, rehausser le niveau du dialogue politique avec l’UE sur les questions aussi cruciales que la sécurité, la paix, les droits de l’homme, les biens culturels africains encore en séjour en terre européenne, les objectifs de développement durable, le changement climatique et la migration.

Les sujets qui seront au centre des négociations dans le protocole UE-Afrique de l’accord sont d’importance vitale pour l’Afrique et le Groupe ACP. L’Afrique, doit conduire ses négociations régionales avec professionnalisme et un  sens élevé de responsabilité. Par notre travail, à l’échelle africaine, nous devons prouver au Groupe ACP qu’il a fait le choix approprié au moment idéal en optant pour l’autonomie et la liberté d’action des régions dans la négociation des piliers régionaux. Le moment est historique et le travail doit être fait avec une éthique de responsabilité. J’ai la conviction que les négociateurs africains ont conscience de leur responsabilité.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais finir avec une pensée de Kwame NKRUMAH que nous Africains ne devons jamais perdre de vue : « Unie, l’Afrique pourrait devenir, et pour de bon, une des plus grandes forces [du] monde ».

Merci pour votre attention.

Accord Post-Cotonou 2020 : Poursuite des négociations ACP-UE à Kingston.

Les négociations entre le groupe des pays ACP et l’Union européenne se poursuivent pour parvenir à un accord post-Cotonou d’ici 2020.

Cette fois, les discussions se déroulent en Jamaïque après N’Djamena et Samoa. Aucune des régions géographiques concernées n’est oubliée.

A Kingston, se retrouvent les mêmes interlocuteurs comprenant le Groupe central de négociation (GCN), le Commissaire européen au Développement, Neven Mimica et Robert Dussey, le chef négociateur pour les pays ACP.

‘En venant en Jamaïque je suis Africain, mais je me sens également profondément Caribéen’, a déclaré le chef de la diplomatie togolaise en intervenant lors des débats. Cette île des Caraïbes est en effet majoritairement peuplée de descendants d’esclaves africains.

Les discussions avancent à un rythme soutenu pour parvenir à accord d’ici 2020 et peut être même avant.

M. Dussey a cependant souligné que malgré les progrès réalisés, ‘les deux parties ont également reconnu la nécessité d’accélérer les négociations afin de permettre la conclusion du gros des négociations d’ici l’été 2019’

Il a vanté les mérites d’un futur accord basé sur des priorités régionales stratégiques.

La grande nouveauté repose en effet sur les besoins et spécificités de chaque zone géographique, contrairement à l’actuelles 79 pays formant le bloc ACP n’ont rien d’uniformes. Les demandes des pays du Pacifique ou des Caraïbes n’ont rien à voir avec celles de l’Afrique.

Robert Dussey en discussion avec Kamina Johnson Smith

La finalité des pourparlers est de parvenir à un nouvel accord consistant en un socle commun et trois partenariats régionaux.

Le socle commun, applicable à tous les membres du partenariat, énumérera des objectifs, des priorités et des principes généraux et permettra de renforcer la coopération au niveau international.

Les partenariats régionaux constitueront le centre de gravité et fixeront des priorités régionales spécifiques pour les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, conformément aux dynamiques régionales renforcées et à l’importance accrue des organisations régionales.

Réunion du CDL avril 2019 avec Damien MAMA du SNU au Togo

Les enjeux géopolitiques de la migration au XXIe siècle : atout ou menace à l’équilibre mondial. Tel était le thème du débat organisé mardi soir à Lomé par le Club diplomatique de Lomé (CDL). Invité Damien Mama, le coordinateur du Système des Nations Unies (SNU) au Togo.

Le phénomène migratoire est d’ampleur mondial et constitue désormais une question internationale majeure. Il toucherait un être humain sur 7, si l’on additionne les 740 millions de migrants internes aux 214 millions de migrants internationaux comptabilisés par les Nations Unies.

Si les migrations sont le plus souvent associées aux déplacements des ressortissants des pays les plus pauvres vers les pays riches, la réalité est plus complexe. A l’échelle mondiale, un tiers des migrants se déplace des pays en développement (sud) vers les pays développés (nord) ; un tiers, du sud vers le sud ; et le dernier tiers du nord vers le nord.

Les raisons économiques n’en sont pas les seules causes. La migration témoigne de la mobilité grandissante des personnes et de la densification des réseaux transnationaux économiques, culturels, matrimoniaux et religieux.

La plupart des régions du monde sont concernées, soit par le départ, soit par l’accueil, soit par le transit des migrants ; certains pays l’étant par les deux, voire les trois à la fois.

Les mouvements migratoires se développent particulièrement le long des grandes lignes de fractures géographiques, qui séparent des régions aux caractéristiques politico-économiques fortement distinctes : la Méditerranée, la frontière américano-mexicaine, ou celle entre la Russie et la Chine. Ces lignes de fracture sont en constante évolution.

D’anciens pays de départ sont rapidement devenus des pays d’accueil : c’est le cas de l’Europe du sud. D’anciens pays d’accueil deviennent des pays de départ, en particulier en Amérique latine (Argentine, Brésil, Chili, Uruguay), tandis que d’autres Etats ont surtout vu progresser leur population de migrants en transit (Maroc, Mexique, et Turquie).

L’Afrique subsaharienne, dernière région du monde à accomplir sa transition démographique, devrait enregistrer une forte croissance démographique avec une multiplication par près de 10 de sa population entre 1950 (180 millions d’habitants) et 2050 (plus de 1,7 milliards selon les projections des Nations Unies).

Ce décuplement de la population est un réel enjeu, notamment pour les zones désertiques du Sahel et pour les pays enclavés et aux ressources naturelles limitées.

Damien Mama
Damien Mama

Les migrants peuvent contribuer de deux manières au développement de leur pays d’origine. D’une part, ils transfèrent une partie de leur revenu, ressource tant pour les ménages bénéficiaires que pour les Etats d’origine.

Ces transferts représentent plus de trois fois les budgets de l’aide publique au développement. Les montants des transferts vers les pays en développement sont en progression continue pour atteindre plus de 400 milliards de dollars en 2018 selon la Banque Mondiale contre 6 milliards en 1970.

D’autre part, les migrants transfèrent des ressources immatérielles, telles leurs compétences (intellectuelles, techniques ou relationnelles) et sur un pan plus large des normes (comme l’égalité des genres), des valeurs civiques (respect du cadre collectif).

Ces transferts sont déterminants pour le développement mais les données sont encore trop parcellaires pour en évaluer les impacts.

Les migrants ont également la capacité d’œuvrer au sein du pays d’accueil en apportant une vitalité économique et sociale en s’insérant dans des dynamiques collectives.

En ce sens, la migration peut être un atout, a souligné Damien Mama lors de son exposé.

Créé à l’initiative de Robert Dussey, le ministre des Affaires étrangères, le Club diplomatique de Lomé est un cercle de réflexion apolitique qui reçoit à intervalles réguliers des personnalités togolaises et étrangères issues du monde diplomatique, politique et d’organisations internationales.

CDL avril 2019 : Mot de fin du Prof. Robert Dussey

>> Lire aussi : Réunion du CDL avril 2019 avec Damien MAMA du SNU au Togo

Le Club Diplomatique de Lomé a reçu Monsieur Damien MAMA, Coordinateur du système des nations unies au Togo a présenté le thème suivant : “Les enjeux géopolitiques de la migration au 21e siècle : atout ou menace à l’équilibre mondial ?”

 

Les pays d’Europe, d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique achèvent un deuxième cycle de négociations en vue d’un nouveau partenariat ambitieux

Bruxelles, le 4 avril 2019

Aujourd’hui, les négociateurs en chef ont souligné les progrès accomplis et lancé la phase suivante des négociations. À terme, cette nouvelle étape aboutira à la création de piliers sur mesure pour chaque région, lesquels figurent parmi les nouveautés qui seront introduites dans le futur accord ACP-UE.

Le négociateur en chef de l’UE, le commissaire chargé de la coopération internationale et du développement, M. Neven Mimica, a tenu aujourd’hui les propos suivants à N’Djamena, au Tchad: «La rédaction du texte de base avance bien, et nous sommes à présent ravis de nous engager dans une nouvelle voie avec la négociation des piliers UE-Afrique, UE-Caraïbes et UE-Pacifique. Non seulement ces piliers stimuleront notre coopération en lui insufflant une nouvelle dynamique, mais ils nous permettront aussi, en fin de compte, d’accroître nos réalisations en apportant une réponse adaptée aux besoins et aux défis propres à chaque partenaire.»

Le négociateur en chef des pays ACP et président du groupe central de négociation ministériel, qui est également le ministre togolais des affaires étrangères, de la coopération et de l’intégration de l’Afrique, M. Robert Dussey, a quant à lui déclaré: «Nous avons fait le bilan des négociations lancées il y a six mois. Je suis heureux de pouvoir signaler que des progrès considérables ont été accomplis et que nous continuons de nous appliquer à faire en sorte que l’accord soit viable à long terme et réponde aux besoins des citoyens en nous attaquant aux défis mondiaux actuels et émergents.»

Prochaines étapes

Tandis que le processus de rédaction suit son cours, l’UE et les pays ACP poursuivent les consultations relatives aux piliers régionaux avec chaque région. Comme l’a montré le dialogue de haut niveau avec les dirigeants du Pacifique le 26 février, ces consultations offrent un espace privilégié pour approfondir la discussion sur les besoins et les priorités de chaque région. Des réunions similaires avec les partenaires des Caraïbes et d’Afrique doivent avoir lieu prochainement.

Contexte

L’accord de Cotonou régissant actuellement les relations entre l’UE et les pays ACP arrivera à échéance en 2020. Les négociations en vue d’un nouveau partenariat entre les pays ACP et l’UE ont été lancées à New York le 28 septembre 2018 en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Les deux premières séries de négociations ont principalement porté sur le socle commun au niveau UE-ACP. Ce socle regroupe les valeurs et les principes autour desquels se rassemblent l’UE et les pays ACP. Il indique également les domaines stratégiques prioritaires dans lesquels les deux parties envisagent de travailler ensemble à titre prospectif. Outre ledit socle, le futur accord comportera également trois piliers régionaux orientés vers l’action, chacun d’entre eux se concentrant sur les besoins propres à une région. L’UE et les pays ACP chercheront, dans le cadre du futur partenariat, à renforcer leur coopération politique sur la scène internationale. Ensemble, ils représentent plus de la moitié de l’ensemble des pays membres des Nations unies et plus de 1,5 milliard de personnes.

Pour en savoir plus

Questions et réponses sur le futur partenariat UE-ACP

Directives de négociation de l’UE

Directives de négociation des pays ACP

Communiqué : Présentation de la Feuille de Route pour les Togolais de l’extérieur

Le ministre des affaires étrangères, de l’intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, S.E. Prof. Robert DUSSEY, a procédé, ce 1er avril 2019, à la présentation de la «  feuille de route du gouvernement pour les Togolais de l’extérieur ». La feuille de route du Gouvernement pour les Togolais de l’Extérieur répond à la vision du Président de la République, S.E. Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, celle d’assurer une meilleure organisation de la diaspora togolaise en vue de sa plus adéquate implication dans les efforts de développement national. Sa mission est de créer les conditions d’une implication plus inclusive de la Diaspora togolaise à l’œuvre de construction  nationale.

Conformément à cette vision, les actions du gouvernement en faveur de la diaspora togolaise s’articulent autour de trois (03) axes majeurs, à savoir :

  • la valorisation du capital humain, économique et social de la diaspora ;
  • le renforcement de la communication entre le Gouvernement et la diaspora ;
  • l’amélioration de la protection et de la défense des intérêts des Togolais de l’extérieur.

L’exécution de ces axes stratégiques est planifiée en deux grands volets : Programme d’Actions Prioritaires (PAP) et Programme à Moyen et Long terme (PMLT).

Le Programme d’Actions Prioritaires fait référence à deux axes principaux, à savoir : la valorisation du capital humain, économique et social de la diaspora et le renforcement de la communication  entre le Gouvernement et la diaspora.

Dans la mise en œuvre du premier axe stratégique consacré à la valorisation du capital humain, économique et social de la diaspora, le gouvernement entend réaliser les trois objectifs suivants :

  • mobiliser les investissements, les compétences et savoir-faire des Togolais de l’extérieur ;
  • mettre en œuvre le programme de coréalisation de projets de développement local dans les régions d’origine des migrants ;
  • développer un projet de volontariat solidaire pour le développement.

S’agissant de la mise en œuvre du deuxième axe stratégique consacré au renforcement de la communication entre le Gouvernement et la diaspora, le Gouvernement poursuivra les trois objectifs ci-après :

  • créer les structures aptes à mobiliser et accompagner le retour de la diaspora togolaise. Il s’agit notamment d’œuvrer à la mise en place du Haut conseil des Togolais de l’extérieur ;
  • réaliser la cartographie de la diaspora togolaise et sa répartition dans le monde ;
  • organiser un forum économique des Togolais de l’extérieur.

Au titre de l’axe stratégique 3 relatif à l’amélioration de la défense et de la protection des intérêts des Togolais vivant à l’étranger, inscrit dans les actions du Programme à Moyen et Long terme (PMLT), le Gouvernement mettra l’accent sur la négociation d’accords bilatéraux avec les pays où résident de fortes communautés togolaises et ceux offrant des opportunités d’embauche intéressantes afin de mieux encadrer la migration professionnelle des Togolais conformément aux normes internationales du travail. Le Gouvernement s’emploiera également à créer un Observatoire de la migration et de la diaspora et à faciliter les démarches consulaires et administratives des membres de sa diaspora dans les pays de résidence.

Il convient de noter que plusieurs projets en faveur de la diaspora sont inscrits dans cette feuille de route.

Au demeurant, il faut rappeler que le Gouvernement a déjà eu à mener en faveur de la diaspora togolaise plusieurs actions. Au titre de celles-ci l’on peut retenir, entre autres, la création de la direction des Togolais de l’extérieur par décret en 2005 ; la création au cours de la même année du Haut-commissariat aux rapatriés et à l’action humanitaire (HCRAH) ; l’élaboration et la mise en œuvre du programme Diaspora portant  notamment sur le recours aux compétences de la diaspora (2010-2014) ; la création en 2014 du comité interministériel chargé de la coordination et du suivi des activités de migration et développement ; la mise en place d’une cellule diaspora chargée d’accompagner les Togolais de l’extérieur porteurs de projets dans leur mise en œuvre ; la désignation depuis 2015 de points focaux chargés de la diaspora dans les missions diplomatiques et consulaires du Togo ; des tournées de rencontre avec la diaspora en 2013 et 2014 ; l’organisation des grandes assises de la diaspora en 2014 ; l’exemption de visa pour les Togolais de l’extérieur détenteurs d’une double nationalité (2014); l’organisation de la première édition de la semaine des « Réussites Diaspora » (2016).

Sur un autre registre, le Gouvernement accorde une importance de choix à la diaspora togolaise dans la perspective de la contribution de tous les Togolais et de toutes les Togolaises à la construction nationale, en l’occurrence pour la mise en œuvre du Plan National de Développement (PND).

Aussi, le Gouvernement se propose-t-il d’organiser à partir de mai 2019 des actions de sensibilisation des Togolais de l’extérieur sur cette nouvelle vision notamment le Forum Economique des Togolais de l’Extérieur prévu pour les  28 et 29 novembre 2019.

                                                                                                                                Fait à Lomé, le 1er avril 2019

Discours du Ministre Robert Dussey lors du lancement de la feuille de route des Togolais de l’extérieur

MOT INTRODUCTIF DU PROF. ROBERT DUSSEY, MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGÈRES, DE L’INTEGRATION AFRICAINE ET DES TOGOLAIS DE L’EXTERIEUR À L’OCCASION DU LANCEMENT DE LA FEUILLE DE ROUTE DE LA DIRECTION DES TOGOLAIS DE L’EXTERIEUR

 

Excellence Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Internationales et des Organisations de la société civile,

Monsieur le Secrétaire général,

Monsieur le Directeur de cabinet,

Mesdames et Messieurs les Directeurs,

Mesdames et Messieurs les Chefs de Division,

Chers amis de la presse,

Mesdames et Messieurs,

C’est avec un réel plaisir que je m’adresse à vous en ce jour de lancement de la feuille de route que le Chef de l’Etat, S.E.M. Faure ESSOZIMNA GNASSINGBE, a bien voulu nous confier dans le cadre du renforcement de la fibre patriotique qui lie le Togo à sa diaspora.

En décidant de changer la dénomination du Ministère des Affaires Etrangères, en y ajoutant : Togolais de l’Extérieur, le Président de la République a voulu montrer l’importance et le rôle de la diaspora dans le développement du Togo.

Il n’y a pas de nation, nous enseignent Ernest RENAN et aujourd’hui Jean BAECHLER, sans un sentiment de communauté de destin, sans une conscience nationale.

Le destin chez les stoïciens est absolu, le stoïcisme a ainsi une conception déterministe du cosmos. Le destin est la chaine causale des évènements. Cicéron écrit dans son traité de la devination : « J’appelle destin (fotum) ce que les hommes nomment l’heimarméné, c’est-à-dire, l’ordre et la série des causes, lorsque une cause liée à une autre produit d’elle même un effet (…) on comprend que le destin n’est pas ce qu’entend la superstition mais ce que dit la science, à savoir la cause éternelle des choses, en vertu de laquelle les faits passés sont arrivés, les présents arrivent et les futurs doivent arriver ».

L’universalité du destin n’exclut pas l’action humaine. Il l’intègre au sein de ses consolides.

La nation Togolaise est une communauté de citoyens et la communauté des Togolais de la diaspora est une part non négligeable de notre contrat social et forme la communauté de destin. Le nombre des Togolais de l’Extérieur est estimé aujourd’hui à plus de deux millions de personnes et les plus fortes communautés des Togolais sont signalées dans les pays voisins (Bénin, Ghana, Burkina Faso), au Nigéria, au Gabon, au Tchad, au Niger, en Guinée Equatoriale, en Europe (France, Allemagne, Belgique, etc.) et dans certains pays du continent américain (Canada, Etats-Unis, etc.).

La feuille de route qui sera présentée lors de cette cérémonie par le Directeur des Togolais de l’Extérieur fait de la protection et de la défense des intérêts des Togolais de l’extérieur une priorité nationale. Les compatriotes, parce que l’un des besoins basiques de tout être humain est le besoin de sécurité, où qu’ils soient dans le monde, doivent se sentir en sécurité et protégés. Nos compatriotes de la diaspora ont le droit d’attendre de la mère-patrie plus de protection.

La mise en œuvre de la feuille de route permettra à notre pays de faire de la diaspora, un partenaire stratégique du Plan National de Développement(PND), notamment à travers la promotion des transferts de compétences et d’activités, le renforcement des relations entre les acteurs nationaux et les togolais expatriés, et la mobilisation de ressources.

La nouvelle politique du Gouvernement en direction des compatriotes de l’extérieur repose sur une conviction profonde : notre projet de construction nationale est un projet orienté vers l’avenir, qui a besoin du concours de tous. La diaspora y joue déjà un rôle, mais elle peut encore faire mieux.

Je vous rappelle, pour mémoire, que les transferts monétaires des Togolais de l’extérieur vers la patrie n’ont cessé de connaître une évolution exponentielle depuis 2010 pour atteindre près de 423 millions de dollars US au cours de l’année 2017. Ce qui représente, en moyenne, environ 10% du produit intérieur brut (PIB) de notre pays.

Le Gouvernement travaille à créer les conditions d’une implication plus forte de la diaspora à l’œuvre de construction nationale. C’est ici le lieu de rappeler les actions que le Gouvernement a déjà eues à réaliser en faveur de la diaspora. Je puis mentionner, entre autres, la création de la Direction des Togolais de l’extérieur par décret en 2005 ; l’élaboration et la mise en œuvre du programme Diaspora portant notamment sur les recours aux compétences de la diaspora et la réalisation des études (2010-2014) ; la création en 2014 d’un comité interministériel chargé de la coordination et du suivi des activités de migration et développement ; la mise en place d’une cellule diaspora chargé d’accompagner les Togolais de l’extérieur porteurs de projets ; la désignation depuis 2015 de points focaux chargés de la diaspora dans les missions diplomatiques et consulaires du Togo ; les tournées de rencontres avec la diaspora en 2013 et 2014, et qui seront renouvelées cette année ; l’organisation des grandes assises nationales par zone géographique de la diaspora en 2014 ; l’exemption de visa pour les Togolais de l’extérieur détenteurs d’une double nationalité en 2014 et l’organisation de la première édition de la semaine des « Réussites Diaspora » en 2016.

Au demeurant, le Gouvernement s’active à renforcer la liberté positive des Togolais de la diaspora où qu’ils soient, et où qu’ils travaillent. La liberté du citoyen, comme nous l’enseigne Amartya SEN (Indien, prix Nobel d’économie en 1998 et philosophe), est une responsabilité sociale et politique. Le Président de la République et le Gouvernement togolais ont bien conscience de cette vérité fondamentale.

Le Gouvernement organisera les 28 et 29 novembre 2019 le premier Forum Economique des Togolais de l’Extérieur qui constituera un cadre approprié pour le Gouvernement et les membres de la diaspora porteurs de projets d’explorer les capacités de financement des togolais de l’Extérieur et de les mobiliser pour la mise en œuvre du PND.

Vivre la diaspora togolaise,

Vive le Togo,

Je vous remercie.

 

Le Diplomag n°18 est disponible en téléchargement!

DiploMag, le magazine publié par le Ministère togolais des Affaires étrangères, dans sa dix-huitième parution du ce premier trimestre 2019, fait le bilan de l’action diplomatique togolaise en 2018 et revient sur les contours du futur accord ACP-UE Post-Cotonou 2020.

Découvrir ci-après l’éditorial signé par le Ministre Robert Dussey :

L’année 2018 appartient au passé, la nouvelle ne vient que de commencer, celle à venir nous talonne déjà. Vladimir Jankélévitch se demandait un jour : ‘‘ comment des années si courtes se fabriquent-elles avec des journées si longues ?’’ Le temps est fuite et lieu de déploiement de l’existence humaine. L’être humain naît dans le temps, vit dans le temps, agit dans le temps et meurt dans le temps. La dimension de la temporalité liée à l’action est très essentielle dans ce que la philosophe Hannah Arendt appelle le « domaine des affaires humaines ». Par nos actions, où qu’on soit, qui qu’on soit, quoi qu’on veut, nous impactons le monde et de diverses manières.

L’histoire du monde dans une proportion non négligeable est celle de l’homme et de son action. Celle du Togo est celle de ses fils, leurs actions et interactions, engagements et espérances. Sur le plan diplomatique, l’année 2018 est marquée au Togo par un ensemble d’actions réalisées sous l’impulsion du Président de la République, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, dont la vision et l’esprit d’anticipation ont permis d’améliorer le rayonnement international du pays.

Le Togo a non seulement mis son leadership au service de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) au cours de l’année écoulée, mais également organisé et abrité de grandes rencontres internationales, et préside actuellement le Groupe Central de Négociation des Etats ACP pour le post- Cotonou, l’accord de Cotonou arrivant à terme en février 2020. Le présent numéro de DIPLOMAG revient sur quelques séquences fortes de la diplomatie togolaise durant l’année 2018. Il s’agit pour la diplomatie togolaise d’une occasion d’écriture de soi dans une perspective rétrospective. Cet éditorial met en exergue dans une démarche synthétique deux moments clés de l’action diplomatique du Togo en 2018 et les perspectives pour cette nouvelle année…. ”

La suite à lire dans le magazine disponible en téléchargement : Cliquez-ici

46e Session du Conseil Des Ministres des Affaires Etrangères de l’OCI

COMMUNIQUE  RELATIF  A  LA PARTICIPATION DE SON EXCELLENCE PROFESSEUR  ROBERT DUSSEY,  MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES,  DE L’INTEGRATION AFRICAINE ET DES TOGOLAIS DE L’EXTERIEUR DE LA REPUBLIQUE TOGOLAISE, A LA 46E SESSION DU CONSEIL DES MINISTRES DES AFFAIRES ETRANGERES DE L’ORGANISATION DE LA COOPÉRATION ISLAMIQUE (OCI)

ABU DHABI, LE 02 MARS 2019

  1. Sur invitation de Son Excellence Dr Youssef A. Al-Othaimee, Secrétaire général de l’Organisation de la Coopération Islamique ( OCI) et du gouvernement de l’Etat des Emirats arabes Unis, Son Excellence Professeur Robert DUSSEY, Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur de la République Togolaise, a pris part à la 46e session du Conseil des Ministres des Affaires de l’OCI qui s’est tenue les 1er et 02 mars 2019 à Abu Dhabi (Les Emirats arabes Unis).
  2. Placé sous le thème « Cinquante années de coopération intra-islamique : feuille de route pour la prospérité et le développement », les ministres des affaires étrangères ont fait durant la 46e session le bilan de cette coopération, relevé ses limites et posé les bases pour son renforcement en faveur du développement économique au sein de l’Oummah islamique.
  3. Au cours des travaux, le Conseil a examiné les différents rapports du Secrétaire général, adopté des projets de résolutions sur les questions politiques, institutionnelles, humanitaires, financières et d’autres sujets d’intérêt commun tels que l’importance de la sauvegarde de la cohésion de l’Oummah, le progrès de la science et de la technologie, la protection de l’environnement, le commerce intra-OCI, la réduction de la pauvreté. Il a également procédé à l’élection des neuf (09) membres de la Commission indépendante permanente des droits de l’homme de l’OCI (CPIDH) pour un mandat de trois (03) ans.
  4. Le Conseil  a également  mis l’accent sur les défis actuels et futurs que l’OCI doit relever en occurrence le terrorisme, la criminalité transfrontalière, l’islamophobie, l’extrémisme religieux,  la préservation de l’environnement, l’autonomisation de la femme, le respect des droits des minorités religieuses.
  5. Concernant les perspectives, le Conseil a admis que l’OCI devrait évoluer du statut d’organisation politique vers celui d’organisation économique qui œuvre pour le renforcement de la coopération intra-islamique et le développement économique deses Etats membres.
  6. A cet effet, la 46e session a adoptéle projet de résolution sur le programme d’action OCI-2025qui encourage les Etats membres à manifester leur intérêt pour les projets spécifiques qu’ils souhaitent entreprendre individuellement ou collectivement en vue de la réalisation des objectifs et activités du programme.
  7. Le Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur, Son Excellence Prof. Robert DUSSEY, a invité dans ce sens les Etats membres de l’OCI à apporter un regard bienveillant au Plan National de Développement (PND) 2018-2022 qui constitue désormais l’unique cadre de référence en matière de développement au Togo et qui offre d’énormes opportunités d’investissement.
  8. Le Chef de la diplomatie togolaise a présenté les projets majeurs du PND qui s’articulent autour de trois (03) axes majeurs à savoir la création d’un hub logistique d’excellence et d’un centre d’affaires de premier ordre dans la sous-région ; le développement des pôles de transformation agricole, manufacturiers et d’industries extractives ; ainsi que la consolidation  du développement social et le renforcement des mécanismes d’inclusion.
  9. A l’issue de cette 46e session du Conseil des ministres des affaires étrangères de l’OCI, Son Excellence Prof. Robert DUSSEY a exprimé ses remerciements au Gouvernement et au peuple ami émirati pour l’accueil chaleureux qui lui a été réservé ainsi qu’à sa délégation.
  10. En marge de cette conférence, le Ministre des Affaires Etrangères s’est entretenu avec plusieurs personnalités entre autres ses homologues d’Azerbaïdjan,  de Brunei, du Tadjikistan. Lors des différentes rencontres, les deux parties ont décidé de renforcer leur coopération bilatérale, d’organiser une rencontre entre le secteur privé et de préparer un mémorandum d’entente définissant les contours de la nouvelle dynamique de leurs relations diplomatiques.
  11. S’agissant de la coopération entre les Emirats Arabes Unis et le Togo, le Ministre DUSSEY a demandé  à son homologue émirati, le Cheikh Abdallah Ben Zayed Al Nahyane, de transmettre les salutations du Président de la République, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, au Président  des Emirats Arabes Unis, le Khalifa Ben Zayed Al Nahyane.
  12. Le Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale des Emirats Arabes Unis a félicité le gouvernement togolais pour ses efforts en vue de la réalisation du PND, présenté au cours de la conférence, et promis le soutien de son gouvernement au Togo en vue de la réalisation des objectifs issus de ce programme. Les deux ministres ont également souhaité des visites régulières entre les plus hautes autorités.

Consultations politiques UE-Pacifique sur les protocoles régionaux à Samoa

Communiqué de Presse

Les 25 et 26 février 2019, Son Excellence Prof. Robert DUSSEY, Ministre des Affaires Étrangères, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur,  et Négociateur en Chef du Groupe ACP pour le post-Cotonou, a pris part à Apia, capitale de l’État Indépendant de Samoa, aux consultations politiques UE-Pacifique sur les protocoles régionaux co-organisées par la Commission Européenne et le Gouvernement du Samoa. Pendant son séjour, le Chef de la diplomatie togolaise a eu, en dehors des travaux, des rencontres avec plusieurs personnalités.

Dans son intervention au premier jour des travaux, le Négociateur en Chef du Groupe ACP, après avoir souligné le caractère historique et mémorable des assises, a présenté un rapport sur l’état d’avancement des négociations ACP-UE aux Chefs d’État et de gouvernement et aux chefs de délégation des pays membres du FORUM du Pacifique.

Au second jour des travaux, le Prof. Robert DUSSEY a fait une autre présentation sur les contours et le contenu des négociations sur les piliers régionaux du nouvel accord. Il a décliné les perspectives du Post-Cotonou pour les trois entités négociatrices régionales à savoir l’Afrique, les Caraïbes et le Pacifique.

Il s’agira pour chacune des trois régions de négocier, dans le cadre du Groupe ACP, son protocole régional en fonction de ses spécificités et priorités stratégiques. Le nouvel accord, selon le Négociateur en Chef des ACP, comportera trois partenariats régionaux à savoir Partenariat Afrique-UE, partenariat Caraïbes-UE et partenariat Pacifique-UE, avec un socle commun applicable à tous.

Au titre des rencontres en marge des travaux, il s’est entretenu sur les enjeux des consultations régionales avec Dr. Patrick GOMES, Secrétaire général des ACP et Neven MIMICA, Commissaire européen en charge de la Coopération internationale et développement, et Négociateur en Chef de l’UE pour le post-Cotonou.

Sur le plan bilatéral, le Ministre Robert DUSSEY a été reçu en audience le 25 février  par l’Honorable Tuilaepa Malielegaoi, Premier Ministre, Chef de gouvernement de l’État Indépendant de SAMOA.  L’entretien entre les deux hommes s’est déroulé dans une ambiance très détendue et le Chef de la diplomatie togolaise a saisi l’occasion pour transmettre les salutations cordiales de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE au Premier Ministre samoan et a demandé le renforcement de leur coopération. Le Prof. Robert DUSSEY a invité, au nom du Président, le Premier Ministre samoan à effectuer une visite officielle au Togo et celui-ci a accepté le principe de l’invitation.

Le Premier Ministre des Samoa Tuilaepa Sailele Malielegaoi et Robert Dussey 

Le Chef de la diplomatie togolaise a été également reçu en audience par l’Honorable Enele SOPOAGA, Premier Ministre de Tuvalu. Les discussions entre les deux personnalités ont porté sur les possibilités de coopération entre les deux pays, la signature d’un mémorandum contenant le principe de coopération politique, de coopération au sein des organisations internationales à travers des soutiens réciproques, la coopération dans le domaine de la gouvernance des océans, notamment l’économie blue.

Enele Sopoaga, Premier Ministre des Tuvalu et Robert Dussey

Le Premier Ministre de Tuvalu a félicité le Président et le Togo pour le nouveau Plan National de Développement (PND), gage de l’émergence et du développement inclusif du Togo. Il a invité le Prof. Robert DUSSEY à effectuer une visite officielle à Tuvalu.

Avec Henry Puna, Premier Ministre des Îles Cook

Enfin, au cours de la journée du 27 février, le Ministre DUSSEY a discuté avec le Vice-Président de Kiribati, S.E.M. Kourabi NENEM et le Premier Ministre, Ministre des affaires étrangères de Cook Island, Honorable Henry PUNA, sur des questions de coopération bilatérale. S’agissant de la coopération entre le Kiribati et le Togo, S.E.M. Kourabi NENEM et Prof. Robert DUSSEY ont décidé d’instruire leurs Ambassadeurs à New-York pour échanger sur les contours et le contenu d’un mémorandum d’entente.

Avec Kourabi Nemen, Vice-Président des Kiribati

Fait à Apia le 27 février 2019

Rencontre de Haut Niveau des ACP du Pacifique à Apia

Robert Dussey, Ministre togolais des Affaires Etrangères et Chef des Négociations du Groupe ACP Post-Cotonou 2020, participe à la réunion de deux jours, qui commence aujourd’hui, à Apia, la capitale des Samoa, et qui a pour objectif d’engager des discussions et un dialogue approfondis avec l’UE dans la perspective de la finalisation d’un nouvel accord entre l’UE et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP).

Le dialogue est convoqué dans le cadre des consultations politiques entre les différentes régions ACP et l’UE sur les négociations en vue d’un accord post-Cotonou, conformément aux processus approuvés par le Groupe ACP et l’UE lors du lancement des négociations en novembre 2018.

En marge de cette rencontre, le ministre Robert Dussey a eu un entretien avec le Premier Ministre des Samoa Tuilaepa Sailele Malielegaoi.

Allocution de Présentation du Livre “Togo 2017-2018 – Présidence en exercice de la CEDEAO”

par le Ministre togolais des Affaires Etrangères du Togo

Le Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur a procédé à la présentation du Livre “Togo 2017-2018, Présidence en Exercice de la CEDEAO”, ce 19 février 2019.

Diner d’au-revoir en l’honneur de l’ambassadeur des USA David Gilmour

‘L’action n’apporte pas toujours le bonheur, mais il n’y a pas de bonheur sans action’. Citant l’auteur américain William James, le ministre des affaires étrangères, Robert Dussey, a rendu un chaleureux hommage lundi soir à David Gilmour, l’ambassadeur américain, arrivé au terme de sa mission au Togo.

Il a salué ‘non seulement le diplomate exceptionnel que vous êtes, mais aussi l’ensemble des actions que vous avez entreprises au cours de votre mission  au côté du gouvernement en faveur de ses populations’.

Les Togolais ont, et garderont de vous, l’image d’un diplomate exemplaire, a souligné M. Dussey. 

‘L’histoire est l’allié des hommes qui forgent l’histoire parce qu’elle sait se souvenir d’eux et de leurs actions. La postérité dira de vous et des souvenirs diplomatiques de nos deux pays : un diplomate américain du nom de David Gilmour a vécu au Togo de 2015 à 2019′, a conclu le chef de la diplomatie togolaise.

Robert Dussey à la Conférence de Munich sur la Sécurité 2019

En marge de la Conférence de Munich sur la Sécurité, le Prof. Robert Dussey, Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur a rencontré son homologue de la Fédération de Russie, S.E.M. Serguei Lavrov, le 16 février 2019.

Au cours de leur rencontre, les ministres Robert Dussey et Serguei Lavrov ont procédé à un tour d’horizon des questions bilatérales et internationales. Au titre des relations bilatérales, les deux ministres ont apprécié et salué la qualité de leur coopération au plan politique et convenu de leur renforcement dans l’intérêt majeur de leurs deux pays et de leurs peuples.

Sur le même plan ils ont porté une attention particulière sur les questions de développement, notamment en ce qui concerne le ‘’ Doing Business’’, l’agriculture et la formation dans divers domaines, entre autres, secteurs prioritaires du Programme National de Développement (PND).

Dans le souci de promouvoir leurs économies, les deux ministres ont convenu d’encourager des missions économiques dans leurs pays respectifs et d’étudier les possibilités d’accroitre le volume de leurs échanges commerciaux.

Sur le plan multilatéral, les ministres Robert Dussey et Serguei Lavrov ont salué le rôle, les initiatives et les actions de leurs pays, en particulier au sein des Nations Unies, en vue de la sauvegarde et du maintien de la paix en Afrique et ailleurs dans le monde. Dans ce sens, ils ont souligné leur attachement à la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes et contre la piraterie maritime.

En outre, ils ont réitéré l’engagement et la détermination de leurs pays à œuvrer pour la promotion des relations économiques et commerciales justes et équitables dans le monde.

Les discussions ont également porté sur le Sommet Russie-Afrique, auquel le Président de la République, S.E.M. Faure Essozimna GNASSINGBE, a été invité, ainsi que sur le Forum économique qui se tiendront en Russie cette année. Les discussions entre les deux ministres se sont déroulées dans une atmosphère empreinte d’amitié et de cordialité.

Fait à Munich, le 16 février 2019

Ministre des Affaires Étrangères, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur

Robert Dussey : «L’accord post-Cotonou vise la réalisation du développement économique et durable des pays ACP»

Extrait de Notre Afrik N°82 de Janvier-Février-Mars 2019

Robert Dussey est le ministre des Affaires étrangères du Togo et le négociateur en chef du groupe des pays ACP avec l’Union européenne pour la mise place d’un nouvel accord. Dans cette interview accordée à Notre Afrik, il explique notamment les contours ainsi que les finalités de ces discussions.

Notre Afrik : Où en sont les négociations entre les 79 pays du groupe ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et l’Union européenne afin de parvenir à un nouvel accord de coopération?

Robert Dussey : lancé le 18 octobre 2018 par Monsieur Stefano Manservici pour la partie européenne et moi-même, et mené au niveau technique par le Groupe central de négociation (GCN) au niveau des Ambassadeurs ACP et les hauts fonctionnaires de l’Union européenne, le premier cycle de négociation vient de prendre fin. Lors d’une réunion qui s’est tenue le 14 décembre 2018 à la Maison ACP à Bruxelles, les négociateurs en chef des deux parties ont pris note du rapport d’étape et salué les progrès réalisés en un temps record, par les deux équipes de négociation. Elles sont en effet parvenues à harmoniser, pour l’essentiel, les priorités stratégiques du mandat de négociation ACP avec les directives de négociation de l’UE et ont trouvé un consensus sur l’esquisse de la structure du prochain accord. Elles se sont également accordées sur la nature du prochain accord de partenariat.

Celui-ci sera un accord unique, comportant un socle commun et trois protocoles régionaux (Afrique, Caraïbes et Pacifique) qui revêtiront ensemble un caractère juridiquement contraignant. Il faut dire que contrairement aux directives de négociation de l’Union européenne, le mandat ACP adopté en mai 2018 à Lomé n’a pas prévu de protocoles régionaux. Pour arriver à un compromis, la 108ème session du Conseil des ministres ACP réunie à Bruxelles les 13 et 14 décembre 2018, faisant sienne la nécessité pour les parties de faire preuve de souplesse et de flexibilité dans leur approche, a dû prendre une décision pour réviser le mandat ACP en ce sens. Il s’agit d’une concession de taille qui mérite d’être saluée. Nous n’allons pas cacher notre satisfaction quant à ces avancées notables.

Nous reconnaissons toutefois que le travail qui reste à accomplir est colossal et nécessite beaucoup d’engagement et de disponibilité des acteurs. Mais nous sommes encouragés par le fait que les deux parties ont fait preuve jusque-là d’un esprit positif de compromis qui devrait aider à atteindre un résultat significatif lors du deuxième round de négociation qui commence dès janvier 2019.

Quelles sont les attentes des pays ACP par rapport à ces négociations ? Quelles sont les demandes spécifiques de l’Afrique notamment pour ce nouvel accord. Grandes et nombreuses sont les attentes des pays ACP par rapport au processus de négociation en cours.

Il n’est ainsi pas superflu de rappeler que l’objectif de l’accord de Cotonou était la réduction et, à terme, l’éradication de la pauvreté dans les Etats ACP. Après presque 20 ans de mise en oeuvre, on est obligé de constater que le verdict des chiffres est sans appel. En effet, sur les 48 pays les moins avancés dans le monde, 39 appartiennent au Groupe ACP.

Visiblement, cet objectif n’est pas atteint. Il est dès lors évident que quelque chose n’a pas bien fonctionné dans ce partenariat. Par conséquent, il est impératif de réorienter les relations unissant les deux parties vers un partenariat plus équilibré et guidé par de échanges politiques plus ouverts et plus visionnaires, et des accords de coopération assortis de réalisations et de résultats clairs, centrés sur le développement et les personnes.

Ceci dit, pour les ACP, l’objectif principal de l’accord post-Cotonou est de contribuer à la réalisation du développement économique et durable de ses États membres, conformément à l’Agenda 2030 et aux ODD, par le biais d’un partenariat renforcé et approfondi, avec un Groupe ACP jouant plus efficacement son rôle d’acteur mondial. Une des attentes des Etats ACP est de saisir l’occasion unique qu’offrent les négociations actuellement en cours pour conclure un nouveau partenariat qui, tout en consolidant les acquis de l’accord de Cotonou, permettra la mise en place de relations fondées sur l’égalité et le respect mutuel ainsi que sur les principes de la cogestion de l’aide au développement, laquelle doit sortir de la logique du donateur-bénéficiaire.

Il doit permettre aussi un engagement ferme en faveur de la paix et de la sécurité, la promotion de l’intégration régionale et un soutien sans équivoque au multilatéralisme. Quant à l’Afrique, il faut dire qu’elle s’était prononcée très tôt pour une approche beaucoup plus régionale à travers la négociation d’un partenariat de continent à continent avec l’Europe afin de tenir compte de ses spécificités. Tel est le sens de la décision prise en mars 2017 par le Conseil exécutif de l’Union africaine.

Cette position n’a pas reçu une grande adhésion au sein du groupe ACP si bien que le 18 novembre passé, le sommet extraordinaire des Chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine a marqué son appui pour la poursuite du processus de négociation engagé par les pays ACP mais demande que les experts de l’UA soient associés à la négociation du protocole régional africain.

Les priorités stratégiques de l’Afrique dans ses relations avec l’Europe seront définies à cette occasion. Sans préjuger de ce qu’il en sera, on peut penser que les questions de migration, de paix et sécurité, de gouvernance politique, de coopération au développement et de l’industrialisation y figureront en bonne place.

Quelles ont été les principales faiblesses de l’actuel accord et quelles sont les améliorations à apporter dans le nouveau?

Beaucoup de paramètres ont contribué à diluer, au fil du temps, la pertinence de l’Accord de Cotonou. L’une des faiblesses consubstantielles du partenariat ACP est l’image de relations post-coloniales à laquelle il renvoie, à tort ou à raison. À cela, s’ajoute le faible intérêt des deux parties vis-à-vis de ce partenariat, comme en témoigne le niveau de représentativité aux principales rencontres des institutions conjointes, et le faible rayonnement de ce partenariat. Que ce soit en Europe ou dans les pays ACP, en dehors de cercles restreints directement concernés par le sujet, peu de citoyens ont connaissance de ce partenariat et de ses résultats.

De même, le dialogue politique qui devrait permettre, entre autres, de définir et de défendre des positions communes dans les instances internationales afin de mieux influencer la gouvernance mondiale dans l’intérêt des pays partenaires, n’a été qu’insuffisamment exploité. On peut aussi relever l’orientation du partenariat ACP-UE beaucoup trop tourné vers l’Union européenne et le FED mais là, il ne s’agit pas d’une faiblesse intrinsèque à l’accord lui-même mais de sa mise en oeuvre.

La conclusion d’un nouvel accord équilibré qui promeut une relation d’égal à égal fondé sur le respect mutuel entre les parties prenantes sera déjà une importante amélioration. Il faut aussi que le groupe ACP travaille à diversifier ses relations. Ce début de siècle a vu l’émergence de nouvelles puissances économiques qui peuvent être de très bons partenaires à la fois politiques et commerciaux : la Chine, le Brésil, l’inde, etc.

Au-delà de tout, il faut que le Groupe ACP fasse sa mutation et sa restructuration afin de devenir un acteur influent sur la scène mondiale, comme l’ambitionnent ses membres. Cela passe par la recherche d’une autonomie financière, la mise en place d’organes dynamiques et proactifs qui peuvent capter et explorer toutes les opportunités et le renforcement de la coopération intra-ACP. Le processus de révision de l’Accord de Georgetown actuellement devrait y conduire, nous en sommes convaincus.

Les négociations de Bruxelles doivent aboutir à un accord sur un socle commun et trois partenariats régionaux. En quoi cela va-t-il consister concrètement ?

Effectivement, l’Union européenne et les pays ACP se sont accordés sur la forme du prochain accord. Il s’agira d’un accord principal, dont l’ossature vient d’être approuvée, et trois protocoles régionaux (UE-Afrique, UE-Caraïbes et UE-Pacifique), le tout formant un accord unique. L’idée des protocoles régionaux est de tenir compte des priorités et particularités de chacune des composantes du Groupe ACP.

Vous conviendrez avec moi que les défis auxquels l’Afrique est confrontée ne sont pas les mêmes que ceux du Pacifique ou des Caraïbes. Pour certaines régions, la priorité est la lutte contre les effets du changement climatique, pour d’autres, c’est la gouvernance des océans ou l’économie bleue, si ce n’est la migration, l’intégration régionale ou la paix et la sécurité.

L’objectif est la recherche de plus d’efficacité et de cohérence. Actuellement, en dehors du cadre ACP, l’union européenne a d’autres cadres de coopération avec chacune des régions ACP. Le schéma retenu permettra de les fusionner.

Au niveau panafricain, l’Union africaine est engagée dans une série de réformes. Quelles sont, selon vous, les réformes importantes qui doivent être engagées au sein de cette institution?

Le sommet extraordinaire des Chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine qui s’est tenu les 17 et 18 novembre 2018 a pris des décisions importantes pour la réforme de notre organisation panafricaine allant dans le sens de l’amélioration de son efficacité. Au rang de ces mesures, on peut citer la révision de la procédure de désignation des membres de la Commission, l’idée étant de réinstaurer la hiérarchie du Président sur les Commissaires. A cela s’ajoute l’élargissement des domaines de compétences de la commission et des Communautés économiques régionales (CER). Il y a aussi la réduction du nombre des réunions statutaires.

Mais la réforme la plus importante, à notre avis, est celle du mécanisme de financement de l’UA. Notez, par exemple, que le budget 2019 de notre organisation est financé à hauteur de 54% par des contributions étrangères. Il va sans dire que cela compromet l’indépendance de notre organisation. Un adage populaire dit que « qui reçoit un cadeau vent sa liberté ».

C’est donc à juste titre que je salue l’instauration du prélèvement spécial de 0,2% sur l’importation de certains produits afin d’aider les États membres à honorer, et à temps, leurs engagements financiers vis-à-vis de l’Union africaine. Cette décision, ajoutée à l’application des sanctions à l’endroit des États membres qui cumulent des arriérées de contributions, permettra d’assurer l’autonomie financière indispensable à l’indépendance de notre organisation.

Dans le rapport de la Banque africaine de développement intitulé « Visa Openness Index », qui analyse les politiques d’ouverture sur les visas au sein des pays du continent, le Togo se classe à la cinquième place. Quelle est la politique du Togo en matière de délivrance de visa actuellement et comment expliquez-vous les choix stratégiques du pays à ce sujet?

Ce classement est tout simplement la constatation de l’ouverture de mon pays au reste du monde. La politique étrangère du Togo est résolument panafricaniste. Très tôt, nous nous sommes engagés à promouvoir l’intégration africaine. Quoiqu’on relève ci et là quelques couacs, nous pouvons nous réjouir de l’effectivité de la libre circulation des personnes et des biens pour les ressortissants des 15 pays de notre espace communautaire, CEDEAO.

De façon générale, le Togo applique le système de visa à l’arrivée, ce qui permet à tout le monde de voyager sans problème jusqu’à une frontière du Togo où un visa lui sera donné. Croyez-moi, il s’agit d’une grande facilité. En plus, la diplomatie togolaise s’active à négocier avec des pays présentant un intérêt stratégique pour nous, des accords d’exemption de visa. En 2018, nous en avons signé avec la Namibie, le Qatar, le Royaume du Maroc, le Gabon et la République centrafricaine-

Au moment où on parle de la mise en place d’une zone de libreéchange continentale, il est toujours difficile pour un Africain de se déplacer sur le continent. N’estce pas paradoxal?

Je vous le concède, cela est paradoxal. Il incombe à l’Union africaine et à nos organisations sous régionales de mettre en place une réelle politique de libre circulation des personnes et des biens, condition sine qua non pour aller à plus d’intégration des peuples et des économies du continent.

Comment analysez-vous la mise en place de cette zone de libreéchange à laquelle le Togo a adhéré ?

Le Togo est fier de faire partie des États qui ont, à ce jour, ratifié l’accord de Kigali sur la Zone de Libre Échange Continentale Africaine. Cet accord est une étape importante dans la réalisation des attentes formulées par les pays africains dans le préambule de l’agenda 2063 visant notamment à créer un marché continental permettant la libre circulation des personnes et des biens. Le développement de l’Afrique passe inexorablement par le renforcement du commerce inter-africain.

Comment entrevoyez-vous l’intégration économique et politique en Afrique dans les prochaines années ?

La machine de l’intégration économique et politique en Afrique est déjà lancée. Elle va s’accélérer et se renforcer davantage au cours des années à venir, si l’on s’en tient à la tendance observée actuellement .

Robert Dussey : « Le partenariat avec l’Europe doit permettre de lever les obstacles au développement industriel de l’Afrique »

PROPOS RECUEILLIS PAR MICHEL LOBÉ EWANÉ

52 | FORBES AFRIQUE NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2018

La 108e session du Conseil des ministres ACP devait se tenir les 12 et 14 décembre 2018 à Bruxelles pour préparer le renouvellement de l’accord qui lie les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et l’Union européenne. L’Europe est-elle toujours disposée à aider l’Afrique, alors que la géographie économique et la géopolitique du monde sont en pleine mutation et que de nouveaux acteurs, comme la Chine, l’Inde ou la Russie, foncent sur le continent et bousculent les certitudes et les positions historiques de la « vieille Europe » ?

Forbes Afrique : Ce mois de décembre se tenait une session du Conseil des ministres des pays ACP à Bruxelles. À quel stade se trouve le processus de renouvellement de l’accord liant l’Union européenne au groupe de pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) ?

ROBERT DUSSEY : Les négociations en vue de la conclusion d’un nouvel accord qui devra encadrer le partenariat ACP-UE après février 2020 ont effectivement démarré le 18 octobre dernier à Bruxelles, après un lancement formel le 28 septembre à New York. Les travaux ont assez bien évolué. Le groupe central de négociation ACP au niveau des ambassadeurs et les hauts fonctionnaires de l’Union européenne ont tenu plusieurs sessions au titre de ce premier cycle de négociations qui a permis de se mettre d’accord sur les modalités pratiques de ces négociations.

Les deux parties sont également parvenues à un consensus sur la structure du prochain accord et travaillent actuellement à définir, chapitre par chapitre, les articles à y inclure. Elles ont aussi chargé l’équipe conjointe de rédaction d’élaborer un projet de texte qui sera soumis à l’examen des équipes techniques de négociation des deux parties. L’Union africaine est en train de mettre à la disposition des équipes de négociation des experts pour travailler ensemble afin de défendre les intérêts du continent dans le pilier africain. Car désormais, et contrairement aux précédents accords, il y aura trois piliers géographiques régionaux : l’Afrique, les Caraïbes et le Pacifique.

Pourquoi faut-il un groupe aussi large, englobant trois continents ayant des économies structurées de manières très différentes, pour aller négocier avec l’Union européenne! ? Pourquoi ne pas envisager des accords UE-UA ?

R. D. : Il faut remonter dans le temps, plus précisément à 1957 au moment de la conclusion du traité de Rome puis aux conventions de Yaoundé et de Lomé, pour comprendre les fondements historiques des relations entre l’Union européenne et les États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. Pourquoi un groupe aussi large? C’est là justement la singularité et aussi la force, quoiqu’insuffisamment exploitée jusque-là, à notre sens, du groupe ACP. Son partenariat avec l’Europe est le plus complet, car couvrant des champs aussi variés que la coopération au développement, la coopération économique  et commerciale et le dialogue politique.

Les économies des trois composantes du groupe ACP sont orientées de manière différente, mais il y a une caractéristique qui leur est commune : ce sont toutes des économies en développement qui sont généralement confrontées aux mêmes difficultés structurelles. D’où l’intérêt de se regrouper pour tenter d’infléchir, en leur faveur, certaines règles ou décisions relatives par exemple au commerce ou à la coopération internationale.

L’existence d’un accord de partenariat ACP-UE n’empêche nullement l’Afrique d’avoir un cadre de coopération spécifique avec l’Europe. D’ailleurs, les paradigmes sont en train de changer. Depuis le sommet UE-UA de novembre 2017 à Abidjan, la volonté des deux continents de travailler directement ensemble a été affirmée. Il y a déjà et il y aura encore des discussions de continent à continent. C’est une dynamique irréversible. que nous encourageons. Mais il faut du temps pour tout changer. Le cadre ACP-UE est déjà une réalité avec des instruments juridiques existants.

Alors que l’Accord de Cotonou expirera en 2020, quel bilan peut-on faire de quatre décennies de partenariat ACP-UE ?

R. D. : L’objectif de l’Accord de Cotonou était «!la réduction, et à terme, l’éradication de la pauvreté, en cohérence avec les objectifs de développement durable et l’intégration progressive des États ACP dans l’économie mondiale!». Si l’on considère que les ACP regroupent aujourd’hui le plus grand nombre de pays les moins avancés, sans oublier leur part marginale dans le commerce et l’économie mondiale ainsi que la faible influence qu’ils ont sur la gouvernance de la planète, on peut conclure que cet objectif n’est pas atteint, et donc que le bilan n’est pas positif.

Cependant, la situation est beaucoup plus mitigée qu’elle n’y paraît. En réalité,  la taille de l’économie africaine a triplé depuis 2010 et beaucoup de pays africains ont atteint le statut de pays à revenu intermédiaire. De plus, 11 des 20 économies à plus forte croissance dans le monde en 2017 se trouvent en Afrique, ce qui fait dire aux observateurs avisés qu’elle est le continent de l’avenir. Dans les Caraïbes, à l’exception de Haïti, tous les pays ont enregistré des performances louables et sont aujourd’hui des pays à revenu intermédiaire, avec un développement important du secteur des services. Quant aux pays du Pacifique, qui sont presque tous des États insulaires, ils ont aussi fait des progrès notables. Le partenariat ACPUE, à travers la facilitation du commerce, la coopération au développement mise en oeuvre à travers les programmes indicatifs nationaux et régionaux ainsi que le mécanisme de l’enveloppe intra-ACP, y a contribué substantiellement.

On a beaucoup décrié le déséquilibre dans la coopération entre les pays d’Afrique et l’Union européenne. L’Afrique fournit l’Europe en matières premières non transformées tandis que l’Europe lui revend une partie de sa manufacture issue de ces mêmes matières premières. La négociation tient-elle compte de cette réalité? L’industrialisation du continent sera-t-elle prise en compte dans la négociation du nouvel accord?

R. D. : Vous soulevez ici une question importante, celle de la création de la valeur ajoutée et, par ricochet, de l’industrialisation de l’Afrique. Elle fait partie des priorités stratégiques du groupe ACP pour le prochain accord. Pour les ACP, le partenariat doit permettre de lever les obstacles en matière d’infrastructures, de main-d’oeuvre qualifiée, de politiques et de réglementations qui entravent le développement industriel. Le partenariat devra également permettre, entre autres, une mise à niveau industrielle dans les pays ACP à travers l’amélioration de la productivité, l’entrepreneuriat, la recherche, l’innovation, le transfert et la diffusion de technologies. Il doit par ailleurs favoriser la coopération dans la création de zones industrielles et l’accroissement de la valeur ajoutée dans les pays possédant des richesses agricoles et minérales comme ceux d’Afrique, appuyer les politiques visant à développer l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes et promouvoir l’utilisation efficace de l’économie numérique et les investissements directs étrangers. Mais qu’on ne se voile pas la face. Le partenariat ACP-EU, comme aucun autre d’ailleurs, ne permettra pas à lui seul à l’Afrique de s’industrialiser, tout comme on ne peut pas non plus empêcher l’Europe de chercher en Afrique des débouchés pour ses marchandises. C’est à l’Afrique de s’industrialiser. Il faut pour ce faire une réelle volonté d’en faire une priorité et effectivement prendre des mesures rigoureuses et courageuses en ce sens.

Quelles sont les autres priorités stratégiques du groupe ACP que vous souhaitez faire adopter aux Européens ?

R. D. : Les ACP mettront également un accent particulier sur la paix et la sécurité,  le commerce et l’investissement étant un autre axe prioritaire qui doit permettre aux ACP d’accéder au développement durable et de s’intégrer dans l’économie mondiale. Les questions de la mobilité et de la migration, du changement climatique et du dividende démographique sont une autre source de préoccupation des ACP, sans oublier la gouvernance des océans et l’économie bleue, pour n’en citer que quelques-unes.

Pourquoi les pays africains souhaitent-ils la suppression de l’article 8 de l’Accord de Cotonou, qui donne la possibilité à l’Union européenne de prendre des sanctions en cas de problème de gouvernance ?

R. D. : Si on se réfère à ses objectifs, le dialogue politique n’a pas été une mauvaise chose. Il a été d’ailleurs suffisamment large et inclusif dans sa mise en oeuvre, la plupart du temps. Ce qu’on lui reproche, c’est qu’il a été dominé par l’Union européenne, qui n’a pas toujours respecté toutes les procédures prescrites par l’Accord de Cotonou avant de prendre, très souvent de façon unilatérale, des sanctions contre des États africains, ce qui a donné l’impression qu’il a plus été un instrument de déséquilibre et de domination qu’un cadre de concertation de partenaires égaux. Contrairement à ce que vous soutenez, les ACP ne cherchent pas la suppression de l’article 8, mais préconisent qu’il soit renégocié dans l’optique d’avoir un dialogue politique amélioré et équilibré, basé sur le respect mutuel et celui de la souveraineté des États.

L’Afrique veut mettre en place une zone de libre-échange continentale. Comment prendre en compte cette évolution dans le futur Accord de Cotonou ?

R. D. : L’adoption en mars 2018 de l’accord sur la zone de libre-échange continentale est une étape importante dans la marche vers la liberté de circulation des personnes et des biens en Afrique. Le mandat de négociation ACP n’a pas spécifiquement abordé la question de la prise en compte de cette évolution dans le prochain accord ACP. Il a toutefois  encouragé la promotion d’un régime commercial préférentiel, en tenant compte de ceux existant entre les pays ACP, tels qu’envisagés par le marché unique de la Caricom (CSME) ou la Zone de libre-échange continentale (ZLEC) africaine. Depuis le 11e  sommet extraordinaire de l’Union africaine qui s’est tenu à Addis-Abeba les 17 et 18 septembre, la décision importante a été prise d’encourager l’Union africaine à discuter directement  des questions prioritaires du continent telles que la zone de libre-échange économique, la migration ou encore les questions de paix et de sécurité.

 L’Europe a fait des questions migratoires l’un des enjeux de sa politique extérieure. Que lui proposerez-vous pour résoudre ce problème crucial! ?

R. D. : Les questions migratoires ne sont pas la préoccupation de l’Europe seule. Elles concernent également les pays africains dont les ressortissants sont nombreux à perdre la vie dans des conditions déplorables. Elles sont donc un enjeu aussi bien pour l’Europe que pour l’Afrique. Aucune des parties n’y parviendra seule. Quand bien même les approches de solutions peuvent être différentes d’un bord à l’autre de la Méditerranée, c’est à travers le dialogue et la concertation qu’on pourra trouver des solutions durables. La négociation du futur partenariat nous en donne l’occasion, fort heureusement. 

Le nouvel Accord de Cotonou se fera-t-il au détriment de la Chine?

R. D. : La Chine et l’Union européenne sont toutes les deux des partenaires stratégiques importants pour les ACP. Chacune a sa façon singulière de concevoir et de mettre en oeuvre sa relation avec les États ACP. Ces derniers et l’Afrique dans son ensemble ambitionnent de se développer et apprécient les soutiens des partenaires extérieurs qui sont en cohérence avec leurs priorités. Il revient aux Africains de tirer le meilleur profit de ces deux offres de partenariat, celui avec la Chine et celui avec l’Europe. Les deux ne sont pas exclusifs l’un et l’autre.