Interview: Bilan de l’action diplomatique en 2019 avec le Ministre Robert Dussey

Le Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur  le Prof  Robert DUSSEY se prononce sur les temps forts de l’action diplomatique du Togo en 2019

QUESTION 1 : 

Monsieur le Ministre, bonjour ! Dans quelques jours, nous franchirons le cap d’une nouvelle année. A l’heure du bilan, êtes-vous satisfaits de la contribution de la diplomatie à l’œuvre de construction du Togo et à la marche du monde ? 

REPONSE : Bonjour. Je vous remercie pour cette occasion que vous m’offrez de revenir, sur les faits marquants de l’activité diplomatique du Togo au cours de l’année 2019.

Je dirai que la diplomatie togolaise, sous l’impulsion du Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Faure GNASSINGBE, dont je salue la vision et la clairvoyance, a été de tous les rendez-vous aussi bien nationaux qu’internationaux, en vue d’accompagner les efforts du Gouvernement dans sa quête du mieux-être pour tous les fils et filles de notre pays.

Cependant, dire que j’en suis satisfait serait, faire preuve de suffisance et de minimalisme. L’espoir d’un Togo meilleur et prospère est un combat de tous les jours, un combat sans fin, dans lequel l’autosatisfaction ne saurait être de mise. Je peux cependant, dire que le personnel de mon département, aussi bien à la centrale que dans nos missions diplomatiques et consulaires, a donné le maximum pour l’atteinte des objectifs que nous nous sommes fixés en début d’année. Quant aux résultats, je laisse le soin aux Togolaises et Togolais, y compris vous les hommes de médias, d’apprécier.

Photo de famille avec la délégation sud-africaine officielle du Président sud-africain au Togo 

QUESTION 2 : 

Je voudrais, si vous le permettez, qu’on rentre dans le vif du sujet en évoquant une thématique sur laquelle vous avez été très actif. En début d’année, votre ministère s’est vu adjoindre  de nouvelles attributions, celles des Togolais de l’extérieur. Qu’est-ce qui a été fait en faveur de la diaspora durant ces 12 mois ?

Réponse : Il s’agit là d’une question très intéressante dans la mesure où un pan entier des activités du Ministère a été consacré cette année à la diaspora togolaise.

La diaspora togolaise,  comme celle d’ailleurs, qu’on l’accepte ou pas, est un acteur  devenu incontournable dans le processus de développement du continent. C’est un fait. Et il est d’ailleurs inutile de rappeler que le montant des transferts qu’elle envoie en Afrique, dépasse de loin l’aide publique au développement. De plus, le potentiel de ce que cette diaspora peut apporter en termes de compétence et de réseaux relationnels est énorme. Les Etats ont donc pris conscience de la place de la diaspora, riche de sa diversité et de ses intelligences, dans l’effort de développement et ont dès lors mis en place, ces dernières années, des politiques orientées vers l’intensification de la participation de leurs ressortissants de l’extérieur aux efforts nationaux de développement.

Le Togo n’est pas du reste. La volonté du Gouvernement de prendre en compte la diaspora dans le processus de développement de notre pays ne date pas d’aujourd’hui, comme vous semblez le dire. En effet, depuis 2005, le Gouvernement n’a cessé de multiplier les initiatives à la fois institutionnelles et administratives en faveur des Togolais de l’extérieur. Sans être exhaustif, on peut noter, pour illustrer :

  • La création par décret en 2005 de la Direction des Togolais de l’Extérieur au Ministère des Affaires étrangères, chargée de mettre en œuvre la politique du Gouvernement visant à la protection et la défense des intérêts des Togolais de l’extérieur ;
  • l’institution du programme diaspora en 2010 portant notamment sur le recours aux compétences de la diaspora (2010-2014) ;
  • la création en 2014 du comité interministériel chargé de la coordination et du suivi des activités de migration et développement ;
  • la mise en place d’une cellule diaspora chargée d’accompagner les Togolais de l’extérieur porteurs de projets dans leur mise en œuvre ;
  • la désignation depuis 2015 de points focaux chargés de la diaspora dans les missions diplomatiques et consulaires du Togo ;
  • des tournées de rencontre avec la diaspora entre 2013 et 2014 ;
  • l’organisation des grandes assises de la diaspora en 2014 à Lomé ;
  • l’exemption de visa pour les Togolais de l’extérieur détenteurs d’une double nationalité ;
  • l’organisation de la première édition de la semaine des « Réussites Diaspora » en 2016.

C’est dans cette lancée que le Gouvernement a consolidé son engagement vis-à-vis de nos compatriotes vivant à l’étranger à travers de nouvelles attributions pour le Ministère des Affaires étrangères, tutelle de cette diaspora, en prenant en compte dans son appellation « les Togolais de l’extérieur ».

Conformément à cette mission, qui en vérité n’est pas nouvelle, puisqu’elle s’inscrit dans la continuité des efforts déjà entamés par le gouvernement en faveur de sa diaspora, j’ai lancé le 1er avril 2019 au nom du Gouvernement, la Feuille de route des Togolais de l’extérieur qui porte sur plusieurs activités aux rangs desquels figurent notamment une meilleure organisation de la diaspora togolaise en vue de sa plus adéquate implication dans les efforts de développement national. Il s’agit de faire de la diaspora un interlocuteur des pouvoirs publics. Or, et tout le monde le sait, notre diaspora est extrêmement divisée et hétéroclite, d’où la nécessité de mieux l’organiser pour lui donner un visage. Le défi était grand dans la mesure où il s’agit de créer et d’instituer une logique d’unité à partir de la pluralité caractéristique de cette diaspora.

Nous avons donc lancé au début du mois de juillet le processus de vote en ligne ayant conduit à l’élection de soixante-dix-sept (77) Délégués-pays, membres du Haut Conseil des Togolais de l’Extérieur (HCTE) qui est une plateforme consultative et non partisane. Le HCTE se veut un cadre d’échanges et de travail entre le gouvernement et les Togolaises et Togolais de l’extérieur sur les questions de développement, de défense des droits et des intérêts de ces derniers.

Après leur élection, les 77 Délégués-pays, membres du HCTE se sont réunis pour la première fois à Lomé les 28 et 29 novembre 2019 à l’occasion du Forum « HCTE-Réussites diaspora ».

Les lauréats aux cotés du Ministre Robert Dussey lors de la deuxième édition de la Nuit des Réussites Diaspora

QUESTION 3 :

Justement monsieur le Ministre, que poursuiviez-vous à travers l’organisation du « Forum HCTE- Réussites diaspora » qui, selon beaucoup d’observateurs, a connu un éclatant succès ?

Réponse : Le « Forum HCTE- Réussites diaspora » répondait à deux objectifs principaux :

Premièrement, il a été l’occasion pour le Gouvernement d’entretenir les Délégués-pays sur leurs rôles, leurs missions, leurs responsabilités et le cadre juridique de leurs actions, de présenter la vision de développement qui sous-tend l’action gouvernementale, d’une part, et de définir avec eux, les conditions d’une contribution plus optimale de la diaspora aux efforts de développement du Togo, d’autre part. A l’issu du forum, les 77 Délégués pays du HCTE ont été officiellement installés dans leurs fonctions à l’occasion d’une cérémonie officielle présidée par le Premier Ministre, Monsieur Selom KLASSOU, au  nom du Président de la République, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE. Il faut également dire que les membres du HCTE ont pu mettre en place leur bureau, composé d’un Présidents et de quatre Vice-Président pour chacune des zones géographique (Afrique, Amérique, Europe et Asie-Océanie).

Deuxièmement, eu égard aux résultats satisfaisants de la première édition des « Réussites diaspora, le Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur a organisé la deuxième édition, pour célébrer l’excellence togolaise dans le monde.  La Nuit des Réussites Diaspora a eu lieu le 29 novembre 2019 au cours d’une belle soirée de gala au Palais de la Présidence de la République. Elle a révélé au monde cinq talentueux Togolais de la diaspora dont les réalisations et inventions ont contribué à faire avancer l’humanité. Leurs mérites étant reconnus dans leurs pays de résidence, leur patrie se fait le devoir de les honorer.

En célébrant la réussite de ces concitoyens, nous encourageons la culture de l’excellence.

Photo de famille lors de la cérémonie d’Installation des Délégués Pays du HCTE

QUESTION 4 : 

Un autre sujet d’actualité et pas des moindres, ce sont les négociations entre les ACP et l’UE en vue d’un accord post-Cotonou d’ici 2020. En votre qualité de négociateur en chef du groupe ACP, dites-nous ce qu’il en est ? Un accord est-il possible avant l’échéance de février 2020 ?

Réponse : Signé en 2000 pour une période de 20 ans, l’accord de Cotonou qui régit actuellement les relations entre les ACP et l’UE expire le 29 février 2020. Les négociations en vue de la conclusion d’un nouveau partenariat ont été lancées le 20 septembre 2018 à New York, en marge de la 73ème session de l’Assemblée générale des NU.

Les négociations en cours, visent à poser les jalons d’une nouvelle dynamique et d’une nouvelle coopération transcendant la coopération classique au développement.

Le partenariat ACP-UE est principalement axé sur l’éradication de la pauvreté et le développement durable et inclusif des pays ACP et des pays de l’UE. Il couvre trois domaines d’action essentiels: la coopération au développement, le dialogue politique et le commerce.

S’appuyant sur les enseignements tirés de 44 ans de coopération et tirant le meilleur parti du nouveau contexte, le futur accord pourra ouvrir des perspectives sans précédent. En nouant une alliance politique forte, les ACP et ses partenaires seront en mesure de mettre au point des solutions adaptées aux défis propres à chaque région, dont la croissance et la création d’emplois, le développement humain et la paix, les migrations et les questions de sécurité. Parmi les défis qui se posent actuellement à l’échelle mondiale, nombreux sont ceux qui requièrent une démarche concertée et multilatérale pour obtenir des résultats concrets.

Un an après le lancement des négociations ACP-UE post 2020, les discussions avancent dans la sérénité.

Le premier défi relevé a été de trouver un consensus sur le format du futur accord de partenariat. Il sera composé d’un socle commun applicable à tous les Etats membres et de trois piliers régionaux qui refléteront les spécificités et les besoins propres à chacune des régions  qui constituent les ACP. C’est dire que l’Afrique, les Caraïbes et les Pacifiques sont appelés à négocier directement leurs protocoles régionaux respectifs avec l’UE, à la lumière de leurs ambitions de développement. En responsabilisant ainsi les régions, le groupe ACP  a la conviction que celles-ci feront un travail de fond efficace.

Toutefois, il devient peu probable que ces négociations puissent s’achever avant le 29 février 2020, date d’expiration de l’Accord en cours. Déjà, le 23 mai 2019, le Conseil conjoint des Ministres ACP-UE, mesurant la complexité de la tâche, avait délégué ses pouvoirs au Comité conjoint des Ambassadeurs en vue d’adopter toutes mesures transitoires requises qui éviteraient une interruption du partenariat ou un vide juridique, au cas où les négociations  n’arriveraient pas à terme en temps voulu.

Les discussions sur ces mesures transitoires se poursuivent également entre les deux parties. Le moins que l’on puisse dire pour l’instant est que les deux parties s’accordent sur une seule prorogation de l’Accord de Cotonou avec pour date limite le 31 décembre 2020. Ce que je peux vous dire, c’est que nous mettons tout en œuvre pour progresser le plus rapidement possible afin que le paraphe du nouvel Accord puisse intervenir au plus tard en fin mars 2020.

De cette façon, nous pourrons disposer de suffisamment de temps pour apprêter le nouvel Accord en vue de sa signature.

Poursuite des négociations ACP-UE en vue de la signature de l’accord post-Cotonou 2020

QUESTION 5 :

Monsieur le Ministre, vous avez été également très offensif dans le cadre de relations bilatérales. Quels sont les pays vers lesquels vous avez orienté vos actions ?

Réponse : Comme dit plus haut, notre pays a besoin de partenaires pour la réalisation du PND. C’est dans cette optique que, j’ai effectué des visites officielles au Brésil, en France et en Algérie. Au-delà des sujets d’intérêt commun, régionaux et internationaux relatifs à une meilleure coordination de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent ainsi que celle contre la piraterie maritime, ces voyages ont été l’occasion pour moi de présenter  aux milieux d’affaires de ces pays amis les opportunités offertes par le PND et de les encourager à investir au Togo.

Dans le même registre, j’ai reçu à Lomé mes homologues dont ceux de l’Inde et de la Serbie pour l’intensification de notre coopération.

Activités du Ministre Robert Dussey dans le cadre de renforcement des relations bilatérales avec la communauté internationale

Question 6 : 

Monsieur le Ministre, nous arrivons à la fin de cette interview, votre mot de fin.

Réponse : Je voudrais, à l’orée de cette nouvelle année, formuler à l’endroit du Chef de l’Etat, le Président Faure Essozimna GNASSINGBE, leader de la formidable transformation de notre pays, mes vœux de bonne santé, de prospérité et de paix.

J’associe à ces vœux, le Premier ministre Selom KLASSOU et l’ensemble du gouvernement.

J’adresse également mes vœux les meilleurs, au corps diplomatique et consulaire accrédité au Togo et à tous les partenaires techniques et financiers du Togo qui n’ont cessé d’accompagner le gouvernement dans la mise en œuvre des actions en faveur du développement de notre pays et du bien-être de nos populations.

Et pour chacun et chacune des fils et filles de ce merveilleux pays, je voudrais citer successivement Victor Hugo et Madame de Sévigné en ces termes ; « Saluons ensemble cette nouvelle année qui vieillit notre amitié sans vieillir notre cœur ». Et « Que cette année vous soit heureuse ; que la paix, le repos et la santé vous tiennent lieu de fortune ».

Pour ce qui est de l’avenir, Antoine de Saint-Exupéry nous enseigne « qu’il ne s’agit pas de le prévoir mais de le rendre possible ». Alors, rendons possible, le Togo prospère que nous voulons. 

Le Togo classé premier pays réformateur en Afrique et au 3e au monde

Visite du Ministre Robert DUSSEY au centre de prise en charge des malades mentaux de Zooti

Lomé le 25 décembre 2019

Dans le cadre des festivités de Noël et à l’aube de la nouvelle année 2020, Son Excellence Professeur Robert DUSSEY, Ministre des affaires étrangères, de l’intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, a effectué, avec ses collaborateurs, une visite au Centre de la Communauté Saint Camille de Lellis de Zooti, situé à une vingtaine de kilomètres de la ville d’Aného.

L’objet de cette visite est de soutenir et de fêter Noël avec les 210 pensionnaires de ce centre, qui s’est donné pour vocation de soigner les personnes souffrant de troubles mentaux, généralement marginalisées, sinon maltraitées par leurs familles et leurs communautés d’origine. L’option de l’ONG Saint Camille est de donner une seconde chance à cette couche de la population négligée en alliant les soins médicaux à la « thérapie par amour ».

Et c’est ce message d’amour que le Ministre a souhaité, au nom du Président de la République, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSIGNE, apporter aux malades souffrant de déficience mentale, en ces moments de fêtes où elles peuvent se sentir quelque peu abandonnées par la société.

Il a salué l’engagement des membres du personnel du centre pour le sacerdoce auquel ils ont choisi de consacrer leur vie à aider les personnes faibles et vulnérables.

L’association Saint-Camille de Lellis a été fondée en 1994 par Monsieur Grégoire Ahongbonon pour offrir des soins en résidence à des personnes souffrant de maladie mentale en Afrique de l’Ouest.

D’abord implantée en Côte d’Ivoire en 1991, elle s’est ensuite étendue au Bénin en 2004. L’Association est désormais présente également au Burkina Faso et au Togo. En près de 25 ans, les centres de la Communauté Saint-Camille ont remis sur pied 250 000 hommes et femmes, et ce, sans aucune aide financière gouvernementale. Elle accueille les personnes errant dans les rues, enchaînées ou clouées dans le bois dans les villages ou dans les villes, ainsi que tout malade accompagné par un parent.

La Communauté Saint Camille de Lellis est devenue une ONG internationale et a signé un Accord de siège avec le Gouvernement le 14 octobre 2019.

Présente au Togo depuis 2015, l’ONG Saint Camille y a trois centres de prise en charge, notamment à Zooti, à Kpalimé et à Sokodé. Depuis son ouverture le 14 juillet 2017, le Centre de Zooti a déjà accueilli 3866 patients dont beaucoup ont pu réintégrer leurs communautés et y exercent des activités génératrices de revenu apprises durant leur séjour au Centre.

Célébration de la Fête de Noël pour les enfants du Personnel

Comme il est de tradition depuis 2011, le Ministre des affaires étrangères, de l’intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, Son Excellence Professeur Robert DUSSEY, a organisé ce mardi 24 décembre 2019, la fête de Noël pour les enfants du personnel de son département. Le Ministre avait à ses côtés, en cette heureuse circonstance, l’Ambassadeur de Chine et le Consul honoraire de l’Inde, invités spéciaux et principaux soutiens de l’événement.

Le Directeur des affaires administratives et financières du Ministère a, dans son allocution, remercié le Ministre et les donateurs pour la pérennité de cette initiative qui a le mérite d’apporter la joie dans le cœur des enfants et dans les ménages.

Il faut noter qu’ils étaient environ 290 enfants à avoir obtenu des cadeaux du « père Noël des affaires étrangères ». On pouvait lire, sur les visages des récipiendaires, de la joie et du bonheur. Il en va ainsi de la magie de Noël !
Fait à Lomé, le 24 décembre 2019

Accord-cadre de coopération transfrontalière Togo – Bénin

Allocution du Prof. Robert Dussey

Monsieur le Ministre des Affaires étrangères et de la coopération de la République du Bénin cher Aurélien AGBÉNONCI,

Monsieur le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique de la République du Bénin,

Chers collègues  Ministres de la délégation togolaise,

Distingués  invités,

Mesdames et Messieurs, 

La proximité entre nos deux pays, le Togo et le Bénin, n’est pas que spatiale. Outre le choix de la nature de faire de nos deux pays des voisins immédiats – la nature ne faisant rien sans raison nous dit KANT -, de liens historiques profonds lient nos deux nations, mais aussi des liens fraternels qui constituent l’arrière-plan et le socle motivationnel de  nos relations de coopération.

Les facilités mises à la disposition de la délégation togolaise depuis notre arrivée et le régime d’hospitalité qui nous est réservé nous convainquent de l’excellence des rapports d’amitié et de proximité fraternelle entre le Togo et le Bénin. Je voudrais saisir cette occasion pour transmettre à Son Excellence Monsieur Patrice TALON, Président de la République du Bénin, les fraternelles et amicales salutations de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, Président de la République du Togo.

Mesdames et Messieurs, 

Les relations de coopération de nos deux pays sont au cœur des présentes rencontres et nos gouvernements ont fait le meilleur choix de travailler à leur densification. Notre co-appartenance à un même espace sous-régional et notre commune dépendance, parfois communes vulnérabilités et défis communs, nous imposent l’action dans la relation. Paul VALERY a bien fait de qualifier notre époque d’époque des rencontres et de la relation.

L’époque qui est la nôtre contraint les hommes et les Etats à la rencontre et nous n’avons le choix que de coopérer et d’agir ensemble. L’agir-ensemble, dit la philosophe Hannah ARENDT, est « indissociable de l’apparaître-commun-des êtres », du fait que nous soyons ensemble avec les autres, du fait que l’existence soit co-présence et appartenance au monde. Être ensemble donne des occasions d’agir ensemble et c’est bien ce que nous faisons en ce moment même. Nous avons la faculté d’agir ensemble et nous agissons.

L’accord-cadre de coopération transfrontalière et le mémorandum d’entente que nous avons signés aujourd’hui viennent doter les relations entre nos deux Etats de nouveaux cadres normatifs dans un temps historique où il nous faut coopérer plus pour le développement, coopérer plus pour l’intégration régionale et africaine, coopérer plus pour la sécurité et la stabilité de chacun de nos pays et de la sous-région.

Plus de coopération pour le développement puisque nos deux pays ont des défis communs liés à l’émergence, plus de coopération pour l’intégration régionale et africaine puisqu’une Afrique mieux intégrée ne peut qu’être crédible et audible sur la scène du monde, plus de coopération pour la sécurité, un bien public premier, dont la jouissance conditionne et favorise la réalisation du droit humain fondamental de nos populations et de nos Etats au développement.

Mesdames et Messieurs,

La sous-région ouest-africaine est le cadre de présence au monde de nos Etats – et si ARISTOTE a raison lorsqu’il pose la primauté du Tout sur la Partie-, nous ne pouvons pas traiter la problématique de la sécurité intérieure de nos pays sans tenir compte de la situation sécuritaire de la sous-région. La sécurité nationale requiert des efforts endogènes, mais elle exige aussi des gouvernements de la sous-région la coopération et la coalition des moyens. La mise en réseau des stratégies nationales de sécurité est aujourd’hui la solution.

La lutte contre la criminalité, la piraterie maritime, la cyber-insécurité et le terrorisme et l’action qu’elles impliquent, de part et d’autre de nos frontières, doivent se déployer dans le cadre d’une vision partagée des responsabilités qui engage chaque partie à travailler dans un esprit de co-dépendance et de co-responsabilité.

Nos Etats déploient dans cette vision des efforts en faisant évoluer leurs paradigmes et conceptions du renseignement avec l’exercice en partage de certains de leurs attributs régaliens traditionnels et nous avons la conviction que l’option pour le renforcement et l’accélération des élans de coopération transfrontalière est la bonne parce que lucide et en phase avec l’esprit du temps.

Au demeurant, les défis sont grands et nous imposent la nécessité d’intensifier la coopération entre nos deux pays. Le gouvernement togolais reste convaincu qu’une coopération efficace des services de sécurité, de renseignement et de protection civile togolais et béninois permettra à nos deux Etats de consolider leurs capacités respectives de riposte face défis sécuritaires actuels. Face aux défis transfrontaliers, il nous faut un agir transfrontalier coordonné et efficace.

Merci pour votre attention.

Prix d’excellence 2019 au Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur

COMMUNIQUE DE PRESSE

Lancé en 2014 par S.E. Prof. Robert DUSSEY, Ministre des affaires étrangères, de l’intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, « le Prix de l’excellence » est une initiative qui a pour but de célébrer le mérite en décernant des distinctions aux agents du Ministère qui, durant l’année, ont fait preuve d’abnégation, de volontarisme et d’engagement dans l’exercice de leur travail. Il s’agit d’encourager chacun à donner le meilleur de lui-même.

Le processus d’évaluation ayant conduit à la désignation des lauréats de cette 6ème édition intègre deux volets principaux :

  • une « évaluation par les pairs » qui révèle l’appréciation de l’agent par ses collègues : les membres du personnel désigne par vote, sur une liste d’agents nominés par les directeurs, la personne qu’ils estiment pouvant mériter le prix de l’excellence. Cette phase compte pour 25% pour les chargés d’études (Prix de l’excellence), 50% pour les Secrétaires (Prix de la meilleur Secrétaire) et 75% pour le Prix du personnel (Chauffeurs, agents d’entretien et autres), d’une part ;
  • et une évaluation des aptitudes et compétences professionnelles par un jury neutre et indépendant mis à disposition par l’Agence Nationale Pour l’Emploi (ANPE), d’autre part. L’évaluation par le jury représente 75% pour les chargés d’études, 50% pour les Secrétaires et 25% pour la catégorie des Chauffeurs et agents d’entretien.

Il faut noter que la sélection du meilleur coach (parmi les directeurs) est laissée à la discrétion de la hiérarchie.

A l’issue de ce processus, les quatre heureux élus du «  Prix de l’excellence 2019 » sont :

  • Prix du meilleur Coach : M. AKAKPO Koffi, Directeur des Togolais de l’Extérieur ;
  • Prix de l’Excellence : M. NOUWODOU Sokemawu, Chargé d’études à la direction du Protocole d’Etat,
  • Prix de la meilleure Secrétaire, Mlle FOLI Mansa, Secrétaire à l’Inspection Générale des Missions Diplomatiques et Consulaires ;
  • Prix du Personnel : Monsieur KOUHOUNDJI François, Agent d’entretien.

Il faut noter, pour rappel,  que le Prix de l’excellence a été obtenu par M. TCHASSANTI Bassirou (2014), M. TCHALARE Kader (2015), M. SOULEY Abdel Kahar (2016), M. BODE Manafi (2017) et M. FARE Gbandi (2018).

Fais à Lomé le 13 décembre  2019

« Nuit des Réussites Diaspora » : Le Togo honore ses talents dans le monde

Sous le haut patronage de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, Président de la République, le Ministère des Affaires Etrangères, de l’intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur a organisé à Lomé, le 29 novembre 2019 dans le cadre du Forum HCTE-Réussites diaspora, la deuxième édition de la « Nuit des Réussites Diaspora ».
Cette édition qui s’est déroulée à la place des Fêtes de la présidence de la république est destinée à révéler et à promouvoir l’excellence togolaise dans le monde en décernant des distinctions honorifiques aux compatriotes de la diaspora ayant eu des parcours professionnels particulièrement brillants ou des talents distingués.
L’édition 2019 de « Réussite Diaspora » a permis de mettre à l’honneur cinq (5) parcours méritants :
  • M. Agbegnenou Kossi Kouma Victor, Président du groupe KA Technologie, honoré pour son profil exceptionnel d’innovateur certifié par l’UA car il est à la fois chercheur, patricien, concepteur et inventeur.

  • M. Alanda Pierre Koffi, Expert en agriculture bio, distingué pour ses prouesses et ses succès dans le bio mais aussi comme agriculteur spécialiste de produis écologiques.

  • M. Batako André Danonu Lignanmatey, Professeur et chercheur principal à l’Université de Liverpool, mis à l’honneur pour avoir inventé, entre autres, « une affuteuse linéaire à coupe profonde et à grande vitesse avec vibration ».

  • M. Homawoo Jean-Claude, Spécialiste du capital risque, consacré pour son parcours exceptionnel dans les grands groupes mondiaux comme ENDEAVOR GLOBAL, GOOGLE Inc. et en tant que co-fondateur de LORI SYSTEMES au Kenya, qui opère notamment dans l’automatisation des logiciels.

  • M. Worou Simon, Maire de la commune de Sainte Juliette (Aveyron, France), reconnu pour être parti de son poste de cadre dans la fonction publique française et être élu maire.
Cette soirée a vu la participation d’imminentes personnalités notamment les membres du Gouvernement, les Délégués pays du HCTE, les Ministres en charge des questions diasporiques et les Présidents des Hauts Conseils des diasporas des pays frères (Ghana, Mali, Maroc, Sénégal, Niger…), les partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs du secteur privé et de la  société civile.
Au-delà de l’hommage ainsi rendu par la nation à ses fils les plus méritants, l’objectif du Gouvernement est de faire mettre ces compétences et talents au service du bien-être des populations togolaises. L’engagement citoyen pour le développement doit être l’affaire de tous les Togolais, ceux d’ici et d’ailleurs.
Il s’agit, à travers, la « Nuit des Réussites Diaspora » de célébrer l’excellence togolaise dans le monde et sa contribution au rayonnement international du Togo,
Fait à Lomé le, 30 novembre 2019

Monaco : Fin de la Conférence Ministérielle de la Francophonie

La conférence – qui s’est achevée hier en Principauté – a mis en avant la volonté des décideurs de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) de donner un nouveau souffle à l’organisation.

Et au moment de clôturer hier après-midi la 38e conférence ministérielle de la Francophonie qui réunissait des représentants de 88 pays, la secrétaire générale a affirmé qu’elle quittait Monaco ‘en chantant’, dans un grand sourire.

Une manière pour Louise Mushikiwabo d’afficher sa satisfaction de la bonne tenue du congrès.

Outre la forte adhésion des Etats aux propositions de réformes de la Secrétaire générale, la Conférence a adopté le projet de budget révisé de l’OIF pour 2020, la programmation 2019-2022 révisée, ainsi que des résolutions portant notamment sur les océans, le 30e anniversaire de la Convention des Nations unies relatives aux droits de l’enfant, le rôle de l’innovation dans la promotion de la science, de l’éducation et de l’économie numérique, le cinquantenaire de la Francophonie.

En outre, les ministres ont entériné la proposition de tenir les IXe Jeux de la Francophonie à Kinshasa du 23 juillet au 1er août 2021.

Enfin, à la fin de la Conférence, l’Arménie, hôte du dernier Sommet de la Francophonie, a transmis la présidence de la Conférence ministérielle à la Tunisie dont la capitale, Tunis, abritera le XVIIIe Sommet de la Francophonie les 12 et 13 décembre 2020 autour du thème : ‘Connectivité dans la diversité : le numérique vecteur de développement et de solidarité dans l’espace francophone’.

Le Togo était représenté à la Conférence de Monaco par le chef de la diplomatie, Robert Dussey.

L’OIF compte 88 États et gouvernements : 54 membres, 7 membres associés et 27 observateurs.

Visite de travail en France : Robert DUSSEY rencontre Jean-Yves LE DRIAN

COMMUNIQUE DE PRESSE

1- S.E. Prof. Robert DUSSEY, Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur a effectué une visite de travail en France, du 23 au 24 juillet 2019, à l’invitation de S.E.M. Jean-Yves LE DRIAN, Ministre de l’Europe et des affaires étrangères de la République Française.
2- Au cours de leur entretien, les deux Ministres ont procédé à des échanges de vues sur des questions d’intérêt commun liées à leur coopération bilatérale et à leur collaboration sur des sujets régionaux et multilatéraux.
3- Evoquant les questions bilatérales, les deux personnalités se sont réjouis de l’excellente qualité des relations historiques d’amitié et de coopération qui unissent la France et le Togo et ont réaffirmé leur disponibilité à continuer par collaborer étroitement pour l’affermissement et le développement de ces relations.
4- Le Ministre DUSSEY n’a pas manqué d’exprimer les vifs remerciements du Gouvernement togolais pour les soutiens multiformes que la France lui apporte dans son élan vers le développement, à travers notamment les actions de l’agence française de développement (AFD) et du Service d’Action Culturelle, particulièrement dans le domaine de l’eau, de l’assainissement, de l’éducation, de la recherche, de l’énergie et de la culture.
5- Examinant les questions de développement, le Ministre DUSSEY a décliné les principaux axes du Plan National de Développement (PND) et les opportunités qu’il présente pour le secteur privé français, déjà très présent au Togo à travers une vingtaine d’entreprises, et dont les investissements et l’expertise sont très attendus.
La France figure parmi les premiers partenaires commerciaux du Togo et le Ministre Togolais a appelé de tous ses voeux le renforcement de ces liens à travers un partenariat plus accru entre les secteurs privés des deux pays.
6- Sur le plan sécuritaire, le ministre a salué l’appui de la France dans la formation et la préparation des forces armées togolaises pour les missions à l’étranger dans le cadre des opérations de maintien de la paix ainsi que la coopération en matière de renseignements extérieurs opérationnels.
7- Sur le plan politique, le Ministre LE DRIAN a félicité le Togo pour les avancées considérables qu’il a enregistrées ces derniers mois en réalisant les réformes constitutionnelles et institutionnelles et en organisant de façon apaisée et consensuelle, les élections législatives du 20 décembre 2018 et les locales du 30 juin 2019.
Le Professeur DUSSEY a, à cet égard, sollicité le soutien et l’accompagnement des villes françaises, qui ont déjà une expérience avérée, aux jeunes communes togolaises qui entament un nouvel apprentissage en matière de décentralisation et de gestion des collectivités locales.
Il a aussi saisi l’occasion pour rassurer son homologue de la préparation inclusive des élections présidentielles de 2020.
8- Parlant des questions d’ordre régional, les deux Ministres se sont inquiétés de la recrudescence des actes de terrorisme, de radicalisation, d’extrémisme violent et de piraterie maritime sur le continent et particulièrement en Afrique de l’Ouest.
9- A cet égard, le Ministre togolais a félicité son homologue français pour son soutien aux Etats de l’Afrique de l’Ouest dans leur riposte au terrorisme et à l’extrémisme violent, à travers les opérations Serval puis Barkhane et l’appui au G5 Sahel.
Il a cependant relevé que la réponse militaire ne saurait à elle seule suffire et a rappelé l’importance de la diplomatie préventive qui oblige les gouvernements à assumer leurs rôles et à prendre la responsabilité de protéger leurs citoyens, de faire des efforts pour se rapprocher des communautés à la base, d’anticiper les crises sociopolitiques, de savoir rester à égale distance des confessions religieuses en respectant le principe de laïcité tout en jouant leur rôle de régulateur souverain.
10- Concernant les questions d’ordre multilatéral, les deux Ministres ont exprimé leurs préoccupations face aux atteintes répétés ces dernières années contre le multilatéralisme.
11- Ils ont convenu de renforcer leur collaboration dans les enceintes internationales, en coordonnant leurs prises de positions, non seulement pour une meilleure défense de leurs intérêts communs, mais aussi pour la préservation de la paix et de la sécurité internationales.
Les Chefs de la diplomatie française et togolaise ont également salué l’évolution positive des négociations en cours en vue d’un nouvel accord de partenariat ACP-UE.
Ils ont, par ailleurs, réaffirmé leur commune volonté de soutenir toutes les initiatives et à prendre les mesures les plus adéquates dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique.
12- Au terme de son séjour, le Chef de la diplomatie togolaise a exprimé à son homologue français ses vifs remerciements et sa gratitude pour la qualité de l’accueil qui lui a été réservé ainsi qu’à sa délégation.
Fait à Paris, le 24 juillet 2019

Réunion du Conseil de paix et de sécurité à Niamey sur la Libye

Adopté par le Conseil de paix et de sécurité en sa 857ème  réunion tenue le 5 juillet 2019, sur la situation en Libye et le sort des migrants africains en Libye,

 

Le Conseil de paix et de sécurité,

Rappelant l’article 4 (o) de l’Acte constitutif de l’Union africaine affirmant le caractère sacro-saint de la vie humaine, l’article 7 du Protocole relatif à la création du Conseil de paix et de sécurité, ainsi que ses communiqués et communiqués de presse antérieurs sur la situation en Libye et la situation des migrants africains dans ce pays, en particulier le communiqué de presse [PSC/PR/BR.(DCCCII)] de la 802ème réunion du 17 octobre 2018, le communiqué [PSC/MIN.(DCCXCVII)] de la 797ème réunion tenue au niveau ministériel le 24 septembre 2018, en marge de la 73ème Session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, aux États-Unis d’Amérique, et le communiqué [PSC/PR/COMM.(PSC /PR/COMM.(DCCCXXXIX)] de la 839ème réunion tenue le 9 avril 2019;

Notant les allocutions de S.E. Pr. Robert Dussy, Ministre des Affaires étrangères de la République togolaise, en sa qualité de Président du CPS pour le mois de juillet 2019, et de l’allocution faite par S.E. Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’UA; notant, en outre, la  présentation faite par l’Ambassadeur Smaïl Chergui, Commissaire à la paix et à la sécurité, ainsi que la déclaration du Représentant de l’État de Libye;

Exprimant, une fois encore, sa grave préoccupation  face à la situation qui prévaut en Libye, en particulier depuis le 4 avril 2019, et face au sort des migrants africains dans les camps et les centres de détention dans ce pays, en particulier la récente attaque contre des migrants et des réfugiés au centre de détention de Tajoura près de Tripoli, en Libye , qui a fait 53 morts et des centaines de blessés graves, le 3 juillet 2019;

Exprimant sa solidarité avec le Gouvernement et le peuple libyens et réaffirmant son engagement et sa disposition à continuer d’aider les parties prenantes libyennes à trouver une solution à la crise dans leur pays, conformément aux instruments et principes pertinents de l’UA.

Agissant en vertu de l’article 7 de son Protocole, le Conseil de paix et de sécurité: 

  1. Condamne, de la manière la plus ferme possible, les auteurs de l’attaque sauvage, quels qu’ils soient, attaque qui a été perpétrée le 3 juillet 2019, contre les migrants du centre de détention de Tajoura, près de Tripoli en Libye, qui a causé des morts et des centaines de blessés; exprime ses sincères condoléances aux familles des victimes et souhaite un prompt rétablissement à tous les migrants et réfugiés blessés;
  1. Fait sien le communiqué de presse du Président de la Commission du 3 juillet 2019, condamnant ce crime horrible et appelant à une enquête indépendante pour élucider la perpétration de ce crime;
  1. Décide qu’une enquête indépendante doit être menée d’urgence, avec la participation de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), en vue d’établir les faits de l’attaque du 3 juillet 2019 contre le centre de détention de Tajoura, près de Tripoli, et de formuler des recommandations sur les mesures pratiques pour assurer la dignité, le bien-être, la sûreté et la sécurité des migrants; dans ce contexte, le Conseil demande à la Commission de lui soumettre les résultats de l’enquête au plus tard avant le 30 septembre 2019 pour examen; 
  1. Souligne le rôle central de l’UA, en collaboration étroite avec les pays de la région, dans la recherche d’une solution durable à la crise en Libye; dans ce contexte, le Conseil insiste sur le fait que tous les partenaires engagés dans le soutien des efforts visant à régler la crise libyenne doivent compléter et respecter l’approche de l’UA; à cet égard, le Conseil demande au Président de la Commission de renforcer davantage son engagement diplomatique avec toutes les parties concernées, afin d’assurer qu’une action collective soit menée rapidement et efficacement pour mettre fin à la crise en Libye; 
  1. Rappelle que les Nations unies, à travers son Conseil de sécurité, ont la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales, conformément au chapitre VII de la Charte des Nations unies; en conséquence, le Conseil demande au Conseil de sécurité d’assumer la pleine responsabilité du règlement rapide de la crise en Libye, ayant à l’esprit que la poursuite de cette crise aura de graves conséquences, en particulier, la circulation et l’utilisation illicites des armes, le trafic, la prolifération de groupes terroristes, la criminalité organisée, en Libye même, dans la région et sur le continent africain;
  1. Exige que tous les auteurs de ce crime odieux soient traduits en justice, sans plus tarder; dans ce contexte, le Conseil exhorte les autorités et les autres parties prenantes libyennes à apporter la coopération nécessaire à l’enquête sur l’attaque contre le centre de détention de Tajoura; 
  1. Appelle les autorités libyennes à prendre des mesures concrètes pour protéger les civils en Libye, y compris les migrants et les réfugiés, conformément au droit international humanitaire et aux droits de l’homme; appelle en outre les autorités libyennes à démanteler tous les centres/ camps de détention en Libye, afin de réduire la vulnérabilité des migrants et des réfugiés;
  2. Souligne la nécessité pour les États membres de prendre des mesures pour s’attaquer, de manière décisive, aux causes profondes de la migration irrégulière; appelle tous les pays concernés à redoubler d’efforts pour faciliter le rapatriement rapide de leurs ressortissants de Libye, y compris la fourniture du soutien logistique, afin d’empêcher toute exploitation ultérieure de leur situation précaire;
  3. Rappelle ses communiqués et communiqués de presse antérieurs sur la situation politique en Libye; réaffirme qu’il n’y a pas de solution militaire à la crise libyenne, et souligne l’impératif d’une solution politique comme seule alternative pacifique viable pour résoudre la crise qui prévaut;
  4. Condamne fermement l’ingérence extérieure, d’où qu’elle provienne, dans les questions de paix et de sécurité en Afrique; à cet égard, le Conseil exprime sa préoccupation face à l’intervention extérieure croissante dans les affaires intérieures de la Libye, telle qu’elle s’est manifestée par la fourniture continue d’armes à des factions militaires et à des milices en violation de l’embargo sur les armes imposé par les Nations unies, et des tentatives délibérées pour diviser les parties prenantes libyennes, ce qui compromet les efforts déployés pour régler définitivement la crise en Libye; à cet égard, le Conseil souligne que tout soutien extérieur doit compléter les efforts de dialogue et de réconciliation sous conduite africaine entre les parties prenantes libyennes; dans ce contexte, le Conseil met en garde qu’il désignera et dénoncera les parties impliquées, afin de régler ce problème;
  1. Exige des factions belligérantes en Libye à cesser immédiatement les hostilités, à s’engager à respecter un cessez-le-feu permanent et à se réengager dans un véritable dialogue national, afin de promouvoir une solution politique inclusive à la crise, et réitère son soutien total à la Conférence de réconciliation devant être organisée par la Commission de l’Union africaine et le Comité de haut niveau des chefs d’État et de gouvernement de l’UA sur la Libye;
  1. Attend avec intérêt la réunion prévue du Comité ad hoc de haut niveau de l’UA sur la Libye en marge du sommet inaugural de coordination de l’UA et des CER, à Niamey, au Niger;
  1. Décide de rester activement saisi de la question.

Lancement du Haut Conseil des Togolais de l’Extérieur : Discours du Ministre Robert Dussey

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Internationales et des Organisations de la société civile,

Monsieur le Secrétaire général,

Mesdames et Messieurs les Directeurs,

Mesdames et Messieurs les Chefs de Division,

Chers amis de la presse,

Mesdames et Messieurs,

Distingués invités,

 

Le philosophe grec Epicure a dit a propos de l’amitié : « Ce n’est pas tant l’intervention de nos amis qui nous aide mais le fait de savoir que nous pourrons toujours compter sur eux. » La dimension de sa pensée qui m’intéresse c’est le fait qu’Epicure fait de la confiance et de la garantie de pouvoir toujours compter les  amis le socle de l’amitié. Votre présence en ce jour ici est réitérative et nous convainc que le Togo pourra toujours compter sur vous chers partenaires.

La cérémonie qui nous réunit aujourd’hui constitue en effet un aboutissement puisqu’elle annonce la réalisation d’un projet dont les débuts remontent à 2014. La mise en place du Haut Conseil des Togolais de l’Extérieur (HCTE) traduit ambition clairement affichée du Président de la République et du Gouvernement de rehausser le niveau d’implication de la diaspora togolaise dans notre effort national de développement et marche vers la prospérité collective.

Il vous souviendra que le 1er avril dernier, nous nous sommes retrouvés ici même à l’occasion du lancement de la Feuille de route des Togolais de l’extérieur. La création du Haut Conseil des Togolais de l’Extérieur va matérialiser l’un des axes essentiels de cette Feuille de route. En prenant la décision de la création du Haut Conseil des Togolais de l’Extérieur, le Gouvernement envisage fédérer notre diaspora pour rendre sa contribution au développement de notre pays encore plus significative.

La diaspora togolaise est une diaspora émiettée en plusieurs associations avec des difficultés à se regrouper et à s’organiser en faitière capable d’assurer sa représentativité. Il s’avère donc indispensable de fédérer ces différentes associations afin d’accroitre leurs capacités d’action en direction et au service du pays. L’initiative de la création du Haut Conseil des Togolais de l’Extérieur (HCTE) est en partie une réponse du Gouvernement à une demande de la diaspora elle-même.

Mesdames et Messieurs,

Le Haut Conseil des Togolais de l’Extérieur regroupera l’ensemble des Togolaises et Togolais résidant hors du territoire national. Il sera le cadre par excellence d’échange et de confiance réciproque entre la diaspora togolaise et le Gouvernement sur toutes les questions d’intérêts communs. Le HCTE sera également chargé de suivre et coordonner les actions de développement de la diaspora togolaise, promouvoir partout la défense des droits et intérêts des Togolais de l’extérieur et leur apporter soutien à chaque fois que les circonstances l’exigent et faire des consultations périodiques avec les pays d’accueil des Togolaises et Togolais de la diaspora.

Le Haut Conseil des Togolais de l’Extérieur sera un organe consultatif de régime associatif, non partisan et non lucratif, et ne sera affilié à aucune obédience confessionnelle, idéologique ou politique. L’enjeu, c’est de rassembler tout le monde, faire de la diaspora plurielle du Togo une plateforme unique au service de la prospérité de la nation, concilier la logique de la pluralité et celle de l’unité.  Blaise Pascal disait bien dans son ouvrage Pensées que « la multitude qui ne se réduit pas à l’unité est confusion ; l’unité qui ne dépend pas de la multitude est tyrannie ». Nos différences constituent un atout pour le pays.

Pour finir, je voudrais, une fois encore, saisir l’occasion pour vous renouveler, chers amis partenaires, la reconnaissance du Gouvernement pour votre présence à cette cérémonie, qui témoigne de votre indéfectible soutien lorsqu’il s’agit des initiatives pour la cause du développement de notre pays. Vous êtes, pour paraphraser une pensée de Pythagore, des compagnons qui aident le Togo à avancer sur le chemin de la prospérité.

Visite officielle au Brésil : Communiqué de Presse

1- A l’invitation du Ministre des Relations Extérieures de la République fédérative du Brésil, S.E.M. Ernesto ARAUJO, S.E. Prof. Robert DUSSEY, Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Togolais de l’Extérieur, a effectué, les 17 et 18 juin 2019, une visite officielle à Brasilia.

2- Au cours de cette visite, les deux Ministres ont procédé à des échanges de vues sur des questions d’intérêt commun d’ordre bilatéral, régional et multilatéral.

3- Abordant les questions d’ordre bilatéral, les Ministres ARAUJO et DUSSEY se sont réjouis de l’excellence des relations d’amitié et de coopération qui unissent les deux pays depuis 1972 et ont réaffirmé leur disponibilité à collaborer étroitement pour l’approfondissement et le développement de ces relations.

4- Evoquant l’accord portant création de la Commission mixte de coopération entre le Gouvernement de la République Togolaise et le Gouvernement de la République Fédérative du Brésil, signé le 18 août 1988 à Brasilia, les deux Ministres se sont engagés à organiser dans un avenir proche, la première session de celle-ci, en vue de renforcer leur collaboration dans les domaines politique, économique, sécuritaire, scientifique, culturel et technique.

5- Ils ont également convenu de la signature prochaine de plusieurs accords dont un mémorandum d’entente entre l’Institut Rio Branco du Ministère des Relations Extérieures de la République Fédérative du Brésil et le Ministère des Affaires Etrangères de la République Togolaise sur la coopération dans le domaine de la formation des diplomates, un accord dans le domaine du service aérien et un accord cadre de coopération dans le domaine de la sécurité et de la défense.

6- Examinant les questions de développement, le Ministre DUSSEY a fait connaître que le Togo a récemment adopté un Plan National de Développement articulé autour de trois axes qui concernent la mise en place d’un hub logistique d’excellence et d’un centre d’affaires de premier ordre dans la sous-région ouest africaine, le développement de pôles de transformation agricole, manufacturier et d’industries extractives et la consolidation du développement social et le renforcement des mécanismes d’inclusion.

7- A cet égard, il a invité la partie brésilienne à appuyer le Togo dans la mise en œuvre de ce plan, à travers la mobilisation des investissements.

8- Aussi, les deux Ministres ont-ils convenu de l’organisation prochaine au Brésil, d’un Forum économique Togo-Brésil auquel prendra part le Chef de l’Etat S.E. Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE, Président de la République togolaise.

9- Se félicitant de l’initiative coton4+qui a permis le renforcement des capacités techniques des cotonculteurs togolais par des experts brésiliens, le Ministre DUSSEY a exprimé le souhait de la partie togolaise de voir cette expérience s’étendre à d’autres filières, notamment le café, le manioc, l’anacarde et l’élevage bovin.

10- Par ailleurs, le Ministre togolais a pris note de l’offre brésilienne visant à accompagner les pays africains en matière de contrôle terrestre de leurs frontières, de la formation des pilotes et des marins et a exprimé la disponibilité de la partie togolaise à bénéficier de cette offre.

11- Relevant la nécessité de renforcer la coopération entre les secteurs privés des deux pays, les deux Ministres se sont engagés à œuvrer de concert pour l’organisation de visites d’échange et de prospection des opérateurs économiques du Togo et du Brésil et leur participation aux grandes rencontres organisées dans l’une ou l’autre partie dans les domaines économiques et connexes.

12- A cet égard, les Ministres togolais et brésilien ont invité les chambres de commerce, et autres associations professionnelles des hommes d’affaires des deux pays à signer des accords de partenariat.

13- Parlant des questions d’ordre régional, les deux Ministres ont évoqué la recrudescence des actes de terrorisme, de radicalisation, d’extrémisme violent et de piraterie maritime sur le continent et particulièrement en Afrique de l’Ouest.

14- A cet égard, le Ministre togolais a félicité son homologue pour l’initiative brésilienne de développer une stratégie commune avec l’Afrique de l’Ouest sur la sécurité en Atlantique Sud et a convenu avec lui de l’organisation prochaine à Lomé d’une réunion de haut niveau sur les questions sécuritaires entre l’Afrique de l’Ouest et le Brésil.

15- Concernant les questions d’ordre multilatéral, les deux Ministres ont souligné l’importance du renforcement de leur collaboration dans le cadre des Organisations Internationales, en particulier, en s’accordant leurs soutiens réciproques en cas de candidature à un poste au sein d’une organisation donnée.

16- A cet égard, le Ministre togolais a informé son homologue du soutien du Togo à la candidature de la République fédérative du Brésil au poste de membre non permanent du conseil de sécurité des Nations Unies pour la période 2022-2023.

17- En marge de cet entretien, le Prof. Robert DUSSEY a animé une conférence sur le thème «Extrémisme violent et défis sécuritaires en Afrique de l’Ouest : quel rôle pour la diplomatie préventive ? » à l’Institut Rio Branco du Brésil.

18- Dans son exposé, le Ministre DUSSEY, après avoir rappelé que les groupes extrémistes veulent faire de l’Afrique de l’Ouest une société à risques multiformes, a démontré les limites de la sécurité et de la réponse militaire face à la menace et énuméré quelques solutions fondées sur la diplomatie préventive pour endiguer le mal.

19- A cet égard, il a rappelé que la diplomatie préventive oblige les gouvernements à assumer leurs rôles et à prendre la responsabilité de protéger leurs citoyens, de faire des efforts pour se rapprocher des citoyens et des communautés, d’anticiper les crises sociopolitiques, de savoir rester à égale distance des communautés et des confessions religieuses en respectant le principe de laïcité tout en jouant leur rôle de régulateur souverain.

20- Par ailleurs, le Ministre DUSSEY a été reçu en audience, par Monsieur Wilson WITZEL, Gouverneur de l’Etat de Rio de Janeiro. Les questions de coopération ont été au centre de leurs discussions.

21- Dans le cadre de l’exécution de l’axe 1 du PND, le Ministre DUSSEY et le gouverneur WITZEL ont convenu de la signature des accords de coopération entre le gouvernement togolais et l’Etat de Rio de Janeiro dans les domaines du commerce, du tourisme et des activités financières. Un accord entre Lomé et Rio de Janeiro ainsi qu’un autre entre les chambres de commerce du Togo et de l’Etat de Rio de Janeiro sont également prévus.

22- Il a enfin échangé avec les leaders des communautés afro-brésiliennes et de la diaspora togolaise au Brésil qu’il a invités à prendre part au Forum économique de la diaspora africaine prévu à Lomé les 28 et 29 novembre 2019.

23- Au terme de cette visite, le DUSSEY a exprimé au Ministre ARAUJO, au Gouvernement et au peuple brésilien ses vifs remerciements pour la qualité de l’accueil et de l’hospitalité qui lui ont été réservés ainsi qu’à sa délégation durant leur séjour au Brésil et a invité son homologue à effectuer une visite en République Togolaise.

24- S.E.M. Ernesto ARAUJO a accepté cette invitation dont les modalités seront arrêtées par voie diplomatique.

Fait à Brasilia, le 18 juin 2019

#NewACPEU : Evaluation des progrès à Bruxelles

Bruxelles, le 23 mai 2019

IP/19/2673

Commission européenne – Communiqué de presse

 

À la suite des récentes consultations au niveau régional avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), les négociateurs en chef, le commissaire Mimica et le ministre togolais Robert Dussey, se sont réunis aujourd’hui à Bruxelles pour discuter des grandes lignes du futur accord ACP-UE.

M. Neven Mimica , commissaire chargé de la coopération internationale et du développement et négociateur en chef de l’UE, a déclaré: «L’accord se précise. Il est temps d’intensifier nos efforts et d’accélérer nos progrès pour atteindre les résultats escomptés. Les discussions d’aujourd’hui sur les partenariats régionaux nous rapprochent un peu plus de cette coopération nouvelle et renforcée que nous recherchons.»

M. Robert Dussey , ministre togolais des affaires étrangères, de la coopération et de l’intégration de l’Afrique, qui est également négociateur en chef des pays ACP et président du groupe central de négociation ministériel, a quant à lui déclaré: «Nous avons entamé ces négociations en septembre de l’année dernière et nous avons fait des progrès constants depuis lors. Les consultations avec les trois régions ont été bénéfiques dans la mesure où elles ont donné une bonne idée des besoins de chaque région. Nous attendons avec impatience la conclusion d’un accord axé sur les besoins actuels et futurs de nos pays membres. »

 

Prochaines étapes

Alors que les pourparlers relatifs aux partenariats régionaux spécifiques progressent, les équipes de négociation de l’UE et des ACP poursuivront leurs travaux sur le texte de l’accord qui couvre l’ensemble des 79 pays (également dénommé «le socle commun»). Les prochaines sessions de négociation porteront notamment sur la structure institutionnelle. L’objectif est de réaliser un maximum d’avancées avant la prochaine réunion des négociateurs en chef, prévue pour la seconde moitié du mois de juillet.

 

Contexte

L’accord de Cotonou régissant actuellement les relations entre l’UE et les pays ACP arrivera à échéance en 2020. Les négociations en vue d’un nouveau partenariat entre les pays ACP et l’UE ont été lancées à New York le 28 septembre 2018 en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

Les premières séries de négociations ont principalement porté sur le socle commun au niveau UE-ACP. Ce socle commun regroupe les valeurs et les principes autour desquels se rassemblent l’UE et les pays ACP, et indique les domaines stratégiques prioritaires dans lesquels les deux parties ont l’intention de travailler ensemble.

En outre, il est prévu que le futur accord comprenne des piliers régionaux spécifiques et axés sur des actions se concentrant sur les besoins de chaque région. Le premier cycle de consultations concernant les piliers régionaux est à présent terminé.

Le futur partenariat ACP-UE servira à consolider les liens politiques étroits entre l’UE et les pays ACP sur la scène internationale. Ensemble, ils représentent plus de la moitié des pays membres des Nations unies et plus de 1,5 milliard de personnes.

ACP-UE : Vers l’accord Post-Cotonou 2020

Les grandes lignes du futur accord entre les pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) et l’Union européenne ont été évoquées jeudi à Bruxelles entre les chefs négociateurs.

Neven Mimica, le commissaire chargé de la Coopération internationale et du Développement, et Robert Dussey, le chef de la diplomatie togolaise pour le compte des ACP.

‘L’accord se précise. Il est temps d’intensifier nos efforts et d’accélérer nos progrès pour atteindre les résultats escomptés. Les discussions d’aujourd’hui sur les partenariats régionaux nous rapprochent un peu plus de cette coopération nouvelle et renforcée que nous recherchons’, a déclaré M. Mimica.

Robert Dussey, de son côté a salué ‘des progrès constants’.

‘Les consultations avec les trois régions ont été bénéfiques dans la mesure où elles ont donné une bonne idée des besoins de chaque région’, a-t-il ajouté.

Alors que les pourparlers relatifs aux partenariats régionaux spécifiques progressent, les équipes de négociation de l’UE et des ACP poursuivront leurs travaux sur le texte de l’accord qui couvre l’ensemble des 79 pays (également dénommé «le socle commun»).

Les prochaines sessions de négociation porteront notamment sur la structure institutionnelle.

L’objectif est de réaliser un maximum d’avancées avant la prochaine réunion des négociateurs en chef, prévue pour la seconde moitié du mois de juillet.

L’accord de Cotonou régissant actuellement les relations entre l’UE et les pays ACP arrivera à échéance en 2020.

GRO
Neven Mimica,Tjekero Tweya, président du conseil des ministres ACP (Namibie), et Robert Dussey

Les négociations en vue d’un nouveau partenariat entre les pays ACP et l’UE ont été lancées à New York le 28 septembre 2018 en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

Les premières séries de négociations ont principalement porté sur le socle commun au niveau UE-ACP. Ce socle commun regroupe les valeurs et les principes autour desquels se rassemblent l’UE et les pays ACP, et indique les domaines stratégiques prioritaires dans lesquels les deux parties ont l’intention de travailler ensemble.

En outre, il est prévu que le futur accord comprenne des piliers régionaux spécifiques et axés sur des actions se concentrant sur les besoins de chaque région. Le premier cycle de consultations concernant les piliers régionaux est à présent terminé.

Le futur partenariat ACP-UE servira à consolider les liens politiques étroits entre l’UE et les pays ACP sur la scène internationale. Ensemble, ils représentent plus de la moitié des pays membres des Nations unies et plus de 1,5 milliard de personnes.

DISCOURS DE  S.E. PROF. ROBERT DUSSEY  AUX CONSULTATIONS REGIONALES UE-AFRIQUE  DANS LE CADRE DES NEGOCIATIONS ACP-UE POUR LE POST-COTONOU

 

Eswatini, le 04 mai 2019

Son Excellence Monsieur le Premier Ministre du Royaume d’ESWATINI,

Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres,

Monsieur le Président de la Commission de l’Union Africaine,

Monsieur le Secrétaire général des ACP  Dr. Patrick GOMES,

Monsieur le Négociateur en Chef de l’Union européenne pour le post-Cotonou,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Distingués invités, Mesdames et Messieurs,

Je voudrais, pour commencer, remercier le Roi d’Eswatini, le Gouvernement et le peuple de notre pays hôte pour leur courage de l’hospitalité. Depuis que nous sommes arrivés en cette terre africaine des ACP, nos impressions sont très  bonnes quant à leur grand sens de l’hospitalité. J’ai fait dans votre beau pays ce qu’Alioune DIOP, un grand panafricain de conviction, fondateur de la Revue Présence Africaine, qui a voulu que l’Afrique soit présente sur la scène du monde, a appelé « l’expérience intime de la vie africaine ». L’expérience de votre étonnant sens de l’altérité a réveillé en moi mes intuitions et passions panafricanistes de  ma plus tendre jeunesse.

Je voudrais également remercier les différentes délégations ici présentes. Votre forte participation à ces consultations régionales traduit, sans se tromper, l’intérêt que vous portez aux négociations en cours. L’enjeu est commun et votre engagement l’est également.

Mesdames et Messieurs,

La région du Pacifique qui a tenu ses consultations régionales les 25 et 26 février 2019 à Apia, à Samoa, négocie directement le pilier UE-Pacifique du nouvel accord avec l’UE. La région des Caraïbes est dans le même schéma et a tenu ses consultations régionales le 15 avril à Kingston  en Jamaïque. Les consultations régionales UE-Afrique de cette semaine actent à l’échelle africaine le début formel des négociations sur le pilier UE-Afrique du futur accord de partenariat ACP-UE, même si depuis quelques mois un excellent travail technique se fait au niveau de l’Union africaine sur les négociations.

Les spécificités africaines en termes de défis, de potentiels, de priorités, de cadres référentiels de développement (commercial, économique et humain) et de partenariat avec l’extérieur sont connues. Il y a une longue histoire de partenariat entre l’UE et l’Afrique réaffirmé à Abidjan en 2017. En cohérence avec le partenariat UE-Afrique actuel et dans un nouvel esprit, l’Afrique est appelée à négocier le pilier UE-Afrique du post-Cotonou.

La Zone de libre-échange continentale (ZLEC) en cours de création en Afrique est une évolution qualitative qui, dans un futur proche, donnera un nouveau visage au commerce intra-africain et international de l’Afrique.

Le pilier UE-Afrique du post-Cotonou doit être en phase avec les orientations stratégiques de la ZLEC, de l’agenda 2063 de l’UA et du Sommet UE-Afrique d’Abidjan ainsi qu’avec la volonté de développement clairement affichée en Afrique. L’Afrique doit densifier ses échanges commerciaux avec l’Europe, rehausser le niveau du dialogue politique avec l’UE sur les questions aussi cruciales que la sécurité, la paix, les droits de l’homme, les biens culturels africains encore en séjour en terre européenne, les objectifs de développement durable, le changement climatique et la migration.

Les sujets qui seront au centre des négociations dans le protocole UE-Afrique de l’accord sont d’importance vitale pour l’Afrique et le Groupe ACP. L’Afrique, doit conduire ses négociations régionales avec professionnalisme et un  sens élevé de responsabilité. Par notre travail, à l’échelle africaine, nous devons prouver au Groupe ACP qu’il a fait le choix approprié au moment idéal en optant pour l’autonomie et la liberté d’action des régions dans la négociation des piliers régionaux. Le moment est historique et le travail doit être fait avec une éthique de responsabilité. J’ai la conviction que les négociateurs africains ont conscience de leur responsabilité.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais finir avec une pensée de Kwame NKRUMAH que nous Africains ne devons jamais perdre de vue : « Unie, l’Afrique pourrait devenir, et pour de bon, une des plus grandes forces [du] monde ».

Merci pour votre attention.

Accord Post-Cotonou 2020 : Poursuite des négociations ACP-UE à Kingston.

Les négociations entre le groupe des pays ACP et l’Union européenne se poursuivent pour parvenir à un accord post-Cotonou d’ici 2020.

Cette fois, les discussions se déroulent en Jamaïque après N’Djamena et Samoa. Aucune des régions géographiques concernées n’est oubliée.

A Kingston, se retrouvent les mêmes interlocuteurs comprenant le Groupe central de négociation (GCN), le Commissaire européen au Développement, Neven Mimica et Robert Dussey, le chef négociateur pour les pays ACP.

‘En venant en Jamaïque je suis Africain, mais je me sens également profondément Caribéen’, a déclaré le chef de la diplomatie togolaise en intervenant lors des débats. Cette île des Caraïbes est en effet majoritairement peuplée de descendants d’esclaves africains.

Les discussions avancent à un rythme soutenu pour parvenir à accord d’ici 2020 et peut être même avant.

M. Dussey a cependant souligné que malgré les progrès réalisés, ‘les deux parties ont également reconnu la nécessité d’accélérer les négociations afin de permettre la conclusion du gros des négociations d’ici l’été 2019’

Il a vanté les mérites d’un futur accord basé sur des priorités régionales stratégiques.

La grande nouveauté repose en effet sur les besoins et spécificités de chaque zone géographique, contrairement à l’actuelles 79 pays formant le bloc ACP n’ont rien d’uniformes. Les demandes des pays du Pacifique ou des Caraïbes n’ont rien à voir avec celles de l’Afrique.

Robert Dussey en discussion avec Kamina Johnson Smith

La finalité des pourparlers est de parvenir à un nouvel accord consistant en un socle commun et trois partenariats régionaux.

Le socle commun, applicable à tous les membres du partenariat, énumérera des objectifs, des priorités et des principes généraux et permettra de renforcer la coopération au niveau international.

Les partenariats régionaux constitueront le centre de gravité et fixeront des priorités régionales spécifiques pour les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, conformément aux dynamiques régionales renforcées et à l’importance accrue des organisations régionales.

Réunion du CDL avril 2019 avec Damien MAMA du SNU au Togo

Les enjeux géopolitiques de la migration au XXIe siècle : atout ou menace à l’équilibre mondial. Tel était le thème du débat organisé mardi soir à Lomé par le Club diplomatique de Lomé (CDL). Invité Damien Mama, le coordinateur du Système des Nations Unies (SNU) au Togo.

Le phénomène migratoire est d’ampleur mondial et constitue désormais une question internationale majeure. Il toucherait un être humain sur 7, si l’on additionne les 740 millions de migrants internes aux 214 millions de migrants internationaux comptabilisés par les Nations Unies.

Si les migrations sont le plus souvent associées aux déplacements des ressortissants des pays les plus pauvres vers les pays riches, la réalité est plus complexe. A l’échelle mondiale, un tiers des migrants se déplace des pays en développement (sud) vers les pays développés (nord) ; un tiers, du sud vers le sud ; et le dernier tiers du nord vers le nord.

Les raisons économiques n’en sont pas les seules causes. La migration témoigne de la mobilité grandissante des personnes et de la densification des réseaux transnationaux économiques, culturels, matrimoniaux et religieux.

La plupart des régions du monde sont concernées, soit par le départ, soit par l’accueil, soit par le transit des migrants ; certains pays l’étant par les deux, voire les trois à la fois.

Les mouvements migratoires se développent particulièrement le long des grandes lignes de fractures géographiques, qui séparent des régions aux caractéristiques politico-économiques fortement distinctes : la Méditerranée, la frontière américano-mexicaine, ou celle entre la Russie et la Chine. Ces lignes de fracture sont en constante évolution.

D’anciens pays de départ sont rapidement devenus des pays d’accueil : c’est le cas de l’Europe du sud. D’anciens pays d’accueil deviennent des pays de départ, en particulier en Amérique latine (Argentine, Brésil, Chili, Uruguay), tandis que d’autres Etats ont surtout vu progresser leur population de migrants en transit (Maroc, Mexique, et Turquie).

L’Afrique subsaharienne, dernière région du monde à accomplir sa transition démographique, devrait enregistrer une forte croissance démographique avec une multiplication par près de 10 de sa population entre 1950 (180 millions d’habitants) et 2050 (plus de 1,7 milliards selon les projections des Nations Unies).

Ce décuplement de la population est un réel enjeu, notamment pour les zones désertiques du Sahel et pour les pays enclavés et aux ressources naturelles limitées.

Damien Mama
Damien Mama

Les migrants peuvent contribuer de deux manières au développement de leur pays d’origine. D’une part, ils transfèrent une partie de leur revenu, ressource tant pour les ménages bénéficiaires que pour les Etats d’origine.

Ces transferts représentent plus de trois fois les budgets de l’aide publique au développement. Les montants des transferts vers les pays en développement sont en progression continue pour atteindre plus de 400 milliards de dollars en 2018 selon la Banque Mondiale contre 6 milliards en 1970.

D’autre part, les migrants transfèrent des ressources immatérielles, telles leurs compétences (intellectuelles, techniques ou relationnelles) et sur un pan plus large des normes (comme l’égalité des genres), des valeurs civiques (respect du cadre collectif).

Ces transferts sont déterminants pour le développement mais les données sont encore trop parcellaires pour en évaluer les impacts.

Les migrants ont également la capacité d’œuvrer au sein du pays d’accueil en apportant une vitalité économique et sociale en s’insérant dans des dynamiques collectives.

En ce sens, la migration peut être un atout, a souligné Damien Mama lors de son exposé.

Créé à l’initiative de Robert Dussey, le ministre des Affaires étrangères, le Club diplomatique de Lomé est un cercle de réflexion apolitique qui reçoit à intervalles réguliers des personnalités togolaises et étrangères issues du monde diplomatique, politique et d’organisations internationales.