ACPUE – “Les enjeux ont changé”

Le Ministre des Affaires Etrangères du Togo, chef des négociations du Groupe ACP revient dans cette vidéo sur les enjeux liés au nouvel accord entre le Groupe Afrique-Caraïbes-Pacifique (ACP) et l’Union Européenne qui devrait succéder à l’accord de Cotonou, expirant en 2020. 

Interview à Bruxelles du Ministre des Affaires Etrangères du Togo.

Il s’exprimait en marge de la réunion du GCN du Conseil des Ministres ACP au cours de laquelle il avait lu le communiqué final dont un extrait suivant : 

Robert Dussey, Ministre des Affaires Etrangères du Togo au GCN

Suivre les activités du Ministre sur Twitter: 
https://twitter.com/rdussey

Négociations ACP-UE : coup d’envoi, enjeux et type d’accord envisagé

Par S.E.Pr. Robert DUSSEY, Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de l’Intégration africaine du Togo, Négociateur en chef du Groupe ACP pour le post-Cotonou

Le coup d’envoi des négociations devant conduire à un nouvel accord de partenariat ACP-Union européenne (UE) en remplacement de l’accord de Cotonou qui expire en février 2020 a été donné le 28 septembre 2018 à New York, aux Etats-Unis, en marge de la 73ème session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies sur décision des deux parties. Par cette cérémonie solennelle, l’UE et le Groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) ont officiellement acté leur option pour la continuité. Le monde a profondément changé et le futur accord devra intégrer un certain nombre de réalités si le partenariat ACP-UE veut vraiment être en phase avec l’esprit du temps.

Le contexte actuel est celui du décentrement du monde, le monde n’a plus de centre et de périphéries et, pour dire les choses crûment, l’Occident ni l’Europe ne sont plus le centre du monde. Le monde se définit aujourd’hui par une multipolarité portée par une diversité d’acteurs qui travaillent à peser sur son destin. Tenir compte de cette évolution historique permet de faire évoluer le partenariat ACP-UE pour l’inscrire dans une logique inédite : celle d’une stricte égalité caractérisée par la justice et l’équité des termes de la coopération. Les ACP attendent plus d’équité et moins de déséquilibre dans le futur accord de partenariat. Les limites de l’accord de Cotonou en termes de déséquilibre dans le rapport des échanges commerciaux sont connues de tous.

L’une des difficultés du partenariat ACP-UE, du début jusqu’à présent, c’est l’inégalité productive des deux parties. L’économie européenne a une grande force de production alors que les ACP ont une capacité productive très faible. L’inégale « capabilité », pour reprendre l’expression d’Amartya Sen*, qui caractérise les économies des deux parties pose problème. L’avantage de l’UE en termes de possibilité d’échanges commerciaux avec les ACP est très supérieur à celui du Groupe ACP.

Si par principe le marché européen est ouvert aux pays membres des ACP, ces derniers ne tirent pas encore sur le plan commercial suffisamment d’avantage. La faiblesse des capacités productives des ACP ne leur permet pas de tirer meilleur profit des possibilités que leur offre l’ouverture du marché européen. Le libre accès au marché européen est un atout pour les ACP, mais travailler à tirer davantage de profits du marché européen demeure un défi. Les ACP doivent travailler à renforcer leurs capacités productives et à augmenter le niveau de leurs exportations vers l’UE.

L’exigence d’équilibre des ACP dans les termes du futur accord de partenariat est connue de l’UE, mais faire en sorte que cet équilibre voulu et exprimé devienne une réalité reste un défi. D’où le travail de fond qui doit se faire et se fait toujours du côté des ACP. Les experts et les négociateurs des ACP travaillent au quotidien à l’interne sur les négociations. Ce travail de fourmi mérite d’être fait parce que les négociateurs actuels des ACP sont très conscients de leur responsabilité historique. Négocier au nom de 79 pays sans un sens élevé de responsabilité serait une faute grave que les générations futures du Groupe ACP ne pourront comprendre ni pardonner.

Les négociations sont conduites en toute responsabilité et aboutiront à un accord unique de partenariat à socle commun ayant trois piliers régionaux spécifiques. Le socle commun de l’accord portera sur les objectifs, les priorités et les principes généraux du futur accord et sur l’action multilatérale de l’UE et du Groupe ACP sur la scène mondiale. Les trois piliers régionaux seront des partenariats spécialisés entre l’UE et chacune des zones géographiques des ACP à savoir l’Afrique, les Caraïbes et le Pacifique, dans le cadre du partenariat ACP-UE. L’accord envisagé, de par sa structure, marque une rupture par rapport au passé.

L’objectif étant d’arriver à la signature d’un nouvel accord de partenariat ACP-UE au plus tard en 2020, les négociations qui, selon Antoine Pecquet (1704-1762) dans son ouvrage Discours sur l’art de négocier, préparent « les grands évènements », doivent être menées à un rythme soutenu.

Logiquement, la première phase des négociations permettra aux deux parties d’accorder leurs violons sur la structure du futur accord et surtout sur le format de l’organisation et la tenue des différentes séquences des négociations.

La deuxième phase des négociations portera sur le socle commun de l’accord. Elle permettra aux parties de s’entendre sur les principes directeurs, les objectifs généraux et les priorités générales de leur partenariat.

La troisième phase des négociations aura pour objet les trois piliers ou partenariats régionaux. La dernière phase des négociations sera celle de la consolidation de tous les acquis du processus, du réexamen de toute question ou sujet en suspens et de la conclusion des négociations. Le processus s’annonce un peu long mais nous y arriverons. « Espérer n’est pas une sottise, mais témoigne de la sagesse », dit le philosophe polonais Henryk Skolimowski

RELATIONS AFRIQUE-UE : Un mélange de fascination et de méfiance, Par Robert Dussey

Extrait du N°06 de METRO UN, Le magazine DES POINTS DE VUE SUR LES DÉBATS AUX NATIONS UNIES 

Par Robert Dussey, Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération et de l’Intégration Africaine du Togo

Les 5 et 6 juin prochains se dérouleront les Journées de Développement de l’Europe. Comme à chaque édition, cette grand-messe, dont le thème principal cette année sera « Les femmes et les filles au premier plan du développement durable : protéger, autonomiser, et investir », rassemblera les acteurs du développement pour discuter des principaux défis qui se posent au monde. Pour des raisons évidentes, l’Afrique devrait être au menu des discussions.

L’Europe et l’Afrique sont, en effet, deux continents que la géographie a rapprochés, mais qu’une histoire douloureuse a, d’une certaine façon, éloignés. La conséquence de cette histoire est que la relation entre les deux blocs a toujours été marquée par un mélange de fascination et de méfiance. Le sentiment d’un destin lié mais d’une alliance impossible prédomine. Le tollé suscité dans une partie de l’Afrique francophone suite à l’inauguration, le 9 mai dernier, de la « nouvelle Place de l’Europe » à Gorée, lieu emblématique de la traite négrière transatlantique, illustre à merveille la complexité de cette relation. 

Ce projet de rénovation d’un site historique, qui avait initialement été inauguré par l’ancien président de la Commission européenne, Romano Prodi, en 2003, a été financé en grande partie par l’Union européenne. Mais ce geste, qui se voulait d’amitié, a été jugé maladroit par les uns, et scandaleux par les autres. Cette relation de défiance ne peut plus durer, car le risque qu’elle fait peser sur les deux continents est désormais trop élevé. Malgré des taux de croissance nominaux flatteurs depuis une décennie, la pauvreté reste importante en Afrique. 

Les inégalités se creusent et la croissance démographique se poursuit. Dans les zones rurales, les phénomènes climatiques extrêmes se multiplient. Ils causent famine et conflits, et poussent de nombreux jeunes désoeuvrés dans les bras des groupes terroristes qui pullulent désormais sur le continent et menacent la stabilité des États africains. Dans les zones urbaines, des milliers de jeunes, parfois diplômés, mais sous employés ou sans emploi, sont otages de systèmes politiques qui, pour toutes sortes de raisons, bonnes comme mauvaises, se révèlent incapables de leur offrir les conditions d’une vie meilleure. Sans surprise, ces jeunes africains prennent le chemin de l’exil européen, souvent au péril de leur vie. Le terrorisme, les conséquences du changement climatique, l’immigration clandestine, sont des défis majeurs pour l’Afrique, et par conséquent, pour l’Europe. 

Cette Europe est d’autant plus concernée par le destin de l’Afrique qu’elle y a depuis toujours des intérêts importants. Des intérêts dont la poursuite, légitime, la conduisent trop souvent à des alliances et des soutiens dont les conséquences sont néfastes aussi bien pour les populations africaines que, de plus en plus, pour les citoyens européens. C’est la raison pour laquelle il faut renouveler le logiciel de la relation Afrique-Europe. Côté européen, celle-ci s’est historiquement limitée à des liens institutionnels, à la promotion abstraite de grands principes démocratiques, et à la défense, parfois cynique, de positions commerciales. Il faut aujourd’hui établir des liens de confiance avec une jeunesse africaine plus informée, consciente des enjeux globaux et désireuse de prendre part aux affaires du monde. 

Le bilan de 30 ans de démocratie électorale en Afrique est décevant, car celle-ci a été implantée sur des États-nations fragiles. Peut-être est-il temps d’oeuvrer au renforcement de ces États-nations. Côté africain, presque cinq décennies après les Indépendances, il faut s’efforcer d’établir une relation de confiance avec l’Europe. Sur ce point, les diplomates africains ont un rôle éminent à jouer pour expliquer la vision africaine du monde à l’Europe, trouver des points de convergence, défendre des projets d’intérêts communs, et oeuvrer ensemble à l’avènement d’un monde plus stable, car plus juste.

Togo – Norvège : Robert Dussey rencontre son homologue norgévien à Oslo

Le chef de la diplomatie togolaise, Robert Dussey, a rencontré vendredi 09 novembre à Oslo son homologue norvégienne, Ine Eriksen Søreide.

La discussion s’est focalisée sur la coopération économique, sur les questions de sécurité et de stabilité en Afrique.

M. Dussey a participé hier au sommet pays nordiques-Afrique dont le thème portait sur la promotion de l’économie bleue, les activités maritimes et les énergies nouvelles. Autant de sujets qui intéressent le Togo dont l’ambition est de devenir un hub logistique.

Le ministre des Affaires étrangères était l’invité dans la matinée du Peace Research Institute Oslo (PRIO) pour une conférence consacrée à l’extrémisme violent et aux défis de la sécurité en Afrique de l’Ouest.

Les participants se sont interrogés sur le rôle peut jouer la diplomatie préventive.

M. Dussey avait à ses côtés Øystein H. Rolandsen et Jenny Lorentzen, chercheurs au PRIO. Fondé en 1959, cet institut mène des recherches sur les conditions propices à des relations pacifiques entre Etats. Le PRIO analyse comment les conflits éclatent et comment ils peuvent être résolus, mais aussi comment les sociétés traitent les crises et les menaces de crise. 

PRIO développe les connaissances théoriques et affine les méthodologies de recherche.

Cette excellence académique doit avoir un impact significatif sur les sociétés, estiment les dirigeants de l’institut.

La situation au Moyen-Orient et leçons pour l’Afrique

Quatre axes / blocs au Moyen-Orient actuel

Il existe actuellement quatre principaux acteurs politiques au Moyen-Orient (à l’exclusion d’Israël).

Le premier, et jusqu’à présent le plus puissant, est l’axe irano-chiite. Cet axe s’étend entre l’Iran (son centre) à l’est, à travers l’Irak, la Syrie, le Liban et une représentation dans la bande de Gaza (Jihad islamique palestinien). À part le dernier, l’Iran s’appuie fortement sur les communautés chiites locales dans toutes les autres régions.

Le second est le bloc sunnite modéré. Ce bloc comprend l’Égypte, l’Arabie saoudite (ces deux pays sont considérés comme les dirigeants de ce bloc), la Jordanie, l’Autorité palestinienne, les Émirats Arabes Unis et le reste des États du Golfe (à l’exception du Qatar).

Le troisième est le bloc radical sunnite. Ce bloc comprend la Turquie, le Qatar, le Soudan et le Hamas (dans la bande de Gaza). Ce bloc s’identifie aux Frères musulmans (un mouvement idéologique égyptien qui s’est établi au Caire en 1929 et qui est désormais interdit en Égypte).

Le quatrième est l’Acteur Non Etatique Radical Sunnite – Al-Qaeda et « l’État islamique en Syrie et au Levant » (ISIL). Ce groupe (pas un axe cependant) est presque vaincu au Moyen-Orient. Contre cette défaite, vous pouvez voir leurs tentatives d’infiltration en Afrique.

Conflits entre ces axes / blocs

Il existe actuellement deux conflits principaux entre ces groupes qui font planer un ombre sur le Moyen-Orient. Le premier oppose l’axe chiite au bloc sunnite modéré. Le second se situe entre le bloc modéré sunnite et le bloc radical sunnite.

Le conflit entre l’axe chiite et le bloc modéré sunnite se déroule à différents endroits du Moyen-Orient – en Syrie (où les sunnites ont été battus), au Liban, en Irak et sur le front le plus actif – le Yémen.

Le conflit entre le groupe sunnite modéré et le groupe sunnite radical se déroule dans le golfe Persique (arabe) entre l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis d’un côté et le Qatar de l’autre. Un autre front se trouve dans la Corne de l’Afrique, où l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Anis et l’Égypte rivalisent avec le Qatar, la Turquie et le Soudan pour tenter de renforcer leur influence.

Dénominateurs communs entre le Moyen-Orient et l’Afrique qui rendent tous d’eux “En proie au terrorisme”

La terreur s’appuie toujours sur un agenda idéologique (généralement l’islam radical). Cependant, certains “zones” sont encore plus “en proie” au terrorisme. Parmi les conditions qui contribuent à la propagation de la terreur, on peut citer la présence d’Etats défaillants, la faiblesse du gouvernement central, le manque de cohésion sociale entre le centre et la périphérie et, par-dessus tout, la frustration économique. Tous ces éléments se retrouvent au Moyen-Orient et en Afrique.

Alors, que peut-on faire ?

L’Afrique peut tirer certaines leçons de l’expérience israélienne en matière de lutte contre le terrorisme. Premièrement, une approche holistique associant « le bâton et carotte ». Deuxièmement, il y a la détermination (la guerre contre le terrorisme est toujours plus longue qu’une guerre conventionnelle). Troisièmement, la dissuasion (la dissuasion agit-elle réellement contre le terrorisme ?). La quatrième est une tentative de construire une unité nationale. La cinquième est une tentative de créer des partenariats dans la lutte contre le terrorisme (G 5 au Sahel ou AMISOM en Somalie).

Robert Dussey et Patrick Gomez

ACP : Communiqué de Presse du chef ACP pour les négociations avec l’UE à Bruxelles

Mesdames et Messieurs de la presse,
Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue et de vous remercier tous de votre présence ici.

Pendant plus de quatre décennies, le partenariat ACP-UE n’a cesse de s’approfondir et de s’élargir Les Conventions de Lomé successives et l’Accord de partenariat de Cotonou ont constitué des instruments importants pour soutenir les efforts déployés par les États ACP afin de relever divers défis rencontrés dans la quête et le maintien d’un développement axé sur les personnes Au titre des négociations en vue d’un accord de partenariat post-Cotonou, qui se dérouleront dans un 21e siècle marqué par une évolution technologique rapide, les États ACP s’efforceront d’obtenir un accord moderne, adaptable et répondant â leurs ob1ectifs, qui contribuera à l’accélération de la transformation de leurs économies.

L’expiration de l’Accord de Cotonou en 2020 offre aux deux parties une occasion exceptionnelle de moderniser leurs relations de manière à ce qu’elles soient en phase avec les réalités actuelles et nouvelles. Le nouveau partenariat devra permettre au Groupe ACP et à l’UE d’affiner ensemble leurs approches des questions nationales et régionales et de définir leur
capacité à oeuvrer conjointement â l’avènement d’un environnement international stable et progressiste qui ne laisse personne sur le côté.

Le Groupe ACP oeuvre à ce que l’objectif du nouvel accord soit la contribution à la réalisation du développement durable dans tous les pays ACP à travers un partenariat économique et politique renforcé et approfondi, ainsi que le positionnement du Groupe comme un acteur plus efficace sur la scène internationale. A cet effet, il conviendra de procéder à un alignement avec le programme de développement à l’horizon 2030 et les ODD, qui en constitueront le cadre général, en prenant dûment en considération les conférences et Sommets des Nations Unies, l’Accord de Paris sur les changements climatiques, la Déclaration des Nations Unies sur le droit au développement, les programmes continentaux et régionaux, tels que l’Agenda 2063 de l’Union africaine, et l’approfondissement et l’élargissement de l’intégration régionale dans les Caraîbes et le Pacifique.

Comme vous le savez sans doute, l’ouverture officielle des négociations est intervenue à New York le 28 septembre 2018 en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies. C’était un événement symbolique. Nous avons démontré notre détermination à travailler ensemble et à coopérer dans la recherche de solutions aux problèmes planétaires qui affectent nos pays, pas seulement les États ACP mais aussi ceux de l’Union européenne. Cette coopération est plus que nécessaire au moment où nous déployons des efforts concertés pour lutter contre l’attitude négative croissante à l’égard du multilatéralisme.

Le Groupe ACP a mis en place une structure de négociation dont la présidence est assurée par des Ambassadeurs, tant en ce qui concerne le groupe central de négociation que les équipes techniques de négociation. Cette structure repose sur le principe d’mclusivité, dans la mesure où toutes les régions ACP participent à ce processus impulsé par les membres Le
groupe central de négociation est présidé par le Togo, avec Guyana et la Papouasie-Nouvelle-Guinée comme Vice-présidents. Quant aux équipes techniques de négociation chargées des discussions sur les piliers stratégiques du Mandat ACP elles sont présidées par Trinité-et-Tobago, Samoa et le Zimbabwe.

C’est pour moi un plaisir d’avoir l’occasion de prendre la parole lors de la première session des négociations techniques. Les deux parties commenceront par s’accorder sur les modalités pratiques, notamment en ce qui concerne les dispositions pratiques à mettre en place pour les négociations.

Elles procèderont à une comparaison des Directives de négociation de l’Union européenne et du Mandat de négociation du Groupe ACP afin d’établir de quelle façon la structure et les priontés stratégiques du futur accord seront alignées.

Nous espérons que le nouveau partenariat contribuera à stimuler le développement de nos pays. Nous envisageons de conclure un accord prenant en considération les réalités du monde moderne

Je vous remercie de votre aimable attention Je suis â présent disposé à répondre à quelques questions.

Robert Dussey intervenant au cours de la conférence de presse

Les ministres arméniens et togolais discutent de questions de coopération

Le ministre arménien des Affaires étrangères, Zohrab Mnatsakanyan, a rencontré aujourd’hui le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, arrivé en Arménie pour participer au 17ème sommet de la Francophonie.

Au cours de la réunion, les parties ont discuté de la possibilité d’instaurer une coopération étroite dans différentes directions, ont évoqué la nécessité d’activer les liens entre le commerce et l’économie et de mettre en place un partenariat régional.

Les deux ministres ont attaché de l’importance au format multidimensionnel du partenariat et à la plate-forme des organisations francophones, en particulier pour la discussion de différentes questions d’intérêt mutuel.

Les ministres ont également échangé des idées sur l’agenda du 17ème sommet de l’OIF.

ACP : “Le prochain accord devra remédier au déséquilibre commercial en faveur de l’Europe”

Le groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et l’Union européenne ont entamé de longues négociations pour établir un nouveau partenariat en 2020 pour une période de 20 ans.

Le cycle de négociations entre la commission de l’Union européenne et les 79 pays du groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) sur l’avenir de l’Accord de Cotonou a été ouvert à New York en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Les discussions sérieuses sur ce partenariat politique, économique et sécuritaire mais aussi migratoire reprendront à Bruxelles, le 18 octobre, afin d’être conclues avant l’été 2019.

Le négociateur en chef de l’UE est Neven Mimica, commissaire chargé de la Coopération internationale et du développement.

Celui pour les ACP, Robert Dussey, ministre des Affaires étrangères et de la coopération du Togo, s’est confié au quotidien français l’Opinion.

Les négociations en vue de la signature d’un nouvel accord de partenariat ACP-UE ont commencé début octobre. Comment vont-elles se dérouler ?

Ces négociations, vous l’avez dit, conduiront à terme au renouvellement de l’accord de partenariat ACP-UE. L’objectif étant de les finir avant l’été 2019, elles doivent être menées à un rythme soutenu et dans un sens élevé de responsabilité. Logiquement la première phase des négociations permettra aux deux parties, c’est-à-dire à la partie européenne et au Groupe ACP, d’accorder leurs violons sur la structure du futur accord et surtout sur le format de l’organisation et la tenue des différentes séquences des négociations. 

La deuxième phase des négociations portera sur le socle commun de l’accord envisagé, précisément sur les questions et sujets à y inscrire. Elle permettra aux parties de s’entendre sur les principes directeurs, les objectifs généraux et les priorités générales de leur partenariat. La troisième phase des négociations aura pour objet les trois piliers ou partenariats régionaux à savoir le pilier Afrique, le pilier Caraïbes et le pilier Pacifique. La dernière phase des négociations sera  celle de la consolidation de tous les acquis du processus, du réexamen de toute question ou sujet en suspens et de la conclusion des négociations. Comme vous l’aurez constatez vous-même le processus s’annonce un peu long mais nous y arriverons. 

Au regard de la géographie et des disparités, est-ce que cela a encore un sens de négocier au nom du bloc ACP ?

Nous nous sommes posé la même question et elle a fait l’objet de débat au sein du bloc ACP. Au finish, nous avons décidé de rester ensemble pour négocier le nouvel accord dans une démarche unitaire. Cette volonté et décision de demeurer ensemble au niveau du Groupe ACP tient cependant compte, et il s’agit là d’une évolution positive, de la géographie et des disparités dont vous parlez dans la mesure où elle laisse une certaine autonomie à chaque zone géographique des ACP, à savoir l’Afrique, les Caraïbes et le Pacifique, dans la négociation des trois partenaires régionaux spécifiques de l’accord. La structure même de l’accord envisagé constitue une réponse à cette préoccupation. Mieux, l’un des enjeux du futur accord, c’est d’arriver à un accord de partenariat ACP-UE qui tient vraiment compte des réalités et des priorités stratégiques de chacune des trois sphères géographiques du Groupe ACP. 

Quel bilan faites-vous de l’Accord de Cotonou ?

L’accord de Cotonou qui a relayé les Conventions de Lomé dans l’histoire du partenariat ACP-UE est globalement positif en matière d’aide au développement. Cependant, il n’a pas tenu ses promesses sur le plan des échanges commerciaux, des investissements et du progrès économique. Le commerce bilatéral entre les ACP et l’UE est aujourd’hui largement déséquilibré au profit de l’Europe. Cette vérité de fait, on n’a pas besoin d’être un économiste ni sortir de l’Université de Harvard pour le savoir. Mieux, les deux parties ont conscience de cette vérité. 

Quelles évolutions voulez-vous voir prises en compte dans le prochain accord ?

Le prochain accord devra remédier à ce déséquilibre. Nous le voulons plus juste, équitable et responsable. Il devra aussi réellement prendre en compte le droit légitime des peuples ACP au développement, la réalisation des Objectifs du développement durable, l’Accord de Paris sur les changements climatiques et l’Agenda 2 063 de l’Union Africaine. Les pays africains déplorent les conditionnalités imposées par l’UE et veulent purement et simplement la suppression de l’article 8 de l’accord de Cotonou qui donne la possibilité à la Commission de l’UE de leur imposer des sanctions en cas de problème de gouvernance. Les ACP, en particulier l’Afrique veut avoir un partenariat totalement décomplexé avec l’Europe et estiment que cet article n’aura plus à place dans le futur accord. Les ACP souhaitent aborder les questions politiques, relatives aux droits l’homme et aux libertés publiques dans le seul espace de concertation réservé aux dirigeants politiques et j’espère que les négociations permettront aux deux parties de se mettre d’accord sur la meilleure formule. Le monde a évolué. Un partenariat sans paternalisme ne peut qu’être à l’avantage des deux parties. Tenir compte de cette réalité dans les négociations est important.   

La possibilité d’un partenariat spécial entre les ACP et la Grande Bretagne n’est pas exclue

Craignez-vous une baisse des aides européennes avec le Brexit quand on sait que la Grande-Bretagne finance le Fonds européen de développement à hauteur de 17 % ?

La question d’aide au développement est une question très délicate et vous devez savoir que les ACP sont très bien conscients aujourd’hui que l’aide au développement n’est pas une panacée. L’aide au développement est bon, mais plus d’investissement européen dans les pays ACP et de justice dans les échanges commerciaux serait meilleur. Les ACP ont besoin plus d’investissement européen et de justice commerciale que d’aide. Pour revenir à votre question, il faut d’emblée dire que nous n’avons rien à craindre. Mieux, nous ne connaissons pas encore l’issue du Brexit. Au moment venu le Groupe ACP prendra acte de l’issue du Brexit quelle qu’elle soit. La possibilité d’un partenariat spécial entre les ACP et la Grande-Bretagne n’est pas à mon sens exclue, mais tout ceci doit être décidé et discuté au sein du Groupe ACPqui veut se positionner aujourd’hui comme une véritable institution de service aux peuples ACP. 

Les Accords de partenariat économique (APE, entre l’UE et les blocs régionaux) ont-ils une chance d’aboutir alors que les 54 pays de l’Union africaine projettent de mettre en place une grande zone de libre-échange continentale ? 

Les APE risquent d’être dépassés par la Zone de libre-échange continentale (Zlec). Quand cette zone se mettra en place, les APE disparaîtront d’eux-mêmes. Nous devrons renégocier un accord de partenariat économique pour toute l’Afrique sur la base d’une discussion franche. Cela devrait prendre du temps.

Que deviennent les pays d’Afrique du nord qui ne font pas partie des ACP dans ce dispositif ? 

Les pays du Maghreb ne sont pas concernés par le partenariat ACP-UE et ont leur propre dispositif de coopération avec l’Union européenne. Mais ces pays ont vocation à intégrer la Zlec. Nous allons devoir trouver une solution. L’objectif, c’est d’arriver, lorsque la Zlec sera effective, à un partenariat unique entre l’Europe et l’Afrique. Dans les années à venir, il n’est pas exclue que cela devienne une réalité. En tout cas, je suis optimiste et le temps nous en dira plus. 

L’Europe compte beaucoup sur l’Afrique pour enrayer la crise migratoire. Quelles sont vos propositions ?

La question de la migration africaine vers l’Europe est avant tout une question africaine parce ce sont les jeunes africains qui meurent en mers et/ou précarisent leurs vies. Nous allons faire des propositions aux Européens, notamment en termes de mobilité interafricaine, d’octroi de plus d’opportunités aux jeunes dans nos pays en Afrique, de gestion concertée des flux de migrants et de réfugiés, et de droits des migrants. Nous envisageons aussi développer des stratégies de communication à visée pédagogique pour encourager nos jeunes à rester et à se réaliser en Afrique puisque l’une des causes incontestables de la migration de nos jeunes vers l’Europe, ce sont les préjugés et les idées reçues sur l’Europe. Tout compte fait, nos experts sont en train de travailler sur ses propositions et nous en discuteront avec la partie européenne au moment venu. 

Quel partenariat préconisez-vous en termes de paix et de sécurité ?

Les questions relatives à la paix et à la sécurité vont occuper une bonne place dans le nouvel accord de partenariat ACP-UE. Les questions de sécurité et de lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme seront discutées lors des négociations et les deux parties feront en sorte que le partenariat UE-UE soit un partenariat au service de la cause la paix et de la sécurité. Les deux parties savent bien que la paix et la sécurité font partie de la liste des « capabilités fonctionnelles de base » dont nos pays ont besoin pour travailler efficacement à leur développement et progrès économique. 

Le type de partenariat en termes de paix et de sécurité qui serait le mieux adapté est celui qui est en phase avec le travail endogène des ACP au service de la paix et la sécurité. En Afrique, en particulier ce partenariat doit être en phase avec le travail des organisations régionales (CEDEAO, CEEAC, SADC, etc.) et de l’Union africaine dans le domaine de la paix et de la sécurité. Le partenariat ACP-UE doit participer à l’effort de guerre contre l’extrémisme violent et le terrorisme en Afrique et dans le monde. 

L’Europe n’est-elle pas en train de se faire dépasser par des pays comme la Chine ?

La question ne pose pas en ces termes. Il faut plutôt prendre acte du fait que le monde a changé et prendre en compte cette évidence au plan des conduites à tenir. L’Europe doit travailler davantage à fidéliser ses partenaires ACP et africains. Le marché de la coopération en Afrique aujourd’hui est un marché de rudes concurrences. Tenir compte de cette évidence est un défi pour l’Union européenne. 

L’Europe doit composer avec la présence chinoise en Afrique comme une réalité historique qui l’invite à faire évoluer qualitativement et considérablement son partenariat avec le Groupe ACP et surtout avec l’Afrique. L’Europe ne doit pas perdre de vue la volonté clairement exprimée par les pays africains et l’Union africaine de traiter avec elle dans un strict rapport d’égalité. En restant attentive à l’Afrique en qui ce concerne cette exigence, l’Europe, je crois, pourra conserver sa position dominante.

Robert Dussey : “Il est dans l’intérêt de l’Europe que les ACP se développent”

Les négociations vont durer deux ans pour déterminer le nouveau cadre
entre le groupe ACP et l’Union européenne. Robert Dussey, ministre des
Affaires étrangères du Togo, détaille ici l’organisation et les enjeux de
ces rencontres capitales pour l’avenir des deux parties.

Propos recueillis par Guillaume Weill-Raynal

Vous présidez, au nom du Togo, les négociations devant conduire à un nouvel accord de partenariat ACP-UE devant relayer l’accord de Cotonou. Quelle est la composition de l’équipe de négociation du groupe ACP ?

L’accord de Cotonou qui sous-tend actuellement le partenariat ACP-UE arrive à terme en février 2020. Selon cet accord, Les négociations en vue d’un nouvel accord de coopération doivent commencer dix-huit mois avant sa péremption. Chacune des deux parties (Union européenne, Groupe ACP) s’apprête à entamer les négociations et c’est dans cette perspective que le Groupe ACP a créé le Groupe central de négociation (GCN) et les Équipes techniques de négociation (ETN).

Le GCN a des attributions précises. Il est chargé, suivant la décision du Conseil des ministres du groupe ACP lors de sa 105e session tenue en mai 2017, de superviser et de guider le processus de négociation.
Il a également en charge les thèmes et questions transversaux inscrits dans le mandat de négociation du groupe ACP et a deux niveaux hiérarchiques de responsabilité, le niveau ministériel et le niveau des
ambassadeurs.

Pour revenir à votre question, le GCN que le Togo préside est composé de douze pays membres. Chacune des six régions du groupe ACP à savoir les Caraïbes, le Pacifique, l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Est, l’Afrique australe et l’Afrique de l’Ouest est représentée dans le GCN par deux pays.
Les Caraïbes sont représentées dans le GCN par la Guyane et la Jamaïque, le Pacifique par Samoa et Papouasie-Nouvelle Guinée, l’Afrique centrale par le Cameroun et le Tchad, l’Afrique de l’Est par l’Éthiopie et le Kenya, l’Afrique australe par la Namibie et le Lesotho et l’Afrique de l’Ouest par le Nigeria et le Togo. Les douze pays membres du GCN ont chacun des suppléants régionaux qui les remplacent en cas d’indisponibilité ou de désistement. Si la responsabilité des négociations sur les thèmes et questions transversaux du mandat de négociation du Groupe ACP revient aux ambassadeurs représentants leurs pays dans le GCN, celle sur les piliers stratégiques du mandat revient aux ETN qui travaillent et rendent compte au GCN.

Le dispositif compte trois ETN dont la composition est axée sur les piliers tels que le commerce, investissement, industrialisation et service ; la coopération au développement, technologie, science et innovation ; le dialogue politique et plaidoyer. Les trois piliers stratégiques sont bien entendu facilement convertibles en piliers géographiques. Chacune des six régions du Groupe ACP est représentée dans chaque ETN.

Les Caraïbes sont représentés par la République dominicaine et Trinitéet- Tobago, dans l’ETN qui travaille sur Commerce, investissement, industrialisation et service ; par Grenade et Guyane dans l’ETN, qui travaille sur Coopération au développement, technologie, science et innovation et par Belize et Jamaïque dans l’ETN qui travaille sur Dialogue politique et plaidoyer.

Le Pacifique est représenté Papouasie- Nouvelle Guinée et Fidji, dans l’ETN qui travaille sur le pilier 1, par Samoa et Vanuatu dans celle qui travaille sur le pilier 2, et par Îles Salomon et Timor Leste. dans celle qui travaille sur le pilier 3.

L’Afrique centrale est représentée respectivement dans les trois ETN par le Cameroun et la Centrafrique, le Tchad et la République du Congo, le Gabon et la RD Congo ; l’Afrique de l’Est par Maurice et Tanzanie, Soudan et Somalie, Djibouti et Érythrée ; l’Afrique Australe par Afrique du Sud et Swaziland, Malawi et Zambie, Zimbabwe et Mozambique ; l’Afrique de l’Ouest par le Ghana et le Mali, le Burkina Faso et la Guinée, la Gambie et la Guinée-Bissau.

Toutes les régions du Groupe ACP sont bien représentées dans le processus de négociations devant conduire à la signature d’un nouvel accord de partenariat entre l’Union européenne et les ACP

Les Africains vont-ils pousser pour renouveler l’approche des rapports entre l’Union européenne et les ACP ?

Absolument. Le monde a changé et les deux parties le savent bien. La coopération ACP-UE ne peut conduire au développement voulu et espéré par les ACP que si elle n’annihile pas leurs initiatives endogènes de développement, ne compromet pas, pour emprunter le mot à Amartya Sen, « les capabilités » des ACP par la désindustrialisation et le démantèlement de leurs économies.

Il est dans l’intérêt économique, stratégique, géopolitique, de l’Europe, que les ACP se développent. Penser le contraire serait un manque d’ambition et d’imagination.

La particularité du futur accord de partenariat ACP-UE réside dans sa structure. Il s’agira d’un accord composé d’un socle commun applicable à tous les membres du partenariat et de trois partenariats régionaux spécifiques révisables à intervalles réguliers. Les trois partenariats régionaux spécifiques à l’intérieur de l’accord dont il s’agira sont le Partenariat UE-Caraïbes, le Partenariat UE-Pacifique et le Partenariat UE-Afrique. Dans un schéma de ce genre, l’Afrique a la place qu’elle mérite et saura bien entendu choisir les éléments qui lui tiennent à coeur et qu’elle voudrait inscrire dans le nouvel accord de partenariat ACP-Union européenne

L’Afrique sera-t-elle en mesure d’intégrer ses priorités dans ces négociations où les thématiques sont déjà arrêtées?

Bien sûr ! Tout est possible dans le domaine des affaires humaines, voilà ma conviction. Comme je l’ai déjà dit, les ACP sont ouverts aux apports. Ils doivent rester ouverts et ceci pour la sérénité même du processus des négociations.

L’Afrique est libre d’enrichir le travail du Groupe central de négociation. Le GCN travaille pour tout le groupe ACP. Laisser la liberté à une partie du groupe ACP qu’est l’Afrique de définir ses priorités n’est pas incompatible avec le choix d’avoir un accord de partenariat post-Cotonou sous la bannière des ACP.

La nature du nouvel accord de partenariat à signer avec l’UE donne à l’Afrique la possibilité d’y intégrer ses priorités

La migration ne doit pas être le seul défi du post-Cotonou

Le négociateur en chef des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique appelle à plus d’imagination pour l’avenir des relations UE-ACP.

Robert Dussey est ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de l’Intégration africaine du Togo et négociateur en chef du groupe ACP pour l’avenir des relations avec l’UE après la fin de l’accord de Cotonou.

La péremption programmée de l’accord  de Cotonou en 2020 n’est pas la fin du partenariat ACP-UE. Les deux parties sont actuellement en pourparlers et les négociations pour un nouvel accord de partenariat commenceront dès ce 1er octobre 2018. La nouveauté de l’accord envisagé réside dans sa structure. L’accord aura un socle commun applicable à tous les membres du partenariat et trois partenariats régionaux spécifiques à l’Afrique, aux Caraïbes et au Pacifique (ACP).

L’accord post-Cotonou doit aider à la réalisation du développement durable dans les pays ACP. Le droit au développement des peuples ACP, les ODD, l’accord de Paris sur les changements climatiques et l’Agenda 2063 de l’Union Africaine doivent être au cœur du futur accord de partenariat ACP-UE.

Conclu en 2000 au Bénin, l’accord de Cotonou a façonné les relations entre l’UE et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) durant 20 ans. L’accord expire en 2020 et les négociations autour de son successeur doivent débuter début septembre.

Nous avons des raisons d’espérer, mais l’espoir dans l’avenir de notre partenariat n’est légitime que s’il repose sur l’engagement des deux parties à faire ensemble le chemin de la prospérité. Le partenariat ACP-UE ne peut tenir ses promesses que s’il n’annihile pas les efforts endogènes de développement des ACP, n’induit pas le démantèlement de leurs jeunes industries et économies.

Il nous faut plus d’ambition et d’imagination pour comprendre les enjeux nouveaux de notre coopération que nous souhaitons et voulons plus féconde, équitable et responsable. Les ACP espèrent moins la charité que la justice et l’équité dans les termes du futur accord de partenariat.

Les sujets à inscrire à l’agenda des négociations sont divers et toucheront des domaines telles que l’économie et l’investissement, la coopération au développement, la recherche et l’innovation technologique, les changements climatiques, la guerre à la pauvreté, la sécurité, le dialogue politique et la migration. Après attente des deux parties sur le socle commun de l’accord, les négociations sur les trois piliers régionaux seront lancées. L’objectif, c’est d’arriver à un accord qui tient vraiment compte des réalités et problèmes de chaque sphère géographique du groupe ACP.

L’avantage de cette approche est qu’elle donne à chaque région des ACP la possibilité d’influencer, ou, au besoin, de prendre en main les négociations techniques sur ses priorités stratégiques. L’approche est en phase avec la volonté des différentes régions, en particulier celle de l’Afrique clairement exprimée d’avoir un partenariat totalement décomplexé avec l’Europe dans un rapport de stricte égalité.

La question migratoire sera sans doute un point essentiel du pilier UE-Afrique de l’accord, mais elle ne doit pas éluder la pertinence des débats, impacter dans le sens négatif les termes de notre futur accord de coopération.

Au demeurant, nous restons convaincus que l’horizon du partenariat ACP-UE reste ouvert. Les prochaines négociations s’annoncent à grand pas. Les défis sont essentiels et les enjeux grands.  Un accord de partenariat vraiment juste et équitable entre l’Europe et les ACP aura, certainement pour l’Afrique, les Caraïbes et le Pacifique, des retombées que les accords antérieurs n’ont jamais eues. Je voudrais finir avec une pensée de Gaston Berger: « Demain ne sera pas comme hier. Il sera nouveau et il dépendra de nous. »

L’accord de Cotonou régit la coopération entre l’Union européenne et les pays de l’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique depuis 2000. Alors que sa révision doit commencer, son bilan apparaît mitigé.

UE-ACP Ouverture des négociations sur un nouvel accord de partenariat

DÉCLARATION DE L’HONORABLE PROFESSEUR ROBERT DUSSEY
MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION ET DE L’INTEGRATION AFRICAINE DE LA REPUBLIQUE DU TOGO ET
NÉGOCIATEUR EN CHEF DU GROUPE D’ÉTAT ACP

Vendredi 28 septembre 2018, 10h00
New York, États-Unis d’Amérique


Votre Excellence, chers invités, Mesdames et Messieurs.

Permettez-moi d’abord de remercier le commissaire ministre d’avoir accepté de se comporter à New York.

En moins de deux ans, nous sommes appelés à renouveler les conditions de la coopération ACP-UE. Cette cérémonie lance officiellement le processus des négociations qui nous mènera à un nouvel accord. La signature d’un nouvel accord de coopération entre nos deux entités a été très utile, car l’Union européenne et les pays ACP ont encore des possibilités inexploitées d’explorer et d’exploiter ensemble. Pour paraphraser le titre d’un livre de Karl POPPER et Konrad LORENZ, l’horizon de notre coopération reste ouvert et il y a place à l’espoir pour l’avenir.

Pour l’avenir de notre coopération, l’espoir n’est justifié que s’il est basé sur un engagement commun à voyager ensemble sur la voie de la prospérité. Nous devons travailler ensemble pour réussir ensemble. La coopération ACP-UE ne restera fidèle à son ambition d’origine que s’il reste un partenariat au service du droit humain fondamental au développement des peuples ACP. Le principal défi pour les ACP reste la guerre contre le manque de développement et notre partenariat doit pouvoir aider les États membres ACP à relever ce défi.

Le lien entre le groupe ACP et l’UE était établi à l’article premier du chapitre 1 de l’accord de Georgetown, l’acte constitutif du groupe ACP, qui stipule que “les membres du groupe ACP sont les États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique qui sont signataires de la Convention de Lomé et du présent Accord. ” Le groupe ACP souligne que le partenariat ACP-UE est une réalisation unique et précieuse qui a renforcé les liens entre les peuples et les pays ACP et de l’UE au cours des 45 dernières années de son existence. L’ouverture des négociations aujourd’hui marque la continuité de la confiance dont les parties au partenariat ont besoin.

Des difficultés, des malentendus et des pièges peuvent surgir dans la coentreprise de négociations, mais nous devons rester fermes, utiliser notre «sagesse pratique» pour les surmonter. «La sagesse pratique», l’autre dénomination de la phronèse d’ARISTOTE, dit Paul RICOEUR dans son travail soi-même comme autre, «consiste à inventer un comportement juste adapté au caractère singulier du cas». Cela peut nous aider à surmonter les apories, les «désaccords raisonnables», les «illusions objectives» et les risques d’impasse inhérents à tout processus normal de négociation.

Cérémonie d'ouverture
Participants à la cérémonie d’ouverture

Nous devons veiller à ce que la coopération ACP-UE serve réellement la cause du développement des pays ACP. La coopération ACP-UE ne peut conduire au développement souhaité et espéré par les Etats ACP que si elle ne détruit pas leurs initiatives de développement endogènes, si elle ne transige pas – pour emprunter le mot à Amartya SEN – les «capacités» des pays ACP à travers la désindustrialisation et le démantèlement de leurs économies. C’est dans l’intérêt économique et stratégique de l’Europe que les pays ACP se développent. Penser autrement serait un manque d’ambition.

Nous avons besoin de plus d’ambition et d’imagination pour comprendre les nouveaux défis de notre coopération que nous espérons et souhaitons être plus fructueux, plus justes et plus responsables. Lorsque vous voyagez sur deux routes, vous avez besoin d’une lucidité essentielle pour ne pas marcher sur les pieds de vos compagnons de route. La lucidité, par son étymologie latine, signifie «lumière» et quelqu’un qui est lucide, dit Augustin Kouadio DIBI «est quelqu’un qui peut voir clairement, quelqu’un qui saisit les choses à la lumière». À la lumière, nous arriverons à un nouvel accord dans le meilleur intérêt de l’Europe et des pays ACP.

De nombreux sujets seront à l’ordre du jour des négociations à venir. Ces sujets concernent des domaines (à des fins d’illustration) tels que l’économie et l’investissement, la coopération au développement, la recherche et l’innovation technologique, le changement climatique, la guerre contre la pauvreté, la sécurité, le dialogue politique et les migrations. L’examen de tous ces sujets doit se faire dans un avenir proche dans une plus grande rationalité.

Parce que je reste convaincu que l’horizon de la coopération ACP-UE reste ouvert; que l’Union européenne et les pays ACP ont encore «un avenir possible» à explorer et à inventer ensemble, je voudrais terminer sur cette pensée du philosophe français de la prospection Gaston Berger dans son livre La Phénoménologie du temps et de la prospective: «Demain ne sera pas être comme hier. Ce sera nouveau et cela dépendra de nous. C’est moins à découvrir qu’à inventer ».

Bonne chance pour les négociations futures.
Merci de votre attention

Déclaration du Prof. Robert Dussey à la 73e Assemblée Générale des Nations Unies

Madame la Présidente de l’Assemblée générale,

Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies,

Distingués délégués,

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais, avant toute chose, adresser les chaleureuses félicitations du Président de la République Togolaise S. E. M Faure Essozimna GNASSINGBE à Madame la Présidente pour son élection méritée à la Présidence de cette 73ème session ordinaire de l’Assemblée générale et, par la même occasion, lui assurer du soutien de mon pays le Togo.

Je voudrais, par la même occasion, rendre un hommage mérité à votre prédécesseur, Monsieur Miroslav Lajčák pour le coup de maître dont il a fait preuve durant sa Présidence de l’Assemblée Générale.

Il me plait particulièrement de saluer le sens des affaires humaines et la sagesse pratique du Secrétaire général, Monsieur Antonio Guterres, pour son engagement clairement exprimé et son travail quotidien en faveur des principes et valeurs de notre Organisation commune.

Madame la Présidente,

Je voudrais me féliciter de la pertinence du choix de la thématique de cette session. La thématique nous interpelle tous sur un enjeu essentiel parce que fondamental : décentrer l’exercice des responsabilités au niveau des Nations Unies pour mettre l’Institution en phase avec la réalité du monde. Le monde est pluriel et multipolaire. Tenir compte de cette évidence (l’évidence est selon Descartes ce qui ne trompe pas) élargira, à coup sûr, la base de légitimité et l’efficacité de notre Organisation dans le monde.

La réforme des Nations Unies est moins un souhait qu’une nécessité logique. Le monde a évolué, de nouveaux problèmes et nouveaux acteurs ont émergé, la planète est aujourd’hui en souffrance, l’extrémisme violent et le terrorisme menacent le monde, de nouvelles formes de responsabilité sont apparues. Notre Institution, en tant que pôle d’exercice de la responsabilité collective à l’échelle mondiale, doit se mettre à jour dans son organisation et dans son fonctionnement, si elle veut efficacement jouer son rôle d’institution de service à la communauté humaine. L’heure est, pour le dire dans le langage de l’épistémologue Thomas Kuhn, au changement de paradigme.

Madame la Présidente,

Je voudrais ici réitérer l’adhésion et le soutien de mon pays à l’initiative de réforme profonde de notre Organisation engagée par le Secrétaire général, qui a le mérite de reposer sur un processus ouvert et inclusif prenant en compte les trois principaux piliers institutionnels du système des Nations Unies, notamment la paix et la sécurité, le développement et la structure de gestion. Cette initiative de réforme axée sur la restructuration du pilier paix et sécurité aidera à rendre l’Institution plus pragmatique et efficace.

Le lien entre la paix, la sécurité et le développement n’est plus à démontrer. Sans la paix et la sécurité, il n’y a pas de développement durable, l’on ne saurait assurer le développement et bâtir des sociétés résilientes et durables. La nouvelle architecture de paix et de sécurité des Nations Unies doit donc être en relation intrinsèque avec le pilier développement élargi au respect et à la promotion des droits de l’homme ainsi qu’au renforcement de l’action humanitaire.

La réforme en cours devrait repositionner le système de développement des Nations Unies pour l’adapter aux nouvelles exigences liées à la mise en œuvre de l’Agenda 2030 afin d’atteindre à terme les objectifs du développement durable et faire reculer les frontières de la pauvreté objective et celles des inégalités domestiques et mondiales.

Les Nations Unies doivent aider davantage à faire face au manque de développement du monde. Un pas de plus dans la guerre au déficit du développement aidera notre monde à faire sortir des pans entiers de populations à l’échelle du monde de la « misère de position » et de « condition », et permettra de leur redonner autonomie et pouvoir de contrôle sur leurs propres vies.

Le nouveau système de développement de l’Organisation doit s’accommoder avec la nécessité d’édifier un monde dans lequel chaque pays jouit d’une croissance économique soutenue, inclusive et durable. Il s’agit de réorienter le système avec d’importants ajustements au niveau des compétences, de la direction et des mécanismes de coordination et de responsabilisation.

Cette nouvelle restructuration des mécanismes de développement doit viser également la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Les défis des changements climatiques sont vitaux et la riposte ne doit pas attendre.

Evidemment, dans notre riposte aux défis des changements climatiques, une place non négligeable doit être faite à la promotion des partenariats et des mécanismes innovants de financement du développement, conformément au Programme d’action d’Addis-Abeba.

S’agissant du pilier gestion de la réforme en cours, nous observons avec satisfaction que les changements importants envisagés répondent à la nécessité d’améliorer les méthodes de gestion internes de l’Organisation en assurant la simplification des procédures, la décentralisation de l’action et l’investissement dans l’humain pour mieux répondre aux impératifs de développement durable et de construction d’un monde pacifique. Investir dans l’humain, c’est prendre parti pour le développement et la paix dans le monde.

Somme toute, la réforme dont il s’agit aujourd’hui vise à rendre les Nations Unies plus dynamique et capable. Les défis mondiaux actuels invitent au renforcement des capabilités de fonctionnements des Nations Unies.

Madame la Présidente,

Les défis auxquels l’Afrique fait face actuellement sont immenses. Notre continent reste confronté à de nouvelles formes de crises et de difficultés. L’Afrique abrite malheureusement aujourd’hui des foyers du terrorisme dans certaines de ses régions et pays où les populations qui aspirent légitimement à la quiétude font quotidiennement face aux actes de barbarie qui se nourrissent de l’extrémisme violent, de l’ignorance et l’intolérance religieuses, et du fanatisme idéologique.

La pauvreté persiste en Afrique et les populations africaines sont en quête du mieux-être. Les conséquences des changements climatiques sont terribles et, la migration décime et précarise un pan non négligeable de la jeunesse africaine.

Les enjeux actuels liés à la difficile question des migrations et des drames humains qu’elles engendrent interpellent notre conscience et sens de la responsabilité collective et appellent à des réponses adaptées et durables.

A cet égard, le Gouvernement togolais engage toutes les parties prenantes à privilégier l’approche participative et la logique du consensus dans le processus des négociations en cours et à œuvrer avec détermination pour l’adoption, à l’issue de la Conférence de Marrakech des 10 et 11 décembre prochains, d’un Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

Vous conviendrez certainement avec moi que l’émergence des sociétés pacifiques, équitables, prospères et durables que nous appelons de tous nos vœux ne saurait être une réalité tangible si la priorité n’est pas donnée aux mécanismes de partenariats efficaces, innovants et mutuellement avantageux. Pour ce faire, l’ONU devrait, pour jouer pleinement le rôle de coordination qui lui revient, s’appuyer davantage sur les organisations régionales et sous-régionales dans les domaines de la paix et de la sécurité internationales et du développement.

Madame la Présidente,

A l’échelle africaine où se pose avec acuité le problème du développement, les gouvernants ont pris conscience de la nécessité d’accélérer le processus d’intégration régionale pour mutualiser les efforts de développement et les stratégies de lutte contre la pauvreté, comme le recommandent l’Agenda 2063 de l’Union Africaine et le Programme universel du développement durable. Plusieurs initiatives sont actuellement en cours pour renforcer davantage cette intégration.

A cet égard, le Togo se réjouit de la désignation de son Président (S. E. M. Faure Essozimna GNASSINGBE) par ses pairs pour le pilotage du projet d’établissement du Marché unique du transport aérien en Afrique (MUTAA), un instrument important d’intégration économique du continent. L’effort se poursuit pour mobiliser les Etats pour la signature de l’Engagement solennel en vue de la création dudit marché.

Sur la question de la paix et de la sécurité internationales, la priorité aujourd’hui nous enjoint de renforcer la coopération internationale en matière d’opérations de maintien de la paix et de lutte contre le terrorisme. Nous devons redoubler d’efforts pour en finir avec les conflits, notamment en Afrique et dans bien d’autres régions du monde.

C’est le lieu ici de saluer, à sa juste valeur, le rôle prépondérant que les Nations Unies ont toujours joué dans le monde à travers les différentes missions d’opérations de maintien de la paix, dont la majorité, malheureusement, concerne l’Afrique.

Il me plait de me féliciter, au passage, de l’accord de paix intervenu entre les parties prenantes de la crise au Soudan du Sud et de plaider pour la mise en œuvre des engagements pris pour une issue politique et définitive au conflit qui perdure dans ce pays.

En tant que membre du Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine, nous estimons qu’une coopération davantage affermie entre les structures de maintien de la paix des Nations Unies et les mécanismes opérationnels de l’Union Africaine et des sous-régions est une impérieuse nécessité.

La résolution adoptée par l’Assemblée générale en juin dernier à l’occasion de l’examen biennal de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies nous rappelle cet impératif.

C’est à ce titre que le Gouvernement togolais se félicite de la tenue à Lomé, le 30 juillet 2018, à l’occasion du mandat du Togo à la Présidence en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, du premier Sommet conjoint des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO et de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) sur la paix, la sécurité, la stabilité et la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.

Cette rencontre, première du genre sur le continent, organisée à l’initiative des deux sous-régions, a permis de créer un cadre d’échanges sur les conditions préventives et opérationnelles de préservation et de maintien d’une paix durable dans l’espace commun des deux communautés.

Madame la Présidente,

Pour permettre à l’ONU d’affirmer son leadership et de jouer efficacement et pleinement son rôle de garante de la paix et de la stabilité internationales, il est primordial de poursuivre et d’achever le processus de réforme du Conseil de sécurité. La réforme de notre Organisation ne sera complète que si elle passe aussi par la réforme du Conseil de sécurité.

La nouvelle approche axée sur une vision partagée des responsabilités recommande que les solutions aux problèmes de paix et de sécurité internationales soient l’apanage de tous les Etats membres des Nations Unies. Ainsi, le Conseil de sécurité élargi, dans le souci d’une représentation et d’une implication équitables de toutes les régions du monde, contribuerait à le rendre plus efficace dans l’accomplissement de son importante mission.

Bien que mon pays se réjouisse des consultations tenues au cours de cette année, qui ont permis aux Etats et aux groupes constitués de faire des propositions et d’enrichir les discussions, il y a lieu de s’interroger sur l’issue de ce processus de négociations qui visiblement piétine depuis 28 ans.

Madame la Présidente,

Au plan national, le Togo a inscrit son action dans l’engagement commun des membres des Nations Unies quant à la réalisation des objectifs du développement durable.

Il est question principalement pour le Gouvernement de faire du Togo un pays à revenu intermédiaire, économiquement, socialement et démocratiquement stable et ouvert aux sollicitations du monde. Le Programme National de Développement (PND) adopté récemment, qui est en cohérence avec l’Agenda 2030 du développement durable, la Vision 2020 de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ainsi que l’Agenda 2063 de l’Union Africaine, ambitionne de transformer structurellement l’économie nationale pour une croissance durable, inclusive et résiliente.

Le Togo travaille à améliorer la qualité de vie de ses citoyens et à contribuer aux côtés des Nations Unies à réduire les poches de précarité dans notre monde en pleine transformation. A cet égard, je voudrais exprimer ma gratitude aux partenaires en développement qui se sont déjà manifestés pour accompagner mon pays dans cette ambitieuse et fastidieuse tâche.

Mesdames et messieurs,

Le développement durable promeut également le développement des droits humains. L’’instauration d’une société juste et libre est tributaire de l’édification d’un monde paisible et sûr.

A ce titre, le Togo poursuit résolument son processus de réformes constitutionnelles et institutionnelles en vue de consolider les acquis démocratiques et de garantir les droits et libertés à tous. Le Gouvernement, dans cette perspective, déploie des efforts pour une issue définitive et durable aux malentendus politiques que nous avons connus ces derniers mois, en continuant de rassembler la classe politique et la société civile autour des défis et des objectifs communs de paix, de progrès social et humain.

La CEDEAO dans un élan de solidarité régionale aide le Togo à conjuguer ses difficultés politiques. Cette institution noble, à travers la facilitation du Ghana et de la Guinée, a aidé la classe politique togolaise à s’entendre sur la recomposition paritaire de la Commission Electorale Nationale Indépendante en vue de la tenue programmée des élections législatives le 20 décembre 2018.

Madame la Présidente de l’Assemblée générale,

Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies,

Distingués délégués,

Mesdames et Messieurs,

Le Secrétaire général des Nations Unies, feu Kofi ANNAN, qui nous a quitté le mois dernier, et à qui nous rendons un hommage mérité et de reconnaissance pour son engagement admirable au service de la paix dans le monde, disait ceci le 24 septembre 2001: « La seule voie qui offre quelque espoir d’un avenir meilleur pour toute l’humanité est celle de la coopération et du partenariat. » C’est ensemble que nous allons pouvoir construire le monde que nous voulons laisser aux générations à venir.

Je vous remercie.

Interview : “Aujourd’hui, nous avons le Plan National de Développement (PND) et la contribution de la Chine pour ce Plan est très important…”

La capitale chinoise a abrité les 3 et 4 septembre, le septième Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), rencontre à laquelle ont pris part plusieurs chefs d’État africains dont le Président Faure Gnassingbé. La Chine va débloquer 60 milliards de dollars supplémentaires au développement économique des pays africains, a promis président chinois Xi Jinping.

Déjà lors du sommet Chine-Afrique, tenu en 2015 à Johannesburg, M. Xi avait annoncé une enveloppe de 60 milliards de dollars d’aide et de prêts pour l’Afrique.

Dans une interview à des journalistes, le ministre togolais des affaires étrangères Prof. Robert Dussey est largement revenu sur cette grande rencontre, axée sous le thème: »La Chine et l’Afrique: construire ensemble une communauté de destin encore plus solide par la coopération gagnant-gagnant ».

Savoir News : Monsieur ministre, le septième Forum sur la coopération sino-africaine appartient désormais au passé. Vous avez suivi les débats et même conduit la délégation togolaise au dialogue de haut niveau entre les Chefs d’État et le secteur privé chinois et africain. Quelles sont aujourd’hui, les retombées de ce sommet pour le Togo ?

Prof. Robert Dussey : Il faut d’abord noter que ce Forum a été un succès pour tout le continent africain et pour la Chine, et surtout pour la participation du président de la République Faure Gnassingbé qui, dans son intervention a noté des points essentiels. Vous savez que depuis que les chefs d’État et de gouvernement africains et chinois se retrouvent pour discuter des questions qui les concernent, il n’y a jamais eu un mécanisme de suivi et d’évaluation des différentes décisions qui sont prises. Donc sur  plan politique, le président Faure Gnassingbé, lors de son intervention, a proposéun mécanisme d’évaluation pour le suivi des décisions du focac. C’est ainsi que les chefs d’État africains et chinois ont décidé de la mise en place de ce mécanisme d’évaluation et de suivi pour permettre à la partie africaine, de contribuer aux résultats que nous attendons de ce Forum. Ainsi, les retombées pour le Togo sont à la fois politique, diplomatique et économique.

Sur le plan politique et diplomatique, c’est l’impression que le président de la Républiquea partagée avec ses pairs sur la mise en place de ce mécanisme d’évaluation et de suivi.

Le sur le plan économique, nous avons énormément de projets avec la Chine. Aujourd’hui, nous avons le Plan National de Développement (PND) et la contribution de la Chine pour ce Plan est très importante, vue toutes les actions qui doivent être menées dans le cadre de ce Programme.

Prof. Robert Dussey

Nous attendons que la Chine puisse nous apporter un soutien important. Mais il faut également noter que le PND est d’abord un programme togolais, donc c’est à nous (en tant que togolais) de présenter des projets qui doivent rentrer dans le cadre des discussions que nous aurons avec la Chine. Il y aura bien sûr des questions touchant l’agriculture, les infrastructures, l’éducation, la santé, la formation professionnelle et technique.

Prof. Robert Dussey

Nous pensons que le PND a aujourd’hui un partenaire sérieux qui est la Chine et nous verrons dans les jours à venir, comment le gouvernement mènera des discussions avec la partie chinoise pour avoir une contribution très importante de la Chine, afin de réaliser ce PND pour le bonheur des populations de notre pays.

Prof. Robert Dussey

Dans son discours lors de la première session de la table ronde de haut niveau des chefs d’État et de gouvernement à l’occasion du septième « Forum sur la coopération sino-africaine, le président Faure Gnassingbé a fait un plaidoyer en faveur des jeunes du continent, en ce qui concerne le +transfert de la technologie+.

La question de +transfert de technologie+ est une vieille question, elle n’est pas seulement entre la Chine et l’Afrique. Elle est également entre l’Afrique et tous les pays occidentaux. Les chinois disent qu’ils sont prêts à aider le continent africain dans ce domaine. Mais, il faut noter qu’il y a deux documents qui ont été adoptés lors de ce septième Forum sur la coopération sino-africaine: la déclaration de Beijing et le plan d’action de Beijing.

Prof. Robert Dussey

Dans le plan d’action, il est prévu un transfert de technologie. Mais je vous dis la vérité, il revient aux africains et à nous togolais, d’être prêts à recevoir ce transfert de technologie, parce que les formations seront faites, et il faudrait que nous puissions également être disponibles à accepter ces formations. Mais nous sommes optimistes, parce que nous bénéficions déjà de beaucoup de bourses sur la Chine et nous pensons qu’avec ce transfert de technologie, les étudiants togolais et les jeunes cadres togolais des différents ministères qui viennent en Chine, auront beaucoup davantage à bénéficier de la technologie chinoise, afin de travailler pour le Togo.

Prof. Robert Dussey

Pour le plan triennal (2019-2022/ Plan d’action du Forum sur la coopération sino-africaine), quelles seront les actions concrètes à mener jusqu’au prochain sommet ?

Vous savez, c’est décision continentale africaine. Et ce qui est important, c’est ce que nous, togolais, entendons tirer de l’annonce faite par le président chinois: 60 milliards de dollars donnés aux pays africains. Ce que nous devons Ce qui se fera dans les jours à venir, c’est bien sûr les projets que nous allons introduire. Ce plan triennal n’aura de sens que par rapport aux projets. Et pour nous, ces projets entrent dans le cadre du PND (qui s’est donné le défi de faire du Togo, la « plateforme économique par excellence » dans la sous-région).

Prof. Robert Dussey

Toujours dans son discours, le président togolais a insisté sur certains principes notamment le respect mutuel, la sincérité qui caractérise les relations entre l’Afrique et la Chine. Quel est au fait la particularité de la coopération entre l’Afrique et la Chine par rapport à la coopération avec d’autres structures ou d’autres pays ?

Je pense que s’il y a un forum entre les pays africain et non africains dans lequel toute l’Afrique se sent vraiment à l’aise, c’est le +Forum sur la coopération sino-africaine, parce que la particularité de l’échange entre l’Afrique et la Chine est liée au fait que les chinois ont une autre vision du monde: c’est d’abord le multilatéralisme, essentiellement un soutien au développement du continent africain.

Vous savez que la Chine est le plus grand pays en développement et le continent africain est le continent qui comprend beaucoup plus de pays en développement. Donc, africains et chinois sont sur la même longueur d’onde et l’aide que la Chine apporte au continent africain est une aide vitale. Les chefs d’État et de gouvernement africains n’ont pas hésité à féliciter le président chinois pour l’annonce faite. Ils savent qu’avec la Chine (aujourd’hui), on peut assurer un développement nettement meilleur, par rapport aux autres partenaires. Il ne s’agit pas de négliger ou de penser que les autres partenaires ne nous soutiennent pas. Le soutien de la Chine est déterminant pour le développement du continent africain, parce que les chinois connaissent mieux nos réalités. Et les chinois se passent parfois de certaines leçons que nous recevons de nos partenaires. Je crois que ça met à l’aise tous les chefs d’État et de gouvernement et ça met à l’aise tous les africains, parce qu’avec la Chine, on peut discuter et dans ces discussions on parle de business. Chez les chinois, la coopération est basée sur le principe win /win (gagnant-gagnang). Donc, il n’y a pas de problème, et c’est sans complexe que les chefs d’État africains travaillent avec la Chine, parce qu’elle est le partenaire qui comprend mieux les réalités africaines. FIN

Prof. Robert Dussey

Emile Eyonam KOUTON (envoyé spécial à Pékin)

En Chine, Faure Gnassingbé passe à l’offensive avec son Plan national de développement

Arrivé en Chine,  samedi, Faure Gnassingbé va faire d’une pierre deux coups, voire trois. Prendre part aux travaux du Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA) à Beijing, parrainer le business forum du Togo à Xiejang et surtout, faire la promotion du Plan national de développement, la nouvelle feuille de route quinquennale de son gouvernement.

Le Togo est fortement représenté en ce début de mois en Chine dans le cadre de ce forum qui se tient une fois tous les trois ans entre l’Empire du Milieu et les pays du continent africain. A la tête de la délégation, le président Faure Gnassingbé qui a fait le déplacement le week-end, accompagné de ses ministres de l’économie et des finances, Sani Yaya, et des affaires étrangères, Robert Dussey.

« Le Togo, en tant que pays frère de la Chine, a participé depuis le début aux travaux d’élaboration de ce nouveau mécanisme de construction qu’était la Focac. Il en est membre fondateur. C’est dans ce contexte que le Togo aura une participation active à un très haut niveau aux différents travaux prévus », selon la présidence togolaise. Et de rappeler que presque tous les grands projets de coopération bilatérale entre les deux pays ont été réalisés dans le cadre de ce forum, dont la nouvelle aérogare ayant nécessité un investissement de 150 millions de dollars de la China Exim Bank.

Après l’étape du Focac, Faure Gnassingbé est annoncé dans la Province du Zhiejang où le Togo organise un Business Forum destiné à mobiliser le financement les hommes d’affaires chinois pour le Plan national de développement. Avant d’effectuer une visite sur les installations du géant du commerce en ligne, Alibaba, du Hangzou Economic & Technological DevelopmentArea ainsi que d’autres entreprises.

Enfin, le chef de l’Etat togolais devra mettre le cap sur la province du Guangdong, 8ème province économique du pays en vue de nouer des partenariats dans le secteur textile.

« Nous savons qu’il existe des dizaines de millions d’emplois en Chine qui sont prêts à être délocalisés. Donc toutes les entreprises qui peuvent délocaliser leurs emplois au Togo sont toujours les bienvenues », a indiqué Faure Gnassingbé dans une entrevue accordée à la télévision chinoise.

4622,2 milliards de F CFA sur 5 ans

Au-delà du cadre politique, ces déplacements du président togolais visent donc à mobiliser des ressources pour le financement du Plan national de développement (2018-2023) adopté début août. Soutenue par la Banque mondiale dans son nouveau cadre de partenariat, le FMI, le PNUD, l’IFC, l’Alliance solaire internationale (ASI), la BAD et la BOADcette nouvelle stratégie du Togo ambitionne, selon ses concepteurs, un taux de croissance économique moyen devant se situer à 6,6%, et atteindre 7,6% en 2022.

L’agenda de Faure Gnassingbé en Chine prévoit aussi des rencontres avec des institutions financières et étatiques chinoises au rang desquelles se trouvent le conglomérat China Merchant Group, l’Eximbank de Chine, la China Development Bank et la Banque des BRICS. Objectifs, trouver de nouveaux financements pour le plan quinquennal d’un coût de 4622,2 milliards FCFA.

Mais déjà, Faure Gnassingbé a entamé sa stratégie d’identification d’investisseurs dans le cadre de la réalisation du PND. A cet effet, il a rencontré, dimanche, Zhang Mingfendl PDG de Zhongmei, et Shao Gang, CEO de China Tiesju Civil Engineering Group.

Faire de Lomé une plateforme financière et d’affaires de premier rang en Afrique

Par cet instrument des « 500 000 emplois directs décents », Lomé nourrit sa vieille ambition de devenir un hub logistique d’excellence et un centre d’affaires de premier ordre dans la sous-région. « Cette stratégie se concentrera sur l’amélioration des infrastructures et des procédures au Port de Lomé, pour l’instant, le seul en eaux profondes de la sous-région, le renforcement des infrastructures routières et le hub aérien, déjà très animé par la compagnie panafricaine Asky, partenaire d’Ethiopian Airlines et d’autres acteurs majeurs africains », selon un document officiel dont Financial Afrik a obtenu copie.

Par ailleurs, plusieurs projets sont attendus dans le numérique. « Des infrastructures clés devraient être renforcées pour augmenter la qualité des services fournis aux usagers dans ce secteur », précise-t-on.

LPND ambitionne aussi de révéler le Togo comme un centre de tourisme d’affaires et d’ériger Lomé comme plateforme financière et d’affaires de premier rang en Afrique. Il devra également s’atteler à développer des pôles de transformation agricole, manufacturiers et d’industries extractives, et permettre la consolidation du développement social et le renforcement des mécanismes d’inclusion.

Le Togo à la recherche de nouveaux partenaires

La VIIe conférence ministérielle du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) s’est achevée dimanche à Pékin. Les ministres togolais des Affaires étrangères et de l’Economie et des Finances, respectivement Robert Dussey et Sani Yaya, y participaient.

Une réunion en prélude au sommet Chine-Afrique qui s’ouvre demain.

La réunion était présidée par le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi et le ministre du Commerce, Zhong Shan.

De son côté, le président Faure Gnassingbé a reçu plusieurs responsables d’entreprises chinoises parmi lesquels Zhang Mingfeng, président de Zhongmei.

Cette entreprise spécialisée dans les infrastructures et l’agriculture a marqué son intérêt pour la future technopole agro-alimentaire d’Akodessewa (préfecture de Vo).

Le chef de l’Etat s’est également entretenu avec Shao Gang, qui dirige la China Tiesiju Civil Engineering Group également active dans le secteur des infrastructures.

Le sommet Chine-Afrique est un rendez-vous politique, mais c’est aussi l’occasion de nouer des partenariats économiques.

Une excellente opportunité pour le Togo qui compte s’appuyer sur le secteur public et privé chinois – mais pas seulement – pour lancer son Programme national de développement (PND).

Communiqué Final de la 53e Session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO

31 juillet 2018, Lomé, République Togolaise

1. La cinquante-troisième session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est tenue le 31 juillet 2018 à Lomé, en République Togolaise, sous la présidence de S. E. M. Faure Essozimna GNASSINGBE, Président de la République Togolaise, Président en exercice de la Conférence.

2. Etaient présents à cette session, les Chefs d’Etat et de Gouvernement
ci-après, ou leurs représentants dûment mandatés :

– S. E. M. Roch Marc Christian KABORE, Président du Faso
– S. E. M.  Jorge Carlos de ALMEIDA FONSECA, Président de la République du Cabo Verde
– SE. M. Alassane OUATTARA, Président de la République de Côte d’Ivoire
– S. E. M. Adama BARROW, Président de la République de La Gambie
– S. E. M. Nana Addo Dankwa AKUFO-ADDO, Président de la République du Ghana
– S. E. Prof. Alpha CONDE, Président de la République de Guinée
– S. E. M. José Mário VAZ, Président de la République de Guinée Bissau
– S. E.M. Issoufou MAHAMADOU, Président de la République du Niger;
– S.E. M. Muhammadu BUHARI, Président de la République Fédérale du Nigeria
– S. E. M. Macky SALL, Président de la République du Sénégal
– S. E. M. Julius Maada BIO, Président de la République de Sierra Leone
– S. E. M. Faure Essozimna GNASSINGBE, Président de la République Togolaise.
– S.E.M. Aurélien A. AGBENONCI, Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, de la République du Bénin
– S. E. M. Abdramane SYLLA, Ministre des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration Africaine de la République du Mali
– S. E. M. GBEHZOHNGAR M. Findley, Ministre des Affaires Etrangères de la République du Liberia

3. Etaient également présents :

– S.E.M. Jean Claude Kassi BROU, Président de la Commission de la CEDEAO
– S. E. M.  Mohamed Ibn Chambas, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour l’Afrique de l’ouest et le Sahel (UNOWAS) ;
– M. Abdallah Boureima, Président de la Commission de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) ;
– M. EL-Ghassim WANE, Représentant du Président de la Commission de l’Union Africaine.

4. Les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont pris acte du rapport intérimaire 2018 du Président de la Commission de la CEDEAO ainsi que des rapports issus de la 80ème session ordinaire du Conseil des Ministres de la CEDEAO et de la 40ème réunion du Conseil de Médiation et de Sécurité.

5. Ils ont salué la qualité des rapports soumis ainsi que la pertinence des recommandations qui sont de nature à favoriser la réalisation des objectifs de la CEDEAO en matière de croissance et de stabilité de la région.

6. A l’issue de ses délibérations, la Conférence a entériné les principales recommandations contenues dans les différents rapports, puis a procédé à l’examen des questions spécifiques ci-après :

AU TITRE DE LA PERFORMANCE ECONOMIQUE ET DE LA MISE EN OEUVRE DES PROGRAMMES D’INTEGRATION REGIONALE

7.  La Conférence s’est félicitée des bonnes perspectives en matière de croissance économique de la région avec un taux de 3,2% en 2018 contre des réalisations de 2,3% et 0,2% en 2017 et 2016 respectivement. Cette évolution positive est due, entre autres, à la remontée des cours mondiaux des matières premières, en particulier le pétrole, les minerais (or, bauxite, fer), le cacao, le coton ainsi que les réformes économiques et les investissements dans le domaine des infrastructures.

8. Afin d’améliorer la résilience des Etats membres et de rendre plus stables et moins fragiles les sources de la croissance régionale, la Conférence les a exhortés à poursuivre les efforts de diversification des économies ainsi que la mise en place de politiques spécifiques en faveur des couches vulnérables pour une croissance plus inclusive.

Concernant la création de l’union monétaire

9.  La Conférence a pris acte des rapports des réunions de la Task Force Présidentielle pour le programme de la monnaie unique de la CEDEAO dont les conclusions et recommandations marquent des avancées importantes vers l’objectif de doter la région d’une union monétaire.

10.  Elle a félicité les Chefs d’Etat membres de la Task Force pour les progrès réalisés dans la mise en œuvre des activités de la Feuille de route de la monnaie unique de la CEDEAO pour les résultats atteints.

11. Au titre de la convergence macroéconomique pour l’année 2017, la Conférence a pris acte des progrès accomplis par les pays au niveau de l’ensemble des critères, particulièrement au niveau du critère clé du déficit budgétaire par rapport à l’année 2016. Elle a exhorté les Etats membres à poursuivre la mise en œuvre de politiques économiques vertueuses afin de respecter les critères de convergence.

12.  Au titre du régime de change, la Conférence a instruit le Président de la Commission de la CEDEAO d’organiser des concertations et des réunions avec le Groupe de travail, composé de la BCEAO, de la Central Bank of Nigeria et de l’AMAO afin de lui soumettre des propositions, avant la fin de l’année 2018. A cette occasion, l’harmonisation du cadre de la politique monétaire et le modèle de la future banque centrale seront également examinés.

13.  Elle a également instruit la Commission de la CEDEAO, en collaboration avec l’AMAO et les Banques centrales de la Communauté, à lui soumettre lors de sa prochaine session, des propositions de nom de la future monnaie commune.

14. La Conférence instruit la Commission à prendre toutes les dispositions pour l’implication effective de l’ensemble des Gouverneurs des Banques centrales dans le processus de création de la monnaie unique de la CEDEAO.

15. La Conférence a également pris acte de la Feuille de route révisée pour le programme de la monnaie unique ainsi que la création d’un Fonds spécial pour couvrir son besoin de financement. A cet égard elle demande que la Central Bank of Nigeria (CBN), la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et la Bank of Ghana prennent les mesures nécessaires pour le paiement de leur quote-part.

16. Elle a pris note des conclusions de l’étude sur « la Monnaie unique de la CEDEAO » réalisée par la Commission Economique pour l’Afrique (CEA) qui précise les conditions optimales de la création de la future monnaie unique de la CEDEAO.

17. Le Sommet a souhaité une plus grande implication des Etats membres dans la réflexion et instruit la Commission à s’assurer que tous les pays soient informés des avancées.

S’agissant de la libre circulation des personnes et des biens

18.  Les Chefs d’Etat se sont félicités de la poursuite des actions en vue de l’application effective du Protocole sur la libre circulation des personnes, le droit de résidence et d’établissement par la mise au point d’un mécanisme de suivi visant à faciliter l’évaluation régulière de l’application dudit Protocole. Ils ont engagé la Commission à prendre toute initiative visant à réduire les entraves à la libre circulation et d’en faire rapport aux autorités politiques des Etats membres concernés.

19. Concernant l’union douanière, la Conférence a félicité la Commission pour les dispositions prises pour la vulgarisation et l’application du code des douanes à la suite de son adoption en décembre 2017 notamment, la formation des douaniers ainsi que la poursuite de son accompagnement aux deux Etats membres qui n’ont pas encore mis en application le Tarif Extérieur Commun.

Accords de Partenariat Economique entre la région Afrique de l’Ouest et l’Union européenne

20. La Conférence, note que la non signature de l’APE régional par tous les Etats membres et la mise en œuvre des APE intérimaires pose des défis importants au processus d’intégration régionale. Dans le souci de renforcer la coordination des politiques régionales et la coopération avec l’Union européenne, le Sommet lance un appel aux partenaires européens visant à plus de flexibilité sur la question des APE notamment, sur le calendrier de la mise en œuvre des APE intérimaires.

Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA)

21. La Conférence s’est félicitée du lancement de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) au cours du Sommet extraordinaire de la Conférence de l’UA tenu le 21 mars 2018 à Kigali, au Rwanda. Elle a pris note de la signature de l’Accord par plusieurs pays africains, et invite à cet effet les Etats membres n’ayant pas encore signé à accélérer le processus de leur adhésion.

22. La Conférence instruit la Commission de la CEDEAO d’assister les Etats membres en vue de dégager une position régionale sur les questions en suspens notamment les concessions tarifaires, la liste d’engagements spécifiques en matière de services et de règles d’origine.

Relativement au Développement Humain

23. S’agissant de l’éducation, la Conférence a félicité la Commission pour la mise en place de mécanismes visant à promouvoir les idéaux régionaux dans les établissements scolaires. Elle l’a invitée à aller vers l’incorporation dans les programmes, de modules pédagogiques portant sur l’intégration régionale.

24. Dans le domaine humanitaire et social, la Conférence a exprimé de nouveau sa préoccupation à propos de la situation des migrants africains se trouvant dans les centres de détention. Elle a invité la Commission à s’impliquer davantage dans la coordination des positions des Etats membres dans le cadre du processus sur le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

Concernant le développement agricole et de la sécurité alimentaire

25. La Conférence s’est préoccupée de la forte détérioration de la situation relative à la sécurité alimentaire dans certains Etats membres avec des baisses sensibles de production par rapport à la campagne agricole 2016/2017 observées.

26. Elle s’est félicitée des mesures de mobilisation urgente de la Réserve Régionale de Sécurité Alimentaire qui concrétise l’appel qu’elle a lancé lors de son Sommet Extraordinaire tenu le 14 avril 2018 à Lomé, République Togolaise. Elle a appelé les Etats membres bénéficiaires à confirmer et honorer leur engagement de reconstitution du stock mobilisé, dans un souci de pérennisation de cet instrument régional de solidarité à l’égard des populations vulnérables. La Conférence a instruit la Commission de la CEDEAO à prendre les mesures nécessaires pour la mise à disposition au plus tôt, des denrées alimentaires aux pays affectés.

AU TITRE DE LA PAIX, DE LA SECURITE ET DE LA DEMOCRATIE

27. La Conférence réaffirme l’importance de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans l’espace CEDEAO. Elle réitère sa condamnation des attaques terroristes dans la région et exprime sa solidarité aux pays affectés.

28. Elle réaffirme sa détermination à lutter sans relâche contre le terrorisme et l’extrémisme violent. A cet effet, la Conférence se félicite des résultats probants enregistrés dans la lutte contre le groupe terroriste Boko Haram.

29. La Conférence salue l’engagement des pays membres de la Force Multinationale Mixte du Bassin du Lac Tchad et de la Force Conjointe du G5 Sahel dans la lutte contre le terrorisme. A cet effet, elle lance un appel à tous les Etats membres de la Communauté, dans un esprit de solidarité communautaire, d’apporter un appui matériel, financier et technique aux forces armées des Etats membres engagées dans la lutte contre le terrorisme dans le Bassin du Lac Tchad et au Sahel. La Conférence demande au Conseil de Sécurité des Nations Unies de placer la Force du G5 Sahel sous le chapitre 7 de la Charte des Nations Unies en vue de lui assurer un financement pérenne et multilatéral.

30. La Conférence exhorte les Etats membres à mettre en œuvre des mesures holistiques de prévention de la radicalisation, de l’extrémisme violent et du terrorisme. Elle réitère son appel aux Etats membres pour un meilleur partage de l’information et des renseignements.

31. La Conférence se félicite de la tenue le 30 juillet 2018 à Lomé, République Togolaise, du Sommet Conjoint des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO et de la CEEAC. Elle exhorte les Etats membres et la Commission à mettre en œuvre de manière diligente les décisions contenues dans la Déclaration de Lomé sur la paix, la sécurité, la stabilité et la lutte contre l’extrémisme violent adoptée par le Sommet Conjoint.

SUR LA SITUATION EN GUINEE-BISSAU

32. La Conférence se félicite des progrès notables enregistrés dans la résolution de la crise politique en Guinée Bissau depuis les mesures adoptées lors de sa Session extraordinaire sur la Guinée Bissau tenue le 14 avril 2018 à Lomé, République Togolaise. Elle encourage l’ensemble des acteurs politiques Bissau-Guinéens et la société civile à maintenir son engagement en faveur de la feuille de route, notamment pour le respect de la date du 18 novembre 2018 pour la tenue des élections législatives.

33. La Conférence exprime sa préoccupation quant à la lenteur dans la mise en œuvre du calendrier des élections législatives. A cet effet, elle lance un appel aux Etats membres et à la communauté internationale à apporter leur appui à la Guinée Bissau. Elle note avec satisfaction la contribution financière de un (1) million de dollars américains de l’UEMOA pour la préparation des élections législatives et décide de contribuer pour un montant de deux (2) millions de dollars américains.

34. Saluant les progrès réalisés depuis le Sommet du 14 avril 2018, la Conférence décide de lever les sanctions prises à l’encontre de certains acteurs politiques de la Guinée-Bissau.

SUR LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE AU TOGO

35.  La Conférence a examiné le rapport présenté par les deux Facilitateurs leurs Excellences Monsieur Nana Addo Dankwa AKUFO-ADDO, Président de la République du Ghana et Professeur Alpha CONDE, Président de la République de Guinée, dans le cadre du mandat qui leur a été confié par la Conférence en date du 14 avril 2018.

36. Le Sommet a félicité les deux facilitateurs et noté avec satisfaction les progrès et les acquis qui ont été enregistrés. La Conférence se félicite de l’engagement des parties prenantes à maintenir l’esprit de concertation et de dialogue en vue de favoriser une résolution durable de la crise.

37. A l’issue des échanges, la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement a convenu de ce qui suit :

38. Elle encourage le Gouvernement togolais à poursuivre les mesures de confiance et d’apaisement en accélérant les procédures judiciaires relatives aux personnes arrêtées lors des manifestations politiques et d’étudier la possibilité de mesures additionnelles en faveur de ces personnes.

39. La conférence des Chefs d’Etat condamne tout recours à la violence notamment l’usage d’armes réservées aux forces publiques et appelle les citoyens les ayant dérobé au cours des manifestations à les restituer aux autorités compétentes.

40.  Elle appelle, par la même occasion, les acteurs politiques et la société civile de s’abstenir, en toute circonstance, des actes et propos susceptibles d’alimenter de nouvelles tensions et de compromettre les efforts en cours. Elle exhorte les forces de sécurité à faire preuve de professionnalisme dans leur mission de maintien d’ordre, de préservation de la sécurité des biens et des personnes.

41. La conférence des Chefs d’Etat exhorte le Gouvernement à procéder à la révision intégrale du fichier électoral en vue de l’organisation, le 20 décembre 2018, des Elections législatives.

42. La Conférence invite le Gouvernement et les acteurs politiques à œuvrer en vue de l’adoption des réformes constitutionnelles en prenant en compte, entre autres, les points suivants :

– Le mode de scrutin à deux tours pour l’élection du Président de la République ;
– La limitation à deux, du nombre de mandats présidentiels ;
– La recomposition   de la Cour Constitutionnelle pour notamment revoir sa composition et limiter le nombre de mandat de ses membres
– Le renforcement du processus électoral.

43. La conférence des Chefs d’Etat recommande l’adoption de ces réformes par la voie parlementaire en vue d’accélérer le processus de leur mise en œuvre. Le cas échéant, ces reformes seront soumises aux consultations électorales.

44. La Conférence se réjouit des dispositions envisagées par le Gouvernement Togolais dans la préparation, l’organisation et le déroulement d’élections transparentes, crédibles et inclusives à travers notamment :

– L’accélération et la finalisation du recensement électoral pour établir des listes électorales fiables ;
– La possibilité pour les Togolais vivant à l’étranger de voter dans leurs lieux de résidence lors des élections nationales ;
– Le déploiement des observateurs électoraux

45. La Conférence félicite l’opposition pour son esprit d’ouverture et son sens de la Responsabilité et d’avoir souscrit au dialogue pour la satisfaction de ses revendications.

46. Elle invite toutes les parties à s’inscrire dans le strict respect de la Constitution togolaise.

47. La Conférence des Chefs d’Etat salue la volonté d’ouverture et de dialogue permanent du Président de la République Togolaise, et note avec intérêt sa disponibilité à travailler avec toutes les forces vives de la nation.

48. Elle a également demandé à la Commission de la CEDEAO d’apporter son appui et son expertise technique dans l’organisation et le déroulement des prochaines élections.

49. La Conférence renouvèle son soutien aux deux Facilitateurs du dialogue inter-togolais et leur demande de poursuivre leurs efforts en vue d’une résolution rapide et durable de la situation socio-politique au Togo et de lui rendre compte lors de sa prochaine session.

50. La Conférence des Chefs d’Etat décide d’instituer un comité de suivi composé des représentants des facilitateurs, de la majorité au pouvoir, de la coalition des 14 partis de l’opposition et de la Commission de la CEDEAO pour assurer le suivi de la mise en œuvre des présentes décisions.

51. Elle instruit la Commission de la CEDEAO de poursuivre son soutien aux facilitateurs.

SUR LA SITUATION EN GAMBIE

52. La Conférence se félicite de l’évolution positive de la situation politique dans le pays marquée par la tenue, avec succès, des élections locales le 12 mai 2018. Elle se félicite également du lancement du Plan National de Développement (2018 – 2021) et lance un appel aux partenaires au développement afin qu’ils confirment leurs promesses d’appui à ce Plan, effectuées lors de la Conférence des bailleurs tenue, le 22 mai 2018 à Bruxelles.

53.  La Conférence encourage le Gouvernement à accélérer la mise en œuvre effective et coordonnée du Programme de réforme du secteur de la défense et de la sécurité.

AU TITRE DES ELECTIONS DANS LA REGION

Elections au Mali

54. La Conférence félicite tous les partis politiques pour le déroulement pacifique du processus électoral du 29 juillet 2018. Elle appelle l’ensemble des acteurs politiques à continuer d’observer une attitude républicaine et au respect des résultats issus de ces élections.

AU TITRE DE LA TRANSHUMANCE

55.  La Conférence exprime sa vive préoccupation face à la multiplication des conflits violents entre éleveurs et agriculteurs du fait de la transhumance et condamne fermement les nombreuses pertes en vies humaines liées à ces conflits et la stigmatisation de catégories spécifiques de la population. Elle instruit les différents acteurs à mettre en œuvre les mesures identifiées lors de la réunion d’Abuja tenue le 26 avril 2018 devant permettre de prévenir et de gérer pacifiquement ces conflits.

AU TITRE DES QUESTIONS INSTITUTIONNELLES

Prestation de Serment du Président de la Commission de la CEDEAO et d’autres Fonctionnaires statutaires, au sein des Institutions de la Communauté

56. La Conférence a pris acte de la prestation de serment du nouveau Président de la Commission de la CEDEAO, M. Jean Claude Kassi Brou, et l’a félicité pour sa nomination.

57. La Conférence a pris acte de la prestation de serment de cinq (5) nouveaux juges à la Cour de Justice Communautaire au cours de sa séance d’ouverture.

58. Elle a également félicité tous les autres fonctionnaires statutaires et les a encouragés à poursuivre la cause de l’intégration et du développement régional au sein de leurs institutions respectives.

59. La Conférence a exhorté le Président de la Commission à accélérer la réalisation des programmes et projets d’intégration régionale.

COOPERATION INTERNATIONALE

60. La Conférence exprime sa gratitude à l’ensemble des partenaires au développement de la CEDEAO, pour le soutien apporté en faveur de la consolidation de la paix, de la sécurité et de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest.

REFORME INSTITUTIONNELLE 

61. La Conférence a pris note des progrès réalisés, dans le cadre du processus de réforme institutionnelle de la CEDEAO, notamment en ce qui concerne la réorganisation des institutions et des agences de la Communauté, pour accroître leur efficacité ainsi que des mesures mises en œuvre afin de renforcer les mécanismes de contrôle interne au sein de l’ensemble des institutions.

62. La Conférence a donné des instructions au Président de la Commission pour l’accélération des mesures de réforme institutionnelle, en mettant l’accent sur l’amélioration de la performance et la modernisation des institutions communautaires.

ELECTION DU NOUVEAU PRESIDENT DE LA CONFERENCE

63. Les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont élu Son Excellence Muhammadu BUHARI, en qualité de Président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO, pour un mandat d’un an. Ils félicitent le Président BUHARI et lui souhaite plein succès dans sa mission.

DATE ET LIEU DU PROCHAIN SOMMET

64. La prochaine session ordinaire de la Conférence se tiendra le…décembre 2018 à Abuja, Nigeria. La Conférence exprime ses sincères félicitations à S.E. Faure Essozimna Gnassingbé, Président de la République Togolaise, pour son engagement indéfectible en faveur de l’intégration régionale et pour le leadership exemplaire dont il a fait preuve dans la conduite des affaires de la Communauté.

Fait à Lomé, le 31 juillet 2018
LA CONFERENCE